Entre manifeste, laboratoire d’idées et invitation à agir: le Cahier de Propositions n° 10 d’Alternatives et Autogestion

Ce “Cahier de propositions n°10 d’Alternatives et Autogestion” n’est ni un programme politique classique, ni un simple recueil de textes militants. Il se situe à la croisée de plusieurs formes : manifeste, carnet d’expériences, réflexion critique et appel à reprendre collectivement prise sur nos vies. C’est sans doute ce mélange qui en fait la force.
Le fil conducteur du cahier apparaît rapidement : la conviction que la crise actuelle n’est pas seulement économique, sociale ou écologique, mais qu’elle touche plus profondément notre capacité collective à décider, à agir et à faire société. Le texte revient sans cesse sur cette idée de dépossession : dépossession du travail, du logement, de la démocratie, de l’école, du temps, des savoirs, parfois même de notre capacité à imaginer autre chose. À partir de là, le cahier développe une intuition centrale : les réponses ne viendront pas uniquement d’en haut, ni d’un changement de dirigeants ou d’une alternance politique classique. Elles passeront par une réappropriation collective du pouvoir d’agir.

C’est ici qu’intervient la notion d’autogestion, qui traverse l’ensemble des contributions.

L’un des mérites essentiels de ce cahier est précisément de sortir l’autogestion du musée des vieux mots militants. Le terme retrouve ici une signification concrète, presque quotidienne. L’autogestion n’est pas présentée comme un “grand soir” abstrait ou un modèle figé, mais comme une pratique : décider ensemble de ce qui nous concerne, partager les responsabilités, rendre le pouvoir plus horizontal, apprendre à coopérer sans reproduire les dominations existantes. Cette approche donne au texte une tonalité particulière. Le cahier ne cherche pas à imposer une doctrine fermée. Il ouvre des pistes. Il part souvent d’expériences simples, parfois modestes : une coopérative, un jardin partagé, une assemblée locale, un habitat collectif, une autre manière d’organiser le travail ou l’école. Il montre que les alternatives existent déjà, même à petite échelle, même de façon fragile.
L’un des aspects les plus intéressants réside dans le déplacement permanent entre critique globale et situations concrètes. Le système capitaliste y est clairement mis en cause : logique de profit, marchandisation du vivant, concentration des richesses, professionnalisation du pouvoir politique, destruction écologique, précarisation des existences. Le propos est assumé, parfois radical. Mais le texte évite souvent l’écueil du discours purement dénonciateur en revenant sans cesse à des expériences vécues et à des pratiques possibles.
Le cahier insiste également sur un point important : l’émancipation ne peut pas être seulement économique. Elle concerne aussi les rapports sociaux, les rapports de genre, les discriminations, les questions écologiques, les formes d’exclusion invisibles. Cette articulation donne au projet une dimension plus contemporaine que certains anciens discours autogestionnaires centrés presque exclusivement sur le travail ou l’entreprise.
Ainsi, l’école autogérée décrite dans le texte ne se contente pas de redistribuer le pouvoir entre élèves et enseignants ; elle se veut aussi inclusive, antivalidiste, féministe, antiraciste et écologiste. De même, les réflexions sur le logement dépassent la seule question de l’accès au toit pour interroger la manière dont nous habitons ensemble, partageons des espaces et construisons du commun.

Le travail sur le langage mérite aussi d’être souligné. Le cahier alterne textes analytiques, appels politiques, récits, scènes de vie et même poésie ou chanson. Cette diversité crée une lecture vivante, parfois inégale, mais rarement froide. Certaines pages ont davantage la force d’une conversation ou d’une parole collective que celle d’un essai théorique. complexes.

Cette accessibilité constitue d’ailleurs l’une des qualités du cahier. Il tente de parler de démocratie, d’économie ou d’autogestion sans jargon excessif. Lorsqu’il fonctionne le mieux, il parvient à rendre sensibles des questions souvent enfermées dans des débats d’experts. Les meilleurs passages sont ceux qui montrent concrètement ce que pourrait changer une autre manière de décider, de travailler ou d’habiter.
Pour autant, le cahier présente aussi certaines limites — qui tiennent peut-être à sa nature même.
D’abord, plusieurs propositions restent volontairement ouvertes. C’est parfois une force, parce que cela laisse place à l’expérimentation. Mais cela peut aussi donner au lecteur le sentiment que certaines difficultés sont rapidement survolées : les conflits de pouvoir, les problèmes d’échelle, les contraintes économiques, la question du financement ou encore les rapports entre initiatives locales et institutions plus larges.
Le texte affirme souvent que “d’autres mondes sont possibles”, mais il approfondit moins la manière dont ces expériences pourraient réellement se généraliser dans des sociétés complexes, massivement urbanisées et fortement dépendantes des structures économiques actuelles. L’autogestion est ici pensée avant tout comme dynamique de réappropriation locale ; la question de son articulation avec les niveaux nationaux, internationaux ou industriels reste plus floue.

On peut également noter une tension permanente entre l’horizontalité revendiquée et la nécessité de compétences techniques ou d’organisations efficaces. Le cahier évoque cette difficulté, notamment dans les passages consacrés à la démocratie ou à l’école, mais sans toujours la résoudre pleinement. Comment éviter que certaines personnes reprennent naturellement le pouvoir dans des collectifs supposés égalitaires ? Comment concilier participation large et prise de décision rapide ? Ces questions restent ouvertes — et sans doute doivent-elles le rester en partie.
Mais ces limites participent aussi de l’honnêteté du projet. Ce cahier ne prétend pas posséder une solution clé en main. Il cherche plutôt à rouvrir des imaginaires politiques à un moment où beaucoup ont intégré l’idée qu’il n’existerait plus d’alternative crédible. C’est peut-être là sa fonction principale : redonner de la légitimité à l’expérimentation collective.
Au fond, ce cahier parle moins d’un modèle parfait que d’un déplacement culturel et politique : passer d’une société où l’on délègue et subit à une société où l’on participe, discute, partage et construit davantage ensemble. Il ne promet pas un monde sans tensions ni contradictions. Il propose plutôt de réapprendre à traiter collectivement ce qui aujourd’hui nous échappe. C’est sans doute pour cela que ce texte peut toucher bien au-delà des seuls milieux militants. Parce qu’il parle de besoins très concrets : avoir prise sur son travail, son logement, son quartier, son école, son temps, ses choix de vie. Autrement dit : retrouver une capacité d’action commune dans un monde qui fragmente, isole et met en concurrence.
On peut discuter certaines propositions. On peut trouver certains passages trop idéalistes ou insuffisamment développés. Mais il est difficile de refermer ce cahier sans être au moins interpellé par la question qu’il pose en filigrane à chaque page : “et si la démocratie ne commençait réellement que lorsque les personnes directement concernées peuvent enfin décider ensemble de ce qui organise leur existence ?”

Le Cahier de propositions n°10 d’Alternatives et Autogestion est accessible ici :
https://alternatives-et-autogestion.org/autogestion-communalisme-ca-non-plus-on-na-pas-essaye/

Le Salon à la Ferme, du 21 février au 1er mars

🟢Le Salon à la ferme c’est du 21 février au 1er mars !

❇️Le thème de cette année est l’agriculture paysanne au menu des communes !

🍽️Nous proposons un repas citoyen “comme à la cantine” à 5€ le vendredi 27 février à Lautrec.

Réservation avant le mardi 24 février au 0663649146.

👩🏻‍🌾 Découvrez les fermes autour de chez vous !

🌾4 fermes du Tarn vous accueillent chez elles :

– l’Echappée Bêêêle le samedi 21 et le dimanche 22 février 🐑🧀

– la Ferme aulx pains le dimanche 1er mars 🍞🧄

– les Jardins de Midgard le samedi 28 février 🥕🥚

– le Mas d’Ala le dimanche 22 février 🐑

Philo à LAGRAVE : Utopie. . .Laicité. . .

Dernière projection du film dans le Tarn, ce mardi soir, dans sa version actualisée. L’occasion d’échanger sur les circonstances actuelles en Grèce (je viens de rentrer), en France et ailleurs, et d’évoquer les perspectives.

Salle des fêtes de Lagrave (entre Gaillac et Albi, accès et stationnement très facile, 30mn de Toulouse et de Castres). Participation libre. Buvette, café, tisanes grecques, gâteaux grecs et surprises !

Yannis YOULOUNTAS

Programme du Café associatif La Remise à AGUTS (mois de décembre )

Le café associatif d’Aguts ouvre enfin ses portes ! Le Remise est au même endroit que le théâtre, mais en intérieur pour pouvoir vous proposer tout plein d’ateliers et de moments conviviaux et gourmands au coin du feu. 
Recevoir le programme des ateliers chaque mois

Nous vous partageons le programme de décembre, mais pour recevoir celui des mois suivants il vous faudra vous abonner à la newsletter de La Remise. Le café associatif a aussi un site web, une page instagram et une page facebook. On se voit là-bas ? 🙂

Ps : le 17, route de Mouzens accueille aussi un des apéros de l’avent” organisés par le foyer rural de Cuq-Toulza. Ce sera le samedi 13 décembre, juste après l’inauguration, sous la forme d’une auberge espagnole. Vous êtes tous et toutes les bienvenu.e.s !

Soutenez mon prochain livre !

Bonjour

depuis bientôt 2 ans, je réalise sur notre radio locale R d’autan les “chroniques du désenfumage” , écoutables en podcast sur  http://rdautan.fr/spip.php?article1071.

Dans ces petites chroniques (10 à 12 minutes), je m’attache à démonter des prétendus vérités de nos décideurs.

Au bout d’un an, j’ai (enfin) trouvé un éditeur : les éditions MAIA; et le livre doit sortir cet automne. Pour optimiser le lancement du livre, les éditions MAIA organisent une prévente. Si vous souhaitez soutenir la sortie de ce livre, vous pouvez y participer en allant sur le lien suivant.
https://www.simply-crowd.com/produit/les-chroniques-du-desenfumage/

Comme toutes les opérations de prévente, celle-ci propose des contre-parties selon le montant de votre contribution.Vous pourrez figurez dans les contributeurs dans le livre, mais vous pouvez aussi demander à rester anonyme

Pour m’aider à faire de ce livre un succès

Jerome GOUST
41 rue du Cèdre 81800 Coufouleux
portable 06 80 21 30 21
jerome.goust@wanadoo.fr

Voici les 34 premières chroniques, qui figureront dans le livre :
1 – Un steack pour la Planète
2 – Indépendance énergétique ?
3 – Biodiversité agricole : la 1°extinction
4 – Biocarburants : mon oeil !
5 – Nutriscore, malbouffe industrielle
6 – La Barbarie à visage humain
7 – 1 milliard d’arbres ?
8 – Les canuts de la terre
9 – Nucléaire impossible
10 – L’eau c’est la vie
11 – Lithium, le nouvel or blanc
12 – Les exclus de la transition écologique
13 – Ecophyto demi-tour
14 – Transhumanisme : dépasser l’humanité ?
15 – Zéro bétonisation ?
16 – Souveraineté ou dépendance
17 – Vivre et vieillir dans la dignité
18 – à bons entendeurs
19 – 60 ans de bio
20 – Sélection naturelle.. et racisme social
21 – l’arbre et la haie
22 – les milliards de la malbouffe
23 – hypocrisie fiscale
24 – La guerre intelligente 25 – salauds de pauvres 26 – antispécisme ou l’antiécologie 27 – transition écologique : destruction suicidaire

28 – terres agricoles : spéculation, béton, abandon

29 – les fringues de la misère

30 – le mal logement 31 – milliardaires assistés 32 – dématérialisation : l’exclusion 2.0

33 – confinement, 5 ans après 34 – régression agricole

“Remettre des ours”. . . Projection à Fontrieu (81)

Projection du court-métrage documentaire “Remettre des ours” du collectif Turbo Silence, suivie d’une discussion avec les membres du collectif.


21h (durée 1h), prix libre, le samedi 7 juin. 
Remettre des ours raconte la longue et sinueuse histoire des réintroductions d’ours dans les Pyrénées françaises, des années 1980 à nos jours. Pastoralisme, institutions étatiques et cultures locales se croisent dans ce documentaire qui essaye, tant bien que mal, de sortir de la division « pro » et « anti », souvent ressassée dans les questions de réintroduction.

Programme du samedi 7 juin :

A partir de 17h, marché gourmand de producteurs et buvette associative 

A partir de 19h, guinguette fermière 

A 21h, projection du court-métrage remettre des ours et discussion

Lieu-Dit la Grange

16 Hameau de Baffignac

81260 Fontrieu 

Tel :06.11.85.34.41

-- Transmis par la Confédération Paysanne 81

Balade naturaliste à Ambres (près de Lavaur-81)

Dans le cadre de la Semaine Pour les Alternatives aux Pesticides, Vaurais Nature Environnement propose une balade naturaliste sur la commune d’Ambres (animée par Philippe Durand) et un Ciné-Débat avec la projection du film « Prendre soin de la terre » de Guy Chapouillié, en présence du réalisateur.
Le programme de ce samedi 29 mars :
– 14h30 : Formation « S’organiser en syndicats d’habitants pour des campagnes vivantes »
– 16h30 : Balades naturaliste, animée par Philippe Durand.
– 18h00 : Apéro offert par la mairie d’Ambres (à la salle des fêtes du Grès)
– 19h00 : Repas partagé « table espagnole » (à la salle des fêtes du Grès)
– 20h30 : Ciné-débat « Prendre soin de la terre » en présence du réalisateur, Guy Chapouillié (à la salle des fêtes du Grès)