Demain, à Castre, premier procès d’un écureuil de la Crem’arbre

Mercredi 11 décembre aura lieu le premier procès d’une longue série pour les écureuil.les de la ZAD de la Crem’arbre.

Marqué.es par les privations de sommeil et de ravitaillement, les militant.es du bois de la Cremade ont été évacué.es, pour couper des arbres dans un contexte d’illégalité manifeste.

Face au déni démocratique et à la répression des zadistes, ce procès sera l’occasion de rendre hommage aux voix silenciées.

Ces dernières semaines,  les écureuil.les d’autres sites ont tour à tour été relaxé.es en première instance, nous voulons la relaxe pour toustes.

L’autoroute et son monde ont vacillé après le rendu de la rapporteuse publique concernant les autorisations environnementales de l’A69. Ce lundi, cette “non-décision” de justice” prouve encore une fois la non transparence des instances de l’Etat. Nous voulons l’abandon immédiat du projet d’autoroute. 

Dans ce contexte, nous vous donnons rendez-vous à 12h à Castres devant le tribunal de Castres pour une conférence de presse avant le procès. 

Celui-ci se tiendra à 13h30. En début d’audience seront aussi prononcé les délibérés de plusieurs militant.es contre l’A69.

ZAD contre l’A69 et la métropolisation de la région.

Canal Telegram :www.t.me/InfoZAD_A69

Cagnotte : https://opencollective.com/xr-toulouse-et-alentours/projects/soutiens-a-la-cremarbre

A 69 : Rassemblement après le rendu du tribunal !

Tic tac tic tac…

⏰

le rendu de la décision du jugement sur le fond du projet d’A69 est imminent !

Décision positive ou négative, on aura envie de vivre ça ensemble alors les orgas de la lutte vous invitent :
– le soir même de la décision (ce lundi potentiellement), à 19h, sur le tracé (lieu annoncé ultérieurement)
– le lendemain, 19h devant la gare Matabiau à Toulouse !
Pas un arbre, pas une usine, pas un hectare de plus – NO MACADAM !
_
PS : on a toujours besoin d’aide pour la cagnotte contre les procès juste ici : linktr.ee/stop_A69

A 69 : Clap de fin ? **(fin de clap . . .)*

*Publié dans le n°171 de Confluences 81

**Communiqué de PEPS 81

Etait-ce  en 2007? En 2OO8 ?  Peu importe. . .

Confluences 81 accueillait un premier article du “collectif RN 126″pour dénoncer le projet d’autoroute Castres-Toulouse. . .

Premier d’une longue série d’articles, communiqués, dossiers qui, tout au long des 18 dernières années ont tissé notre soutien à cette lutte, notre dénonciation de ce projet délirant, écocide et irresponsable économiquement autant qu’écologiquement.

A la veille d’une décision importante, nous ne pouvions qu’être là, comme toujours, en accompagnement et soutien.

Confluences 81

A 69 : fin de clap ?

Le combat contre le projet autoroutier Castres-Toulouse a commencé, de manière structurée, en décembre 2006. 18 ans plus tard, à quelques jours d’une audience sur l’Autorisation Environnementale de l’A69, la rapporteure publique rend un avis négatif sur le projet pour “absence d’intérêt public majeur”. Ses conclusions sont sans appel : “cette autoroute ne répond pas à une RIIPM (Raison Impérative d’Intérêt Public Majeur) justifiant la dérogation des espèces protégées” en réponse à une utilité sociale, sanitaire et économique.
Le tribunal rendra son verdict certainement courant décembre. Comme 9 fois sur 10, il suit l’avis de la rapporteure, nous pouvons être raisonnablement optimistes et oser espérer que ce projet funeste aussi inutile que stupide sera stoppé net.

C’est aux militant.e.s qui se battent depuis bientôt 18 ans que nous pensons. Depuis le “collectif RN 126” jusqu’à “La Voie est Libre”, en passant par “PACT”. . . C’est aux personnes qui, tout au long de ces 18 années, ont agi : monté des dossiers juridiques, écrit des articles, pris la parole dans des réunions publiques, distribué des tracts, monté des actions pour sensibiliser les riverains, organisé des rassemblements, fait des grèves de la faim, occupé des arbres centenaires, lutté contre l’ouverture de carrières provisoires ou d’usines à bitume . . . entre autres. C’est à tous ces jeunes dont la vie a été mise en danger illégalement par les pouvoirs publics, et à celles et ceux qui ont été blessé.e.s voire handicapé. e.s par le choix d’une répression féroce contre les défenseurs du vivant et des générations futures. Ce n’est pas encore “gagné”, mais. . . Et, même si le juge confirme, ce ne sera pas fini : il y aura les suites à gérer, et certainement des projets de vie à construire COLLECTIVEMENT !

Nous sommes optimistes, parce que “A la fin, c’est nous qu’on gagne. . . ”  (C’est ce que nous disions à la création citoyenne de La Voie est Libre ).

Si ce projet est stoppé, ce sera pour dire que “c’est possible”, que, face “aux décideurs” financiers économiques et institutionnels, la voix des habitant.e.s des zones rurales doit être prise en compte. Ce sera pour dire que, face aux métropoles, la ruralité  existe en tant qu’entité de vie, qu’entité économique, qu’entité culturelle et que “aménager durablement un territoire”, c’est prendre tout cela en compte !

Si ce projet est stoppé, face au réchauffement climatique et à la disparition des espèces, des décisions impérieuses et des choix s’imposent, sur nos modes de vie, d’habitat, de santé, de travail, de transport. Pour nous, ces choix passent par le collectif, par la coopération  discutée et décidée ensemble. Ces choix partent du “local”, de la nécessaire réponse aux besoins premiers des personnes.

Si ce chantier est stoppé, les bulldozers ayant été plus rapides que la justice, il nous faudra obtenir la remise en état des terres naturelles et nourricières sacrifiées pour une poignée de nantis par les travaux illégaux du concessionnaire Atosca. Le projet “Une autre Voie” nous semble un support intéressant pour accompagner le bien être de la population locale dans le sens esquissé ci-dessus.

24 novembre 2024

Annick MAKALA

Alfred LECLERCQ

Jean FAUCHE

SOIRÉE SANS BITUME : CONCOURS de SOUPE & KARAOKÉ COLLECTIF !

Au Wagon, Le Faget

Tintement de Clochette,
Glinglinggg & Lalalala !

Réservons notre prochaine soirée festive
Marmites et Casseroles

C’est indéniable, l’automne est en place
et la Saison Sans Bitume aussi !!!

Pour ce mois de Novembre,
les Paysan.nes Sans Bitume
nous invitent à un
Concours sensationnel de Soupe
suivi d’un Karaoké collectif !

Sortons nos plus belles marmites, louches, micros et voix en canon,
ça va chauffer au Wagon du Faget

le Vendredi 22 Novembre à 19h !

Nous dégusterons en chœur l’étendue de nos talents de popote !
Pour jouer au concours, rien de plus simple, chaque participant.e
apporte un chaudron de soupe accompagné de sa plus belle étiquette

( titre et composition d’ingrédients ) !

Les inscriptions sont ouvertes dès à présent sur
letrainouvontleschoses@yahoo.fr

Et si on se décide à la dernière minute,
pas de souci, on trouvera de la place sur la belle tablée !

Et si on en voulait encore plus ?
Oui, c’est possible aussi ! Alors, pour profiter d’une belle surprise
spécialement concoctée pour nous, il suffit d’apporter
un sweat ou un tee-shirt en COTTON uni,
soit de ton foncé ou clair,
et on s’occupera du reste !!!

La Saison Sans Bitume compte sur nous

pour pousser la chansonnette et faire entendre nos voix en chœur,

nos casseroles et notre alliance !

Alors,  à tout bientôt pour festoyer et chanter ensemble, on compte sur vous !!!

Et parce qu’on préfère les pièces de monnaie aux commissions bancaires, prévoyons des espèces !

D’ici là, bel automne à toustes !

Collectif d’informations et de lutte contre les centrales d’enrobage à chaud de bitume de Villeneuve-lès-Lavaur et de Puylaurens.

Plus d’informations sur https://www.lauragais-sansbitume.fr/

Signez la pétition

ATOSCA et la préfecture de Haute-Garonne main dans la main pour du grand n’importe quoi. (communiqué de la ZAD A69)

Ce Lundi 7 octobre, après 22 jours d’une incroyable résistance aux  chantiers de l’A69 et à son monde de merde, la ZAD doit faire face à  l’abject, la bêtise et la violence des gendarmes et des ouvriers d’ATOSCA.

Dès 8h00, les gendarmes ont interpellé et placé en garde à vue la  quinzaine de personnes qui soutenaient les écureuilles. Rien ne  justifiait cela alors que le petit campement était sur un terrain privé avec le soutien du propriétaire et qu’aucune notification d’aucune sorte  n’avait été faite. Une répression basée sur le Code de procédure du  doigt mouillé au service du BTP.

Dans la foulée, les engins de NGE se sont mis en marche pour continuer d’enterrer les deux noyers et leurs 5 écureuil.le.s.

Sous l’oeil des gendarmes les engins de 50 tonnes sont allés jusqu’à  pousser des écureuil.le.s directement avec leurs bennes ! On a même vu un  ouvrier de NGE se jeter sur une écureuil.le pour tenter de l’attraper et chuter dans un même mouvement !

Ces scènes complètement ahurissantes traduisent l’absurde d’un monde en déroute qui s’agite bêtement pour un projet inutile avec l’entêtement  malsain que provoque le pognon. Tout ce monde est à vomir et leurs actions sont aussi ridicules que leurs utopies financières, libérales et oppressives.

À l’heure de l’envoi de ce communiqué, une écureuil.le a été interpellée  et placée en garde à vue pendant que les plateformes et les couchages  ont été détruites par des ouvriers qui s’improvisent grimpeurs. Une  autre est descendu avec un simple contrôle d’identité.

Ce monde va mal mais nous lui feront toujours face !

Opposition au chantier de l’A 69, toujours des vies en danger !

Boîte de réception

Communiqué de presse de la section LDH Toulouse auquel s’associe la section LDH du Tarn

COMMUNIQUE DE PRESSE DU 4 OCTOBRE 2024

La commission d’enquête de la LDH Toulouse sur les atteintes aux droits lors des opérations de police et de gendarmerie contre les opposant-es à l’A69 a été saisie une nouvelle fois ce 29 septembre 2024 pour une entrave aux soins des écureuil-les, et ce jour 4 octobre  pour mise en danger de la vie des écureuil-les !

 Depuis 19 jours de siège, les écureuil-les ne sont plus ravitaillées normalement et présentent des symptômes inquiétants liées au manque de nourriture. Nous demandons que l’interdiction de ravitaillement en nourriture soit levée car elle entre dans le cadre de l’interdiction des traitements cruels, inhumains ou dégradants, visée par l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme et des obligations internationales de la France relatives à la Convention contre la torture des Nations Unies. [1]

Nous avions déjà alerté la presse à la fin du mois de février quant aux entraves à la circulation des secours lors d’une évacuation d’une opposant-es inanimée.

 Aujourd’hui, un ouvrier de la NGE a déjà déposé des mètres cubes de terre avec sa pelleteuse pour ensevelir deux noyers  dans lequel 5 écureuil-les sont installées.  Il n’y a pas de distance de sécurité installée et elles se trouvent très proches de la pelleteuse. Le bois est cassant et les sont objectivement en danger alors que les gendarmes présents observent la scène, couvrant ainsi les agissements de la NGE (Nouvelle Génération d’Entrepreneurs – concesionnaire pour le projet A 69).

 Les écureuil-les sont surveillé.es et contrôlé.es par les forces de l’ordre.et il leur appartient de protéger et de secourir les personnes qui se trouvent sous leur contrôle. Nous rappelons que la non-assistance à personne en danger est une infraction pénale.

 Toulouse, le 4 octobre 2024

JOUR 2 AU VERGER – UNE NOUVELLE RÉSISTANCE ACHARNÉE – Communiqué de la ZAD69 :

Pour ce deuxième jour de résistance au Verger, la ZAD est toujours déterminée à tenir tête.
La CNAMO franchit à nouveau toutes les mesures de sécurité risquant un drame de plus à ajouter à la liste des trois chutes dramatiques de la Cal’Arbre.

Peu avant 15h, les gendarmes ont bloqué la nationale et commencé à se rassembler dans les environs, avant d’entrer sur le terrain du Verger à la suite de Lepeltier, représentant de NGE. Rapidement, une pelleteuse a suivi, détruisant tout sur son passage jusqu’à atteindre le premier chêne occupé. Suite à de nombreuses menaces nommément adressées à un premier écureuil, celui-ci est descendu de lui-même, en négociant l’absence de poursuites.

Saon camarade dans l’arbre a refusé, et la CNAMO est intervenue mettant une fois de plus une personne en danger, tirant à plusieurs sur sa longe à des mètres de hauteur. Interpellé.e, iel a été conduit.e en garde à vue. L’arbre a été abattu à la suite de sa descente.

Vers 17h, un.e militant.e s’est lancé dans un sprint impressionnant en direction de la pelleteuse, a commencé à y grimper avant de se faire violemment attraper par deux ouvriers NGE qui l’ont frappé.e, plaqué.e au sol avant l’intervention des gendarmes qui l’ont interpellé. Iel est également en garde à vue.

A 18h00, un grimpeur de la CNAMO est encore dans un platane, cherchant, après une tentative douteuse de négociation, à détruire le plus possible de ses installations, avant que le blocage de la RN126 ne devienne injustifiable, à l’approche de l’heure de pointe. A plus de 15m du sol, l’écureuil.le a retiré son baudrier pour empêcher tout interpellation, information connue des gendarmes.

Alors que l’intervention devrait bientôt toucher à sa fin, nous faisons face à la croissante mise en danger des zadistes par la CNAMO et ATOSCA prêts à tout pour poursuivre ce saccage.

Nous mesurons très bien les risques physiques et le poids de la
répression mais entendez cela (parole d’écureuil.le) :

"Nous nous sommes contre cette autoroute et contre tous ces projets de merdes".

On lâchera rien.

ZAD69

COMMUNIQUE – ALEXANDRA EXPROPRIEE ET PREMIERS ABATTAGES D’ARBRES AU “VERGER”.



Depuis ce matin du 16 septembre, à 9h00, Alexandra est expropriée du Verger au profit d’ATOSCA, et les zadistes sont pleinement entré.es en actions pour défendre ce dernier bastion aussi fortement que possible.

Après un week-end de mobilisation, de fête et de déménagement nous avons, toute la nuit de dimanche à lundi préparé la défense de ce terrain. Ce matin, le concessionnaire a mis en scène un cirque pour tenter de diviser artificiellement la ZAD qui soutient depuis 6 mois Alexandra en feintant qu’elle serait coupable de l’occupation en cours.

Alors que depuis des mois, elle subit de nombreuses attaques, manipulations et intimidations du bétonneur, ce dernier a choisi d’enfoncer le clou sur la ligne d’arrivée. À 10h, après la lente mise en place d’un dispositif de gendarmerie pour entourer le Verger, les huissiers d’Atosca sont entrés sur la propriété afin d’échanger avec la locataire, récupérer ses clés et acter son départ des lieux.

Or, très rapidement, des gradés de la gendarmerie ont commencé à lui mettre la pression pour procéder à la vérification de l’intérieur de la maison, fermée indépendamment de sa volonté. Après ouverture, ils ont pu constater que l’intérieur avait été partiellement démonté afin de ralentir la progression des keufs.

Dans la foulée, ils ont pu constater que, fidèles à la tradition des écureuil.les, des dizaines de zadistes se sont installé.e.s dans les arbres du jardin et sur le toit, certain.es armlocké.e.s à la cheminée, pour empêcher une destruction prématurée comme nous avons pu si souvent le constater sur le tracé.

Très rapidement, gendarmes, huissiers et représentants de NGE se sont ligués pour tenter de faire croire à Alexandra que cette action d’occupation du toit et les menues destructions allaient à l’encontre de son contrat avec ATOSCA, alors qu’elle a toujours été de bonne foi et n’était pas au courant de l’occupation de la maison. Nous avons eu confirmation d’avocat que ces menaces étaient infondées et mensongères.
Ces pressions imposées par les officiels d’ATOSCA sont un bluff supplémentaire insupportable. Ils ont, au passage, essayé de pousser Alexandra à porter plainte contre la ZAD.

Nous dénonçons ces pratiques manipulatoires qui viennent renforcer et prolonger le continuum de violences qu’elle subit depuis trop longtemps.
Alors qu’elle devait simplement remettre les clés, la voilà entrainée, malgré elle, dans une pièce de théâtre sous les regards naïfs des caméras nationales.

Dans un tel contexte, il est si simple d’accuser les zadistes de destruction sans remettre en question celles perpétrées par la machine de mort dirigée par Atosca/NGE ! Nous commençons à connaitre les tuyaux d’ATOSCA, étant depuis des mois une interface accessible et à l’écoute entre le chantier et des victimes.

A 14h00, la dernière signature a été réalisée et ATOSCA a engagé le saccage.

Nous invitons un maximum de personnes à nous rejoindre sur place cette fin de journée et les jours suivants pour soutenir les militant.es face aux nombreuses attaques des pro-A69 : flics, vigiles, CNAMO, abatteuses, mercenaires, huissiers…

ZAD A69

FR3 Régions Occitanie

https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/tarn/castres/autoroute-a69-une-operation-de-gendarmerie-en-cours-pour-evacuer-la-derniere-zone-d-occupation-des-militants-opposes-au-projet-3032453.html#at_medium=5&at_campaign_group=1&at_campaign=occitanie&at_offre=4&at_variant=V2&at_send_date=20240916&at_recipient_id=459386-1677282690-62a8a561&at_adid=DM1007688

SUR LE TRACÉ D’UNE AUTOROUTE INUTILE, SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS, VILLAGE MARTYR

Communiqué de presse des Sans Bitume du 8/09/2024

Sur le tracé de l’A69, une commune particulièrement sacrifiée

La commune de Saint-Germain-des-Prés est l’une de celles qui se situent sur le tracé des 53 kilomètres du projet d’autoroute de l’A69, entre les départements du Tarn et de la Haute-Garonne.

Déclaré d’utilité publique en juillet 2018 par l’État, soutenu par une partie des élus locaux et la Chambre de Commerce et d’Industrie du Tarn, ce projet structurant n’a fait l’objet d’aucune consultation publique et populaire d’envergure, d’aucun référendum local. Il a été pris en charge par « les forces vives » du territoire, nous disent les promoteurs du projet — entendez : les entrepreneurs économiques plutôt déjà bien implantés et soucieux de poursuivre leur croissance. En premier lieu, le Groupe Pierre Fabre.

Un objectif, désenclaver le sud du Tarn, vraiment ?

Désenclaver le sud du Tarn pour le bien de populations parmi les plus pauvres d’Occitanie et de l’emploi, dixit Carole Delga, Présidente de la Région. En réalité, les différentes prises de parole des uns et des autres montrent tout l’intérêt de l’A69 pour desserrer la métropole toulousaine : trouver de la place, des terrains, contourner l’agglomération qui s’étend toujours plus d’années en années. Il ne s’agit en aucun cas de freiner cette croissance, de développer en investissant le sud du Tarn, mais bien d’accompagner une dynamique métropolitaine d’extension, d’artificialisation des terres, de croissance du trafic. Bref, tout le contraire d’une transition bien pensée pour le bonheur des habitants tarnais. Ces derniers ont pu cependant s’exprimer à l’occasion de l’enquête publique environnementale en 2023 : 8000 avis ont été récoltés, une grande majorité rejetant ce projet développé par un concessionnaire privé, ATOSCA, filiale de NGE, inconnu jusqu’ici. ATOSCA exploitera une autoroute dont le trafic sera peu important, pour un tarif de péage prohibitif pour les véhicules légers (on ne sait pas pour les poids lourds) dans une fourchette entre 15 et 20 euros aller/retour. Le poids des médias locaux traditionnels comme La Dépêche, largement aux mains du Groupe Pierre Fabre, est déterminant et empêche toute opposition médiatique d’envergure.

Une population bien seule

Saint Germain compte environ 1000 habitants installés à 15 kilomètres de Castres. Commune rurale au pied du Lauragais, elle s’appuie sur l’agriculture, le maraîchage et bénéficiait d’un paysage agro-sylvestre plutôt préservé. Face au projet d’autoroute, une partie des habitants s’est mobilisée en tentant d’impliquer le conseil municipal. Celui-ci semble totalement incapable d’aucune action : demande de renseignements sur les travaux, sur les dates, sur l’usage de l’eau sur le chantier, sur les nuisances liées à la future centrale à bitume. Peu de réponse, plus aucun contact avec la préfecture, occupée ailleurs. Les habitants sont seuls face au chantier, au projet, aux pelleteuses qui ravagent tout.

La commune est aujourd’hui un des principaux martyrs du projet autoroutier :

•Elle est littéralement coupée en deux par un fossé béant de plusieurs dizaines de mètres de large qui   traverse la commune et double la nationale (bientôt départementale). Ce fossé de près de 4 mètres de   profondeur, à proximité du centre du village, se termine par la création, en direction de Puylaurens, d’un talus de plusieurs mètres. Ce seront trois ronds-points en plus installés sur la route principale publique.

•Les champs n’existent plus sur le tracé, les arbres ont été coupés : c’est un gigantesque terrassement qui balafre le village. Difficile pour les villageois d’une partie de la commune de se rendre au centre du village : une des routes principales a été détruite par ce fossé.

•Les routes secondaires absorbent actuellement un report de trafic du fait de la fermeture de certaines d’entre elles (D2 par exemple, route de Lempaut). Afin de permettre aux véhicules de se croiser, certains fossés ont été comblés et, par la suite de la coupe des arbres et l’arasement des terres, les ruissellements des eaux de pluie provoquent de graves inondations de routes lors de fortes pluies, mais également d’habitations sur une partie de la commune. Rien n’est prévu par le concessionnaire ATOSCA et le maître d’œuvre NGE. Le conseil municipal semble bien démuni pour agir sur ce front comme sur les autres.

•Depuis plusieurs semaines, la commune est traversée par des dizaines de semi-remorques qui transportent la terre d’un site à un autre. C’est un ballet constant qui commence à 7 heures du matin. Quasiment aucun camion n’est bâché, et certains empruntent des itinéraires interdits aux forts tonnages. Une partie des eaux privées et publiques de la commune est utilisée chaque jour pour nettoyer sommairement les routes souillées.

•Les arrêts de bus pour le transport public et scolaire ont été déménagés et transposés sur un seul côté de la nationale. Ce réel danger, notamment pour les élèves saint-germinois, avait été pointé du doigt déjà… sans aucune prise en compte.

Certains pourraient dire qu’un tel projet génère forcément des nuisances temporaires ? Bien évidemment…

Et ce n’est pas fini… bientôt la centrale à bitume

Les habitants attendent avec grande crainte un nouveau fléau : l’installation d’une usine d’enrobage à chaud à un kilomètre à vol d’oiseau de l’école communale, très active sur le thème du développement durable. Cette usine, normalement temporaire, dont on ne sait exactement combien de temps, elle sera installée (dates contradictoires entre la préfecture et le concessionnaire, aucune réponse claire donnée à la crainte des riverains sur ce point), sera une des plus importantes d’Europe avec près de 250 mille tonnes produites, comme à Villeneuve-lès-Lavaur. Rejets de gaz toxiques, risques industriels, d’incendie, de dysfonctionnement… cocktail mortifère pour tous les habitants sur un rayon d’au moins 10 kilomètres.

L’équation se complique pourtant encore ! Si un jour ce projet arrive à son terme :

•La commune sera durablement coupée en deux pour des intérêts d’une minorité tournée vers Toulouse. Elle ne retrouvera sans doute pas son unité territoriale, grevée de trois ronds-points, de plusieurs ponts autour d’un « grand fossé » autoroutier.

•Les habitants devront à gauche et à droite de l’autoroute absorber le report de trafic des usagers du bassin de Puylaurens travaillant à Castres tous les jours. Ils perdront eux-mêmes des dizaines de minutes dans la traversée de Soual. Qui prendra en charge l’entretien de ces routes aujourd’hui secondaires qui vont être très sollicitées ? Les risques d’accidents seront décuplés… et on nous dit que l’autoroute est un gage de sécurité.

•Qu’en sera-t-il de la gestion de l’eau à la fin des travaux ? Ruissellements, état des fossés des routes secondaires ?

•Qu’en sera-t-il des plantations d’arbres ou de haies ? (Projet pourtant communal affirmé de réhabilitation des haies). On sait que le maire M. Raymond Frede « partenaire historique du Groupe PF » bénéficie d’une aide de celui-ci pour des plantations sur les parcelles de son exploitation… Quid de la commune et des habitants ?

Nous invitons solennellement chaque journaliste à venir sur place. Nous pourrons vous guider dans Saint Germain-des-Prés, qui deviendra Saint-Germain-du-bitume, village martyr, découpé, balafré.

Victime de « l’utilité publique » d’une minorité de personnes et d’entreprises, d’un vieux monde destructeur, loin de la transition écologique attendue.

Les Sans Bitume