Samedi 26 septembre, marchons partout en France pour le climat, la paix et les solidarités !

Appel à mobilisation nationale
Marchons pour qu’on suive enfin les scientifiques, et qu’un plan d’urgence, d’adaptation et d’atténuation soit engagé sans attendre un été de plus. https://26septembre.org/appel

Lettre ouverte au Président de la République

Monsieur le Président de la République,

Le 31 décembre 2022, vous demandiez dans vos vœux : « qui aurait pu prédire la crise climatique aux effets spectaculaires ? ». La Gironde avait brûlé quatre mois plus tôt. Elle vient de brûler encore, plus fort qu’à aucun moment depuis cinquante ans, et la fumée est montée jusqu’aux villages du Cher.

Qui aurait pu prédire que 5 764 personnes mourraient de la canicule en quinze jours, sans que rien ne s’arrête ?

Qui aurait pu prédire que celles et ceux qui mourraient d’abord seraient les habitantes et les habitants des quartiers populaires, les familles précaires dans des logements sans isolation, les personnes âgées ou en situation de handicap restées seules, celles et ceux qui travaillent dehors et celles et ceux qui dorment dans la rue ?

Qui aurait pu prédire que les paysannes et les paysans perdraient entre 15 % et un tiers de leurs récoltes selon les productions ?

Qui aurait pu prédire que des millions d’animaux d’élevage mourraient de chaud en quelques jours, les poules d’abord, entassées sous des toits de tôle, et qu’il faudrait rouvrir les fosses d’enfouissement de 2003 ?

Qui aurait pu prédire que d’innombrables mammifères, oiseaux et insectes brûleraient vifs dans les incendies, sans qu’aucun décompte ne soit seulement tenté ?

Qui aurait pu prédire que les coupes dans les services publics laisseraient les enfants dans des écoles surchauffées, les pompiers sans moyens et les hôpitaux à découvert au moment précis où nous en avions le plus besoin ?

Qui aurait pu prédire que TotalEnergies encaisserait 5,4 milliards de dollars en un seul trimestre, 102 % de plus qu’il y a un an, sur la flambée du baril provoquée par les guerres pour l’accès aux ressources énergétiques et minières ?

Personne ne pouvait l’ignorer, parce que tout était écrit.

  • Les compagnies pétrolières, elles, savaient dès 1971. Elles ont préféré payer pour qu’on en doute.
  • Le GIEC (Groupe d’expertes et d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) avait prédit, depuis 1990.
  • À de nombreuses reprises, par voie de presse, de pétitions et même de manifestations, des milliers de scientifiques du monde entier ont tenté d’alerter les dirigeant·es politiques. Ils et elles ont été ignoré·es.

Nous nous sommes mobilisé·es

Depuis que vous avez été élu, nous nous sommes mobilisé·es par centaines de milliers dans les grèves, marches et pétitions pour le climat.

Sur les ronds-points, quand la question du prix du carburant a rendu évident que la fin du mois et la fin du monde sont le même combat, et que la nécessaire bifurcation écologique ne peut se faire au détriment des travailleurs et des travailleuses pauvres de notre pays.

Aux côtés des exilé·es et déplacé·es, notamment à cause des dérèglements climatiques et des guerres économiques et militaires menées dans leur pays d'origine.

Contre les méga-bassines, pour que l'eau reste un commun et non le privilège de quelques exploitations. À deux millions de signatures contre le retour d'un insecticide interdit, parce que les sols, les rivières et celles et ceux qui les travaillent ne sont pas une variable d'ajustement.

Depuis que vous avez été élu, nous nous sommes mobilisé·es par centaines de milliers dans les grèves, marches et pétitions pour le climat.

Sur les ronds-points, quand la question du prix du carburant a rendu évident que la fin du mois et la fin du monde sont le même combat, et que la nécessaire bifurcation écologique ne peut se faire au détriment des travailleurs et des travailleuses pauvres de notre pays.

Aux côtés des exilé·es et déplacé·es, notamment à cause des dérèglements climatiques et des guerres économiques et militaires menées dans leur pays d’origine.

Contre les méga-bassines, pour que l’eau reste un commun et non le privilège de quelques exploitations. À deux millions de signatures contre le retour d’un insecticide interdit, parce que les sols, les rivières et celles et ceux qui les travaillent ne sont pas une variable d’ajustement.

Vous ne nous avez pas écouté·es. Vous avez dit que nous exagérions, puis que nous étions des radicaux, puis des écoterroristes. Pendant ce temps, vous avez ramené le Fonds vert de 2,5 milliards d’euros à 837 millions, quand il permet aux communes de se protéger. Vous avez ajouté 6,7 milliards au seul budget des armées en une année. Et toute notre sécurité civile tient sous le milliard, avec douze avions bombardiers d’eau.

Nous ne venons pas vous demander de nous plaindre. Nous venons vous demander des comptes.

Nous exigeons un plan d’urgence

Parce que l’été prochain sera plus chaud que celui-ci. Des lieux frais accessibles dans chaque bassin de vie, en commençant par les quartiers populaires et les communes rurales. Des écoles, des crèches, des hôpitaux et des EHPAD où l’on ne meure pas de chaud. La protection des travailleuses et des travailleurs de la chaleur inscrite dans la loi. Un toit pour chacune et chacun, parce qu’on ne s’adapte pas au climat quand on dort dehors. Des moyens humains et matériels réels pour les secours. Un fonds pour les paysannes et les paysans sinistrés, et le sauvetage de la faune inscrit dans les plans de catastrophe.

Nous exigeons un plan d’adaptation

Parce qu’aucune commune ne doit rester seule devant le feu et la soif. Le Fonds vert rétabli et l’ingénierie publique rendue aux territoires. La rénovation des logements engagée, des passoires thermiques et du parc social, pour que l’isolation cesse d’être un privilège. Des forêts renouvelées, des sols restaurés, des haies replantées, des rivières et des nappes traitées comme des communs et non comme des stocks à privatiser.

Nous exigeons un plan d’atténuation

Parce qu’on ne s’adapte pas indéfiniment à une catastrophe qu’on continue d’alimenter. La fin de toutes les subventions aux énergies fossiles. L’interdiction pour toute entreprise française d’ouvrir de nouveaux projets fossiles, ici comme ailleurs. Des transports publics accessibles partout avant toute taxe qui pèserait sur les plus modestes. Une sortie du fossile qui soit aussi une sortie des guerres qu’il finance.

Pour payer ces trois plans

Nous exigeons que contribuent celles et ceux qui ont fabriqué la catastrophe et qui en tirent profit.

  • Les superprofits des énergies fossiles, taxés dès la loi de finances 2027.
  • Les superprofits de l’armement, dont les carnets de commandes n’ont jamais été aussi pleins.
  • Un impôt climatique sur les patrimoines des plus riches, qui rapporterait entre quinze et vingt-cinq milliards d’euros par an.

Trois Françaises et Français sur quatre veulent déjà que les entreprises fossiles paient davantage. Nous ne demandons rien d’autre que ce que ce pays réclame.


Samedi 26 septembre 2026
Appel à mobilisation nationale pour le climat, la paix et les solidarités. Site édité par le Mouvement du 26 septembre, collectif de citoyens et citoyennes. 27 rue de Paradis, 95100 Argenteuil — France.

signer : https://26septembre.org/#signer
Marchons pour les vivantes et les vivants !

Quand le temps renverse les évidences. Le débat sur l’A69 n’est pas clos !

Il arrive que le temps renverse les évidences. Certaines idées, longtemps tenues pour marginales, finissent par s’imposer. D’autres, qui semblaient aller de soi, perdent peu à peu leur évidence. Il ne s’agit pas de dire que les uns avaient raison et les autres tort. Il s’agit de constater qu’en vingt ans, le monde a changé, et qu’avec lui notre manière de penser l’aménagement des territoires.


La décision du Conseil d’État autorisant la reprise du chantier de l’A69 constitue, pour les opposants à cette autoroute, un revers majeur. Elle marque une étape juridique importante et appelle naturellement une réaction. Mais elle ne saurait constituer le dernier mot de cette histoire. Car elle tranche une question de droit ; elle ne répond pas à la question politique que ce projet pose depuis son origine : quel modèle d’aménagement voulons-nous pour les décennies qui viennent ?
Lorsque le débat sur la liaison Castres–Toulouse s’ouvre au milieu des années 2000, le désenclavement du sud du Tarn apparaît comme une évidence. Réduire les temps de trajet, rapprocher Castres de Toulouse, favoriser les échanges économiques : rares sont ceux qui contestent alors la logique générale d’un développement fondé sur l’accélération des déplacements. Pourtant, dès cette époque, d’autres voix se font entendre. Elles ne se contentent pas de refuser une autoroute. Elles interrogent le modèle de territoire qu’elle traduit. Pourquoi les habitants doivent-ils parcourir chaque jour des dizaines de kilomètres pour travailler, étudier, se soigner ou accéder aux services publics ? Pourquoi les activités essentielles s’éloignent-elles toujours davantage les unes des autres ? Et si le véritable désenclavement consistait moins à accélérer les déplacements qu’à réduire les besoins de déplacements contraints ?
Ces interrogations paraissent alors périphériques. Elles le sont si peu qu’elles trouvent leur place dans les cahiers d’acteurs du débat public de 2009-2010. L’un d’eux posait une question qui pouvait sembler iconoclaste : “Suffit-il de désenclaver le sud du Tarn ? Non, il faut relocaliser l’économie !” Quinze ans plus tard, cette formule résonne d’une manière singulière. Ce qui apparaissait comme une intuition minoritaire rejoint aujourd’hui des préoccupations largement partagées : souveraineté alimentaire, relocalisation des activités, réindustrialisation, sobriété foncière, développement du ferroviaire, préservation des terres agricoles ou résilience des territoires.
Le paradoxe est là. Le projet autoroutier est demeuré fidèle à la logique qui l’a vu naître. Mais le monde, lui, a profondément changé. Les crises sanitaire, climatique et énergétique, les tensions sur les chaînes d’approvisionnement, la question de la souveraineté alimentaire ou encore les difficultés d’accès aux services publics ont déplacé le centre de gravité du débat. Elles nous conduisent à regarder autrement ce que signifie “développer un territoire”. Car un territoire n’est pas seulement un espace que l’on traverse plus vite. C’est d’abord un lieu où l’on vit. Un lieu où l’on travaille, où l’on apprend, où l’on se soigne, où l’on produit, où l’on crée des liens et où s’exerce la citoyenneté. Lorsqu’il faut parcourir chaque jour des distances toujours plus grandes pour accomplir ces actes essentiels, la vitesse ne résout qu’en partie le problème : elle en accompagne les conséquences sans toujours interroger les causes. C’est pourquoi le débat sur l’A69 dépasse depuis longtemps la seule question d’une infrastructure. Il met en regard deux conceptions de l’aménagement du territoire. L’une continue de privilégier la fluidité des flux et l’intégration aux grandes dynamiques métropolitaines. L’autre considère que le véritable développement consiste aussi à rapprocher les fonctions essentielles de la vie quotidienne, à préserver les ressources locales, à renforcer les services de proximité et à construire des territoires plus autonomes et plus résilients.
Depuis près de vingt ans, Confluences 81 accompagne ce débat. Non par goût de la controverse, mais parce que les choix d’aménagement engagent durablement l’avenir d’un territoire. Au fil des années, notre journal a rendu compte des mobilisations, des analyses, des recours et des propositions alternatives. Cette continuité témoigne d’une conviction : les grands projets d’infrastructure méritent mieux qu’une opposition entre “pour” et “contre”. Ils invitent à réfléchir collectivement à la société que nous voulons construire.
Le Conseil d’État a rendu sa décision. D’autres procédures pourront peut-être encore être engagées, notamment à l’échelle européenne. Mais quelle que soit leur issue, elles ne refermeront pas le débat de fond.
Car la véritable question demeure. Voulons-nous continuer à organiser nos territoires autour de déplacements toujours plus nombreux et toujours plus rapides ? Ou voulons-nous construire des territoires où l’essentiel, – l’emploi, les soins, l’école, les services publics, les commerces, les lieux de décision -, soit davantage rapproché des habitants ?
L’histoire de l’A69 est sans doute celle d’une autoroute inutile et controversée. Mais elle est aussi, peut-être surtout, celle d’un lent renversement des évidences.
C’est cette histoire-là qui, aujourd’hui, ne fait que commencer.

Violence politique individuelle : comment répondre ?

Les élections législatives françaises de 2024 furent l’occasion de plus de cinquante incidents violents entre protagonistes. J’ai l’insigne honneur d’avoir été, bien involontairement je m’en excuse, l’objet de l’un d’entre eux à l’âge de 74 ans. Que faire en de telles circonstances inattendues où vous vous retrouvez menacé puis frappé inopinément, pour la première fois de votre vie, dans un bureau de vote où vous êtes venu innocemment, niaisement, pour tenter de vous rende utile ?

Voici, deux ans plus tard, l’état résumé de mes réflexions sur ce thème.

Tout d’abord, ne pas répondre par la violence, ce qui serait vécu comme une « symétrie ». En effet, tout pugilat, quel qu’en soit l’initiateur, renverra encore davantage dos à dos les protagonistes sans que l’on souhaite s’interroger sur l’initiateur de cet échange de bons procédés. Ainsi, par principe, une myriade de coups entre militants politiques aboutira à un signe d’égalité entre les deux parties en présence. En l’espèce, des personnes présentes ont empêché physiquement la personne violente d’aller plus avant dans son assaut. Parfait.  

Vous pouvez appeler les forces de l’ordre pour qu’elles constatent les faits. Savoir toutefois que la police nationale ne peut pas pénétrer si facilement dans un bureau de vote ; ce n’est pas le cas pour la police municipale. Manque de chance pour moi, la police municipale étant placée sous hiérarchie, elle a obtempéré à la décision du président du bureau de vote qui se trouve être… le premier adjoint à la mairie. Risible que je me sois retrouvé exclu du bureau alors que mon agresseur y était maintenu. Vrai qu’il s’était présenté comme apolitique et ami de Madame le Maire. Assurément un certificat d’innocence !

Au soir de cette élection, vous pouvez, à l’instar de ma démarche, appeler au calme afin que personne ne se lance dans une réaction inappropriée qui donnerait raison, ou au moins excuserait, les paroles et surtout les gestes de votre agresseur. C’est ce que je fis sur la place de ma ville en présence de soutiens de la liste électorale qui avait ma préférence.

Le recours à une plainte en commissariat de police est indispensable car cette situation relève du code de procédure pénale. Ce qui fut fait dès le lendemain. Vous obtiendrez, probablement rapidement, une entrevue avec un Officier de Police Judiciaire (OPJ) qui enregistrera votre plainte. Attendez-vous éventuellement à une personne, qui, même pleine du désir de bien faire, ne comprend pas bien comment les faits se sont déroulés car ils sont plus complexes que vous ne le pensez. Vrai que la culture politique n’est pas forcément répandue dans notre jeunesse, quelle que soit sa profession. Vous relirez donc ce que votre auditrice aura soigneusement consigné. Comme vous ne voulez pas trop l’importuner, car elle est dévouée et à votre écoute, vous risquez de laisser passer un écrit approximatif.

Faut-il expliquer les faits auprès de la presse locale ? Vous pourriez vous en dispenser en pensant que vous ne voulez pas saisir le « tribunal médiatique » au détriment du tribunal de la République ; erreur de ma part. La partie adverse a fait publier dès le lendemain un communiqué incroyablement mensonger reprenant intégralement les assertions de mes adversaires politiques. Par exemple, j’aurais émis des menaces, en particulier d’en venir aux mains, ce qui ne fut jamais le cas. Pire, l’article est paru en version électronique et pourra être consulté par n’importe quel employeur à l’avenir. Heureusement, je suis en retraite, toutefois autoentrepreneur, donc employé ponctuellement, en particulier par des structures de soins, par exemple dans la prévention de… la maltraitance envers les personnes âgées. Aïe ! Faut-il solliciter en l’espèce le conseil d’une ou d’un avocat ? Assurément ! Le problème, c’est qu’il convient d’abord de rémunérer un avocat spécialisé dans les droits de la presse afin d’obtenir un rectificatif refusé d’emblée et obstinément. Il n’y a pas d’avocat spécialisé dans ma ville ; deux sont présents à Toulouse, grande ville la plus proche. La note sera salée, sachez-le ! De plus, les avocats locaux sont occupés à des affaires plus graves et sont eux aussi tentés de penser que la testostérone était un peu trop présente par ce beau jour bien chaud du début de l’été 2024. Et que le temps fera son effet sédatif, voire amnésiant. Des benzodiazépines en somme.

Alors, vous allez commencer à patienter. Soyez persévérant ! Ne vous attendez pas à une réponse rapide, la Justice est débordée, comme vous le savez. Deux ans plus tard, vous attendez toujours la décision du Procureur de la République.

Entre temps, vous avez demandé et obtenu de voter dans une autre commune afin de ne pas vous retrouver devant votre agresseur. Encore faut-il que votre situation corresponde à des conditions strictes. Ce fut mon cas.

Vous allez ensuite contacter l’association d’aide aux victimes pour savoir si une médiation pénale ne pourrait pas faire l’affaire. En effet, vous pouvez vous contenter de la simple reconnaissance de la vérité des faits par votre agresseur ; dans ce but, de simples excuses seraient suffisantes. Que nenni, ce n’est pas vous qui déciderez d’une telle conciliation ! Comme il s’agit d’une plainte au pénal, seul le Procureur de la République est en mesure de débloquer la situation.  Donc lettre recommandée avec accusé de réception à Monsieur le Procureur de la République.

Bon, si vous ne savez pas comment occuper votre retraite, j’ai encore un conseil à vous prodiguer. Il n’est pas très médical comme l’étaient ceux de ma carrière professionnelle : faites-vous agresser, de préférence par l’extrême droite ou la droite dure de votre ville ! Vous aurez peut-être des soucis, mais ceci vous donnera au moins un objectif dans la vie. Il parait que c’est très important quand on est parvenu à un certain âge. Parole de gériatre.

Illustration 1
© La Dépêche du Midi

Suite au prochain numéro.

Article publié sur le “blog de Médiapart” de l’auteur : Bernard PRADINES

Quels sont les responsables de la mort de Lyhanna ?

Si le meurtrier de Lyhanna est le premier responsable de cet assassinat il n’est pas le seul, car lui comme nous tous, nous vivons en société. Comme le disait le titre de film d’André Cayatte « Nous sommes tous des assassins ».

Une justice débordée

Il a fallu ce meurtre pour que le ministre de la justice, Gérald Darmanin se rende compte du dysfonctionnement de la justice. Face à cet « étonnement », l’USM[1] répond : « … nous assistons depuis plusieurs jours à une instrumentalisation politique inacceptable de ce drame par l’exécutif.… Pour expliquer les dysfonctionnements dans le suivi des plaintes antérieures, nous mettons le ministère face à ses propres contradictions. Le chiffre est éloquent : pas moins de 42 circulaires et 72 dépêches ont été envoyées aux parquets depuis 2025. Cette avalanche d’injonctions descendantes se fait sans jamais évaluer la capacité réelle des services à les absorber…. Face au déni du gouvernement sur le manque de moyens, l’USM rappelle qu’il est impossible de traiter l’urgence quand tout devient prioritaire. Avec une moyenne de 3 procureurs pour 100 000 habitants, les parquets et les services d’enquête (police et gendarmerie) font face à un goulet d’étranglement structurel. Ce ne sont pas des « choix de priorisation » défaillants, mais un manque criant de forces vives pour absorber les millions de plaintes en souffrance… »*.

Des services psychiatriques débordés

Par ailleurs, il apparaît que le présumé auteur du crime a des pensées suicidaires. Ce qui signifie qu’il s’agit d’un malade qui aurait dû être soigné. Or, les établissements psychiatriques sont exsangues. Voici ce qu’écrivait le président de la FHF[2] en 2025 : « … les centres médico-psychologiques (CMP) publics connaissent de grandes difficultés pour répondre aux besoins de soins non programmésCes tensions se reportent ensuite sur l’hospitalisation publique déjà en difficulté́. En 2024, la FHF montrait notamment que pour 40 % des établissements publics, un quart des postes étaient vacants en psychiatrie. Ces problématiques se retrouvent nettement dans l’accès aux soins pour les patients. Selon notre baromètre, une personne sur deux souffrant de troubles psychiatriques rencontre des difficultés (pour obtenir un rendez-vous)… ».

Quelles solutions proposées ?

Ainsi pour prévenir les crimes les services publics concernés sont gravement défaillants. Et ce n’est pas le couple Darmanin-Macron qui va résoudre le problème. En effet, le premier se contente de proposer  la prison à perpétuité pour les pédocriminels et le second exclut la question des moyens pour résoudre le problème. En revanche, Macron n’est pas aussi avare vis-à-vis des armées !  

 Jean-François Le Dizès

Sources

* https://www.union-syndicale-magistrats.org/affaire-lyhanna-lusm-dans-les-medias-pour-repondre-aux-attaques-contre-linstitution/

https://www.fhf.fr/actualites/communiques-de-presse/sante-mentale-et-psychiatrie-des-difficultes-dacces-aux-soins-persistantes-et-un-recours-aux-soins#:~:text=Ces%20tensions%20se%20reportent%20ensuite,aux%20soins%20pour%20les%20patients.


[1] Union Syndicale des Magistrats

[2] Fédération Hospitalière de France

Efficacité de la justice selon la Commission Européenne:

2022

France:3,2 procureurspour 100.000 habitants
Moyenne des 46 membres du Conseil de l’Europe:11, 2 procureurspour 100.000 habitants

France:0,6 greffiers (ères)pour 100.000 habitants
Moyenne des 46 membres du Conseil de l’Europe: 14,7 greffiers (ères) pour 100.000 habitants

Macron:”Je ne veux entendre aucun argument de moyens dans cette affaire“… avec Darmanin qui cherche des boucs-émissaires, ils ont belle mine ces deux là…

Belle déclaration de Me François Roujou de Boubée, l’avocat de la famille de la petite Lyhanna:

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Mais bon, comme d’habe, nos “responsables politiques” ont d’autres chats à fouetter…

Gérard BASTIDE

L’Occitan, ça ne sert à rien !

C’est cela qu’ils t’ont dit ? Tu en es sûr ? Oui évidemment tu en es sûr, puisqu’ils se sont moqués. Et que tu en as souffert. Et que tu en souffres encore…

 Ainsi tu apprendrais des choses inutiles ? Et idiotes par dessus le marché ? L’occitan ? A l’école ??? Mais ça ne sert à rien ! Même les vieux ne le parlent plus ! Ne te fâche pas… Ils ont raison.

Ça ne sert à rien. Sauf à savoir, précisément… sans le moindre risque que ce savoir te “serve”.

Les belles choses ne sont pas serviles. Elles se drapent d’inutilité. Comme l’arc-en-ciel, l’écume qui chuinte, le crépuscule qui flamboie. C’est leur beauté. Et leur grandeur.

Ça ne sert à rien. Sauf à apprendre que ces belles choses sont la vie même. Libres. Sans l’imposture de l’efficace, la tromperie des “utiles” prétentieux.

Ça ne sert à rien. Sauf à te connecter avec le monde. Je veux dire… le vrai. Pas celui des connexions bidon, qui n’existent que pour qui les vendent. Celui de la poussière et des étoiles, du houx et des lézards, des poissons insaisissables et beaux.

Celui qui fait mal lorsqu’on trébuche. Qui réjouit par l’oiseau qui chante, affermit par le serpent qui glisse.

Ça ne sert à rien ? Évidemment. Sauf à te protéger du désir qu’ils t’imposent, qui ne sera jamais le tien, mais auquel ils veulent te réduire : être un jour (et dès aujourd’hui) un rouage docile, obéissant, bien formaté.

Garde le secret dans ton cœur.

Et puis non, ne le garde pas.

Dis-leur à tous.

Car nous ne serons jamais de ceux qui taisent les trésors qui dorment, même en ceux qui n’en voudront pas.

Jérôme V.

Publié dans Confluences 81 n°114. Mai 2015

Moins de Routes, Plus de Trains. . .

Partout en France, le week-end du 30 et 31 mai, des collectifs se mobilisent pour défendre les petites lignes de train.

Moins de Routes, Plus de Trains, NOS LIGNES SONT VITALES !

Un collectif existe aussi sur la ligne TER Mazamet-Castres- Toulouse; Pour le faire vivre, rejoignez-le ! 

CONTACT : usagers-ter-toulouse-mazamet@mailo.com

https://www.laderoutedesroutes.com/post/moins-de-routes-plus-de-trains-journ%C3%A9es-d-actions-nationales-mai-2026

“Au nom du maintien de l’ordre – Reculez”

Nous organisons, en partenariat avec Amnesty International, une projection du documentaire “Au nom du maintien de l’ordre – Reculez” de Paul Moreira. Le rendez-vous est fixé ce jeudi 12 février à 20h30 au cinéma de Labastide-Rouairoux.

Le film aborde la question de la militarisation croissante des forces de l’ordre face aux mouvements sociaux, en France et aux États-Unis.

La séance sera suivie d’une rencontre avec Marilyn Beaufour, du groupe Amnesty International Castres-Mazamet

Echos-ci Echos-là

Deux poèmes pour 2026. . .

Rouges encore nos chandelles brûlantes

Plus destinées que l’heure

Et ne sachant pas vraiment

Qu’à côté du temps qui passe

La peste brune revient peu à peu

Mais pareil à l’espace bleu

Nous pouvons tisser les ailes du monde

Enlacer la mer et la fine perle des saisons

Ouvrir nos cœurs aux herbes magiques

Pour reverdir la révolutionnaire chanson

André PRONE

Nouvel An avant l’heure

Est-ce un mot ancien que le monde répète

tel un souffle épuisé d’une prière sans fin ?

Que reste-t-il du Nouvel An

quand l’Europe retient son souffle au bord du chaos

et que la paix en Palestine n’est plus qu’un nom gravé

sur la pierre froide d’une fosse commune ?

Est-ce le temps qui renaît

ou seulement un calendrier usé et flasque

qui tourne ses pages

sans y lire les corps brisés

les cris mêlés aux larmes

sourd à la lâcheté muette

où le monde consent à l’irréparable ?

En ce jour que l’on nomme renouveau

je me tiens face à la fragilité du mot espérance

comment célébrer le passage du temps

quand l’humanité elle-même s’effondre sur ses ruines ?

Comment parler d’avenir

quand l’Europe s’avance en titubant vers la guerre

quand la paix en Palestine est mutilée

ensevelie en silence complice sous les décombres ?

Et que dire

des charniers où le peuple soudanais s’efface lentement

non sous le poids de l’oubli

mais sous le souffle glacial de l’indifférence humaine ?

Le Nouvel An

ne pourrait être pour moi

ni simple rituel

ni une fête éclairée par l’oubli volontaire.

Il ne saurait être innocent

il se doit d’être un serment — un cri — un combat.

Un engagement où je choisis la vie

quand la mort devient banale

où je défends la dignité

quand elle dérange les intérêts des assassins

où je protège l’humain

quand les idéologies et la foi le piétinent.

Là où l’on compte les morts — qui sont pourtant nos frères

je refuse l’arithmétique du désastre

et choisis de compter

les consciences des éveillés.

Là où l’on fabrique la guerre

je rappelle et je crie que la paix

n’est ni faiblesse ni naïveté

mais l’acte le plus courageux

le plus noble dans un monde qui y a renoncé.

Si le Nouvel An a encore un sens

qu’il soit pour moi celui d’un refus :

refuser l’oubli organisé

refuser l’indifférence confortable

refuser que la souffrance des peuples

devienne le décor familier de l’histoire.

Et qu’il soit aussi une promesse — fragile, obstinée et humaine :

Celle de rester un être debout comme une lance

quand le monde vacille

et alors que le temps lui-même

semble perdre la mémoire..

Salah Al Hamdani

24 décembre 2025

Appel mobilisation Confédération Paysanne 81

Bonjour à tous,

Vous trouverez ci joint le nouveau tract appelant à nous rejoindre sur les lieux de contestation de l’abattage total des troupeaux pour DNC :

Tous les jours : Le Séquestre, Albi
Jeudi 18/12 : Verdalle, au rond-point de la Pierre Plantée, Lycée Touscayrats.
Jeudi 18/12 : Courniou, 10 h – 15 h avec la Conf 34
Samedi 20/12 : Mazamet, 10 h au marché de Noël

Le bureau de la Conf’ Paysanne 81