A69, l’autoroute contre son temps !

Article publié dans le n° 178 de Confluences 81*

Un Etat qui ne sait plus reculer :

Il y a des projets qui avancent parce qu’ils sont utiles. Et d’autres qui avancent parce que personne, surtout pas l’État, n’a prévu la marche arrière.

L’A69 appartient à la seconde catégorie. Mois après mois, jugement après jugement, elle s’est imposée comme une chronique de l’acharnement public, un feuilleton où le droit sert moins à arbitrer qu’à accompagner ce qui est déjà décidé.

Il faut désormais le dire sans détour : l’A69 n’est plus un projet d’aménagement, c’est une démonstration de force. Une autoroute imposée, maintenue, relancée, non parce qu’elle est indispensable, mais parce que renoncer serait reconnaître une erreur. Or l’État français ne renonce pas ; il persévère, surtout quand il a tort. Et, avec lui, l’ensemble des partisans de ce projet s’enferre dans cet entêtement.

Du coup d’arrêt juridique à la relance judiciaire :

En février 2025, le tribunal administratif de Toulouse prononce un coup d’arrêt spectaculaire : l’autorisation environnementale de l’A69 est annulée. Les juges (féminines) regardent la réalité en face : une autoroute parallèle à une route existante, destructrice de terres agricoles et d’écosystèmes, n’est pas une nécessité vitale. Elles estiment que le projet ne répond pas à la fameuse “raison impérative d’intérêt public majeur”, condition pourtant indispensable pour autoriser la destruction d’espèces protégées. Le chantier s’arrête. Ce jugement fait date. Il rappelle que le droit de l’environnement n’est pas un simple habillage procédural, mais un garde-fou réel. Pour les opposants au projet, engagés depuis 2007 ou plus récents, c’est la confirmation que ces années de contestation n’étaient ni idéologiques ni marginales, mais solidement étayées. Cette suspension du chantier ouvre alors une brèche politique. Des voix évoquent depuis longtemps d’autres solutions : amélioration de la RN126, réinvestissement ferroviaire, mobilité adaptée aux territoires plutôt qu’imposée. A Confluences 81, nous nous en faisons l’écho et nous insistons sur la portée plus large du jugement : il ne s’agit pas seulement d’une autoroute, mais d’un modèle d’aménagement à bout de souffle, fondé sur l’artificialisation, la concession privée et la promesse incantatoire du “désenclavement”.

dessin de Kalié , pour Confluences 81

il ne s’agit pas seulement d’une autoroute, mais d’un modèle d’aménagement à bout de souffle, fondé sur l’artificialisation, la concession privée et la promesse incantatoire du “désenclavement”.

Le combat contre l’A69 est un exemple de résistance collective à long terme face aux choix d’aménagements imposés. Le pouvoir, qu’il s’agisse du local, du régional ou du national, encaisse mal. Les juges (masculins) de la cour d’appel administrative trouvent rapidement la parade : un “sursis à exécution autorisant la reprise partielle du chantier”. Officiellement technique, provisoire, encadrée. En réalité politique, offensive, assumée. Il ne s’agit plus seulement de construire une autoroute, mais de reprendre la main. Montrer que le pouvoir n’est pas à genoux devant un tribunal administratif. Les engins reviennent, les nuisances aussi. Bruit, poussières, dégradations, circulations détournées. Très vite, les erreurs du concessionnaire s’accumulent. Emprises dépassées, zones mal balisées, destructions discutables, engagements environnementaux interprétés avec souplesse, travail hors des horaires légaux et sans dérogation. Rien d’exceptionnel, dira-t-on. Sauf que cette fois, chaque écart prend une portée politique. Car le chantier n’est plus seulement sous surveillance administrative : il est devenu un symbole.

Dans ce climat tendu, un autre phénomène émerge, plus inquiétant encore : la radicalisation verbale et comportementale de certains “pro-autoroute”. Menaces, intimidations, provocations ciblées contre des opposants identifiés. Rien d’organisé officiellement où la contestation devient suspecte, presque illégitime : il s’agit de disqualifier les opposants, les isoler, les exposer.

Face à un jugement qui dérange, certains élus n’imaginent pas de corriger le projet. Ils préfèrent corriger le droit. Une tentative de dépôt de loi dite de validation, à portée rétroactive, apparaît alors dans le débat public, visant à neutraliser les fondements mêmes de la décision de février 2025. Autrement dit : changer les règles après la partie, pour éviter d’avoir à reconnaître une défaite. Quand la justice devient un obstacle, on cherche à la contourner par la loi. Peu importe que la rétroactivité soit juridiquement contestable. Peu importe le précédent démocratique. Rien, pas même une décision de justice, ne doit entraver un projet politiquement sanctuarisé. Cette séquence dit tout de l’A69. Un projet maintenu non, mais un air de déjà-vu : celui d’une violence tolérée parce qu’elle va dans le sens du projet. L’autoroute, décidément, ne se contente pas de bétonner les sols ; elle durcit aussi les rapports sociaux. Climat délétère, par sa pertinence, mais par une fuite en avant. Un chantier qui reprend contre le jugement, contre le climat, contre une partie du territoire. Une autoroute qui avance comme une défaite politique, avant d’être achevée.

Le 30 décembre 2025, pendant que le pays regarde ailleurs, la cour administrative d’appel de Toulouse réhabilite l’A69. La “raison impérative d’intérêt public majeur” réapparaît, élargie, assouplie, presque extensible. Désenclavement, attractivité, sécurité : les mots sont connus, éprouvés, interchangeables. Ils ont servi ailleurs, ils servent encore. Peu importe que la route existe déjà, peu importe les alternatives jamais sérieusement étudiées : l’autoroute redevient nécessaire parce qu’il faut qu’elle le soit. Précédent dangereux, mais surtout renoncement écologique maquillé en réalisme, qui confirme un modèle autoritaire de l’aménagement, où la participation s’arrête là où commence la concession.

Et pourtant, même ainsi sanctuarisée, l’A69 avance de travers. Le 11 janvier 2026, une nouvelle décision judiciaire rappelle ce que l’État feint d’oublier : l’autorisation n’est pas un blanc-seing. Occupations de 88 ha hors emprise, passages en force, règles contournées. La justice ordonne des évacuations. Le projet est légal sur le papier, bancal sur le terrain.

Symbole parfait. Car l’A69 n’est pas seulement contestée, elle est fragile. Fragile juridiquement, fragile politiquement, fragile moralement. Elle progresse par inertie, par accumulation de faits accomplis. Face à elle, une mobilisation qui sait qu’elle a raison trop tôt.

Un projet dépassé, un avenir à redéfinir

Si l’autoroute finit par être achevée, elle ne reliera pas seulement Toulouse à Castres. Elle reliera surtout un pouvoir à son passé, et laissera derrière elle une question sans réponse : combien de kilomètres faudra-t-il encore pour admettre qu’on s’est trompé de direction ?

Si l’autoroute voit le jour, elle restera comme le monument d’un refus : celui d’entrer réellement dans le temps présent.

Cette affaire illustre la fracture profonde entre la logique des grands projets d’infrastructures et les aspirations environnementales et sociales montantes. Alors que les juges administratifs ont, à trois reprises, reformulé leur position sur la légalité du projet, les opposant.e.s n’ont pas renoncé à faire valoir des arguments sur le plan juridique, territorial et écologique. Outre le pourvoi en cassation  devant le Conseil d’Etat, d’autres recours sont en préparation. Si l’automobile et l’autoroute semblent aujourd’hui confortées par certains arrêts, la mobilisation citoyenne et associative porte une question plus large : quelle voie voulons-nous pour nos territoires. La véritable alternative ne réside pas seulement dans l’abandon du projet mais dans l’élaboration de modèles territoriaux alternatifs :

  • mobilité multimodale,
  • revitalisation des lignes ferroviaires régionales,
  • réaménagement de la RN126 existante,
  • protection des terres agricoles et naturelles plutôt que leur artificialisation,
  • investissements dans les mobilités du quotidien,
  • soutien à l’économie locale non délocalisable.

Ce sont ces choix-là qui créent de l’emploi durable, renforcent l’attractivité et respectent les habitants.

Oui, une Autre Voie est possible ! .

Jean Fauché

“Remettre des ours”. . . Projection à Fontrieu (81)

Projection du court-métrage documentaire “Remettre des ours” du collectif Turbo Silence, suivie d’une discussion avec les membres du collectif.


21h (durée 1h), prix libre, le samedi 7 juin. 
Remettre des ours raconte la longue et sinueuse histoire des réintroductions d’ours dans les Pyrénées françaises, des années 1980 à nos jours. Pastoralisme, institutions étatiques et cultures locales se croisent dans ce documentaire qui essaye, tant bien que mal, de sortir de la division « pro » et « anti », souvent ressassée dans les questions de réintroduction.

Programme du samedi 7 juin :

A partir de 17h, marché gourmand de producteurs et buvette associative 

A partir de 19h, guinguette fermière 

A 21h, projection du court-métrage remettre des ours et discussion

Lieu-Dit la Grange

16 Hameau de Baffignac

81260 Fontrieu 

Tel :06.11.85.34.41

-- Transmis par la Confédération Paysanne 81

Conférence Bernard DREANO “Quelle paix en Ukraine ? ” Castres 25 février.

À l’invitation de Confluences 81, 25 personnes ont assisté à la conférence de Bernard Dreano : “Quelle paix pour l’Ukraine?”, organisée par le RESU*, groupe sud du Tarn

L’initiative était soutenue par LFI Castres, PS Castres, les Écologistes, PEPS, Alternative et Autogestion, GES, NPA/A sud Tarn, ATTAC. 

Bernard DREANO a expliqué les racines de la guerre, en particulier la manière dont l’Ukraine s’est constituée depuis le XVIIIº siècle comme une nation à travers de nombreuses épreuves historiques (les deux guerres mondiales, le stalinisme…) et la volonté de Poutine de l’englober dans son projet impérialiste.

Il s’est fait l’écho de la société civile et de sa foisonnante activité politique, sociale et associative. Sans cacher les contradictions et les difficultés liées au conflit. 3 années de guerre pèsent lourdement sur la population mais les insultes et les manœuvres de Trump renforcent leur volonté de ne pas céder.

Il est difficile aujourd’hui de prévoir les conditions d’un cessez-le-feu mais il est clair qu’il n’y aura pas de paix juste et durable si les troupes russes ne se retirent pas et si l’Ukraine est écartée des négociations de paix.

Le débat de la soirée – ouvert et sérieux – prouve que l’inquiétude sur le sort du peuple ukrainien et la nécessité d’un fort soutien sont partagées.


Nous allons poursuivre notre activité sur Castres et ses environs !

Pour nous contacter (et nous rejoindre ?) : 06 72 07 16 74 ou 06 63 68 22 86 (Contacts RESU sud du Tarn )

RESU Sud du Tarn

Pour présenter rapidement le RESU (Réseau Européen de Soutien à l’Ukraine et contre la guerre), nous publions l’appel constitutif (mars 2022) :

Nous, collectifs de mouvements sociaux, syndicats, organisations et partis, d’Europe de l’Est et de l’Ouest, opposé-es à la guerre et à tous les néo-colonialismes dans le monde, voulons construire un réseau par en bas, indépendant de tout gouvernement.

Voici le lien vers le formulaire d’adhésion : https://framaforms.org/membership-form-for-the-european-network-solidarity-with-ukraine-and-against-war-1647460588

POUR

1. La défense d’une Ukraine indépendante et démocratique !

2. Le retrait immédiat des troupes russes de tout le territoire ukrainien. L’arrêt de la menace nucléaire que constitue la mise en état d’alerte des armes nucléaires russes et le bombardement des centrales ukrainiennes !

3. Le soutien à la résistance (armée et non armée) du peuple ukrainien dans sa diversité, en défense de son droit à l’autodétermination

4. L’annulation de la dette extérieure de l’Ukraine !

5. L’accueil sans discrimination de tous les réfugié-e-s – d’Ukraine et d’ailleurs !

6. Le soutien au mouvement anti-guerre et démocratique en Russie et la garantie du statut de réfugié politique aux opposants à Poutine et aux soldats russes qui désertent !

7. La saisie des biens des membres du gouvernement, des hauts fonctionnaires et des oligarques russes en Europe et dans le monde ; et des sanctions financières et économiques – en protégeant les populations défavorisées de leurs effets.

Au-delà, nous luttons aussi, en lien avec les courants qui partagent ces objectifs en Ukraine et en Russie :

8. Pour un désarmement nucléaire global. Contre l’escalade militaire et la militarisation des esprits.

9. Pour le démantèlement des blocs militaires

10. Pour que toute aide à l’Ukraine échappe à l’emprise et aux conditions d’austérité du FMI ou de l’UE

11. Contre le productivisme, le militarisme et la concurrence impérialiste pour la puissance et le profit qui détruisent notre environnement et nos droits sociaux et démocratiques.

A l’issue de la première guerre mondiale, l’OIT a été fondée sur une affirmation de portée universelle : « Une paix universelle et durable ne peut être fondée que sur la justice sociale ». Aujourd’hui, nous devons ajouter la justice environnementale et l’état de droit : nous luttons pour la paix et l’égalité, les libertés démocratiques, la justice sociale et climatique, par la coopération et la solidarité entre les peuples.

Ciné-Palestine à Albi

Bonjour,

Pour la huitième année, le Comité Palestine 81 vous invite à une soirée dans le cadre du festival Ciné Palestine Toulouse- Occitanie, en partenariat avec la Scène Nationale d’Albi( salle Arcé) qui nous accueille une nouvelle fois.

Cette année n est pas une année comme les autres puisqu’il en va du sort du peuple palestinien  menacé à Gaza dévastée, en Cisjordanie et Jérusalem colonisés.

Et pourtant le peuple palestinien existe .

Le cinéma est là pour nous le rappeler.

Deux films à l’affiche pour cette soirée du 6 mars:

18h: Voyage à Gaza réalisé en 2018 par l’italien Pier Uberti, quand on vivait à Gaza et que ce n’était pas un champ de ruines ( Documentaire)

20h30: A house  in Jérusalem réalisé par le Palestinien Muayad Alayam qui fait resurgir dans le présent le fantôme de la Nakba ( Fiction)

En présence de Nour Alrabie , membre de l’équipe Ciné Palestine

Pour plus de détails, prendre connaissance du flyer en tête d’article

Comité Palestine 81

Possibilité de restauration rapide à la brasserie du Parc face au  cinéma.

Assiette et boisson 12euros sur réservation au 05 63 54 12 80

AJET : Conférence de Serge PORTELLI, à ALBI

Conférence de Serge Portelli le 4 février 2025 à 20h30 à l’INU Champollion -Albi

La violence des jeunes : Mythe ou réalité ?

« Les jeunes sont de plus en plus violents »

cette proposition le plus souvent énoncée comme une évidence, y compris au plus haut niveau de l’Etat, ne nécessite même plus de justification ni même de discussion. A chaque affaire dans laquelle un jeune, un mineur, un adolescent est impliqué, beaucoup de médias, d’hommes politiques ou de scientifiques présentés comme experts partent de ce constat avant de décliner diverses solutions toujours plus répressives censées endiguer le fléau. L’actualité, telle qu’elle est traitée par les médias, nous offre de multiples exemples qui paraissent se multiplier à une vitesse impressionnante. Des meurtres, des trafics de drogue, des affrontements entre bandes rivales… Personne n’ose douter de cette réalité-là, fortement documentée en image, en émotion, en indignation.

Pourtant l’examen des chiffres, des statistiques nous offre une image très différente, loin d’un fléau galopant qui nécessiterait des bouleversements radicaux des règles applicables à la jeunesse délinquante. Comprendre les enfants et les adolescents, y compris dans leurs manifestations les plus choquantes, tel est le défi des sciences humaines dont doit s’inspirer le politique sans pour autant tomber dans ce qu’on prétend être « la culture de l’excuse ». Prévenir autant que sanctionner, accompagner autant que surveiller, éduquer inlassablement, telle est la seule issue de ce défi.

Serge PORTELLI, désormais avocat, a été magistrat pendant 46 ans. Il a été enseignant dans de multiples établissements en France et à l’étranger (Institut d’Etudes Politiques de PARIS. Ecole de la Magistrature, Ecole des Psychologues praticiens…), et a écrit de multiples ouvrages et articles.

“La culture du Déchet”. . .Conférence

Ce sera le mardi 10 décembre 2024 de 18 heures à 20 heures (heures de métropole française) :

Rappel : la culture du déchet

La prochaine visioconférence-débat de l’Association Tarnaise de Gérontologie (ATG) aura lieu le mardi 10 décembre 2024 de 18 heures à 20 heures (heures de métropole française).

Elle portera sur le thème suivant :

Représentations de la déchéance : les personnes âgées et la culture du déchet

Par Claire Larroque, philosophe, albigeoise d’origine.

S’inscrire en ligne et poser des questions ou émettre des remarques écrites à l’adresse ci-dessous, l’adresse Zoom vous sera communiquée après inscription. 

https://forms.gle/zgXFU7J1AX6EBzjS6

Elle vient de faire paraître l’ouvrage suivant aux éditions des puf :

Rappel : la culture du déchet

Elle nous écrit :

Lors de l’audience générale du 1er juin 2022, place Saint-Pierre de Rome, le pape François a poursuivi son cycle de catéchèses consacré à la vieillesse. Il a notamment dénoncé le fait que notre civilisation promeut « l’idée que les personnes âgées sont du matériel de déchèterie, que les personnes âgées doivent être mises au rebut ». En dressant un tel parallèle, non seulement le pape François met en avant un processus de réification des personnes âgées (des êtres humains sont considérés comme des objets) mais il considère que cette chosification engendre un geste supplémentaire de rejet et d’exclusion, identifiant les vieux à des déchets. Les personnes âgées non seulement ne seraient plus humaines mais elles seraient des choses dont il faut se débarrasser. La philosophe Simone de Beauvoir, dans les années 1970, dressait déjà un constat similaire :

Que pendant les quinze ou vingt dernières années de sa vie un homme ne soit plus qu’un laissé pour compte, cela manifeste de l’échec de notre civilisation : cette évidence nous prendrait à la gorge si nous considérions les vieillards comme des hommes, ayant une vie d’homme derrière eux, et non comme des cadavres ambulants. (Simone de Beauvoir, La Vieillesse).

Comment comprendre un tel rejet des personnes âgées ? Pourquoi de tels mécanismes de réification se mettent en place ? De quoi notre dégoût de la vieillesse, apparentée à une forme de déchéance, est-il le symbole ?

Lors de mon intervention, il s’agira, dans un premier temps, de montrer que dans nos sociétés de surconsommation et de surproduction qui privilégient le neuf et le clinquant, les objets mais aussi les personnes qui sont considérées comme inutiles car atteintes par une forme de fragilité voire de déchéance (morale ou physique) vont être facilement invisibilisés et rejetés hors de notre monde social : im-mondes. Cette assignation des personnes âgées à ces catégories de l’immonde et de l’abject façonne des attitudes vis-à-vis d’elles mais édifie aussi tout un système de prise en charge conditionné par cette vision. Il pourra alors être intéressant, dans un second temps, de voir comment la modification de notre conception du déchet (et de la déchéance) pourrait entraîner un changement de notre rapport à la vieillesse et aux vieux. Une telle analyse ne pourra faire l’économie d’une réflexion sur la façon dont nos sociétés témoignent d’une volonté féroce de de bannir la mort et ce qui peut la symboliser. Cela permettra, dans un troisième temps, de montrer pour quelles raisons il semble nécessaire de substituer à l’ontologie moderne, focalisée sur « l’être vers la mort » (Augustin Berque), une ontologie reconnaissant « l’être vers la vie » qui se représente la mort comme partie intégrante de la vie et abandonne la poursuite du rêve d’être infaillible si prégnant dans nos vies actuelles.

Refuser le compteur Linky !

Boîte de réception

linky.jpg (33659 octets)Communes et particuliers,
nous pouvons refuser les

compteurs Linky et Gazpar !
gaspar.jpg (25584 octets)

Refuser le compteur Linky va rester légal et les
“sans-Linky” ne vont pas payer d’ “amendes”

Contrairement à une rumeur qui circule ces derniers jours et qui a été évoquée par divers médias, les citoyens lucides et courageux qui persistent à refuser les compteurs communicants Linky – il reste près de 4 millions de compteurs ordinaires en service en France ! – vont continuer à rester parfaitement dans la légalité et ne vont en aucun cas “payer des amendes”.

Simplement, comme prévu par une directive de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) dès mars 2016, les gens non dotés d’un Linky pourraient se voir appliquer à partir de la mi-2025 (date évoquée dans les courriers d’Enedis) une simple facturation – et non une amende – en vue de financer la relève visuelle de leur consommation, dite aussi “relève à pied”. En effet, alors que les compteurs Linky envoient automatiquement l’index par les fils électriques, il reste nécessaire de visualiser la consommation sur les compteurs ordinaires.

Notons déjà que la concrétisation de cette facturation est très incertaine dans la mesure où, pour pouvoir l’appliquer, Enedis va devoir effectuer réellement les dites relèves visuelles et, pour ce faire, rembaucher du personnel. Or, le licenciement de tous les releveurs, effectif à ce jour, était un des principaux objectifs du programme Linky afin d’améliorer la rentabilité d’Enedis (seule filiale d’EDF à gagner de l’argent) pour en préparer la privatisation, projet délétère que la macronie n’a bien heureusement pas pu mettre en œuvre à ce jour.

Les gens qui refusent le Linky ne le font pas seulement pour protéger leurs libertés (les Linky étant de véritables “mouchards à domicile”) et leur sécurité (incendies, ondes, etc), ils agissent aussi en faveur de l’emploi et pour la perpétuation des valeurs du service public, sérieusement mises à mal par les politiques libérales du gouvernement et des dirigeants d’Enedis.

Par ailleurs, à supposer que la dite facturation prenne réalité, il est notable que son montant – 64 euros par an – reste très inférieur aux brutales augmentations de factures et d’abonnements subies par des millions de ménages suite à la pose des compteurs Linky. Même en payant cette facturation, la grande majorité des “sans-Linky” resteront largement gagnant.

Pour finir, nous rappellerons le véritable matraquage de désinformation infligé aux citoyens par les dirigeants politiques et industriels pendant des années suivant le lancement du programme Linky en décembre 2015 : prétendus “intelligents”, ces compteurs devaient en particulier permettre aux citoyens de “faire des économies” et de “maitriser leur consommation”. Une véritable blague.

Outres de brutales “factures de rattrapage” infligées à la pose des Linky, chacun a pu constater que les factures et abonnements n’ont cessé d’augmenter. D’autre part, par le biais de décrets gouvernementaux, c’est au contraire Enedis et le gouvernement qui peuvent désormais prendre la main sur la consommation des citoyens “Linkysés”, en particulier en leur coupant l’électricité à distance. Seuls les “sans-Linky” restent à l’abri de ces déconvenues.

Stéphane Lhomme

Directeur de l’Observatoire du nucléaire

Animateur depuis 2015 du site web http://refus.linky.gazpar.free.fr

sommaire

Halte à la récupération raciste par Patria Albigés !

Samedi 12 octobre, le groupe identitaire d’extrême droite Patria Albigés organise à Albi un rassemblement “pour Kylian et Philippine”, jeunes personnes assassinées, pour le 1er près de Bayeux dans la Calvados, le dimanche 29 septembre, pour la seconde à Paris à la mi-septembre. A nouveau, Patria Albigés instrumentalise des drames et détourne le deuil qui devrait s’imposer pour servir ses intérêts politiques et diffuser ses idées racistes et xénophobes.
Nos organisations expriment toutes leurs condoléances aux familles de Kylian et de Philippine, à leurs proches, à toutes les personnes affectées par ces morts terribles. Elles dénoncent la récupération honteuse qu’en fait Patria Albigés.
Ce groupe d’extrême droite, qui sévit dans le Tarn depuis quelques années déjà, s’illustre par les idées et les pratiques qu’il propage, dangereuses pour notre société et contraires à la loi. Des membres de Patria Albigés ont à plusieurs reprises essuyé des condamnations en justice : l’un d’entre eux a écopé de 8 mois de prison avec sursis suite à l’agression de deux étudiants syndicalistes ; trois autres ont été condamnés en décembre 2023 à 3 mois de prison avec sursis pour incitation à la haine. Ils avaient pratiqué un affichage raciste dans des parcs à Albi après le drame d’Annecy en juin 2023 et très récemment à ALBI, deux militants albigeois d’extrême droite ont été condamnés à 4 mois de prison avec sursis.
Patria Albigés multiplie les actes racistes, incitant à la haine, à la violence et à la discrimination. En avril 2024, un membre de ce groupe identitaire était interpellé pour des inscriptions racistes sur la chaussée à l’occasion du Marathon d’Albi. Il avait été pris en flagrant délit alors qu’il taggait : “Violeurs, étrangers dehors !”. Lors de la fête de la Musique, des membres de Patria Albigés avaient scandé, en pleine rue et à visage découvert, des chants racistes en allemand. Quelques semaines plus tard, ce groupe d’extrême droite instrumentalisait le drame de Southport en Angleterre pour mener une campagne d’affichage appelant à la “rémigration” .
Des plaintes ont été déposées suite à ces faits manifestement xénophobes et accomplis sans complexe ni retenue. Elles sont en cours de traitement.
Il appartient à la Préfecture du Tarn et au nouveau Préfet, M. Laurent Buchaillat, de prendre toutes les mesures qui s’imposent pour empêcher le déversement de ces propos et actes racistes et pour faire respecter la loi. Le Préfet du Tarn ne saurait cautionner les pratiques de Patria Albigés. La tenue d’un rassemblement organisé par un groupe qui a subi plusieurs condamnations et qui est
poursuivi en justice représente un danger pour notre société et pourrait mettre des personnes en danger.

À Albi
Le mercredi 9 octobre 2024

Signataires: UD CGT Tarn – FSU 81 – Union syndicale SOLIDAIRES Tarn – LDH section du Tarn – Collectif pour Albi – Libre Pensée 81 – NPA Tarn Sud et NPA Tarn Nord – PEPS 81 – Alternatives & autogestion 81 – Confluences 81 –EELV les écologistes 81 – RESF 81 – MRAP comité de Castres et d’Albi – LFI 81