Commémoration Jean JAURES Castres : intervention NPA Tarn Sud :

Une semaine avant son assassinat, dans son discours à Lyon Vaise, Jean Jaurès pressent l’ampleur du désastre qui se prépare, mais garde l’espoir que “le crime ne sera pas commis”. Lui qui déclarait dans son discours à le jeunesse, à Albi en 1903, “J’ose dire, avec des millions d’hommes, que maintenant la grande paix humaine est possible, et si nous le voulons, elle est prochaine. Des forces neuves y travaillent : la démocratie, la science méthodique, l’universel prolétariat solidaire”.
Et pourtant, pour le paraphraser, depuis longtemps, nous n’avons été dans une situation plus menaçante et plus tragique. À Gaza, un génocide se poursuit sous nos yeux impuissants à contrer l’alliance qui soutient les criminels de guerre à la tête d’Israël. Depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par l’armée russe, une guerre de haute intensité se déroule au coeur de l’Europe grosse de toutes les menaces. Les bombardements de l’Iran par Trump, encouragé par Netanyahu, frappent un peuple qui a déjà payé un lourd tribut à la dictature des mollahs. Sans oublier les peuples soudanais ou birmans victimes de guerres civiles largement alimentées par les puissances impérialistes.

Aujourd’hui encore : “Voilà la guerre toujours atroce, même quand elle a la liberté pour objet, toujours sauvage même quand elle est sacrée “. Mais Jaurès ne se place pas au-dessus de la mêlée, il est un homme politique qui cherche les moyens de freiner la logique de guerre. Il ne dénonce pas seulement la réalité : il veut la transformer.

La lecture de l’Armée nouvelle publié en 1911 éclaire sa vision dont on peut tirer quelques enseignements. Jaurès est un partisan résolu de la paix, condition essentielle de l’émancipation des peuples, et du prolétariat. Ce désir de paix n’est ni naïf, ni utopique. Jaurès refuse l’alternative entre pacifisme impuissant et militarisme.
Profondément engagé dans l’internationale socialiste, sa conviction est que “l’organisation de la défense nationale et l’organisation de la paix internationale, sont solidaires”. Défendre l’indépendance des nations est une des conditions de la paix.

Son projet est double: organiser une défense populaire,démocratique, sous le contrôle des travailleurs, qui rende la guerre de conquête impossible et la guerre de défense légitime. Et développer une coopération internationale pour garantir la sécurité de tous les peuples. Il souhaite : “que le prolétariat protège tous les peuples, toutes les races, contre ceux qui veulent se tailler, aux dépens de leur indépendance, des privilèges, des monopoles, des concessions exclusives”. La solidarité internationale ne consiste pas à choisir les victimes que l’on soutient, mais à défendre le droit de tous les peuples à leur indépendance et à leur sécurité : les Palestiniens comme les Ukrainiens, les Soudanais, les Iraniens, les Birmans et tous ceux qui subissent l’agression, la guerre ou l’oppression
Ces réflexions posent une question très concrète à celles et ceux qui veulent transformer la société aujourd’hui. Si 2027 devait être l’aube d’un changement politique et social profond, nous devons nous à le défendre contre toutes les forces qui s’uniront
pour le combattre… et là Jaurès peut nous inspirer.

L’organisation d’une armée défensive, populaire, inclusive, efficace sous le contrôle et en osmose à la nouvelle société que nous construirons sera le meilleur rempart contre les entreprises de la réaction. Ce sera aussi un levier efficace pour renforcer un ordre international au service de la paix. Désarmement nucléaire unilatéral, aide active aux résistances populaires, arrêt des ventes d’armes aux dictatures, nationalisation du complexe militaro-industriel… la tâche sera rude, mais la pensée de Jaurès nous y encourage : Jaurès n’est pas seulement le penseur de la paix ; il est le penseur de la
paix qui s’organise pour se défendre. La paix n’est jamais le fruit de l’impuissance. Elle suppose des peuples capables de défendre leur liberté, et une solidarité internationale capable d’empêcher que les intérêts des puissants décident du destin des nations.

Plus d’un siècle après le discours de Vaise, cette exigence demeure la nôtre.

“Mélancolie Ouvrière”. Aux Femmes militantes !

Un rendez-vous proposé par l’ITHS* :

Le 20 mars 2025 à 20h, à Labruguière, dans le cadre de nos journées des femmes militantes, organisées tous les ans depuis plus de 10 ans, nous projetterons “Mélancolie Ouvrière” avec en suivant un débat avec Maryse Dumas, ancienne secrétaire confédérale et membre du bureau de l’IHS.

Le film relate l’histoire de Lucie BAUD, une des premières femmes syndicalistes du textile, d’après le livre de Michèle Perrot.

  • ITHS : Institut Tarnais d’Histoire Sociale

150 ème Anniversaire de la Commune

Au printemps 2021, les 150 ans de la Commune de Paris seront fêtés comme il se doit. Comme un événement émancipateur dont les répercussions nous interpellent encore aujourd’hui.
Accompagner de façon vivante et festive cet événement et permettre qu’à cette occasion s’expriment les manifestations actuelles de la Commune, c’est le projet que l’association Faisons Vivre la Commune  ! a défendu et développé depuis l’automne 2018.

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Journées de Larrazet (82) sur la démocratie les 24 & 25 novembre

Voici une nouvelle édition des Journées de Larrazet sur les rails. Le sujet de la démocratie est infini et toujours sur le métier.
Nous espérons ces journées éclairantes, vivantes et bienfaisantes pour tous.
Merci de diffuser l’information.

Bien amicalement dans l’attente du plaisir de vous retrouver en novembre.

Alain DAZIRON
Maison de la Culture
82 500  LARRAZET

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Confluences 81 n° 125 : 4ème République

LE FRONT REPUBLICAIN…

Le 1°décembre 1955 E.FAURE président du conseil est mis en minorité ; avec l’accord du président de la république R.COTY l’assemblée nationale est dissoute ; les élections auront lieu un mois plus tard le 2 janvier 1956. Il s’agit de contenir la montée de l’extrême-droite poujadiste extrêmement violente et de trouver une solution pour résoudre “les événements d’ Algérie” ; J.J.SERVAN-SCHREIBER fondateur de “l’Express” proche de P.MENDES-FRANCE propose l’appellation “front républicain” qui regroupe les radicaux , les radicaux- socialistes , des membres de l’UDSR , la SFIO , et les républicains sociaux en un mot toute la gauche modérée. Les élections donnent 27,6% des voix à la gauche non communiste contre 33,1% au centre et à la droite ; mais le PCF avec 25,8% des voix redevient le premier parti de France et il est décidé à soutenir ne serait-ce qu’épisodiquement le gouvernement. L’extrême-droite poujadiste est à 12,9% ! La droite est très divisée si bien que R.COTY confie la formation du gouvernement à la gauche modérée.

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Confluences 81 n° 124 : 4ème République

DE GAULLE ET LA IV° REPUBLIQUE

En janvier 1946 DE GAULLE démissionne : il avait été mis à la tête de l’état par l’ensemble des députés au lendemain de la libération. Mais l’assemblée constituante qui doit mettre sur pied la IVème république s’oriente de plus en plus vers un régime parlementaire dans lequel le président du conseil est responsable devant l’assemblée nationale ; le président de la république, lui, inaugure les chrysanthèmes ! Ce sont donc les partis qui dirigeront indirectement la vie politique avec leurs majorités de rechange, leur compromis (compromissions ?)… De toute évidence DE GAULLE ne voulait pas de ce genre de régime qui lui rappelait trop cette IIIème république honnie de tous ; avant même les deux référendums (avril et octobre 46) qui marquent la naissance réelle de la IVème, DE GAULLE ” a mis les voiles” persuadé qu’on ne saurait se passer de lui ! Mais ce retrait ne signifie nullement un désintérêt pour la “chose publique” : il prononce des discours à droite et à gauche lors de telle ou telle commémoration ; et il tient de nombreuses conférences de presse (c’est ce que feront les grands leaders de “l’opposition” dans les années 70-80). Le 16 juin 1946 il prononce à Bayeux pour célébrer la commémoration de la libération de la ville un discours-programme : “le président de la république élu par un collège de grands électeurs, au-dessus des partis ne peut être renversé par les députés ; il nomme les ministres qui sont responsables devant les deux chambres ; il inspire la ligne politique de son (ses) gouvernement (s)”.

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Confluences 81 n° 121 : histoire et politique

121-page-12-mrp-2LE MRP…

Vous prononcez les trois lettres MRP. Votre interlocuteur vous regardera avec des yeux en points d’interrogation ; pour éclairer sa lanterne vous évoquerez POHER, BIDAULT ou SCHUMAN… Ah oui ! Celui qui a été deux fois président de la république par intérim…Quant au second il avait rejoint les rangs de l’OAS en 1962 ; on dit du troisième qu’il est le “père” de l’Europe …Qui se souvient qu’ils avaient joué un rôle important au sein du MRP et que ce parti avait été une composante du tripartisme au début de la IVème république ? C’est dans la guerre au sein de la Résistance qu’il faut chercher les origines directes du MRP : le PCF et la SFIO luttaient naturellement contre Vichy et le nazisme ; mais très rapidement des gens comme MOULIN, BROSSOLETTE et bien entendu DE GAULLE ont essayé de susciter la création de nouveaux partis pour contrecarrer l’idéologie de la Troisième République ; la tentative a échoué en partie à cause de la disparition tragique des deux premiers et aussi parce qu’il a fallu tenir compte de l’ascension du PCF.

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Confluences 81 n° 120 : histoire et politique

120-page-16-croizatL’EXCLUSION DU GOUVERNEMENT DES MINISTRES COMMUNISTES

Le 5 mai 1947 le socialiste P. RAMADIER, président du conseil, écarte du gouvernement les ministres communistes M.THOREZ, F. BILLOUX, C. TILLON, A. CROIZAT, G.MARRANE. On a parlé d’anticommunisme primaire soit pour le déplorer soit pour s’en réjouir… Les faits en réalité sont bien plus complexes …

Dès septembre 1944 DE GAULLE, président du gouvernement provisoire, fait appel à TILLON comme ministre de l’air et à BILLOUX pour la santé publique ; ces deux personnalités avaient sans doute donné pleinement satisfaction puisque lors du remaniement de novembre 1945 les communistes obtiennent quatre ministères : F. BILLOUX passe à l’économie nationale, C. TILLON à l’armement, A. CROIZAT devient ministre du travail et M. PAUL est à la production industrielle ; tout le personnel politique  (MRP, Radicaux , SFIO) apprécie ces ministres, d’autant que lors des élections le PCF premier parti de France est incontournable et qu’il désire s’intégrer au “jeu politique” alors qu’en 1936 il avait refusé sa participation au Front Populaire !

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Confluences 81 n° 123 : histoire et politique

123-page-16-georges-pompidou-jacques-chirac-et-georgesGEORGES SEGUY…

Une fois de plus je me dois de présenter des excuses aux lecteurs de mes “bafouilles” : il était prévu d’évoquer tel ou tel aspect de la IV°république. Or le décès de G. SEGUY nous amène à honorer sa mémoire, tout comme nous l’avons fait pour M. ROCARD dans le numéro précédent…

Avant les “événements” de mai 68, G. SEGUY est peu connu en dehors des milieux syndicaux : le grand public l’a vu à la tête des manifestations du 1er mai quelques jours avant le début des grandes révoltes estudiantines et de la grève générale. On savait que depuis le 16 juin 1967 il était secrétaire général de la CGT à la place de B. FRACHON ; ce sont les grandes grèves à partir du 17 mai qui le propulsent au devant de la scène : il conduit la délégation CGT lors des “accords” de Grenelle les 25 et 26 mai .

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