Le danger de l’expulsion des immigrés, par J F Le Dizes.

Des immigrés illégaux mais bien utiles

En plus de notre Premier ministre, François Bayrou, qui nous parle de submersion migratoire, le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, vient de faire passer, pour les immigrés sans papier, de 5 à 7 ans la période minimale pour obtenir une éventuelle régularisation. Déjà avant cette décision, il y avait très peu de régularisations : 34 724 en 2023(1). Or, selon le ministre de l’Intérieur de l’époque, Gérald Darmanin, il y avait en 2021 entre 600 000 et 700 000 personnes en situation irrégulière en France(2). Autant dire que le gouvernement fait tout pour maintenir les « sans papier » dans l’illégalité et dans la précarité et l’insécurité (147 154 interpellation en 2023(3) ; 21 601 expulsions du territoire en 2024(3)). Or, la très grande majorité de ceux-ci en âge de travailler occupent des emplois, notamment ceux délaissés par les Français, mais nécessaires à la bonne marche de la société. Par exemple, en Île-de-France, les étrangers occupent 60 % des emplois dans le bâtiment, 50 % de ceux de la restauration, 61 % de ceux de l’aide à domicile, 44 % de ceux d’assistantes maternelles(4). Nombre d’entre eux sont en situation irrégulière. Les partisans de « l’immigration choisie » incluent-ils dans « leur choix » tous ces travailleurs ou sont-ils favorables à l’expulsion de l’ensemble des « illégaux » ? Imaginons le désordre qui surviendrait dans notre société si l’ensemble des « sans papier » étaient expulsés ! En Italie, la Première ministre, Giorgia Meloni, compère de Marine Le Pen, a bien été obligée de se renier sur ce sujet : elle a attribué, en trois ans, 450 000 titres de séjour(5). En France, le président de la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment a donné l’alerte : « la rénovation énergétique demande la création de 200 000 à 300 000 emplois d’ici cinq à dix ans »(6). D’ailleurs, à différentes époques, l’essentiel, des logements et des infrastructures français ont été construits par des immigrés ; rappelez-vous des maçons italiens. Depuis, les Portugais, les Maghrébins, les Africains subsahariens ont pris le relais ; sans oublier la quantité de Belges et de Polonais qui sont venus travailler dans les mines françaises au siècle dernier.

Toujours en Île-de-France, même le président de l’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie demande la régularisation des salariés de son secteur(7).

L’immigration est-elle source de délinquance ?

Certains justifient leur opposition à l’immigration par la délinquance qu’elle engendrerait. Certes, les étrangers sont plus souvent condamnés par tribunaux que le reste de la population : ils représentent 23,6 % des détenus en prison alors qu’ils ne représentent que 7 % de la population(8). Mais la pauvreté, dont les étrangers souffrent le plus, a toujours constitué le lit de la délinquance. Le facteur de délinquance n’est-il pas la pauvreté plutôt que le fait d’être étranger ?

La discrimination raciale à l’emploi ne peut que renforcer la pauvreté des étrangers et donc les inciter à commettre des méfaits. En effet le taux de chômage des immigrés (11 %(9)) est supérieur à celui de l’ensemble de la population active (7 %(9)).

Ainsi, l’expulsion de tous les sans papiers, au-delà de la catastrophe qu’elle provoquerait chez les immigrés, engendrerait une série de perturbation dans le quotidien des Français : restaurants fermés, retards dans la construction de son logement, pénurie d’aide à domicile…

À quand la régularisation de tous les sans papier comme le fit le président Mitterrand en 1981 ?

Jean-François Le Dizès

Sources

(1) https://www.lacimade.org/stigmatisation-et-precarisation-la-circulaire-retailleau-nest-pas-une-solution/

(2) https://www.tf1info.fr/politique/sejour-metier-sous-tension-travailleurs-sans-papiers-france-que-disent-les-chiffres-2270169.html

(3) Dauphiné libéré du 5/2/2025

(4) https://www.lesechos.fr/politique-societe/societe/travailleurs-immigres-et-metiers-en-tension-la-grande-hypocrisie-2040761

(5) https://www.tsa-algerie.com/bardella-opte-pour-limmigration-choisie-la-france-est-elle-encore-attractive/#google_vignette

(6) https://www.20minutes.fr/economie/4136054-20250129-immigration-batiment-mal-fonctionner-main-uvre-etrangere

(7) https://rmc.bfmtv.com/actualites/economie/travailleurs-sans-papiers-pourquoi-l-hotellerie-restauration-s-inquiete-de-la-circulaire-de-retailleau_AV-202501250107.html

(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Population_carc%C3%A9rale_en_France

(9) https://www.immigration.interieur.gouv.fr/Info-ressources/Etudes-et-statistiques/Les-chiffres-de-l-immigration-en-France/Activite-emploi-et-chomage-des-immigres#:~:text=Parmi%20les%20actifs%2C%20le%20taux,%C3%A9lev%C3%A9%20que%20celui%20des%20natifs.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE – Collectif Migrant Sud Tarn 81


Castres, le 23 janvier 2025
Nous vivons au quotidien entourés de personnes étrangères qui luttent pour leurs droits, ils sont dans nos hôpitaux, nos écoles, nos chantiers, nos restaurants… Ces travailleurs sans papiers contribuent à l’économie et à la vie sociale de notre département

La France qui se lève tôt, ce sont aussi elles et eux. Et pourtant leurs droits sont sans cesse bafoués et restreints.


Le Collectif Migrant Sud Tarn 81 composé de 8 associations et syndicats (Secours
Catholique, Cimade, RESF, MRAP, CFDT, CGT, CCFD Terre Solidaire et Mouvement pour la paix)
qui se sont associés depuis un an, dans le département du Tarn, pour défendre et promouvoir l’accès aux droits des personnes migrantes et étrangères.

Nos structures combattent le rejet, le racisme et la précarité et croient à l’intégration par le travail qui permet de retrouver une vie digne à tout être humain.
Nationalement, la situation politique actuelle restreint de plus en plus les droits des personnes étrangères comme la volonté de supprimer leur accès aux soins. Localement, nous avons été confrontés et outrés face aux faits de traite humaine dans un restaurant à Albi.
Le collectif interpelle les pouvoirs publics sur les situations catastrophiques des personnes sans papiers qui vivent dans le Tarn et dénonce l’incohérence des politiques actuelles.
Et pourtant, l’administration a reconnu une liste des métiers en tension dans lesquels les entreprises ont des difficultés à recruter – plus de 500 00 emplois non pourvus en France.
Chefs d’entreprises, artisans Tarnais, nous savons que vos secteurs d’activité sont concernés par ces difficultés à recruter : agriculture, bâtiment, restauration, aides à domicile, métiers de bouche… Vos métiers sont essentiels à la bonne marche de notre département. Le collectif est à votre écoute, nous vous invitons à nous contacter afin d’agir ensemble.
Actuellement dans le Tarn le collectif rencontre de nombreuses personnes étrangères qui souhaitent avoir une nouvelle chance, être intégrées et pour cela travailler en conformité avec le droit du travail. Pourquoi leur refuser ce droit ?
Et à ces personnes qui travaillent déjà souvent en marge du droit, pourquoi leur refuser des Titres de Séjour alors qu’ils travaillent depuis des années et paient leurs impôts en France ?
Face à ces situations, le collectif demande à rencontrer M. Laurent BUCHAILLAT, Préfet du Tarn, la situation économique et sociale l’exige.

Vous avez des questions, vous êtes intéressés par le plaidoyer du collectif, contactez-
nous : collectifmigrantsudtarn81@gmail.com

Désignés délinquants, ils retrouvent leur dignité de victimes. . .

Confluences a rendu compte de l’affaire des 6 travailleurs sans-papiers exploités rudement par leurs employeurs, dans un restaurant à ALBI. Depuis, ils avaient été condamnés, début décembre pour “usage de faux papiers”.

La plainte, déposée par eux en mai dernier pour “traite d’êtres humains” vient d’aboutir.
Nous reproduisons ci-dessous le communiqué de l’Union Départementale CGT du Tarn qui, depuis le début, suit cette affaire, accompagne ces personnes.

Nous espérons pouvoir publier, dans un prochain n° du journal, un entretien
avec quelques uns d’entre eux .

Concert pour la Solidarité et l’Espoir !

Le dimanche 2 février 2025, Daniel Sablayrolles, Marc Signovert et Christian Melon donneront un petit concert à 17 heures dans la salle des Auriols (proche de Labruguière) et vous feront passer une fin d’après-midi en chanson.

L’entrée sera gratuite, mais nous passerons le chapeau à la fin de ce concert qui sera donné au profit de la famille de Khan Wali. Pour sauver Khan des mains des talibans et lui permettre de venir en France, ses parents ont vendu une grande partie de leur terre ainsi que leur voiture qui était leur gagne-pain puisque le père était chauffeur de taxi. Mais la somme de ces ventes n’étant pas suffisante pour payer les passeurs, le père a fait appel à sa famille, aux amis et aux voisins.

Khan Wali a commencé à rembourser la dette mais il est loin d’avoir tout réglé et les voisins de ses parents se font de plus en plus pressants. Aussi nous faisons appel à vous et à votre générosité, pour leur venir en aide.

Nous comptons beaucoup sur vous et bien sur vous pouvez le faire savoir à vos connaissances.

Merci d’avance.

Daniel : eddan.sab@gmail.com  –  07 81 85 15 12

Marc : marc.signovert@wanadoo.fr  –  06 89 81 53 24

Christian : cjmel@club-internet.fr –  06 20 13 60 50

N.B : Merci de nous faire savoir avant le 30 janvier, par mail ou par téléphone, si vous serez présents à ce concert.


Pour info :
pour vous rendre aux Auriols, à Labruguière prendre l’avenue Dunoyer de Segonzac puis en continuité la Départementale D56 vers Font Bruno. Au bout de quelques kilomètres tournez à droite sur le Chemin des Auriols et au bout de 1 km, vous arrivez aux Auriols.

18 décembre: journée internationale des migrant·es à ALBI !

18 décembre: journée internationale des migrant·es

Solidarité avec les personnes exilées et sans papiers !

A l’occasion de la journée internationale des migrant·es, nos organisations appellent à se mobiliser:

– contre les idées d’extrême droite qui instrumentalisent la question migratoire,

– contre les mesures politiques qui favorisent la propagation de ces idées racistes et haineuses;

– contre la loi Darmanin dont les conséquences s’avèrent désastreuses pour les personnes exilées: partout en France, et notamment dans le Tarn, les obligations de quitter le territoire français se sont multipliées, poussant des personnes dans la clandestinité et les exposant à des conditions de vie dangereuses;

– contre une nouvelle loi immigration qui viendrait renforcer les dispositifs répressifs et les atteintes aux droits des personnes;

– contre le manque de places en hébergement d’urgence et la mise à la rue de nombreuses personnes, dont des mineur·es et des familles avec enfants;

– contre les mesures qui entravent l’accès au travail des personnes étrangères, les livrent à des patrons véreux et favorisent la traite humaine;

– contre les dispositifs d’évaluation des mineur·es isolé·es, et dans le Tarn contre le DDAEOMI, véritable centre de tri aux pratiques maltraitantes et arbitraires;

– contre les tests osseux;

– contre l’absence de soins et de prise en charge des jeunes étrangers·ères. Dans le Tarn, des dizaines de jeunes sont jeté·es à la rue, privé·es de leurs droits. Ce sont les associations qui les prennent en charge et les accompagnent dans leur parcours.

– contre le pacte européen “Asile et immigration” et son arsenal de mesures répressives;

– pour une vraie politique d’accueil, qui respecte les textes internationaux dont laFrance est signataire et les droits des personnes;

– pour faire vivre la solidarité et l’exercer partout !

RDV à Albi place de la Préfecture (côté rue Timbal) mercredi 18 décembre à 14h 30

à l’appel de:

La Caselle – RESF – le MRAP – Solidarité Migrants Graulhet – FSU – Cgt – Sud Solidaires

Migration/intégration : Problème ou opportunité ?

Le Collectif pour Albi vous invite à une rencontre avec Dante MONFERRER sur le thème:

”Migration/intégration Problème ou opportunité ? ” vendredi 7 juin à 20h, à la Bourse du Travail d’Albi.

Quelles visions des phénomènes migratoires dans le temps long ?

Quelles intégrations pour les immigrés et leurs descendants ?

Dante Monferrer, de passage à Albi, nous partagera les travaux du Collectif ”Approches coopératives” dont il est membre.

Composé d’acteurs d’ONG d’éducation populaire, principalement à l’international, ce collectif fait la promotion du travail coopératif plutôt que de la compétition de tous contre tous.

Analyses et expérience de terrain nous apporteront de quoi débattre.

Dante Monferrer

https://www.approchescooperatives.org

Bien collectivement

Le secrétariat du Collectif pour Albi

Parcours d’Exil(s). . . .

Albi, au cinéma Lapérouse, samedi 27 avril à 19H30 : projection du film MOI CAPITAINE suivi d’un débat, animé par le Casar / LDH / SOS Méditerranée / Amnesty International et la F.A.S.

Sur le parcours d’exil  de Seydou et Moussa deux jeunes mineurs sénégalais : leurs espoirs et rêves vite anéantis par tous les dangers lors de leur périple en quête d’asile et d’humanité !

Seydou et Moussa, deux jeunes sénégalais de 16 ans, décident de quitter leur terre natale pour rejoindre l’Europe. Mais sur leur chemin les rêves et les espoirs d’une vie meilleure sont très vite anéantis par les dangers de ce périple. Leur seule arme dans cette odyssée restera leur humanité.

Le film est inspiré de l’histoire de Fofana Amara, un Guinéen de 15 ans emprisonné en Sicile après avoir été forcé à conduire un bateau conduisant des centaines de migrants depuis la Libye.

Le CASAR (Comité d’Accueil et de Solidarité Avec les Réfugiés), en partenariat avec le Ligue des Droits de l’Homme du Tarn, SOS Méditerranée, Amnesty International et la FAS (Fédération des Acteurs de la Solidarité), vous invite, après la projection, à une soirée débat autour du parcours d’exil et de l’asile.