Confluences 81 n° 121 : histoire et politique

121-page-12-mrp-2LE MRP…

Vous prononcez les trois lettres MRP. Votre interlocuteur vous regardera avec des yeux en points d’interrogation ; pour éclairer sa lanterne vous évoquerez POHER, BIDAULT ou SCHUMAN… Ah oui ! Celui qui a été deux fois président de la république par intérim…Quant au second il avait rejoint les rangs de l’OAS en 1962 ; on dit du troisième qu’il est le “père” de l’Europe …Qui se souvient qu’ils avaient joué un rôle important au sein du MRP et que ce parti avait été une composante du tripartisme au début de la IVème république ? C’est dans la guerre au sein de la Résistance qu’il faut chercher les origines directes du MRP : le PCF et la SFIO luttaient naturellement contre Vichy et le nazisme ; mais très rapidement des gens comme MOULIN, BROSSOLETTE et bien entendu DE GAULLE ont essayé de susciter la création de nouveaux partis pour contrecarrer l’idéologie de la Troisième République ; la tentative a échoué en partie à cause de la disparition tragique des deux premiers et aussi parce qu’il a fallu tenir compte de l’ascension du PCF.

Lire la suiteConfluences 81 n° 121 : histoire et politique

Confluences 81 n° 120 : histoire et politique

120-page-16-croizatL’EXCLUSION DU GOUVERNEMENT DES MINISTRES COMMUNISTES

Le 5 mai 1947 le socialiste P. RAMADIER, président du conseil, écarte du gouvernement les ministres communistes M.THOREZ, F. BILLOUX, C. TILLON, A. CROIZAT, G.MARRANE. On a parlé d’anticommunisme primaire soit pour le déplorer soit pour s’en réjouir… Les faits en réalité sont bien plus complexes …

Dès septembre 1944 DE GAULLE, président du gouvernement provisoire, fait appel à TILLON comme ministre de l’air et à BILLOUX pour la santé publique ; ces deux personnalités avaient sans doute donné pleinement satisfaction puisque lors du remaniement de novembre 1945 les communistes obtiennent quatre ministères : F. BILLOUX passe à l’économie nationale, C. TILLON à l’armement, A. CROIZAT devient ministre du travail et M. PAUL est à la production industrielle ; tout le personnel politique  (MRP, Radicaux , SFIO) apprécie ces ministres, d’autant que lors des élections le PCF premier parti de France est incontournable et qu’il désire s’intégrer au “jeu politique” alors qu’en 1936 il avait refusé sa participation au Front Populaire !

Lire la suiteConfluences 81 n° 120 : histoire et politique

Confluences 81 n° 123 : histoire et politique

123-page-16-georges-pompidou-jacques-chirac-et-georgesGEORGES SEGUY…

Une fois de plus je me dois de présenter des excuses aux lecteurs de mes “bafouilles” : il était prévu d’évoquer tel ou tel aspect de la IV°république. Or le décès de G. SEGUY nous amène à honorer sa mémoire, tout comme nous l’avons fait pour M. ROCARD dans le numéro précédent…

Avant les “événements” de mai 68, G. SEGUY est peu connu en dehors des milieux syndicaux : le grand public l’a vu à la tête des manifestations du 1er mai quelques jours avant le début des grandes révoltes estudiantines et de la grève générale. On savait que depuis le 16 juin 1967 il était secrétaire général de la CGT à la place de B. FRACHON ; ce sont les grandes grèves à partir du 17 mai qui le propulsent au devant de la scène : il conduit la délégation CGT lors des “accords” de Grenelle les 25 et 26 mai .

Lire la suiteConfluences 81 n° 123 : histoire et politique

Confluences 81 n° 122 : rubrique histoire et politique

122-page-16-rocard-miterrand-19-avril-1988-une-randonnee-commune-pour-annoncer-que-rocard-sera-premier-ministre-photo-afp-1450251431-2Michel ROCARD 1930-2016

Le 10 mai 1988 M. ROCARD est nommé premier ministre par F. MITTERRAND qui vient d’être réélu président de la république. C’est un cadeau empoisonné car les deux hommes se détestent depuis plus de trente ans : en 1956 ROCARD en compagnie, entre autres, de SAVARY et de BEREGOVOY était entré en dissidence avec la SFIO à laquelle il appartenait depuis 1949. Il ne pouvait cautionner la politique algérienne de G. MOLLET et de son ministre de la justice un certain F. MITTERRAND !

Lire la suiteConfluences 81 n° 122 : rubrique histoire et politique

Confluences n° 119 : la constitution de 1946

119 page 16 affiche-premier-festival-d-avignon-1947-1-bp-blogspot-com“LES ASSEMBLEES CONSTITUANTES” ; LA CONSTITUTION DE 1946

Paris est libérée entre le 19 et le 25 août 1944 ; le gouvernement provisoire en poste à Alger est immédiatement transféré dans la capitale. La tâche à accomplir est immense tant sur le plan économique que dans le domaine politique : les structures économiques en 1939 étaient pour le moins vieillottes ; elles sont devenues inexistantes avec des problèmes sociaux ingérables : le rationnement alimentaire persistera jusqu’en 1949 ! La vie politique a été décapitée par quatre années d’occupation allemande et par le régime autocratique de Vichy. Une fois la liberté reconquise les élites doivent tout remettre en marche pour assurer l’avenir politique et économique du pays et aussi pour lui redonner son rang à l’extérieur : certaines nations considèrent la France avec pitié et concupiscence…

Lire la suiteConfluences n° 119 : la constitution de 1946

Aimé ou détesté n° 118

118 page 16 couverture livreFidèle lecteur bienveillant et indulgent, les habitudes se doivent de changer : sur cette page tu t’étais accoutumé à parcourir avec plus ou moins d’intérêt une biographie de tel ou tel personnage ; or cette présentation laissait souvent dans l’ombre le contexte historique, politique, économique dans lequel ces personnalités avaient eu à agir ; évoquer par exemple la présidence du conseil de P.M.F ou les ministères de MITTERAND sans avoir analysé auparavant les comportements de la quatrième république c’était en quelque sorte une hérésie ; à partir de ce jour on s’attachera à décrypter une époque précise, et à partir de cette analyse on montrera la mentalité de tel ou tel groupe politique, ses façons d’agir , ses rapports avec les autres groupes etc. ; on ne s’interdira pas de revenir à la biographie de telle ou telle personnalité mais le contexte de l’époque l’emportera toujours. Enfin on s’attachera aux problèmes internationaux qui obligent les hommes à pratiquer une “real politique” bien éloignée le plus souvent de leur profession de foi. Et pour débuter cette série on s’intéressera à l’histoire de la quatrième république que la plupart d’entre nous ont connue dans leur enfance.

LA QUATRIEME REPUBLIQUE : DEMANDEZ LE PROGRAMME…

Cette période n’a pas laissé un souvenir impérissable il s’en faut de beaucoup ; mais c’est à elle que l’on doit la formation de l’Europe avec la CECA en 1951, la CEE et l’EURATOM en 1957 (à l’origine l’EURATOM avait une visée pacifique).

Lire la suiteAimé ou détesté n° 118

Aimé ou détesté N° 117

117 page 12 Pierre_Mendès_France_1968Pierre MENDES-FRANCE (PMF)

 président du conseil (18 juin 1954 – 5 février 1955)

MENDES-FRANCE n’a occupé les plus hautes fonctions que pendant huit mois environ ; et pourtant pendant des décennies on a loué les compétences de tel ou tel homme politique en disant : il a été formé par “l’école de MENDES” ! C’est avec DE GAULLE la personnalité politique qui a le plus marqué le début de la seconde moitié du XX° siècle.

Lire la suiteAimé ou détesté N° 117

Aimé ou détesté N° 116

MITTERRAND AVANT LE 10 MAI 1981…

116 page 12 François_Mitterrand_1959“MITTERRAND c’est du gâchis pour longtemps” pouvait-on lire sur des murs à Aix en Provence au lendemain de mai 68 ; Treize ans plus tard il était élu assez confortablement président de la république…

Né en 1916 à Jarnac il passe sa jeunesse dans un milieu de bourgeoisie riche assez conservateur , fréquente les écoles catholiques privées avant de monter en 1934 à Paris le bac en poche pour mener de front des études de droit de science politique et de littérature ; il loge alors chez les pères maristes , fait partie des “volontaires nationaux” (Croix de feu) et entretient des relations avec certains membres de la “Cagoule”; on ne trouve pas cependant chez lui de trace d’antisémitisme ! Il s’inscrit en 37 dans “l’infanterie coloniale” où il rencontre Georges DAYAN socialiste qui deviendra l’ami de sa vie ! Soldat en 39 fait prisonnier en 40 il s’évade en décembre 41 et rejoint Vichy à la fin de l’année au commissariat au reclassement des prisonniers de guerre ; cet organisme comme bien d’autres placé au début sous la houlette de PETAIN passe assez rapidement sous l’influence de la Résistance. En juin 42 on le retrouve au château de Mont Maur “centre d’accueil pour prisonniers” au pied du Dévoluy (1) base arrière du futur maquis du Vercors, en compagnie de ROSANVALLON et de KLARSFELD.

Lire la suiteAimé ou détesté N° 116

Germaine Tillion

115 page 12 G TillionGERMAINE TILLION…. (1907-2008)

La longue vie de Germaine TILLION épouse tout le XX° siècle ; elle en a été un témoin très actif jusqu’à la fin de sa vie en 2008.

Elle voit le jour à Allègre en Haute-Loire dans un milieu de bourgeoisie catholique «éclairée”. Son père magistrat s’intéresse à tout, y compris à la chasse ; Germaine débute ses études à Clermont -Ferrand à l’institution Jeanne d’ARC. “Je ne mettais pas en doute l’existence de deux monstres sans visage l’allemand et la mort ” dit-elle pendant la première guerre mondiale. Phrase prémonitoire… A partir de 1922 la famille vit à Saint-Maur et contribue à la rédaction des Guides-Bleus chez Hachette, une référence aujourd’hui encore ; Après le bac en 1925 Germaine se lance dans des études variées : archéologie, Histoire, religions, et surtout ethnologie.

Lire la suiteGermaine Tillion

Henri III, le dernier des Valois

114 page 12 H III

Henri III, le dernier des Valois

Lorsqu’un professeur évoquait il y a quelques années le dernier des Valois devant ses élèves il avait droit en retour à des rires gras surtout si la classe était masculine : Henri III le roi aux “mignons”…Il faut dire que les écrivains de l’époque comme Agrippa D’AUBIGNE, protestant notoire, ou RONSARD lui avaient “taillé un costume sur mesure”. Et ce regard se prolongea jusqu’à la fin du XX ème siècle.

Pourtant ce personnage complexe mérite mieux que des ragots de bas étage ; né en 1551 c’est le troisième garçon de Catherine de Médicis et d’Henri II ; théoriquement il n’a aucune chance de régner. Il reçoit l’enseignement de l’humaniste Louis AMYOT et très tôt il montre un goût profond pour toutes les activités intellectuelles : homme de cabinet il n’aime ni les tournois ni la chasse : son père Henri II avait été blessé à mort lors d’un tournoi en 1559.

Lire la suiteHenri III, le dernier des Valois