“L’écrivain, les courgettes et le pass sanitaire”

“Niché au cœur d’un village des Bouches-du-Rhône, c’est l’un des salons du livre que je préfère. Il a été créé en 1990 à Fuveau sous l’égide d’Edmonde Charles-Roux par un passionné, Jean Bonfillon. Aujourd’hui, sa veuve Christiane et une trentaine de bénévoles continuent d’animer avec la même ardeur Les Ècrivains en Provence, rendez-vous festif que le succès n’a jamais dénaturé. Nous dédicaçons sous les platanes, en haut du boulevard Loubet où se tient le marché des producteurs locaux, et cette union géographique des maraîchers, des artisans et des auteurs stimule autant la gourmandise que l’envie de lire et d’échanger.

Cette année, après une demi-douzaine de décrets contradictoires, la préfecture a exempté du pass sanitaire les acheteurs de courgettes, de charcuterie, de miel et d’objets d’art pour l’imposer aux seuls amateurs de livres. Dans le strict respect de leur interprétation de la loi, les bourreaucrates ont ainsi exigé qu’on grillage l’espace littéraire, afin de l’isoler de la manifestation « normale », matérialisant de fait une sorte de zoo dans lequel un public trié par QR code aurait seul accès aux gens de plume, cette espèce dangereuse hautement contaminante, à leurs yeux, de par la présumée résistance du variant culturel aux mesures discriminatoires. Dans ce camp retranché d’auteurs et de lecteurs « sanitairement corrects » bagués bleu ciel façon volaille, on imagine la mine des écrivains algériens, invités d’honneur cette année, qui étaient venus au pied de la Sainte-Victoire célébrer la liberté d’expression.

Difficile de se rappeler dans un tel contexte que, le 17 juin dernier, notre chef de l’État a érigé la lecture en « grande cause nationale 2021 ». Ce n’est pourtant pas sous le patronage d’Alfred Jarry et de son Ubu roi que cet édit culturel était placé, mais sous celui de Fabrice Luchini et des Fables de La Fontaine – ce génial visionnaire des Animaux malades de la peste,qui nous raconte comment Sa Majesté le Lion, dans le but d’éradiquer une épidémie, réunit le parlement animal pour choisir une victime expiatoire. Ce fut, ne l’oublions pas, le mouton. « Selon que vous serez puissant ou misérable, Les jugements de cour vous rendront blancs ou noirs. »

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“Je commence déjà à m’habituer”

Rhinocéros Eugène Ionesco – éd.Gallimard 1972

(extrait)

DUDARD : Alors toujours là à rester barricadé chez vous. Allez-vous mieux, mon cher ?

BERENGER : Excusez-moi, je ne reconnaissais pas votre voix. […]

DUDARD : Ma voix n’a pas changé. Moi j’ai bien reconnu la vôtre.

BERENGER : Excusez-moi, il m’avait semblé… en effet votre voix est bien la même. Ma voix non plus n’a pas changé, n’est-ce pas ?

DUDARD : Pourquoi aurait-elle changé ?

BERENGER : Je ne suis pas un peu… un peu enroué ?

DUDARD : Je n’ai pas du tout cette impression. […] s’installant dans le fauteuil. Vous ne vous sentez toujours pas bien ? Vous avez toujours mal à la tête ? Il montre le bandage de Bérenger.

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J-François Le Dizès, libéré, écrit …

 Le Hirak contre la caste des militaires.

Pour la quinzième fois je me suis rendu en Algérie. J’y avais été notamment coopérant à Sour El Ghozlane, où j’avais enseigné les mathématiques. Durant mon séjour de trois semaines, après une journée passée à Alger j’ai séjourné à Sour El Ghozlane où j’ai retrouvé de nombreuses connais-sances, puis à Tizi Ouzou où j’ai pu me rendre compte de ce qu’était le hirak en Kabylie.

Des manifestations enthousiastes

Commencé à la suite de l’annonce faite en février 2019 par le président sortant Bouteflika de briguer un cin-quième mandat de président de la République, le « Hi-rak » a passé le jour de l’an sans encombre. Il consiste en des manifestations dans toutes les villes algériennes chaque vendredi après la prière à la mosquée, en milieu de journée. Aux trois de ces manifestations auxquelles j’ai assisté (une à Alger et deux à Tizi Ouzou [135 000 habitants en 2008*]) et qui étaient les 45e, 46e et 47e éditions, j’ai constaté que la participation et surtout l’ardeur des manifestants étaient toujours forte. J’expli-que cette persistance par de nombreuses rancœurs et frustrations accumulées depuis des décennies contre le régime politique. Un jeune militant m’a dit que la cause première du hirak était la non-écoute du pouvoir. Dans les cortèges les slogans scandés collectivement et les chansons étaient continuellement émis par les manifestants. Ceux-ci portaient de très nombreuses pancartes. Le message le plus émis était : « État civil et non militaire ».

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Revenir à la bougie ? par P.M.O.

Voici notre dernière livraison : http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=1127 Pour la lire à l’écrit plutôt qu’à l’écran, vous pouvez imprimer le pdf, ou nous commander la Pièce détachée n°88 (réunissant d’autres textes sur le sujet), en envoyant un chèque de 5 € à l’ordre de Service compris : Service compris – BP 27 – 38172 Seyssinet-Pariset cedex

Cela fait 150 ans que ça dure. Depuis l’invention de la « Houille blanche » en 1869 à Grenoble, des générations d’opposants au despotisme de l’électro-industrie ont essuyé l’invective : « – Vous les opposants (passéistes/obscurantistes/conservateurs/écologistes), vous voulez revenir à la bougie ! »

Le mouvement anti-Linky, les pêcheurs du Tréport opposés aux éoliennes en mer et les habitants de Bure contre l’enfouissement de déchets nucléaires sous leurs pieds, font partie parmi tant d’autres de cette dernière vague d’humains à se faire ainsi apostropher par les Seigneurs du Progrès.

À force, on finit par se demander si l’électrification de nos vies, de nos villes et campagnes, à l’échelle nationale et globale, fut un tel bienfait, et pour qui. C’est ce que nous avons tâché de savoir, à partir de l’exemple grenoblois et de sa société emblématique, Gaz et électricité de Grenoble, fondée en 1903.

Surprise. Nous avons découvert des paysans hostiles aux ravages des campagnes. Des citadins rétifs à la consommation et à l’électroménager, des populations indifférentes au « progrès », que les technocrates durent vaincre et convaincre à coup de lois, d’expropriations, de vente forcée, de propagande. Aujourd’hui, peu de fanatiques oseraient soutenir que l’électro-industrie fut un bienfait pour la nature. De plus en plus de gens réalisent également le coût social et humain de la Sorcière Électricité. En fait, si l’on additionne les milliards d’heures de travail gaspillées à produire, transporter, consommer de l’électricité et les appareils pour l’utiliser, il se pourrait qu’elle nous ait coûté beaucoup plus d’énergie qu’elle ne nous en a apporté.

Cent cinquante ans après l’invention de la Houille blanche, Internet et le big data, la smart city, les objets connectés et la 5G, bref la vie numérique nous entraîne dans un nouveau cycle vicieux, suivant les mêmes procédés et avec des effets encore pires. Merci de faire circuler, Pièces et main d’œuvre

Daniel Mermet : coup de gueule …

Les pompiers ne vous le diront pas, ni les enquêteurs, ni l’Élysée, ni Stéphane Bern, ni les curés et encore moins le pape, mais tous savent bien qui est l’allumeuse. En voici la preuve.

Bohémienne, autrement dit Romm. Aujourd’hui Esméralda ferait l’objet d’une reconduite à la frontière par un quelconque Manuel Valls. Mais la « Gitane » a longtemps été la figure opposée à l’ordre bourgeois et puritain, la femme libre, la brune diablesse opposée à la vierge sage. En 1956, c’est la sublime Gina Lolobrigida (toujours de ce monde) qui immortalisait Esméralda, avec Anthony Queen en Quasimodo auquel chaque garçon s’identifiait tel le ver de terre amoureux d’une étoile. Un film de Jean Delannoy avec un scénario de Jean Aurenche et Jacques Prévert d’après notre grand Victor. Ah Gina, je t’aurais donné tout mon royaume ! Aujourd’hui quelques fines tranches de mes impôts serviront à reconstruire le décor.

Daniel Mermet . https://la-bas.org/la-bas-magazine/textes-a-l-appui/c-est-elle-qui-a-mis-le-feu

 La belle Esméralda aux cotés des misérables, affronte le représentant de l’église et de l’ordre établi.

Agriculteurs contre les normes administratives et industrielles

Communiqué concernant les occupations des DDCSPP (Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations) 09, 63, 71, 35, 05, et rassemblement devant celle du 38,

le vendredi 18 mai 2018, par les collectifs d’agriculteurs et d’agricultrices contre les normes administratives et industrielles

Ce vendredi 18 mai était une journée d’action nationale des collectifs contre les normes administratives et industrielles, car il y a un an, le 20 mai 2017, Jérôme Laronze, un éleveur de Saône-et-Loire était abattu par les gendarmes après avoir fait l’objet d’un acharnement administratif et après avoir engagé une lutte lucide et ferme contre les administrations agricoles. Nous sommes venus raconter aux personnels de ces administrations quelles conséquences désastreuses ont leurs réglementations, leurs mises en demeure, leurs contrôles dans les campagnes, au cas où les personnels seraient tenus ignorants par leur direction de la réalité des dégâts qu’ils occasionnent et des effets d’industrialisation qu’ils génèrent, contrairement aux objectifs annoncés de ces normes sanitaires et environnementales, dans l’hypothèse où les personnels se préoccuperaient du résultat de leur travail plutôt que de faire appliquer sans réfléchir des réglementations mortifères, ce que voudrait obtenir d’eux leur hiérarchie.

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Graulhet : coassons !

Graulhet sous le signe de la grenouille

En 1968 la jeunesse redoutait un avenir consumériste, autant que le conformisme pérennisé. Depuis, rien n’a fondamentalement évolué vers l’utopie désirée. Au contraire, l’abondance de biens et comment les acquérir semble être le même horizon radieux… Cependant, de nombreuses alternatives citoyennes participent à la vivacité des projets utopiques.

En 2018 le monde reste à réinventer. Plutôt que de commémorer, tournons notre regard vers le futur… Préparons l’avenir pendant que certains ressassent le passé… Imaginons Graulhet demain… C’est l’invitation que propose le petit livret « Coassons !», une utopie concrète pour Graulhet.

 Coassons ! : le chant de la grenouille

Avant de s’appeler Graulhet, la ville était dénommée «Granoillet» en 1188 et avant cela «Granolheto» en 961, diminutif de la «granolha». Il semble qu’alors le nombre de grenouilles était impressionnant aux portes de la future cité du cuir.

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Autoroute Castres-Toulouse : 1/2 milliard d’euros…

Une autoroute d’un demi milliards d’euros cédée au privé, à Vinci, Effilage …

Payée pour moitié par de l’argent public ( départements, région,état )

Qui va polluer au moins 350 hectares de terres agricoles .

Pour quelques uns : NON MERCI !

Parce qu’ICI on vaut mieux que ça :  Exigeons la modernisation de la route existante entre Castres et Verfeil !