Dernières nouvelles de Grèce par Y. Youlountas (3)

    
Affrontements entre fascistes et antifascistes à Athènes 
Un groupe d’extrême-droite voulait s’opposer aux actions de soutien menées en faveur des réfugiés à Metaxourgeio (700 mètres à l’ouest d’Exarcheia). 200 antifascistes se sont immédiatement rassemblés pour riposter et les ont repoussé. La police de Mitsotakis est aussitôt arrivée sur les lieux pour protéger les fascistes en utilisant des gaz lacrymogènes et a fait trois arrestations.      
La police grecque torture des antifacistes venus de France 
Des membres du Groupe Antifasciste Lyon et Environs étaient présents à Exarcheia durant l’été. Suite à un contrôle d’identité dans la rue, ils ont brutalement été emmenés au commissariat, à la bordure Est d’Exarcheia, puis ont longuement été passés à tabac dans l’obscurité totale. Merci de diffuser autour de vous leur témoignage pour dénoncer ces pratiques : https://lahorde.samizdat.net/Grece-la-police-torture-des-antifascistesouhttps://groupeantifascistelyonenvirons.wordpress.com/2021/07/19/racisme-violences-policieres-les-camarades-dathenes-et-de-plusieurs-convois-solidaires-avaient-passe-le-mot/
Vous pouvez également participer à la solidarité financière qui s’est mise en place pour leurs frais de Justice en Grèce :
http://www.lepotcommun.fr/pot/nfbz82b1     
Multiplication des agressions contre les solidaires internationaux 
Ces dernières années, les violences contre les solidaires internationaux sont nombreuses, tant du fait des groupes fascistes que des policiers les plus virulents. Notre convoi solidaire de novembre 2017, par exemple, avait été particulièrement périlleux : barrage policier, filatures très visibles, pressions diverses, propagande médiatique, accusations délirantes, menaces fascistes explicites, attaque incendiaire néo-nazie sur un de nos lieux, six membres du convoi blessés par des policiers durant une manif, un autre arrêté, frappé, poursuivi en Justice puis libéré ! Les détails ici :http://blogyy.net/2017/12/11/le-convoi-de-tous-les-dangers/
Il y a deux ans, des policiers m’avaient bizarrement insulté durant une altercation la veille de mon tabassage en pleine rue du Pirée par des néo-nazis ! Et ce n’est pas les flics qui m’avaient ensuite secouru (alors qu’ils n’étaient pas très loin), mais les passagers d’un tramway arrivé juste à temps, alors que les coups étaient en train de pleuvoir.
https://voidnetwork.gr/2019/06/14/nazis-attack-yannis-youlountas-in-piraeus/
ou https://www.efsyn.gr/ellada/koinonia/200075_fasistiki-epithesi-me-stoho-ti-fabela
Depuis, c’est de pire en pire : les contrôles policiers sont incessants, les menaces fréquentes et les arrestations souvent violentes. Durant l’été 2019, la moitié des solidaires français et belges venus à Athènes pour soutenir le squat Notara 26 (menacé d’évacuation) ont subi toutes sortes de pressions et de violences. Seb (de Belgique) et Léon (de France) témoignent ici fin août 2019 :
http://blogyy.net/2019/08/21/la-police-grecque-harcele-et-menace-les-solidaires-venus-de-france-et-de-belgique/
Cette année à nouveau, plusieurs d’entre nous ont été inquiétés, voire brutalisés (un ami toulousain est rentré en France avec plusieurs grandes cicatrices) jusqu’aux actes de tortures sur nos camarades lyonnais en juillet dernier, décrits un peu plus haut. Le pouvoir et ses valets ne souhaitent pas nous voir continuer à aider. Mais ils peuvent d’ores-et-déjà faire une croix dessus : nous ne sommes pas prêts de baisser les bras ! Nous continuons sur place, en ce moment même, et de nouveaux renforts viendront bientôt de l’hexagone et du plat pays 😉     

Des membres d’ONG accusés de faciliter l’immigration illégale 
Les membres de collectifs solidaires autogérés ne sont pas les seuls à subir ces pressions en Grèce. Certaines ONG sont également dans le collimateur. Il y a une semaine, deux amis français ont été menacé de poursuites pour « soutien à l’immigration illégale » et ont finalement renoncé à rester près des zones de sauvetage. Un mois auparavant, 10 solidaires internationaux de 3 ONG différentes (dont Aegean Boat Report) étaient également accusés de cela et même « d’espionnage des actions des garde-côtes grecs » !
https://www.infomigrants.net/fr/post/33768/la-grece-accuse-des-membres-dong-de-faciliter-limmigration-illegale
Le gouvernement Mitsotakis veut dissuader par tous les moyens les solidaires d’agir. Mais il ne fait que tisser des liens entre nous : nous communiquons beaucoup plus qu’avant, par-delà nos différences, et nous nous entraidons souvent.     
Le mur de la honte à la frontière turque est terminé 
L’État grec vient de bâtir un immense mur anti-migrants de 40km à la frontière turque, en prolongement du précédent qui faisait 12km de long. Mitsotakis espère ainsi limiter la venue des réfugiés afghans que son gouvernement refuse totalement d’accueillir. Cependant, les arrivées de réfugiés se poursuivent tout de même depuis des semaines, notamment par mer. Mais il y en a nettement moins qu’autrefois à Lesbos et à Chios (environ trois fois moins).
https://www.infomigrants.net/fr/post/34542/la-grece-acheve-un-mur-antimigrants-de-40-km-a-la-frontiere-turque     
Des amendes de 5000 euros pour les migrants à leur arrivée ! 
On nage en plein délire ! Au prétexte de lutter contre le Covid19, des amendes de 5 000 euros ont été infligées à des demandeurs d’asile arrivés en août par bateau sur l’île de Chios ! Le motif ? La non présentation d’un test PCR, habituellement imposé aux étrangers venant sur le territoire hellénique ! Cette confusion volontaire entre touristes et réfugiés a provoqué un tollé dans le pays. Face à la polémique, les autorités grecques ont annulé les amendes infligées à 25 réfugiés la semaine dernière et annoncé la suspension de la mesure.
https://www.efsyn.gr/ellada/koinonia/307513_katatregmenoi-kai-xerizomenoi-min-xehasete-na-kanete-test     
Une nouvelle loi pour accélérer les expulsions et entraver la solidarité 
La législation actuellement proposée prévoit de réduire les délais de grâce et d’accorder à la police des pouvoirs supplémentaires, notamment de placer en détention les migrants au prétexte qu’ils sont « susceptibles de fuir » ou d’être une « menace pour l’ordre public ». Des mesures sont également prévues pour réglementer plus strictement les activités des organisations non gouvernementales et des groupes de bénévoles dans les zones qui relèvent de la compétence des garde-côtes et des autorités portuaires grecques (les sanctions seront encore plus lourdes en cas de violation du nouveau cadre opérationnel).       
Privation systématique de liberté et inaccessibilité des voies de recours 
Saisie sur de nombreux dossiers, la Cour européenne des droits de l’homme vient de dénoncer « le mépris persistant des autorités grecques pour la santé et la vie des migrants », en particulier dans le camp de Mavrovouni à Lesbos où sont encore bloqués 3500 adultes et enfants. Les témoignages et statistiques montrent que ces personnes vulnérables exilées sont systématiquent privées de liberté et que les voies de recours sont en réalité inaccessibles, tout cela en violation de la Convention européenne des droits de l’homme. Mais pour l’instant, rien ne change !      
Témoignage poignant : il s’est suicidé juste pour ça ?  
Sahil avait 24 ans. Il s’est suicidé à Athènes, peu après le rejet de sa demande d’asile durant le mois de juillet. Notre ami Nicolas Richen le connaissait bien. Avec d’autres proches et soutiens, ils ont écrit une très belle lettre collective. Merci de la faire connaître à celles et ceux qui n’ont peut-être pas compris ce qu’est la vie d’un demandeur d’asile.
https://nicolasrichen.wordpress.com/2021/07/30/il-sest-suicide-juste-pour-ca/
      
Soutenir les actions solidaires avec les réfugiés afghans en Grèce 
Depuis quelques semaines, nous sommes à nouveau très pris par l’aide aux réfugiés (principalement afghans) et la création de lieux sous plusieurs formes. Nous vivons des moments extraordinaires aux côtés de gens également extraordinaires. Ces exilés qui sont devenus nos amis, au fil des jours, ont un courage communicatif, des désirs, des rêves, des sourires, plein d’affection et de générosité, des secrets, des blessures. Le plus souvent, ils ont tout perdu. Leur logement, bien sûr, mais parfois aussi leurs proches : parents, enfants, conjoint… Merci à toutes celles et ceux qui nous ont transmis des choses pour eux, pour elles : des aliments, des vêtements, des couches, des jouets, des produits d’hygiène et même de l’électroménager. Merci particulièrement à celles et ceux qui sont venus aider sur place, en provenance de Grenoble, Saillans, Marseille, Lyon, Bruxelles, Genève, Nantes et Bordeaux, durant les derniers mois. Cet élan est magnifique. Vraiment un grand « taschakor » (merci en afghan) à tou-tes ! Si vous voulez participez, c’est ici :
https://fr.gofundme.com/f/soutien-aux-rfugis-afghans

ou par virement à ANEPOS :
IBAN : FR46 2004 1010 1610 8545 7L03 730
BIC : PSSTFRPPTOU
Objet : « Action Solidarité Grèce Philoxenia »

Philoxenia  signifie hospitalité en grec, et littéralement « amis des étrangers » (philos : ami, xenos : étranger). C’est le nom que nous donnons en ce moment à nos actions aux côtés des réfugiés dont la majorité actuellement sont afghans.

Pour participer via PAYPAL, suivre le lien :
https://www.paypal.com/donate?hosted_button_id=L8QJUFYRLLP7Y

Pour envoyer un chèque à l’ordre de ANEPOS
Adresse postale : ANEPOS – Action Solidarité Grèce Philoxenia – 6 allée Hernando – 13500 Martigues
Ordre : ANEPOS / Objet : « Action Solidarité Grèce Philoxenia »     
Nous recherchons actuellement… 
Outre de la nourriture et des couches : des vélos, des jeux d’échecs (beaucoup d’afghans adorent les échecs et il nous arrive de jouer ensemble), du lait infantile 2ème âge, des mixers, des lits parapluie, des poussettes, des protections périodiques, des marmites et des louches, des chevillères, des légumes secs, du thé noir. Merci de regrouper ce que vous pouvez dans votre zone pour que nos fourgons puissent ensuite passer les prendre durant les prochaines semaines, sans faire trop d’étapes.     
Un accueil jonché de livres 
Nous avons également créé plusieurs bibliothèques sociales qui participent aux actions solidaires aux côtés des réfugiés. Nous sommes encore à la recherche de livres : en persan, dari, ourdou, anglais et français. Un grand merci à l’équipe de l’épicerie solidaire Sub’stantielle à Paris (une coopérative militante formidable), à Franck, Patrice et Ralph dans le Tarn, ou encore à Anne et Dominique de Marseille pour les nombreux livres en anglais, persan, français et dans d’autres langues déjà reçus. Nous avons également reçu des dons de livres de la librairie Bibliothèque à Exarcheia, du K*Vox, du Notara26 (échanges) ou encore du réseau Pédagogie Freinet à Athènes et en Crète.     
De la place dans un véhicule ?  
Si vous avez prévu de venir en Grèce en van ou en fourgon dans les prochaines semaines et que vous disposez d’un peu de place pour acheminer du matériel solidaire (situé à plusieurs endroits dans le sud de la France), contactez-nous :
solidarite@anepos.net

Tél. Grèce (0030) 694 593 90 80 / Tél. France 06 24 06 67 98

Merci de votre soutien, quelle que soit la forme, ne serait-ce qu’en relayant l’info. Pour la partager où bon vous semble, vous pouvez aussi utiliser la publication de cette lettre ici : http://blogyy.net/2021/09/09/dernieres-nouvelles-de-grece/
Et tenez bon en cette période difficile ! Au plaisir de vous retrouver ! Solidairement,

Maud et Yannis Youlountas
po/ collectif artistique et solidaire ANEPOS
avec les membres et soutiens des actions en cours
     
Liste des lieux et collectifs aidés matériellement et/ou financièrement durant les deux dernières années, malgré un contexte particulièrement difficile :
– soutien à l’initiative contre les forages pétroliers en Crète (que tentent de déployer Exxon-Mobil et la firme française Total).
– Collectif Livas dans le département de Réthymnon en Crète (soutien aux actions solidaires, notamment à la cuisine populaire fondé par ce club de sport sans hiérarchie).
– Centre social autogéré Alimoura à Ioannina (nous avons financé la réparation du local qui avait été saccagé par une attaque fasciste) ;
– Usine autogérée Bio.Me à Thessalonique (soutien et achat de savons et produits fabriqués par les ouvriers, alors que l’électricité venait de leur être coupée) ;
– Mikropolis à Thessalonique (soutien au plus grand espace social libre de Grèce qui est actuellement en train de déménager) ;
– Initiative antifasciste d’aide aux réfugiés près d’Évros (au moment où ces derniers étaient pris au piège entre les deux états grecs et turcs, et où des identitaires européens étaient venus pour tenter de pratiquer la chasse à l’homme, ainsi qu’à Lesbos) ;
– Réseau Solidaire de Crète (et soutien à la création de nouveaux lieux dans l’île, dont nous vous reparlerons)
– Initiative de Kastelli en Crète contre le nouvel aéroport (nous avons participé au financement de la procédure de Justice contre l’aéroport qui est en train de basculer à l’échelle européenne, alors que 120.000 des 200.000 oliviers ont déjà été coupés et que l’opinion est de plus en plus opposée au projet, nous avons également participé à plusieurs réunions et actions sur place, et soutenu les paysans en lutte contre ce projet)
– Centre Social autogéré Favela au Pirée (soutien financier et achat de tee-shirts pour épauler ce lieu situé dans une zone où les fascistes rôdent souvent et où l’un d’entre nous, a été agressé violemment en juin 2019 par un groupe de néo-nazis qui lui avait tendu un guet-apens avant que les passagers d’une rame de tramway ne parviennent à le sauver) ;
– K*Vox à Athènes (base d’un des groupes les plus actifs en Grèce) ;
– Aide aux frais de Justice de plusieurs compagnons de luttes , notamment pour leur éviter d’aller en prison suite à des actions pourtant exemplaires ;
– squat Notara 26 à Athènes (le plus ancien lieu d’accueil des réfugiés dans le quartier d’Exarcheia) ;
– Plusieurs cuisines sociales (soutien financier et livraison de produits alimentaires) ;
– Structure autogérée de santé d’Exarcheia (soutien financier et livraison de matériel médical) ;
– Réseau École Buissonnière-Pédagogie Freinet (soutien financier et livraison de fournitures en aide aux enfants précaires) ;
– actions solidaires à Lesbos (nombreuses initiatives, surtout, après l’incendie du sinistre camp de Moria et l’errance de nombreuses familles en difficultés).
    
« Y a-t-il quelqu’un qui sait jouer au basket ? »

Dernières nouvelles de Grèce par Y. Youlountas (2)

 
  
 Plusieurs  ports grecs privatisés  à vendre  au plus offrant
  
 Les ports  d’Igoumenitsa, Patras et Héraklion sont sur le point d’être bradés aux  richissimes armateurs grecs qui financent les campagnes électorales de  Mitsotakis et qui possèdent la plupart des médias dans le pays. Pas vraiment une  surprise  !
  
   
 
  
 Le nouveau  business des plages et bords  de mer en Grèce
  
 La privatisation des  plages est maintenant relancée. La protection du littoral repasse au second  plan. Les investisseurs en immobiliers vont pouvoir bétonner à gogo dans des  zones jusqu’ici protégées. Au large de la côte ouest du pays, Total et  Exxon-Mobil prospectent déjà, suite à un accord avec l’État grec, et espèrent  commencer leurs forages pétroliers dans quelques mois, y compris à quelques  dizaines de kilomètres des plus belles plages de Crète. Des plages qui sont  désormais payantes à beaucoup d’endroits : au prétexte des nombreuses chaises  longues et des parasols installés un peu partout, il faut maintenant payer de 7  à 15 euros la journée, là où c’était gratuit, que vous soyez touriste ou  riverain. Plusieurs échauffourées ont déjà eu lieu sur certaines plages de la  première des îles grecques : « cela fait des décennies que nous venons nous  baigner ici et nous ne paieront pas ! » Sur certaines plages, la stratégie est  de faire payer 3 euros la première année pour faire accepter le principe, et  ensuite augmenter dès la suivante. Les espaces de gratuité se réduisent dans la  société, au bord de la mer comme  ailleurs.
  
   
 
  
 Bilan des  incendies : tout pour  les flics, rien pour les pompiers
  
 Les feux de l’été ont  montré encore un fois la faiblesse des moyens de lutte contre les incendies.  Pourtant, dès l’arrivée de la droite au pouvoir, en 2019, des sommes colossales  ont été investies pour la police, mais toujours rien pour les pompiers. Rien  d’étonnant à cela : en réalité, le pouvoir ne protège pas sa population, mais la  surveille et la réprime. Son obsession est de la mater, de la contrôler pour  conserver sa place dominante et tout ce qui en découle. Il n’y a rien à attendre  du pouvoir. Au sein de la population sinistrée, beaucoup l’ont compris. La  population en danger s’est débrouillée le plus souvent toute seule avec les  moyens du bord. L’entraide et l’autogestion ont été, une fois de plus, les deux  mots clés et ont montré de quoi le collectif est capable quand il est abandonné  à lui-même. Cette nouvelle expérience violente et dramatique continue néanmoins  d’ouvrir les yeux sur l’hypocrisie du pouvoir et sur notre faculté à nous  organiser nous-mêmes, sans ceux qui prétendent nous gouverner et, en  particulier, résoudre les problèmes dont ils sont le plus souvent la  cause.
  
   
  
 
  
 Afidnes, août 2021 (Photo de Mario  Lolos)
  
  
 La Grèce  en pleine catastrophe
climatique et écologique
  
 Les incendies nous ont  aussi rappelé l’impact du changement climatique sur l’environnement et la  multiplication des risques qui en découlent. La sécheresse devient très intense  l’été, les pluies d’hiver sont parfois diluviennes, on ne compte plus les  innondations tout comme les incendies, mais aussi les petites tornades qui sont  plus nombreuses qu’avant selon les insulaires, notamment dans le sud de la  Crète. La mutation de l’agriculture a, elle aussi, participé à cette catastrophe  : ici, la terre est épuisée, là, elle est abandonnée à des amas de broussailles.  On recherche frénétiquement les grandes surfaces planes pour en faire le maximum  de profit et on ne s’occupe plus du reste. On pulvérise des tonnes de produits  phytosanitaires au point de décupler certains cancers chez les ouvriers  agricoles dont l’espérance de vie a encore chuté ces dernières années. On  bétonne les collines et les bords de mer, puis on s’étonne des innondations  mortifères, des coulées de boue et de gravas. Tout cela relève d’un choix  criminel : au bout du compte, en organisant ainsi la société et l’économie, on  tue la Terre et toutes celles et ceux qui y vivent. Pas besoin d’être devin pour  voir ce qui nous attend si nous continuons dans cette  voie.
  
   
 
  
 Une  population qui va passer sous les  10 millions d’habitants
  
 Il y a dix ans,  la Grèce dépassait largement les 11 millions d’habitants. Depuis, elle a perdu  un demi-million d’habitants et, selon plusieurs projections (dont celles  d’Eurostat), la dégringolade devrait continuer dans les prochaines années au  point de passer sous la barre des 10 millions d’habitants avant 2030. Un exemple  frappant en ce moment : en cette rentrée scolaire 2021, près de 40 écoles  ferment en Épire (nord-ouest de la Grèce) faute  d’élèves.
  
   
 
  
 Plusieurs  sabotages d’usines durant l’été
  
 Des actions  anticapitalistes nocturnes se sont multipliées dans plusieurs villes grecques  ces dernières semaines. Notamment à Volos, à mi-chemin entre Athènes et  Thessalonique, contre la plus grande cimeterie d’Europe : l’usine AGET qui  appartient au groupe Lafarge. Cette action a été dédié à la mémoire de Vassilis  Maggos, mort sous la torture au commissariat de Volos l’année passée. D’autres  actions de ce type se sont déroulées à Athènes contre diverses entreprises,  notamment dans le quartier de Vyronas ou encore contre la société de  recouvrement de créances Paladino SA dans le quartier de Nea  Ionia.
(à suivre)

Dernières nouvelles de Grèce par Y. Youlountas (1)

   
  
 
  
  
 Bonjour,
  
 Voici les  dernières nouvelles de Grèce : importantes et nombreuses ce mois-ci  !
  
 Au sommaire  :
  
 – Mort de  Mikis Théodorakis à 96 ans
– Remaniement ministériel, un fasciste de plus au  gouvernement
– Camouflet pour Mitsotakis : un nouveau ministre refuse son  poste
– La crise sociale s’aggrave malgré la hausse du tourisme : pourquoi  ?
– Le chômage grimpe, la pauvreté s’étend en Grèce
– Forte hausse du prix  des produits de première nécessité
– Les factures d’électricité augmentent de  50% !
– Mitsotakis prépare la privatisation de la sécurité sociale !
–  Plusieurs ports grecs privatisés à vendre au plus offrant
– Le nouveau  business des plages et bords de mer en Grèce
– Bilan des incendies : tout  pour les flics, rien pour les pompiers
– La Grèce en pleine catastrophe  climatique et écologique
– La population va passer sous les 10 millions  d’habitants !
– Plusieurs sabotages d’usines durant l’été
– Affrontements  entre fascistes et antifascistes à Athènes
– La police grecque torture des  antifacistes venus de France
– Multiplication des agressions contre les  solidaires internationaux
– Des membres d’ONG accusés de faciliter  l’immigration illégale
– Le mur de la honte à la frontière turque est  terminé
– Des amendes de 5000 euros pour les migrants à leur arrivée au  prétexte de l’absence de test PCR !
– Une nouvelle loi pour accélérer les  expulsions et entraver la solidarité
– Privation systématique de liberté et  inaccessibilité des voies de recours pour les migrants
– Témoignage poignant  : il s’est suicidé juste pour ça ?
– Soutenir les actions solidaires avec les  réfugiés afghans en Grèce
– Nous recherchons actuellement…
  
 Vu le nombre de  sujets, on va faire court, sous forme de brèves.
  
  
 
  
 Mort de  Mikis Théodorakis à 96 ans
  
 Ses obsèques ont eu lieu  aujourd’hui à Chania, sur l’île chérie de son père : la Crète. Depuis plusieurs  jours, sa musique résonne un peu partout en Grèce : lieux publics, rues et  ruelles, bords de mer, ouverture des événements sportif, initiatives populaires  de toutes sortes… Une page de l’histoire grecque se tourne avec Théodorakis.  Tout a été dit à son sujet, et pourtant il y a tant à dire ! Cependant, quelques  personnes ont voulu créer une polémique, au plus mauvais moment à notre avis, à  propos de certains des choix de Mikis — polémique à laquelle nous n’avons pas  voulu prendre part. Que celui ou celle qui n’a jamais commis d’erreur dans sa  vie jette la première pierre. Nous en avons tous fait. Distinguons les tyrans,  les salauds et leurs complices et, à l’inverse, les gens qui ont réalisé des  choses formidables durant l’essentiel de leur vie mais qui parfois se sont  trompés, souvent dans leur jeunesse ou, à l’inverse, dans leurs vieux jours.  C’est regrettable, mais cela ne mérite pas de salir la mémoire d’un homme qui  vient tout juste de succomber après avoir été plusieurs fois torturé et enterré  vivant durant son  existence.
  
   
 
  
 Remaniement ministériel, 
 un  fasciste de plus au gouvernement
  
 L’extrême-droite  est loin d’avoir disparu en Grèce ! Pire encore : elle grandit au fil des mois  dans les rangs du pouvoir, autour de Kyriakos Mitsotakis. Nous avons déjà parlé  du pedigree des ministres Voridis (ministre de l’intérieur) et Giorgiadis  (ministre du développement). Cette semaine, c’est leur ami Thanos Plevris qui  vient de les rejoindre à la tête de l’État, en tant que ministre de la santé.  Tous les trois étaient membres du parti nationaliste LAOS avant de rejoindre  celui de Mitsotakis. Après avoir pris ses fonctions, sous la pression du Conseil  central des communautés juives de Grèce (KIS), Plevris s’est finalement excusé  pour avoir dit : « on peut comprendre que certains aient envie de rouvrir  Auschwitz pour y exterminer à nouveau des Juifs ». Par contre, il ne s’est  toujours pas excusé pour avoir préconisé le recours à « la force meurtière  pour empêcher les migrants d’arriver en Grèce », ni pour sa suggestion de  « refuser aux migrants l’accès à la nourriture, à l’eau et aux soins de  santé, afin de rendre leurs conditions de vie en Grèce plus mauvaises que dans  leur pays d’origine ». Le virage à l’extrême-droite du gouvernement  Mitsotakis est confirmé. Sa politique envers les réfugiés et les solidaires ne  cesse de le prouver (voir plus  bas).
  
   
 
  
 Camouflet pour Mitsotakis : 
 un nouveau  ministre refuse son poste
  
 Le premier ministre grec  croyait pourtant faire un gros coup en nommant Évangelos Apostolakis, ancien  ministre de Tsipras, à la tête du ministère de la protection civile du nouveau  gouvernement. Mais sous les huées de la gauche grecque, Apostolakis a finalement  renoncé. On ne compte plus les situations ridicules pour Mitsotakis et sa  ribambelle de caricatures et de photos-montages en Grèce (comme celle-ci avec Mr  Bean). À noter qu’une seule femme a obtenu et accepté de rejoindre le radeau de  la méduse gouvernemental lors de ce remaniement et qu’elle se nomme… Gaga  (sic).
  
   
 
  
 La crise  sociale s’aggrave 
 malgré la  hausse du tourisme : 
 pourquoi  ?
  
 Certes, le tourisme s’est  redressé cette année en Grèce, notamment du fait de la baisse d’autres  destinations pour cause de covid19 : Tunisie, Maroc… Mais cela ne profite pas à  la population grecque : le tourisme en Grèce est en train de muter du mode «  routard » au mode « all inclusive » ou presque. D’autres phénomènes ont été  observés. Par exemple, par crainte du covid19 ou parfois à cause de contraintes  régionales, beaucoup de touristes en locations ont fait leurs courses dans des  supermarchés pour ensuite aller s’enfermer le plus clair de leur temps. Et  surtout : les salaires dans l’hôtellerie et la restauration ont continué à  dégringoler. Il est loin le temps où une partie de la population pouvait se  refaire pendant la saison touristique avant d’affronter l’hiver  !
  
   
 
  
 Le chômage  grimpe,
la pauvreté s’étend en Grèce
  
 La cohue lors des actions solidaires le  prouve actuellement : la pauvreté fait des ravages et cela ne cesse d’empirer.  Des familles entières de Grecs précaires se retrouvent à la rue ou hébergées  chez des proches, dans l’impossibilité de joindre les deux bouts. Le chômage a  explosé, même si les chiffres officiels ne montrent pour l’instant qu’une partie  de cette hausse, ne prenant pas en compte les nombreuses catégories non  indemnisées. Cette semaine, Eurostat vient d’annoncer que la Grèce bat tous les  records de chômage des jeunes en Europe pour le mois de juillet 2021. Des  syndicalistes travaillant dans les services sociaux ont lancé une alerte : la  situation commence à rappeler le début de la décennie écoulée et les moyens  publics pour y faire face sont complètement insuffisants. Plus que jamais, ce  sont les collectifs solidaires autogérés qui font le plus gros du boulot dans  plusieurs zones de Grèce. « L’entraide plutôt que la queue pour rien », « Nous  ne pouvons compter que sur nous-mêmes », « L’État n’est plus rien, soyons tout  ».
  
   
 
  
 Forte  hausse du prix
des produits de première nécessité
  
 Dans ce contexte  de paupérisation galopante, l’augmentation annoncée des aliments de base risque  d’être une catastrophe pour beaucoup. On parle, par exemple, d’un bond du prix  du pain, alors que les Grecs sont parmi les principaux consommateurs en Europe,  ou encore des pâtes, du café… de 20 à 40%  !
  
   
 
  
 Les  factures d’électricité
augmentent de 50% !
  
 Au niveau de  l’énergie aussi, de nombreuses hausses sont apparues dès le mois d’août et  inquiètent fortement les plus pauvres. La Grèce peine à se fournir en  électricité et le coût global de son approvisionnement a augmenté de 70% depuis  début 2021. Elle est désormais le marché le plus cher de l’électricité en  Europe, avec un prix de 157 euros le mégawattheure. Non seulement, c’est un  problème immédiat pour les classes populaires, mais cela amplifiera aussi la  hausse générale des prix qui a déjà commencé ces derniers  mois.
  
   
 
  
 Mitsotakis  lance la privatisation 
 de la  sécurité sociale !
  
 Un malheur ne  venant jamais seul, c’est le moment qu’à choisi l’État grec pour privatiser l’un  des principaux moyens d’aider les plus démunis ! Ahurrissant ! La situation au  niveau santé publique était déjà très médiocre, elle va devenir carrément  catastrophique exceptée pour quelques spéculateurs qui vont s’en mettre plein  les poches. Et qui va piloter cette privatisation ? Le sinistre Thanos Plevris,  transfuge de l’extrême-droite ! Les manifs ont commencé. La prochaine aura lieu  ce samedi 11 septembre à Thessalonique pour essayer de perturber la visite de  Mitsotakis à la Foire internationale annuelle. Les manifs continuent également  contre les réformes scolaires et  universitaires.
(à suivre) 

L’Amour et la Révolution

Bonjour,
en ces temps où l’autogestion est à l’honneur, et la révolution dans nos cœurs, nous vous proposons une soirée débat sur la Grèce à partir du film de Yanis Youlountas

                                                                                     L’AMOUR ET LA REVOLUTION

le lundi 11 février à Cagnac-les-Mines salle de sport de la mairie rue de la Maison du Peuple (ça s’invente pas!) de 20h à 22h30. Le réalisateur sera présent pour répondre à vos questions.

Lire la suite

L’Amour et la Révolution : le dernier film de Y. Youlountas

dans le Tarn en présence de Y. Youlountas :

MARDI 20 MARS 2018 GRAULHET (81) 20h30 : projection-débat du film en présence du réalisateur Cinéma Vertigo 15 rue de la Mégisserie 81300 Graulhet Avec le soutien d’ATTAC Tarn, du groupe libertaire ELAFF et de Confluences 81

MARDI 15 MAI 2018 CASTRES (81) 20h00 : projection-débat du film en présence du réalisateur Cinéma le Lido Castres 2/4 quai Miredames 81100 CASTRES Avec le soutien d’ATTAC Tarn, du groupe libertaire ELAFF et de Confluences 81

Grèce : convoi solidaire

Le  collectif ANEPOS organise un nouveau convoi solidaire qui partira de France mi-novembre. Lors du convoi parti fin mars, c’est plus de 100.000€ qui ont été acheminés vers la Grèce (plus de 85.000€ en dons matériels + 19.000€ en dons financiers).

Dans le cadre de cette nouvelle collecte, plusieurs évènements sont prévus :

1- Soirées film débat : projection d’un documentaire réalisé et préparé par une convoyeuse partie fin mars 2017 vers la Grèce puis discussion avec le public. Vos dons seront recueillis le soir même. (Voir détails sur l’affiche ci-contre) :

 

 

  • Marzens – En Preignan (l’Atelier) – le vendredi 13 octobre à 20h30
  • Puylaurens – En Girou Haut – le samedi 14 octobre à 20h30
  • Rabastens – café Le Banc Sonore – le mercredi 18 octobre à 20h30
  • Gaillac – café Au Comptoir du Chinabulle – le vendredi 20 octobre à 20h30

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Puylaurens : projection d’un documentaire

Avant le départ du prochain convoi solidaire vers la Grèce, mi-novembre, une nouvelle collecte est lancée !

Si le cœur vous en dit d’y participer, VENEZ NOMBREUX à PUYLAURENS (en Girou Haut – plan sous l’affiche), le SAMEDI 14 OCTOBRE – 20h30.

En première partie de soirée : projection d’un documentaire de 30′, qui revient sur le dernier convoi solidaire parti au printemps et les difficultés que connaissent les grecs et les réfugiés.

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