Fêtons la victoire contre le golf !

FESTOYONS la victoire contre le projet de golf immobiler de Fontiers-Cabardes le samedi 5 septembre 2026 !

Le tribunal administratif de Montpellier a annulé en mars 2026 le projet de golf et complexe immobilier de Fontiers-Cabardès, le jugeant caduc et illégal. Le 16 juin, la société porteuse, Telcapi, a renoncé à faire appel ! 

La victoire étant désormais acquise, nous comptons sur vous pour festoyer ce samedi 5 septembre dès 18h au bar café asso Le Communal à Cennes-Monestiés !

L’AG de l’association aura lieu à 16h, où seront abordés les futurs projets de MNA !

C’est où : au bar café associatif le Communal à Cennes-Monestiés (11).

Bar (bière, vin, soft) par le Communal.

16h – 17h30 AG
18h30 – 20h Lemon Life Project (Jazz)
20h – Repas offert par MNA
20h30 – ODAWA (Batucada)
21h30 – 23h DJ SARAH DRAMA (Britpop and French 80’s)
23h – 00h30 DJ DELPHINE (Instrumental)
00h30 – 2h DJ KODRYN (Hard Bounce)

19 septembre, Fête de la Conf ‘ 81

Nous vous donnons rendez-vous à La Ferme des Cabrols à Castres de 16 h à 1h du matin pour un événement en grandes pompes pour nous retrouver, nous rencontrer, célébrer le réseau départemental et soutenir, par notre présence et financièrement le syndicat qui nous protège, nous et l’agriculture paysanne !

🎊

Au programme de cette super fiesta :

🧺Marché paysan & Stands associatifs en après midi

🎭Spectacle familial🎭

🍴Repas et buvette paysanne et locales🍻

🎶Soirée festive et musicale avec

🥁BatukabronX = batucada issue d’un atelier Local, la batucada s’inspire de Tambour du Bronx pour faire danser et rythmer la soirée

🔈Planète Boom Boom = Collectif techno-activiste survolté, Planète Boum Boum a une mission simple : mettre de la politique dans la fête et de la fête dans la politique

🎶Gambeat = bassiste/contrebassiste, son style musical balance entre punk rock, reggae, ska, salsa et musiques du monde, un cocktail explosif.

📢

Notez bien dans vos agendas 📅

📣Et bien sûr parlez-en autour de vous, faites passer le message et partagez en masse📨

Samedi 26 septembre, marchons partout en France pour le climat, la paix et les solidarités !

Appel à mobilisation nationale
Marchons pour qu’on suive enfin les scientifiques, et qu’un plan d’urgence, d’adaptation et d’atténuation soit engagé sans attendre un été de plus. https://26septembre.org/appel

Lettre ouverte au Président de la République

Monsieur le Président de la République,

Le 31 décembre 2022, vous demandiez dans vos vœux : « qui aurait pu prédire la crise climatique aux effets spectaculaires ? ». La Gironde avait brûlé quatre mois plus tôt. Elle vient de brûler encore, plus fort qu’à aucun moment depuis cinquante ans, et la fumée est montée jusqu’aux villages du Cher.

Qui aurait pu prédire que 5 764 personnes mourraient de la canicule en quinze jours, sans que rien ne s’arrête ?

Qui aurait pu prédire que celles et ceux qui mourraient d’abord seraient les habitantes et les habitants des quartiers populaires, les familles précaires dans des logements sans isolation, les personnes âgées ou en situation de handicap restées seules, celles et ceux qui travaillent dehors et celles et ceux qui dorment dans la rue ?

Qui aurait pu prédire que les paysannes et les paysans perdraient entre 15 % et un tiers de leurs récoltes selon les productions ?

Qui aurait pu prédire que des millions d’animaux d’élevage mourraient de chaud en quelques jours, les poules d’abord, entassées sous des toits de tôle, et qu’il faudrait rouvrir les fosses d’enfouissement de 2003 ?

Qui aurait pu prédire que d’innombrables mammifères, oiseaux et insectes brûleraient vifs dans les incendies, sans qu’aucun décompte ne soit seulement tenté ?

Qui aurait pu prédire que les coupes dans les services publics laisseraient les enfants dans des écoles surchauffées, les pompiers sans moyens et les hôpitaux à découvert au moment précis où nous en avions le plus besoin ?

Qui aurait pu prédire que TotalEnergies encaisserait 5,4 milliards de dollars en un seul trimestre, 102 % de plus qu’il y a un an, sur la flambée du baril provoquée par les guerres pour l’accès aux ressources énergétiques et minières ?

Personne ne pouvait l’ignorer, parce que tout était écrit.

  • Les compagnies pétrolières, elles, savaient dès 1971. Elles ont préféré payer pour qu’on en doute.
  • Le GIEC (Groupe d’expertes et d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) avait prédit, depuis 1990.
  • À de nombreuses reprises, par voie de presse, de pétitions et même de manifestations, des milliers de scientifiques du monde entier ont tenté d’alerter les dirigeant·es politiques. Ils et elles ont été ignoré·es.

Nous nous sommes mobilisé·es

Depuis que vous avez été élu, nous nous sommes mobilisé·es par centaines de milliers dans les grèves, marches et pétitions pour le climat.

Sur les ronds-points, quand la question du prix du carburant a rendu évident que la fin du mois et la fin du monde sont le même combat, et que la nécessaire bifurcation écologique ne peut se faire au détriment des travailleurs et des travailleuses pauvres de notre pays.

Aux côtés des exilé·es et déplacé·es, notamment à cause des dérèglements climatiques et des guerres économiques et militaires menées dans leur pays d'origine.

Contre les méga-bassines, pour que l'eau reste un commun et non le privilège de quelques exploitations. À deux millions de signatures contre le retour d'un insecticide interdit, parce que les sols, les rivières et celles et ceux qui les travaillent ne sont pas une variable d'ajustement.

Depuis que vous avez été élu, nous nous sommes mobilisé·es par centaines de milliers dans les grèves, marches et pétitions pour le climat.

Sur les ronds-points, quand la question du prix du carburant a rendu évident que la fin du mois et la fin du monde sont le même combat, et que la nécessaire bifurcation écologique ne peut se faire au détriment des travailleurs et des travailleuses pauvres de notre pays.

Aux côtés des exilé·es et déplacé·es, notamment à cause des dérèglements climatiques et des guerres économiques et militaires menées dans leur pays d’origine.

Contre les méga-bassines, pour que l’eau reste un commun et non le privilège de quelques exploitations. À deux millions de signatures contre le retour d’un insecticide interdit, parce que les sols, les rivières et celles et ceux qui les travaillent ne sont pas une variable d’ajustement.

Vous ne nous avez pas écouté·es. Vous avez dit que nous exagérions, puis que nous étions des radicaux, puis des écoterroristes. Pendant ce temps, vous avez ramené le Fonds vert de 2,5 milliards d’euros à 837 millions, quand il permet aux communes de se protéger. Vous avez ajouté 6,7 milliards au seul budget des armées en une année. Et toute notre sécurité civile tient sous le milliard, avec douze avions bombardiers d’eau.

Nous ne venons pas vous demander de nous plaindre. Nous venons vous demander des comptes.

Nous exigeons un plan d’urgence

Parce que l’été prochain sera plus chaud que celui-ci. Des lieux frais accessibles dans chaque bassin de vie, en commençant par les quartiers populaires et les communes rurales. Des écoles, des crèches, des hôpitaux et des EHPAD où l’on ne meure pas de chaud. La protection des travailleuses et des travailleurs de la chaleur inscrite dans la loi. Un toit pour chacune et chacun, parce qu’on ne s’adapte pas au climat quand on dort dehors. Des moyens humains et matériels réels pour les secours. Un fonds pour les paysannes et les paysans sinistrés, et le sauvetage de la faune inscrit dans les plans de catastrophe.

Nous exigeons un plan d’adaptation

Parce qu’aucune commune ne doit rester seule devant le feu et la soif. Le Fonds vert rétabli et l’ingénierie publique rendue aux territoires. La rénovation des logements engagée, des passoires thermiques et du parc social, pour que l’isolation cesse d’être un privilège. Des forêts renouvelées, des sols restaurés, des haies replantées, des rivières et des nappes traitées comme des communs et non comme des stocks à privatiser.

Nous exigeons un plan d’atténuation

Parce qu’on ne s’adapte pas indéfiniment à une catastrophe qu’on continue d’alimenter. La fin de toutes les subventions aux énergies fossiles. L’interdiction pour toute entreprise française d’ouvrir de nouveaux projets fossiles, ici comme ailleurs. Des transports publics accessibles partout avant toute taxe qui pèserait sur les plus modestes. Une sortie du fossile qui soit aussi une sortie des guerres qu’il finance.

Pour payer ces trois plans

Nous exigeons que contribuent celles et ceux qui ont fabriqué la catastrophe et qui en tirent profit.

  • Les superprofits des énergies fossiles, taxés dès la loi de finances 2027.
  • Les superprofits de l’armement, dont les carnets de commandes n’ont jamais été aussi pleins.
  • Un impôt climatique sur les patrimoines des plus riches, qui rapporterait entre quinze et vingt-cinq milliards d’euros par an.

Trois Françaises et Français sur quatre veulent déjà que les entreprises fossiles paient davantage. Nous ne demandons rien d’autre que ce que ce pays réclame.


Samedi 26 septembre 2026
Appel à mobilisation nationale pour le climat, la paix et les solidarités. Site édité par le Mouvement du 26 septembre, collectif de citoyens et citoyennes. 27 rue de Paradis, 95100 Argenteuil — France.

signer : https://26septembre.org/#signer
Marchons pour les vivantes et les vivants !

Roland

Confluences 81 s’associe à l’hommage rendu à Roland Foissac*, figure communiste du Tarn, décédé accidentellement le 1er juillet. Notre amitié à Nelly;à leurs enfants et petits enfants.


Mi-août, il ne sera pas à la “Hestejada de las Arts d’Uzeste”, rendez-vous auquel, depuis 1978, Nelly et lui furent si souvent fidèles. Dès cet automne, nous chercherons sa silhouette lors des manifestations, rencontres et rassemblements qui continuent de faire vivre le Tarn citoyen.
Roland Foissac nous a quittés le 1er juillet dernier, victime d’une chute accidentelle. Instituteur, militant de la pédagogie Freinet, élu local et responsable communiste durant de longues années, il laisse surtout le souvenir d’un homme pour qui l’engagement politique relevait d’une exigence morale autant qu’intellectuelle.
Ses convictions étaient profondes, nourries de Jaurès, de la Commune de Paris et de toute l’histoire du mouvement ouvrier. Très tôt, il avait pris ses distances avec le stalinisme, au nom d’une conception profondément démocratique, humaniste et émancipatrice du communisme. Ces derniers mois, inquiet des dérives bureaucratiques et autoritaires qu’il voyait resurgir dans une partie de la gauche, il avait rejoint Alternative communiste, où il retrouvait pleinement l’idéal politique auquel il était demeuré fidèle toute sa vie.
Ce qui frappait chez Roland, c’était moins l’affirmation de ses certitudes que son attention à celles des autres. Il écoutait avant de répondre, cherchait à comprendre avant de convaincre. Instituteur jusque dans sa manière de dialoguer, il ne cherchait jamais à avoir le dernier mot, mais à faire grandir la réflexion de son interlocuteur. Sa curiosité, sa vaste culture historique, politique, philosophique et littéraire, son goût du débat sans invective faisaient de chaque échange un moment d’enrichissement mutuel.
Communiste de conviction, il fut aussi, inlassablement, un artisan du rassemblement. Non d’une union de circonstance, mais d’une coopération exigeante entre les forces de transformation sociale. Ces derniers mois encore, il avait été l’une des chevilles ouvrières de la Démarche de coopération, présentée dans un récent numéro de Confluences 81. Cette initiative lui ressemblait : rassembler sans renier ses convictions, construire sans effacer les différences, faire vivre l’intelligence collective plutôt que les rapports de force.
Cette fidélité à ses convictions allait de pair avec une fidélité plus discrète, mais tout aussi essentielle : celle qui l’unissait à Nelly. Leur engagement fut indissociable. Ensemble, ils furent de tous les rendez-vous de la solidarité internationale : la Palestine, qui occupait une place particulière dans leur cœur, Cuba et, plus largement, tous les combats pour l’émancipation des peuples, contre les dominations, pour la paix et la dignité humaine.
Son absence sera désormais visible dans bien des rassemblements. Sa présence, elle, continuera longtemps d’habiter celles et ceux qui ont eu la chance de cheminer à ses côtés.
Il nous laisse un vide immense, mais aussi un héritage précieux : celui d’une fidélité sans sectarisme, d’une culture toujours en éveil et de la conviction, profondément jaurésienne, que l’on ne transforme durablement le monde qu’en faisant grandir ensemble l’intelligence, la justice, la paix et la fraternité.
À l’heure où tant de débats publics se réduisent à l’invective ou à l’entre-soi, Roland Foissac nous rappelle qu’il est possible de demeurer fidèle à des convictions fortes sans jamais renoncer à écouter, comprendre et rassembler. C’est peut-être, aujourd’hui, la plus actuelle de ses leçons.

Cet article est publié dans le n° 181 de notre journal papier, début août 2026

Elles et ils ont dit (Extraits) :
Union départementale CGT
“Nous avons appris avec tristesse, le décès accidentel de notre camarade Roland FOISSAC.
Nous saluons son engagement syndical au sein de la CGT et son combat politique constant pour la justice sociale et la dignité au travail. (…) Que son souvenir et ses luttes continuent d’inspirer celles et ceux qui poursuivent le chemin.”


Au nom des ami.e.s du Mouvement de la Paix dans le Tarn

“Un compagnon de toujours des militantes et militants de la Paix (…) nourri de la pensée et de l’action de Jaurès (…) Toutes nos pensées vont vers Nelly, son épouse, incessante initiatrice dans le champ progressiste et de la PAIX.”


Paul Collin
Responsable de la section du Tarn de la LDH
“Roland Foissac était un exemple de droiture, d’honnêteté intellectuelle, d’énergie calme. Ami du débat, d’une dialectique fine et argumentée, assise sur des connaissances historiques solides, il était pour moi une rare référence politique. Avec parfois des appréciations différentes, nous partagions les mêmes convictions d’humanité. Et son humour me manque déjà.”

Le conseil d’orientation de l’ Ajet
« C’est avec une énorme émotion que nous venons d’apprendre le décès brutal de Roland Foissac, ce mercredi (…) Une mort brutale, violente, injuste et qui nous touche profondément.
Nous adressons nos condoléances les plus sincères et affectueuses à Nelly et à ses enfants.
Roland a été un des fondateurs de l’AJET, il y a 30 ans. L ‘AJET lui doit beaucoup, son investissement était total. Il faisait sienne la pensée jaurésienne en ces temps troublés, le débat d’idées indispensable, la recherche de l’unité à gauche et la nécessité de changer le monde.
Roland va nous manquer. “

Alternative Communiste
“Il n’est pas mort celui qui a semé (…) Jusqu’à la dernière minute, Roland n’aura eu que le souci d’œuvrer en faveur du rassemblement populaire à gauche, appelant les organisations de gauche et de progrès du Tarn à coopérer entre elles pour cela, d’abord afin de pouvoir empêcher l’extrême droite d’accéder aux plus hautes responsabilités du pays, et au-delà pour que puissent advenir les transformations sociales, écologiques et démocratiques répondant aux besoins de toutes et tous.”

Karen Erodi
Députée LFI du Tarn
“Roland était de ceux que l’on aimait retrouver à chaque rassemblement pour la paix entre les peuples, à chaque mobilisation pour nos services publics, aux côtés des luttes ouvrières, pour la justice sociale et pour la protection de l’environnement, de Sivens à l’A69, et tellement d’autres que l’on ne peut pas en faire la liste !…Je remercie Roland pour ce qu’il était, un homme politique respecté et respectable, un républicain avant tout. Je le remercie pour ses conseils précieux, sa bienveillance et même si parfois nous n’étions pas d’accord, nous avions un profond respect l’un envers l’autre.!”

Géraldine Rouquette
Conseillère régionale PCF
“Il est très difficile de dire en quelques mots ce que Roland Foissac a représenté pour les militants et les élus du PCF ces cinquante dernières années (…)
Celui à qui je veux rendre hommage ici, c’est l’élu qui a construit et présidé l’Association des Élus Communistes et Républicains dans le Tarn. Grâce à son énergie et à sa ténacité à toute épreuve, il a réussi à organiser des élu.e.s au-delà des rangs de notre parti pour défendre dans les collectivités territoriales des choix progressistes et lutter contre les mesures antisociales, dangereuses ou injustes. (…) J’ai fait partie de ces élus, en coprésidant l’ADECR avec lui (…) nos choix politiques divergents nous ont éloignés ces dernières années mais je sais ce que je lui dois.
Je garderai en mémoire nos discussions sur la poésie tout autant que nos engueulades sur le parti et sur l’autoroute (…) Ce soir, je pense à Nelly, indissociable de Roland dans tous les combats, à leur famille et je leur adresse mes sincères condoléances et tout mon soutien.”

Patrick Le Hyaric
Ancien Directeur de l’Humanité
“Hier encore, nous devisions sur la comparaison des températures dans le Tarn et le Morbihan. (…) On labourait des idées pour empêcher que, dans dix mois, une vague brune ne se déverse sur la France de la Commune de Paris, la France de la Révolution, la France de Jaurès…
Rayonnant de chaleur humaine, de savoirs et d’expériences accumulées, Roland était cette voix douce et chantante appelant à déplisser les complexités du moment et à défricher les sentiers menant vers la justice, la liberté et la paix. (…) Il combattait les grands retards d’à-venir. Voilà qui le plaçait du côté de la jeunesse en mouvement (contre le) barrage de Sivens, (…) l’autoroute A69…Comme une page qui
s’arrache ce soir, je perds un ami. Une chaise restera vide au banquet des militants du bonheur…. “

Fabien Gay
Sénateur PCF de Seine-Saint-Denis, Directeur de l’Humanité

“Roland était de ces militants qui incarnent toute une histoire : fils de mineur, instituteur, secrétaire fédéral du PCF pendant de longues années, vice-président du Département, élu local infatigable, il était depuis plus de 50 ans, une figure du parti communiste et au delà, de la gauche de ce département du Tarn qu’il chérissait tant.
Toute sa vie, il a porté avec dignité, force et conviction les valeurs de solidarité, de justice sociale et d’émancipation qui sont le cœur de notre engagement communiste. Il contribua à la mise en place d’un chèque collégien ou encore des premières chartes sur la démocratie participative. En tant que vice président du département. Il avait voté contre la construction du barrage de Sivens.
(…) Jusqu’au bout, il aura œuvré pour l’unité de notre camp social et alerté contre le danger de l’extrême-droite. “

ALLIANCES TERRESTRES EST MAINTENANT EN ACCÈS LIBRE …

Si vous n’avez pas encore eu l’occasion de voir ce formidable film d’Isabelle Haelvoët (89 mn – 2024), il n’est pas trop tard.

Il est maintenant en accès libre 👉https://www.youtube.com/watch?v=9BrJM_YO080

Vous y découvrirez la lutte locale contre le projet de l’autoroute #A69 prévoyant de relier Castres à Toulouse. Par les récits de ses acteurs, on découvre ainsi la genèse du collectif La Voie Est Libre, leur alliance avec le Groupe National de Surveillance des Arbres, la Confédération Paysanne, les chercheurs de l’Atecopol, les activistes de Extinction Rebellion, et enfin l’essor donné par Les soulèvements de la terre

SOUTENEZ LE FILM “ALLIANCES TERRESTRES”

SOUTENEZ LA SENSIBILISATION AUX LUTTES LOCALES

Soutenez la réalisation du film autoproduit par Isabelle Haelvoet (La Graine de) axé sur la lutte contre le projet d’autoroute #A69 Castres-Toulouse !

Il lui faut encore réunir 17.672 € pour la réalisation et elle a besoin de notre soutien à tous… si chaque @followers contribue à hauteur de 5€, le film sera financé !!

https://www.helloasso.com/…/co-production-du-film…

Sinon, vous pouvez également acheter le film sur clé USB :

https://lagrainede.com/allian…/acheter-la-cle-usb-du-film

La bande-annonce : https://www.youtube.com/watch?v=REX-S2qOooU&t=15s

A partager sans modération 🙏

Communiqué des organisations de gauche et de progrès de Castres

La déprogrammation de la pièce “Passeport” d‘Alexis Michalik, qui devait être jouée
au théâtre municipal de Castres le 27 février 2027 a eu un retentissement national
et constitue un signal particulièrement préoccupant. Au-delà du sort réservé à un
spectacle, cette décision du nouveau maire RN remet en cause la liberté de
création, l’indépendance de la programmation culturelle et l’ouverture qui doit
caractériser toute politique culturelle publique.
Par ailleurs, l’épisode concernant la brutalité de la mairie envers les gens du
voyage suscite des inquiétudes.
Face à cela, les organisations signataires, syndicats, associations, collectifs, partis
et mouvements politiques, ont décidé :

  • de poursuivre les initiatives engagées pour obtenir que la pièce Passeport
    puisse être présentée à Castres ;
  • de surveiller la gestion municipale, informer les citoyen.ne.s, soutenir les
    associations et les individus fragilisés, et appeler à des mobilisations
    citoyennes.
    Face au RN, la lutte contre toutes les discriminations est une
    priorité. L’union et la vigilance s’imposent.

Signataires
Alliance pour une République Écologique et Sociale (L’APRES) l Alternative Communiste l Assemblé populaire pour Faire Front Citoyen l Association pour le Développement de l’Emploi Agricole et Rural du Tarn (ADEART),
l Association Jaurès Espace Tarn (AJET) l Association pour la Taxation des Transactions financières et pour l’Action Citoyenne (ATTAC81) l Autan(t) le Faire ! l Castres-Antifa l Castres en Commun l CFDT l CGT Educ’Action l La Confédération paysanne l Le Comité Paloma-81 du Mouvement de la Paix l Confluences81 l les groupes ELAfF (Ecolo-Libertaire Antifasciste & Féministe) & CAFAART (Collectif AntiFasciste, Anarchiste, Anti Raciste dans le Tarn) l Fédération Syndicale Unitaire l Génération.s , L’Association Comités Inter-Mouvements Auprès Des Évacués (La Cimade) l Les Écologistes l Le Groupe d’Action Castres Insoumise (LFI) l La Ligue des Droits de l’Homme (LDH) l Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP) l Nouveau Parti Anticapitaliste (Comité Sud NPA-A) l Parti communiste français (PCF) l Parti Socialiste (PS) l Place Publique l Le Planning Familial l Pour une Écologie Populaire et Sociale (Peps) l Réseau Éducation Sans Frontières (Resf Castres), l SFA Midi-Pyrénées (Cgt Spectacle) l Union locale des Syndicats Cgt l Union Syndicale Solidaires Tarn l

Alternatives et Autogestion s’associe également à ce communiqué

LES CHEMINS DE L’ÉMANCIPATION

Article “réactualisé” , extrait du Cahier de Propositions n° 10 d’Alternatives et Autogestion “Femme, Vie, Liberté, Partout ! “ https://alternatives-et-autogestion.org/wp-content/uploads/2025/03/Cahier-de-Proposition-n%C2%B0-9-compresse-1.pdf

L’affaire des viols de Mazan a agi comme un révélateur brutal : les violences sexuelles ne sont pas commises uniquement par des individus isolés, des « monstres » étrangers à notre société. Les auteurs de ces crimes vivent parmi nous, dans nos familles, nos quartiers, nos villages, nos lieux de travail. Ils peuvent avoir une vie sociale ordinaire, être connus, parfois appréciés de leur entourage.

Nous le savions, bien sûr. Mais nous avons trop souvent préféré ne pas regarder, ne pas entendre, ne pas interroger ce qui se passait autour de nous. Faire comme si nous n’étions pas concernés. Nous, les hommes en particulier. Faire comme si nous n’avions jamais eu de gestes déplacés, de paroles ambiguës, de comportements que nous aurions peut-être minimisés, ou comme si nous n’avions jamais été témoins de situations semblables sans intervenir.

Faire comme si un modèle ancien de masculinité, fondé sur la puissance, la possession et la domination, allait de soi. Comme si les femmes devaient encore trouver leur place dans un monde pensé sans elles. Comme si les revendications d’égalité portées par les femmes remettaient en cause un ordre naturel, alors qu’elles contestent simplement une histoire de privilèges et d’inégalités.

Mais pouvons-nous avancer sur la question des violences sexistes et sexuelles par une approche uniquement morale, voire moralisatrice ? Certainement pas. La condamnation des actes est indispensable, mais elle ne suffit pas. Il faut comprendre les mécanismes qui les rendent possibles et entreprendre un travail collectif de transformation.

Les racines sont profondes. Nos sociétés se sont longtemps organisées autour d’un ordre patriarcal, dont le « pater familias » romain constitue une illustration ancienne. Les institutions, les traditions, certaines interprétations religieuses, l’éducation et les représentations culturelles ont contribué, au fil des siècles, à maintenir des rapports inégalitaires. Celles et ceux qui ont tenté de s’en affranchir ont souvent été marginalisés, ridiculisés ou réprimés.

Des « sorcières » aux suffragettes, d’Olympe de Gouges aux militantes féministes contemporaines, l’histoire est pourtant aussi celle des résistances et des conquêtes. Le vent est en train de tourner. Des mouvements féministes des années 1960 aux femmes d’Iran, des luttes du Chiapas et du Rojava au mouvement #MeToo, des résistances des femmes afghanes aux combats du MLAC, des sardinières aux grévistes sans-papiers des hôtels Ibis, partout les femmes s’organisent.

Elles ont parcouru ensemble un long chemin, fait de luttes, de solidarités et de victoires. Elles adressent aux autres femmes ce message simple et puissant : « Viens, petite sœur. Ensemble, on a moins peur. » Elles montrent surtout que l’émancipation n’est jamais une utopie abstraite : elle devient possible lorsque des personnes décident de s’unir et d’agir.

Gisèle Pélicot est à la fois l’héritière et le symbole de cette longue histoire. Par son courage, sa détermination et son choix de rendre public ce qu’elle a subi, elle a déplacé la honte : elle n’appartient plus aux victimes, mais aux agresseurs et à ceux qui les protègent.

Son combat nous invite à poursuivre le chemin, femmes et hommes, ensemble et parfois séparément, vers une société débarrassée des dominations. Car l’émancipation des femmes ne constitue pas une revendication particulière : elle participe d’une émancipation plus large de l’humanité.

Elle suppose de transformer nos rapports sociaux, de construire des espaces fondés sur l’égalité réelle, la solidarité, l’autogestion et le partage du pouvoir. Elle appelle à dépasser les logiques de possession, de compétition et de domination qui traversent encore nos sociétés.

Le chantier est immense. Mais il est ouvert.

Quand le temps renverse les évidences. Le débat sur l’A69 n’est pas clos !

Il arrive que le temps renverse les évidences. Certaines idées, longtemps tenues pour marginales, finissent par s’imposer. D’autres, qui semblaient aller de soi, perdent peu à peu leur évidence. Il ne s’agit pas de dire que les uns avaient raison et les autres tort. Il s’agit de constater qu’en vingt ans, le monde a changé, et qu’avec lui notre manière de penser l’aménagement des territoires.


La décision du Conseil d’État autorisant la reprise du chantier de l’A69 constitue, pour les opposants à cette autoroute, un revers majeur. Elle marque une étape juridique importante et appelle naturellement une réaction. Mais elle ne saurait constituer le dernier mot de cette histoire. Car elle tranche une question de droit ; elle ne répond pas à la question politique que ce projet pose depuis son origine : quel modèle d’aménagement voulons-nous pour les décennies qui viennent ?
Lorsque le débat sur la liaison Castres–Toulouse s’ouvre au milieu des années 2000, le désenclavement du sud du Tarn apparaît comme une évidence. Réduire les temps de trajet, rapprocher Castres de Toulouse, favoriser les échanges économiques : rares sont ceux qui contestent alors la logique générale d’un développement fondé sur l’accélération des déplacements. Pourtant, dès cette époque, d’autres voix se font entendre. Elles ne se contentent pas de refuser une autoroute. Elles interrogent le modèle de territoire qu’elle traduit. Pourquoi les habitants doivent-ils parcourir chaque jour des dizaines de kilomètres pour travailler, étudier, se soigner ou accéder aux services publics ? Pourquoi les activités essentielles s’éloignent-elles toujours davantage les unes des autres ? Et si le véritable désenclavement consistait moins à accélérer les déplacements qu’à réduire les besoins de déplacements contraints ?
Ces interrogations paraissent alors périphériques. Elles le sont si peu qu’elles trouvent leur place dans les cahiers d’acteurs du débat public de 2009-2010. L’un d’eux posait une question qui pouvait sembler iconoclaste : “Suffit-il de désenclaver le sud du Tarn ? Non, il faut relocaliser l’économie !” Quinze ans plus tard, cette formule résonne d’une manière singulière. Ce qui apparaissait comme une intuition minoritaire rejoint aujourd’hui des préoccupations largement partagées : souveraineté alimentaire, relocalisation des activités, réindustrialisation, sobriété foncière, développement du ferroviaire, préservation des terres agricoles ou résilience des territoires.
Le paradoxe est là. Le projet autoroutier est demeuré fidèle à la logique qui l’a vu naître. Mais le monde, lui, a profondément changé. Les crises sanitaire, climatique et énergétique, les tensions sur les chaînes d’approvisionnement, la question de la souveraineté alimentaire ou encore les difficultés d’accès aux services publics ont déplacé le centre de gravité du débat. Elles nous conduisent à regarder autrement ce que signifie “développer un territoire”. Car un territoire n’est pas seulement un espace que l’on traverse plus vite. C’est d’abord un lieu où l’on vit. Un lieu où l’on travaille, où l’on apprend, où l’on se soigne, où l’on produit, où l’on crée des liens et où s’exerce la citoyenneté. Lorsqu’il faut parcourir chaque jour des distances toujours plus grandes pour accomplir ces actes essentiels, la vitesse ne résout qu’en partie le problème : elle en accompagne les conséquences sans toujours interroger les causes. C’est pourquoi le débat sur l’A69 dépasse depuis longtemps la seule question d’une infrastructure. Il met en regard deux conceptions de l’aménagement du territoire. L’une continue de privilégier la fluidité des flux et l’intégration aux grandes dynamiques métropolitaines. L’autre considère que le véritable développement consiste aussi à rapprocher les fonctions essentielles de la vie quotidienne, à préserver les ressources locales, à renforcer les services de proximité et à construire des territoires plus autonomes et plus résilients.
Depuis près de vingt ans, Confluences 81 accompagne ce débat. Non par goût de la controverse, mais parce que les choix d’aménagement engagent durablement l’avenir d’un territoire. Au fil des années, notre journal a rendu compte des mobilisations, des analyses, des recours et des propositions alternatives. Cette continuité témoigne d’une conviction : les grands projets d’infrastructure méritent mieux qu’une opposition entre “pour” et “contre”. Ils invitent à réfléchir collectivement à la société que nous voulons construire.
Le Conseil d’État a rendu sa décision. D’autres procédures pourront peut-être encore être engagées, notamment à l’échelle européenne. Mais quelle que soit leur issue, elles ne refermeront pas le débat de fond.
Car la véritable question demeure. Voulons-nous continuer à organiser nos territoires autour de déplacements toujours plus nombreux et toujours plus rapides ? Ou voulons-nous construire des territoires où l’essentiel, – l’emploi, les soins, l’école, les services publics, les commerces, les lieux de décision -, soit davantage rapproché des habitants ?
L’histoire de l’A69 est sans doute celle d’une autoroute inutile et controversée. Mais elle est aussi, peut-être surtout, celle d’un lent renversement des évidences.
C’est cette histoire-là qui, aujourd’hui, ne fait que commencer.

A69 et au-delà : comment habiter un territoire sans le traverser en permanence ? (article complété*)

  • Le passage devant le Conseil d’Etat (et l’argumentation “hors-sol” produite par le rapporteur public) nous ont amené à modifier quelque peu le texte initial  


Le projet d’autoroute A69 est souvent présenté comme une réponse simple : relier plus vite Castres à Toulouse, fluidifier les déplacements, “désenclaver” le territoire. Cette présentation laisse pourtant dans l’ombre une question plus fondamentale : pourquoi ces déplacements sont-ils devenus si longs, si fréquents et si indispensables ?
Entre Castres et Toulouse, comme dans de nombreux territoires, les distances ne sont pas seulement géographiques. Elles résultent d’une organisation progressive de l’espace : concentration des emplois dans quelques pôles, éloignement des services publics, disparition de certaines activités locales, centralisation des décisions économiques et administratives. Dans ce contexte, une autoroute destinée à raccourcir les temps de trajet ne supprime pas la dépendance aux déplacements. Elle l’accompagne. Elle permet de continuer à vivre dans un territoire où les fonctions essentielles sont dispersées, sans remettre en cause les mécanismes qui ont produit cette dispersion. Le débat se trouve alors enfermé dans une alternative réductrice : accepter la situation existante ou accélérer davantage la circulation des personnes et des marchandises pour la rendre supportable. La vitesse apparaît comme la solution. Pourtant, cette recherche permanente de fluidité ne répond pas seulement aux besoins des habitants. Elle correspond aussi à un modèle de développement fondé sur l’intensification des échanges, la mise en concurrence des territoires et l’extension continue des marchés. Dans cette logique, les territoires tendent à être considérés moins comme des lieux de vie que comme des espaces de circulation, de production et de consommation.
Une autre question permet de sortir de ce cadre : comment habiter un territoire sans avoir besoin de le traverser en permanence pour y vivre ? Habiter un territoire, aujourd’hui, ressemble souvent à une vie fragmentée. Les lieux essentiels de l’existence sont séparés : travail, soins, école, achats, démarches administratives, rencontres. Entre ces lieux, les trajets deviennent une contrainte quotidienne. La mobilité cesse d’être un choix pour devenir une obligation. Le territoire n’est plus un espace de vie cohérent ; il devient un espace de circulation.
Ce basculement ne relève pas du hasard. Il résulte d’un mode d’organisation dans lequel les lieux de travail, de soin, d’étude et de décision sont progressivement éloignés les uns des autres. Chaque activité est localisée selon des critères d’efficacité économique, de concentration ou de rentabilité, avec une attention souvent secondaire portée à la vie quotidienne des habitants. La distance apparaît alors comme une donnée naturelle. Elle est pourtant produite par une succession de décisions qui éloignent les lieux essentiels les uns des autres. Plus cette organisation se renforce, plus elle exige de déplacements. Et plus elle exige de déplacements, plus elle justifie la création de nouvelles infrastructures destinées à rendre ces distances supportables. Un cercle se met en place : l’éloignement produit la mobilité contrainte, laquelle appelle toujours davantage d’investissements pour accélérer les flux.
Cette dynamique crée une dépendance silencieuse aux trajets, aux réseaux techniques et aux grandes infrastructures énergétiques. Elle renforce également la dépendance à des choix effectués loin des territoires concernés, dans un système où les décisions majeures d’aménagement, de financement ou de développement échappent souvent aux habitants.
Les conséquences sont bien connues : artificialisation des sols, fragmentation des milieux naturels, nuisances sonores, pollution, consommation d’énergie, mais aussi temps de vie absorbé par les trajets et fatigue quotidienne devenue progressivement banalisée. Les coûts humains, sociaux et écologiques sont supportés localement tandis qu’une partie importante des bénéfices se concentre dans les centres de décision économiques et administratifs. Les territoires deviennent alors moins des lieux à habiter que des espaces à aménager, traverser, rentabiliser ou adapter à des stratégies définies ailleurs. Face à cela, la question des transports change de nature. Elle ne porte plus seulement sur les moyens de déplacement. Elle renvoie à la manière dont un territoire est organisé.
Les débats récents autour de l’A69 illustrent bien cette difficulté. Devant le Conseil d’État, les discussions ont notamment porté sur la question de savoir si le projet répondait à une “raison impérative d’intérêt public majeur” susceptible de justifier les atteintes à l’environnement et aux espèces protégées. Les partisans de l’autoroute invoquent le désenclavement, l’attractivité économique, la sécurité et la réduction des temps de trajet. Les opposants contestent que ces bénéfices soient suffisants pour justifier les dommages environnementaux et mettent en doute l’ampleur réelle des avantages annoncés.
Derrière cette controverse juridique apparaît une interrogation plus profonde : qu’appelle-t-on aujourd’hui l’intérêt public ? Réduire les temps de trajet, accélérer les flux économiques et renforcer l’attractivité d’un territoire constituent-ils nécessairement un intérêt collectif majeur ? Ou l’intérêt public pourrait-il également être recherché dans la réduction des déplacements contraints, le maintien des services de proximité, la préservation des terres agricoles et des milieux vivants, ainsi que dans la capacité des habitants à maîtriser davantage les conditions de leur existence quotidienne ? La discussion porte principalement sur l’utilité d’une infrastructure destinée à raccourcir les trajets. Elle interroge rarement les choix d’aménagement qui rendent ces trajets nécessaires.
La question pourrait être posée autrement : non pas seulement comment circuler plus vite entre des lieux éloignés, mais comment réduire les distances imposées dans la vie quotidienne. Deux logiques s’opposent alors. La première organise la vie autour de la séparation des fonctions et de la circulation permanente. Elle accepte l’éloignement comme point de départ et cherche à le compenser par la vitesse. La seconde part d’un autre principe : rapprocher ce qui structure la vie quotidienne, réduire les distances imposées, limiter les déplacements contraints sans enfermer les habitants dans un espace fermé. Dans la première logique, les déplacements imposés tendent à augmenter sans cesse. Dans la seconde, ce sont les besoins réels de la vie quotidienne qui déterminent les déplacements nécessaires.
C’est ici qu’un projet comme l’A69 devient révélateur. Il ne s’agit pas seulement d’une infrastructure de transport. Il traduit un choix d’organisation du territoire privilégiant l’accélération des échanges, la concentration des activités et l’adaptation des espaces aux impératifs de compétitivité et de croissance. Ce type de projet mobilise des moyens publics considérables pour accompagner une organisation économique qui tend à allonger les distances quotidiennes tout en cherchant à en réduire les effets par la vitesse. L’A69 n’apparaît alors plus seulement comme une réponse à des besoins de mobilité. Elle participe d’un modèle d’aménagement qui considère l’augmentation des flux comme une solution, là où d’autres approches chercheraient d’abord à réduire les déplacements contraints eux-mêmes.
Et si l’on partait de la vie réelle des habitants ?
Dans un territoire pensé autrement, la première question ne serait pas celle du temps gagné d’un lieu à un autre, mais celle des distances imposées dans la vie quotidienne. Les habitants, les usagers, les travailleurs, les associations et les élus locaux pourraient partir de situations concrètes : trajets obligés, services éloignés, activités concentrées, temps de vie absorbé par les déplacements. Certaines activités pourraient être rapprochées des lieux de vie sans chercher à tout centraliser ni à tout uniformiser. Des services publics pourraient retrouver une présence de proximité. Des espaces de travail partagés pourraient être développés là où les besoins sont les plus forts. Des coopérations entre communes pourraient permettre d’organiser certaines fonctions essentielles à une échelle plus locale.
Les déplacements ne disparaissent pas. Leur nature change. Une partie des trajets contraints diminue, d’autres deviennent occasionnels, d’autres encore s’organisent différemment. Dans cette perspective, les transports ne dictent plus l’organisation du territoire. Ils deviennent un outil au service d’une vie quotidienne plus simple, plus autonome et plus choisie.
Habiter un territoire sans le traverser en permanence ne signifie pas se replier sur soi. Cela signifie cesser d’organiser la vie autour de distances qui imposent leurs contraintes. Un territoire habitable n’est pas celui où l’on circule le plus vite. C’est celui où l’existence quotidienne ne dépend pas d’un enchaînement permanent de trajets. L’enjeu dépasse donc largement la question d’une autoroute. Il touche à une manière d’habiter, de décider et d’organiser la vie collective.
Le véritable désenclavement ne consiste pas à traverser un territoire plus vite. Il consiste à permettre à celles et ceux qui l’habitent d’y vivre pleinement : y travailler, s’y soigner, y apprendre, s’y rencontrer, y décider et y construire des projets de vie sans dépendre toujours davantage de la vitesse, de l’éloignement ou des infrastructures destinées à les rendre supportables.
La question de l’A69 nous renvoie ainsi à un choix de société. D’un côté, la poursuite d’un modèle fondé sur l’accélération des flux, la concentration des activités et la mise en concurrence des territoires. De l’autre, la construction de territoires plus autonomes, plus solidaires, plus démocratiques et plus respectueux du vivant, où les besoins des habitants priment sur les seules exigences de rentabilité. Il n’y a pas d’un côté la fin du mois et de l’autre la fin du monde. Les difficultés sociales, la fragilisation des services publics, les inégalités territoriales et la dégradation des équilibres écologiques procèdent souvent de logiques communes. Les luttes pour la justice sociale, la défense du vivant, l’accès aux services publics, la démocratie locale ou la maîtrise collective des ressources ne s’opposent pas : elles se rejoignent.
Face à l’A69 et au monde qu’elle accompagne, il ne s’agit donc pas seulement de résister. Il s’agit aussi de construire. Construire des solidarités, des coopérations locales, des communs et des formes renouvelées de démocratie permettant aux habitants de reprendre prise sur les choix qui façonnent leur territoire.
.L’enjeu n’est pas seulement d’empêcher une autoroute de plus. Il est d’ouvrir la voie à une autre manière d’habiter les territoires, de produire, de décider et de vivre ensemble.
Une voie d’émancipation, de justice sociale, de responsabilité écologique et de démocratie réelle.
Non pour rendre supportable un modèle à bout de souffle, mais pour construire patiemment les conditions d’un monde plus habitable.

A69 et au-delà : comment habiter un territoire sans le traverser en permanence ?


Le projet d’autoroute A69 est souvent présenté comme une réponse simple : relier plus vite Castres à Toulouse, fluidifier les déplacements, “désenclaver” un territoire. Cette présentation laisse pourtant dans l’ombre une question plus fondamentale : pourquoi ces déplacements sont-ils devenus si longs, si fréquents, si indispensables ?
Entre Castres et Toulouse comme ailleurs, les distances ne sont pas seulement géographiques. Elles résultent d’une organisation progressive du territoire : concentration des emplois dans quelques pôles, éloignement des services publics, disparition de certaines activités locales, centralisation des décisions économiques et administratives. Dans ce contexte, une autoroute destinée à raccourcir les temps de trajet ne supprime pas la dépendance. Elle l’accompagne. Elle permet de continuer à vivre dans un territoire où tout est dispersé, sans remettre en cause cette organisation.
Le débat se trouve enfermé entre deux impasses : accepter la situation existante ou accélérer encore la circulation des marchandises et des personnes pour la rendre supportable. Cette vitesse recherchée ne répond pas seulement aux besoins des habitants. Elle correspond aussi aux exigences d’une économie fondée sur la circulation permanente des marchandises, la concurrence entre territoires et la recherche du profit. Dans cette logique, bien avant d’être des lieux de vie, les territoires sont d’abord considérés comme des espaces de production, d’échange et de consommation.
Une autre question permet de sortir de ce cadre : comment habiter un territoire sans avoir besoin de le traverser en permanence pour y vivre ? Habiter un territoire, aujourd’hui, ressemble souvent à une vie fragmentée. Les lieux essentiels de l’existence sont séparés : travail, soins, école, achats, rencontres. Entre ces lieux, les trajets deviennent une contrainte quotidienne. La mobilité cesse d’être un choix pour devenir une obligation. Le territoire n’est plus un espace de vie ; il devient un espace de circulation.
Ce basculement ne relève pas du hasard. Il résulte d’un mode d’organisation où les lieux de travail, de soin, d’école et de vie sont progressivement éloignés les uns des autres. Chaque activité est localisée selon des logiques de concentration, d’efficacité et de rentabilité, sans véritable considération pour la vie quotidienne des habitants. La distance apparaît alors comme une donnée naturelle. Elle est pourtant produite. Produite par des décisions successives qui éloignent les lieux essentiels les uns des autres. Plus cette organisation se renforce, plus elle exige de déplacements. Et plus elle exige de déplacements, plus elle justifie de nouvelles infrastructures destinées à rendre ces distances supportables.
Ce modèle n’a rien de neutre. Il correspond aux besoins d’un capitalisme qui doit accélérer sans cesse la circulation des marchandises, réduire les temps de trajet, élargir les marchés et transformer toujours davantage d’activités humaines en sources de profit. Il ne s’agit pas seulement de répondre à des besoins existants. Il s’agit aussi de créer de nouveaux marchés, de stimuler toujours davantage la consommation et d’organiser l’espace en fonction de cette dynamique d’accumulation.
C’est ainsi que s’installe une dépendance silencieuse aux trajets, aux réseaux techniques et aux énergies centralisées, qu’elles soient fossiles, nucléaires ou issues de grandes infrastructures énergétiques. Une dépendance à des choix effectués loin des territoires concernés, dans un système où les grandes décisions d’aménagement, de financement et de développement échappent de plus en plus aux habitants au profit d’intérêts économiques et administratifs concentrés.
Cette logique laisse derrière elle des terres artificialisées, des paysages abîmés, du bruit, de la pollution, des vies passées dans les trajets et une fatigue quotidienne devenue presque normale. Les coûts humains, sociaux et écologiques sont supportés localement tandis qu’une grande partie des bénéfices remonte vers les centres de décision et les acteurs économiques qui tirent profit de cette organisation. Les territoires deviennent alors moins des lieux de vie que des espaces à aménager, traverser, rentabiliser ou adapter aux besoins de décideurs vivant ailleurs.
Face à cela, la question des transports change de nature. Elle ne porte plus seulement sur les moyens de déplacement. Elle renvoie à la manière dont un territoire est organisé.
Deux logiques s’opposent. La première organise la vie autour de la séparation et de la circulation permanente. Elle accepte l’éloignement comme point de départ et cherche à le compenser par la vitesse. La seconde part d’un autre principe : réduire les distances imposées, rapprocher ce qui structure la vie quotidienne, limiter les déplacements contraints sans enfermer les habitants dans un espace fermé. Dans la première logique, les déplacements imposés doivent toujours augmenter. Dans la seconde, ce sont les conditions de vie qui déterminent les déplacements nécessaires.
C’est ici qu’un projet comme l’A69 devient révélateur. Il ne s’agit pas seulement d’une infrastructure. Il s’agit d’un choix d’organisation du territoire au service d’un modèle économique précis : accélérer les échanges, fluidifier la circulation des marchandises et adapter les territoires aux besoins du capital plutôt qu’aux besoins des habitants. Ce type de projet mobilise souvent des financements publics considérables pour sécuriser ou accompagner des infrastructures dont les bénéfices profitent d’abord aux grandes logiques économiques de circulation et de rentabilité. Ce choix permet la continuité d’un modèle fondé sur la concentration des activités, l’allongement des déplacements et l’obligation permanente de s’adapter aux distances.
L’A69 n’apparaît alors plus seulement comme une réponse à des besoins de mobilité. Elle participe d’un aménagement conçu pour accompagner les impératifs de croissance, de compétitivité et de rentabilité qui structurent déjà le territoire.


Et si l’on partait de la vie réelle des habitants ?
Dans un territoire pensé autrement, la première question ne serait pas celle du temps gagné d’un lieu à un autre, mais celle des distances imposées dans la vie quotidienne. Les habitants, les usagers, les travailleurs et les élus locaux pourraient partir de situations concrètes : trajets obligés, services éloignés, activités concentrées, temps de vie absorbé par les déplacements.

Certaines activités pourraient être rapprochées des lieux de vie, sans chercher à tout centraliser ni à tout uniformiser. Des services publics pourraient retrouver une présence de proximité. Des lieux de travail partagés pourraient être installés là où les besoins sont les plus forts. Des coopérations entre communes pourraient organiser des fonctions essentielles à une échelle plus locale.
Les déplacements ne disparaissent pas. Leur nature change. Une partie des trajets contraints diminue, d’autres deviennent occasionnels, d’autres encore s’organisent autrement. Dans cette perspective, les transports ne dictent plus toute l’organisation du territoire. Ils deviennent un outil au service d’une vie quotidienne plus simple et plus autonome. Habiter un territoire sans le traverser en permanence ne signifie pas se replier. Cela signifie cesser d’organiser la vie autour de distances qui imposent leurs contraintes. Un territoire habitable n’est pas celui où l’on circule le plus vite. C’est celui où l’existence quotidienne ne dépend pas d’un enchaînement permanent de trajets.
L’enjeu dépasse donc largement la question d’une autoroute. Il touche à une manière d’habiter, de décider et d’organiser la vie collective.


Le véritable désenclavement ne consiste pas à traverser un territoire plus vite. Il consiste à permettre à celles et ceux qui l’habitent d’y vivre pleinement : y travailler, s’y soigner, y apprendre, s’y rencontrer, y décider, sans dépendre toujours davantage de la vitesse, de l’éloignement et des infrastructures destinées à les rendre supportables.


La question de l’A69 nous renvoie ainsi à un choix de société. D’un côté, la poursuite d’un modèle fondé sur l’accélération des flux, la concentration des activités, la mise en concurrence des territoires et la recherche du profit. De l’autre, la construction de territoires plus autonomes, plus solidaires, plus démocratiques et plus respectueux du vivant, où les besoins des habitants priment sur les impératifs de rentabilité.
Il n’y a pas d’un côté la fin du mois et de l’autre la fin du monde. Il y a un même système qui fragilise les conditions d’existence de la majorité tout en dégradant les équilibres écologiques dont dépend notre avenir commun. Les luttes pour la justice sociale, la défense du vivant, l’accès aux services publics, la démocratie locale ou la maîtrise collective des ressources ne s’opposent pas : elles se rejoignent.
Face à l’A69 et au monde qu’elle accompagne, il ne s’agit donc pas seulement de résister. Il s’agit aussi de construire. Il s’agit de faire converger ces aspirations et ces combats, de renforcer partout les solidarités, les communs, les coopérations locales et le pouvoir d’agir des habitants.
L’enjeu n’est pas seulement d’empêcher une autoroute de plus. Il est d’ouvrir la voie à une autre manière d’habiter les territoires, de produire, de décider et de vivre ensemble.
Une voie d’émancipation, de justice sociale, de responsabilité écologique et de démocratie réelle.
Une voie qui ne cherche pas à rendre supportable un modèle à bout de souffle, mais à construire patiemment les conditions d’un monde plus habitable