Dialogue n° 3 de Jacques et de son Maître

105 page 5 Aupetitgendre couvertureDialogue 3 : alors, on boude ?

Hélas, dès les premières lieues, Jacques comprit que son Maître était plongé dans ses pensées et qu’il serait ardu et téméraire de l’amener à desserrer les dents. Trois ou quatre questions sur l’individualisme et la solidarité, sur le travail et son utilité, sur la gratuité des biens de consommation courante et la toute puissance du marché mondialisé, sur le rôle des banques dans notre vie de tous les jours restèrent sans le moindre écho…

Jacques demanda alors à son Maître s’il avait déjà posé ses bagages dans la commune libre de Saint-Martin. Celui-ci resta muet. « Peut-être pourrions-nous y passer ? Le détour ne serait pas bien grand… » ajouta-t-il. Feignant de prendre le silence de son Maître pour un acquiescement, Jacques tourna la bride de son canasson vers la gauche et nos deux voyageurs prirent en douceur la direction annoncée.

Candida Rouet (à suivre !)

 

Dialogue n° 2 de Jacques et de son Maître

Dialogue 2 : un petit déjeuner « relocalisé »

De jeunes rappeurs ayant animé la nuit de l’auberge jusqu’à fort tôt le matin, Jacques et son Maître s’installèrent au soleil de la terrasse pour déjeuner avant de reprendre la route. L’aubergiste leur apporta une tranche de lard fumé et deux œufs frits de production locale. Café, tartines et beurre à volonté. Jacques s’étirait de plaisir et son Maître retrouva le sourire.

Jacques : Rien de tel qu’un petit déjeuner paysan pour vous remettre d’une folle nuit !

Son Maître : à 10 € par personne, service compris. Nous sommes encore loin de la gratuité dont parlions hier !

Jacques : Certains refusent le terme « gratuité » et préfèrent l’expression « libre accès aux biens essentiels ».

Son Maître : Qu’est-ce que cela change ?

Jacques : Mon bon Maître, cela suppose que chaque citoyen a le devoir de contribuer par son travail à ce libre accès de tous aux biens essentiels…

Lire la suite

Dialogue n°1 de Jacques et son Maître : à la recherche d’une auberge

102 page 5 Jacques le FatalisteDialogues : le 1er « à la recherche d’une auberge »

Ayant appris, les nouvelles courant à la vitesse du cheval Findus au galop, qu’Hubert souhaitait ouvrir une nouvelle rubrique dans Confluences 81, Candida a téléphoné à son compère Denis (Diderot) pour obtenir son feu vert afin de pasticher quelques uns de ses dialogues. Elle a choisi comme personnages Jacques le Fataliste et son maître pour incarner l’un le cœur et l’autre la raison. Mais vous le savez bien, la vie n’est pas aussi simple ! Ci-dessous le 1er dialogue. (Confluences 81 n° 102 mai 2013)

La rédaction

Dialogue 1 : à la recherche d’une auberge

Tout en chevauchant côte à côte, Jacques et son Maître s’abandonnèrent à leur péché mignon, la discussion politique…

Jacques : Je rêve d’un monde où tout serait gratuit…

Son Maître : Mon bon Jacques, tu sais bien que c’est impossible !

Jacques : … un monde où chacun disposerait d’un toit, chauffé l’hiver, un monde où l’électricité pour m’éclairer, l’eau pour boire et me laver, l’éducation pour mes enfants, les médicaments pour nous soigner seraient gratuits. Un monde…

Lire la suite

La Foire aux Dieux

Pourquoi pas un Dieu du « H-Chiche ! » ? un Dieu « De-vin » nouveau ?

 

Ce texte est précédé d’une petite note explicative diatribe contre tout théiste exaltant le sang, le misérabilisme. Contre tout théisme dépourvu d’humour et de rire si « sain ».

Hommage au grand poète et humaniste Espagnol Federico Garcia Lorca.

 

Surtout pas un dieu de sang Nom de dieu !

Je me préfère sans dieu, nom de dieu !

Et encore moins un dieu de toussaint

Y’a bien assez de « crise-en-thème » et de crise en tout nom de dieu !…

 

Non ! Non ! Pas un dieu qui donne des crises de fois, de foie, de foi…

Pas plus qu’un dieu “sans-gland” …

De même que Federico Garcia Lorca : « Non je n’aime pas le sang » !

 

Alors, histoire de rigoler je me suis inventé un Dieu ;

Je lui ai même donné un nom, un nom de dieu évidemment…

Un Dieu qui « sang-fait-pas »…

Lire la suite

Edito du n° 101 de Confluences 81

101 page 3 édito Kalié DSCN0309Un phénomène de mode sans doute !

A moins qu’en janvier, les poches et les comptes bancaires soient vides après les excès de fin d’année ? Bien sûr nous parlons des comptes et des poches des pauvres, vous l’avez compris.

Après la vieille dame exclue de sa maison de retraite pour défaut de paiement, après la fillette de 5 ans virée – pour défaut de paiement – de la cantine scolaire d’Ustaritz par la police municipale (vous n’avez pas pu manquer cela qui a même fait la une des journaux télévisés !), « nous au village aussi l’on a… »[1] des dérapages de ce style. Ainsi La Dépêche du Midi du 15 janvier 2013 nous informe d’un cas (presque) similaire à Saint-Sulpice (81) : samedi 12 janvier, la police municipale de cette bourgade de plus de 7500 habitants a frappé à la porte d’une mère de famille pour l’informer qu’à partir du lundi son fils de 5 ans ne pourrait plus bénéficier des activités périscolaires et donc de la cantine. Motif : défaut de paiement (50 €).

Lire la suite

Edito du n° 102 de Confluences 81

102 page 3 éditoConfluences 81 et la presse à scandales !

La presse indépendante, libre, n’appartenant ni aux marchands d’armes, ni aux autres industriels, celle qui ne vit pas de la publicité… est en grande difficulté. Tous les titres (ou presque) de cette presse sont en voie d’extinction.

C’est à se demander s’il existe encore un « lectorat » pour cette presse d’information, pour cette presse d’analyses, voulant engager une réflexion conduisant à des propositions d’alternatives au système dominant…

Le Comité de rédaction de Confluences 81 débat régulièrement de l’intérêt de continuer à faire paraître son journal dans la morosité ambiante. Avec l’amer constat que de moins en moins de personnes prennent le temps de lire des articles ayant prétention de contribuer à l’émergence d’une pensée libérée et non pas à être rapidement consommés car déjà pré-mâchés…

Le lectorat de Confluences 81 serait-il le même que celui des titres de presse à scandale ? Serait-il le même que celui des journaux locaux qui, malgré la publicité qui leur permet de vivre et le (prétendu) professionnalisme de son personnel, tend plus souvent vers le fait divers que vers l’information et l’analyse critique ?

Lire la suite

Edito du n° 103 de Confluences 81

103 page 3 éditoNe pas se cacher les vérités

A l’heure où ces lignes sont écrites, des centaines de personnes se rassemblent partout en France pour exprimer leur indignation après le meurtre en pleine rue de Clément MERIC et pour dire leur refus du fascisme.

Le choix de consacrer notre dossier central à « la montée des extrêmes droites en Europe » est largement antérieur à cette actualité.

Ce dossier pointe du doigt quelques uns des dangers qui nous guettent et tente d’en repérer quelques unes des causes. En contre-point, l’article sur Marx DORMOY (après ceux sur Jean ZAY et sur MANDEL) donne un éclairage historique à son contenu.

Lire la suite

Edito de Confluences n° 112

112 page 3 dessin édito Kalié Vœux conjugués*

Nous voulions changer le monde… une terre plus ronde, des humains plus avenants, bref un futur plus attirant.

Ils ont voulu nous en empêcher, avec des histoires de tours d’ivoire et de clochers, de pureté raciale et de préférence nationale, puis pour notre malheur, sont venus entrepreneurs grands patrons, financiers et banquiers marrons, journaleux, publicitaires, et une liste d’horreurs pour nous faire plus produire et consommer, pour encore plus nous plumer.

Vous voulez nous ignorer vous pour qui on a voté, faire du beurre et le cacher aux paradis ou ailleurs… nous ne sommes pas dupes de vos tartufferies de vos escroqueries, et le travail tue-chien pour nous pauvres terriens.

Lire la suite

Charlie et les sales types (texte d’Eveline Grieder)

113 page 15 double peine pour CharlieDepuis mercredi, c’est une avalanche de sentiments mélangés à des bribes de pensées, de tentatives de réflexion, qui envahissent beaucoup d’esprits, dont le mien.

Je suis, comme beaucoup, KO, abasourdie, hébétée, stupéfaite, infiniment triste, et pourtant, depuis le même jour, et surtout depuis hier, un rayon d’espoir se faufile au milieu de la confusion, à la vue de l’incroyable réaction populaire, mais aussi intellectuelle, venant de notre société debout sous le choc, mais aussi du monde entier.

Ce qui fait chaud au cœur, c’est l’extraordinaire revendication, au travers du slogan-symbole Je suis Charlie, de ce droit fondamental à la liberté d’expression que notre Révolution Française a hissé au rang de trésor le plus précieux de l’homme, et que toute notre tradition d’insolence, d’irrévérence gauloise, de farouche indépendance vis-à-vis des puissants, a constitué comme patrimoine de notre esprit républicain, afin que le rire surplombe la colère ou la peur.

Que ce droit à la totale audace créatrice soit relayée par les citoyens d’innombrables pays est profondément réjouissant, car, dans une période difficile, la joie assumée nous fait nous sentir bien vivants, et cela signifie aussi que le rayonnement français à propos de valeurs universelles a toujours de la force.

Un journaliste espagnol a écrit, juste après la tuerie à Charlie Hebdo : « le monde est devenu si sérieux qu’il devient dangereux de rire »…

Lire la suite

Edito de Confluences n° 111

111 page 3 dessin Kalié

Délires d’automne…

Vieux élisant contre jeunes aux arbres accrochés,

Délirants d’or contre des lyres d’air pur !

Vous les voyez vous aussi ces délires de violence vous qui êtes non violents.

Vous le vivez aussi ce délire de consommation vous qui êtes décroissants.

Vous les entendez encore ces lyres de promesses non tenues

– pauvre Père Noël ! – vous qui êtes des mélomanes de la politique.

Vous voyez bien que d’élire ne mène à rien,

Qu’il faut se mettre en résistance,

Qu’il faut se mettre en militance !

Mais oui, des lyres pour une société utopique,

Celle que nous essayons de construire…

Comme des abeilles sans reine

Mais oui au fait pourquoi une reine pour les abeilles ?

Ni d’élire,

Ni délires ?

Mais des lyres pour Confluences !

Des lyrons ensemble !

Comité de rédaction (6/10/14)