A69, l’autoroute contre son temps !

Article publié dans le n° 178 de Confluences 81*

Un Etat qui ne sait plus reculer :

Il y a des projets qui avancent parce qu’ils sont utiles. Et d’autres qui avancent parce que personne, surtout pas l’État, n’a prévu la marche arrière.

L’A69 appartient à la seconde catégorie. Mois après mois, jugement après jugement, elle s’est imposée comme une chronique de l’acharnement public, un feuilleton où le droit sert moins à arbitrer qu’à accompagner ce qui est déjà décidé.

Il faut désormais le dire sans détour : l’A69 n’est plus un projet d’aménagement, c’est une démonstration de force. Une autoroute imposée, maintenue, relancée, non parce qu’elle est indispensable, mais parce que renoncer serait reconnaître une erreur. Or l’État français ne renonce pas ; il persévère, surtout quand il a tort. Et, avec lui, l’ensemble des partisans de ce projet s’enferre dans cet entêtement.

Du coup d’arrêt juridique à la relance judiciaire :

En février 2025, le tribunal administratif de Toulouse prononce un coup d’arrêt spectaculaire : l’autorisation environnementale de l’A69 est annulée. Les juges (féminines) regardent la réalité en face : une autoroute parallèle à une route existante, destructrice de terres agricoles et d’écosystèmes, n’est pas une nécessité vitale. Elles estiment que le projet ne répond pas à la fameuse “raison impérative d’intérêt public majeur”, condition pourtant indispensable pour autoriser la destruction d’espèces protégées. Le chantier s’arrête. Ce jugement fait date. Il rappelle que le droit de l’environnement n’est pas un simple habillage procédural, mais un garde-fou réel. Pour les opposants au projet, engagés depuis 2007 ou plus récents, c’est la confirmation que ces années de contestation n’étaient ni idéologiques ni marginales, mais solidement étayées. Cette suspension du chantier ouvre alors une brèche politique. Des voix évoquent depuis longtemps d’autres solutions : amélioration de la RN126, réinvestissement ferroviaire, mobilité adaptée aux territoires plutôt qu’imposée. A Confluences 81, nous nous en faisons l’écho et nous insistons sur la portée plus large du jugement : il ne s’agit pas seulement d’une autoroute, mais d’un modèle d’aménagement à bout de souffle, fondé sur l’artificialisation, la concession privée et la promesse incantatoire du “désenclavement”.

dessin de Kalié , pour Confluences 81

il ne s’agit pas seulement d’une autoroute, mais d’un modèle d’aménagement à bout de souffle, fondé sur l’artificialisation, la concession privée et la promesse incantatoire du “désenclavement”.

Le combat contre l’A69 est un exemple de résistance collective à long terme face aux choix d’aménagements imposés. Le pouvoir, qu’il s’agisse du local, du régional ou du national, encaisse mal. Les juges (masculins) de la cour d’appel administrative trouvent rapidement la parade : un “sursis à exécution autorisant la reprise partielle du chantier”. Officiellement technique, provisoire, encadrée. En réalité politique, offensive, assumée. Il ne s’agit plus seulement de construire une autoroute, mais de reprendre la main. Montrer que le pouvoir n’est pas à genoux devant un tribunal administratif. Les engins reviennent, les nuisances aussi. Bruit, poussières, dégradations, circulations détournées. Très vite, les erreurs du concessionnaire s’accumulent. Emprises dépassées, zones mal balisées, destructions discutables, engagements environnementaux interprétés avec souplesse, travail hors des horaires légaux et sans dérogation. Rien d’exceptionnel, dira-t-on. Sauf que cette fois, chaque écart prend une portée politique. Car le chantier n’est plus seulement sous surveillance administrative : il est devenu un symbole.

Dans ce climat tendu, un autre phénomène émerge, plus inquiétant encore : la radicalisation verbale et comportementale de certains “pro-autoroute”. Menaces, intimidations, provocations ciblées contre des opposants identifiés. Rien d’organisé officiellement où la contestation devient suspecte, presque illégitime : il s’agit de disqualifier les opposants, les isoler, les exposer.

Face à un jugement qui dérange, certains élus n’imaginent pas de corriger le projet. Ils préfèrent corriger le droit. Une tentative de dépôt de loi dite de validation, à portée rétroactive, apparaît alors dans le débat public, visant à neutraliser les fondements mêmes de la décision de février 2025. Autrement dit : changer les règles après la partie, pour éviter d’avoir à reconnaître une défaite. Quand la justice devient un obstacle, on cherche à la contourner par la loi. Peu importe que la rétroactivité soit juridiquement contestable. Peu importe le précédent démocratique. Rien, pas même une décision de justice, ne doit entraver un projet politiquement sanctuarisé. Cette séquence dit tout de l’A69. Un projet maintenu non, mais un air de déjà-vu : celui d’une violence tolérée parce qu’elle va dans le sens du projet. L’autoroute, décidément, ne se contente pas de bétonner les sols ; elle durcit aussi les rapports sociaux. Climat délétère, par sa pertinence, mais par une fuite en avant. Un chantier qui reprend contre le jugement, contre le climat, contre une partie du territoire. Une autoroute qui avance comme une défaite politique, avant d’être achevée.

Le 30 décembre 2025, pendant que le pays regarde ailleurs, la cour administrative d’appel de Toulouse réhabilite l’A69. La “raison impérative d’intérêt public majeur” réapparaît, élargie, assouplie, presque extensible. Désenclavement, attractivité, sécurité : les mots sont connus, éprouvés, interchangeables. Ils ont servi ailleurs, ils servent encore. Peu importe que la route existe déjà, peu importe les alternatives jamais sérieusement étudiées : l’autoroute redevient nécessaire parce qu’il faut qu’elle le soit. Précédent dangereux, mais surtout renoncement écologique maquillé en réalisme, qui confirme un modèle autoritaire de l’aménagement, où la participation s’arrête là où commence la concession.

Et pourtant, même ainsi sanctuarisée, l’A69 avance de travers. Le 11 janvier 2026, une nouvelle décision judiciaire rappelle ce que l’État feint d’oublier : l’autorisation n’est pas un blanc-seing. Occupations de 88 ha hors emprise, passages en force, règles contournées. La justice ordonne des évacuations. Le projet est légal sur le papier, bancal sur le terrain.

Symbole parfait. Car l’A69 n’est pas seulement contestée, elle est fragile. Fragile juridiquement, fragile politiquement, fragile moralement. Elle progresse par inertie, par accumulation de faits accomplis. Face à elle, une mobilisation qui sait qu’elle a raison trop tôt.

Un projet dépassé, un avenir à redéfinir

Si l’autoroute finit par être achevée, elle ne reliera pas seulement Toulouse à Castres. Elle reliera surtout un pouvoir à son passé, et laissera derrière elle une question sans réponse : combien de kilomètres faudra-t-il encore pour admettre qu’on s’est trompé de direction ?

Si l’autoroute voit le jour, elle restera comme le monument d’un refus : celui d’entrer réellement dans le temps présent.

Cette affaire illustre la fracture profonde entre la logique des grands projets d’infrastructures et les aspirations environnementales et sociales montantes. Alors que les juges administratifs ont, à trois reprises, reformulé leur position sur la légalité du projet, les opposant.e.s n’ont pas renoncé à faire valoir des arguments sur le plan juridique, territorial et écologique. Outre le pourvoi en cassation  devant le Conseil d’Etat, d’autres recours sont en préparation. Si l’automobile et l’autoroute semblent aujourd’hui confortées par certains arrêts, la mobilisation citoyenne et associative porte une question plus large : quelle voie voulons-nous pour nos territoires. La véritable alternative ne réside pas seulement dans l’abandon du projet mais dans l’élaboration de modèles territoriaux alternatifs :

  • mobilité multimodale,
  • revitalisation des lignes ferroviaires régionales,
  • réaménagement de la RN126 existante,
  • protection des terres agricoles et naturelles plutôt que leur artificialisation,
  • investissements dans les mobilités du quotidien,
  • soutien à l’économie locale non délocalisable.

Ce sont ces choix-là qui créent de l’emploi durable, renforcent l’attractivité et respectent les habitants.

Oui, une Autre Voie est possible ! .

Jean Fauché

Soutien aux salariés du Moulin du Dadou

Les salariés du Moulin du Dadou sont en grève reconductible depuis le 17 novembre, la Conf les soutient face au géant de l’agro industrie qui ne les respecte pas et se fait du beurre sur les paysans.Nous vous mettons en pièce jointe le communiqué de presse envoyé ce jour.
Si vous avez du temps vous pouvez passer les rencontrer à l’entrée de l’usine, aller discuter ou leur amener un peu de vos surplus de production.Ils font aussi circuler une pétition et une cagnotte de soutien pour compenser leur perte de salaires. (voir liens ci-dessous)

https://www.mesopinions.com/petition/social/a-fermeture-moulin-dadou/272475

https://www.leetchi.com/fr/c/soutien-aux-salaries-du-moulin-du-dadou-contre-la-fermeture-1759072


En vous remerciant pour eux. A leur tour un jour ils viendront aussi nous soutenir, restons solidaires.
Merci à tous
Sandrine MIOT

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Confédération Paysanne du Tarn

COMMUNIQUE DE PRESSE

GREVE AU MOULIN DU DADOU : LA CONF SOUTIENT LE MOUVEMENT

Depuis le lundi 17 novembre, les 26 salariés du Moulin du Dadou se sont mis en grève suite à l’annonce par le grand groupe agro-alimentaire INVIVO de fermer le moulin définitivement.

Lors de la session de la Chambre d’agriculture du Tarn du 18 novembre, il y a eu consensus des élus de la chambre sur le fait que la fermeture de ce moulin, rentable et un des plus gros du Tarn, était incohérente. Une élue de la Confédération paysanne a demandé qu’un courrier d’interpellation d’INVIVO soit envoyé par le Président de la chambre pour dénoncer leurs incohérences. Depuis de nombreux partenaires se sont manifestés pour soutenir les salariés et exprimer leurs indignations.

La Confédération paysanne a répondu à l’appel de la CGT et a co-signé un tract commun exprimant leur soutien aux salariés. A ce jour, l’inspection du travail a suspendu le plan social d’entreprise (PSE) en demandant aussi à la direction d’INVIVO l’état des comptes du moulin (qui avait été refusé aux salariés).

La Confédération Paysanne dénonce le procédé destructeur utilisé par INVIVO qui a racheté le moulin avec l’intention de le couler quelques années plus tard en perdant des contrats de vente, en n’embauchant pas de commercial, en ne faisant pas les travaux d’entretien du bâti. Ce groupe a orchestré la chute de ce moulin pour récupérer les droits à moudre et les utiliser dans le nord de la France afin d’y concentrer ses outils de transformation. De surcroît INVIVO ne veut pas revendre le moulin, va récupérer les machines et à l’intention de laisser le site se délabrer.

Quelles sont ces méthodes mafieuses ne respectant pas les travailleurs, ne respectant pas un outil de travail ancestral et vital pour le territoire ?

Nous dénonçons également le système agro-industriel galopant qui s’oppose à l’agriculture paysanne en détruisant des circuits locaux et courts. Ces “sociétés coopératives agricoles” détournent les principes solidaires coopératifs et se comportent comme des multinationales : prix d’achat des produits agricoles de plus en plus bas, baisse des salaires et accaparement de la valeur ajoutée pour faire du profit. Ce système rend les agriculteurs esclaves de contrats de production, de l’utilisation de produits phytosanitaires et d’engrais chimiques, afin de tirer toujours plus vers le bas le prix d’achat des produits agricoles afin de satisfaire des objectifs de compétitivité internationale.

Nous soutenons des modèles paysans locaux, en circuit court ou semi court, dans un objectif de relocalisation de notre alimentation, résilients face au changement climatique, et le plus possible en agriculture biologiqueafin de préserver la santé des citoyens. Nous devons articuler la transition agroécologique sur notre territoire.

La Confédération paysanne soutient les salariés dans leur combat et leur détermination face aux méthodes inadmissibles de ce méga-groupe, à 12 milliards d’euros, qui se moque de ses employés en octroyant des compensations dérisoires voire inexistantes. Nous souhaitons le maintien des emplois, mais avec de nouvelles perspectives, en rupture avec le modèle précédent.

Confédération Paysanne du Tarn

A69 et État de droit


Lettre ouverte à M. le député TERLIER et aux autres élu.e.s qui se croient au-dessus des lois


Dans le dossier de l’autoroute « Pierre Fabre », la décision du Tribunal administratif de Toulouse présente un caractère historique à un double titre. D’abord, parce que le Tribunal a montré son indépendance, malgré les pressions constantes des porteurs de ce projet pompidolien, et son impartialité, en appliquant tout simplement la loi. Ensuite, en tenant en échec, la pratique du fait accompli qui consiste à réaliser des travaux alors que l’on sait, depuis le début que les autorisations administratives sont atteintes d’un vice irrémédiable. Atosca et ses tenanciers ont joué avec le feu. Ce
n’est pas la faute du tribunal s’ils se sont brûlés.

Mais, les auteurs de ces lignes – qu’ils soient ou non impliqués dans la lutte contre ce projet – sont sidérés de lire les propos de certains élus contre une décision de justice.
Attaque ad hominem (ou plutôt ad feminem parce que la rapporteuse publique est une (jeune) femme, elle serait incapable de traiter le dossier), remise en cause de l’Etat de droit et affirmations que les élus seraient les seuls détenteurs de l’intérêt public, en oubliant au passage que de trop nombreux élus entretiennent des liens directs ou indirects avec les intérêts privés qui profiteront de ce projet qui ne sera
viable qu’en raison d’un apport déraisonnable d’argent public.
Cerise sur le gâteau, certains parlementaires, et en premier lieu M. Terlier, député du Tarn, menacent de faire adopter une “loi de validation” pour briser la jurisprudence du Tribunal administratif.

Alors permettez-nous de rappeler quelques évidences que nous empruntons à quatre hauts-magistrats qui ont lancé une alerte dans les colonnes du Monde (7 mars 2025).
Si l’État de droit est une contrainte qui s’impose à tous, c’est pour assurer le maintien de la paix civile.
Comme le rappelle Rémy Heitz, procureur général près de la Cour de cassation, au-delà du contrat social, c’est un “contrat moral” car “l’État de droit, c’est le bouclier de nos libertés”. S’il suffit pour un groupe privé de faire passer une loi de complaisance, nous serions face à une pratique de simonie et une dérive ploutocratique inquiétante.
De son côté, Didier-Roland Tabuteau, vice-président du Conseil d’État, nous rappelle que “le premier acteur de l’Etat de droit, c’est l’administration”. Et c’est le reproche que l’on peut faire à l’ “administration” préfectorale dans le dossier A69 : ne pas avoir tenu compte des signaux d’alertes lancés par différentes autorités, agences environnementales ou commissions indépendantes.
Avec Christophe Chantepy, président de la section du contentieux du Conseil d’Etat, il faut marteler que “l’Etat de droit aujourd’hui, ce n’est pas seulement le respect de règles formelles, c’est aussi le respect des droits fondamentaux substantiels qui peuvent être opposés à la volonté de la majorité”.

A supposer que M. Terlier et consorts expriment la volonté de la majorité, cela ne les affranchit pas du respect des règles légales qu’ils ont eux-mêmes adoptés au Parlement et surtout de la Constitution qui garantit l’Etat de droit. Quant aux règles supranationales, il convient de rappeler que la Convention européenne de
sauvegarde des droits de l’Homme (CEDH) consacre la notion de “prééminence du droit”. Dans les sociétés démocratiques et protectrices des droits et libertés fondamentales d’Europe, ce concept assure la sécurité juridique et protège contre l’arbitraire des détenteurs du pouvoir qu’il soit politique ou économique.
Quant aux critiques véhémentes contre le carcan réglementaire qui empêcherait tout projet, nous nous reconnaissons dans l’affirmation du vice-président du Conseil d’Etat lorsqu’il constate “qu’il y a des acteurs qui ont un intérêt à ce que certaines normes ne s’appliquent pas pour des raisons économiques, politiques,philosophiques”. De même, M. Chantepy a décrypté vos manœuvres lorsqu’il constate que “Il y a des agendas politiques ou économiques qui conduisent, pour de diverses raisons, à avancer l’idée que l’État de droit empêcherait d’agir”. C’est oublier un peu vite que les règles qui s’imposent à tous sont issues de lois ou de traités qui résultent d’une décision du souverain, c’est-à-dire le peuple (article 3 de la Constitution), et non à quelques financiers planqués dans des paradis fiscaux ou des industriels qui se comportent comme des “maitre de forges” .
Pour conclure, laissons la parole au Premier président de la Cour de cassation, Christophe Soulard qui souligne cette évidence : ” Lorsqu’on met en cause la légitimité du juge, on fragilise l’ensemble du système : à partir du moment où on peut commencer à s’en prendre à l’une des institutions de l’État de droit, pourquoi les critiques s’arrêteraient là ? Il y a un effet domino dans la mise en cause des différents piliers de la démocratie”.
Et ne venez pas nous dire que votre légitimité serait plus forte car vous avez été élus. Là encore, le président Soulard vous donne tort en affirmant que “le juge à appuyer sa légitimité sur la qualité des débats qui conduisent aux décisions prononcées et sur la prudence qui marque ces dernières. Le processus juridictionnel, c’est le contraire des réseaux sociaux : on n’est jamais dans la surenchère, on est toujours dans la vérification des faits, on est dans le débat des arguments rationnels. C’est en cela que les juridictions sont, profondément, des lieux d’apaisement social”.

Alors, Messieurs et Mesdames les parlementaires, laissez la justice travailler dans le cadre d’un débat contradictoire et rationnel. Foin d’émotions et de déclarations éruptives. Vous devriez respecter les juges comme vous devriez respecter les citoyens qui sont vos électeurs.

Et comme cela, tous ensemble, nous défendrons et l’Etat de droit et la démocratie, quoi qu’il en coûte aux investisseurs de l’A69.


Liste des signataires
Christophe Lèguevaques, avocat au barreau de Paris

Christine Arrighi, députée écologiste de la Haute-Garonne

Frédéric Arrou, citoyen

ATTAC 81

Thomas Brail, Groupement national de Surveillance des Arbres

Lisa Belluco, députée écologiste de la Vienne
Jérémy Bousquet, avocat au barreau de Toulouse
Hélène Cabanes, conseillère municipale et métropolitaine à Toulouse
Cyrielle Chatelain, députée de l’Isère et présidente du groupe écologiste à
l’Assemblée nationale

Didier Cujives, ancien maire de Paulhac (31)
Charles Culioli, avocat au barreau de Paris
Pierre Délivret, avocat au barreau de Toulouse
Karen Erodi, députée LFI du Tarn
Charles Fournier, député écologiste d’Indre-et-Loire
Régis Godec, chef de file pour les écologistes aux élections municipales de
Toulouse

Nicolas Imbert, directeur exécutif de Green Cross France & Territoires
Odile Maurin, élue à Toulouse Métropole
Sébastien Mabile, avocat au barreau de Paris
Antoine Maurice, conseiller municipal et métropolitain à Toulouse
Christine Merckelbach, chef d’entreprise solidaire
Catherine Mouniélou, avocate au barreau de Saint-Gaudens

Julie Ozenne, députée écologiste de l’Essonne
François Piquemal, député LFI de la Haute-Garonne
Jean-Claude Raux, député écologiste de Loire-Atlantique
Eva Sas, députée écologiste de Paris
Sabrina Sebaihi, députée écologiste des Hauts-de-Seine
Mélanie De Sousa, doctorante en droit public
Anne Stambach-Terrenoir, députée LFI de Haute-Garonne
Sophie Taillé-Polian, députée écologiste du Val-de-Marne
Pascal Touhari, avocat au barreau de Lyon
Emmanuel Tordjman, avocat au barreau de Paris
UPNET (Union pour la Protection de la Nature et de l’Environnement du Tarn)
Les Vallons (Association loi 1901)
Dominique Voynet, députée écologiste du Doubs.

Par Un collectif de parlementaires et juristes

Solidarité “Ma ferme sur un fil !” Isabelle et Christophe

(lien vers cagnotte en bas de page ! )

Porte-parole de la Confédération Paysanne du Tarn pendant de nombreuses années, Christophe et son épouse Isabelle ont besoin de votre soutien. La malchance s’acharne sur eux. Une cagnotte a été lancée pour leur venir en aide.

Des années que nous nous battons contre une série de malchances… Cette année une de plus, la fièvre catarrhale a décimé une énorme partie de notre troupeau.

Une de plus, l’aorte près du cœur de Christophe doit être opérée.

UNE DE TROP ! Nous ne pouvons plus faire face. HELP !

Je pleure aujourd’hui…, balayée d’un souffle…J’ai le vertige de tout perdre. Pourtant il n’y a aucune faute que celle d’un corps qui ne peut plus.

Je me remets trop doucement depuis 5 ans d’une maladie rare, il y a quelques jours notre vie se disloque, Christophe mon mari doit subir une opération à cœur ouvert en urgence.

La ferme a perdu son capitaine pour quelques mois… L’embauche d’un salarié semaine et week-end est obligatoire avec un financement aléatoire. Les brebis ne peuvent pas rester orphelines…

Nous devons trouver de l’aide, nous avons besoin d’un peu de vous.

Nous avons toujours l’envie mais plus l’argent, les crédits nous ont rattrapés. Je hurle de ne plus y arriver.

Alors je m’accroche à l’espoir de vous… On m’a soufflé qu’une cagnotte en ligne pourrait nous aider, qu’il fallait juste ranger sa fierté.

Je vous confie ma ferme pour la sauver , nous permettre de trouver le temps de nous soigner, pour continuer, remonter le troupeau décimé par la fièvre catarrhale, acheter de jeunes vaches, payer nos crédits à cours terme.
Compenser aussi la perte du revenu de mes activités, le Food truck, les plats cuisinés, les jus de pommes qui couvraient 30% de notre chiffre , le tout plombé par l’augmentation du gasoil, de l’atelier de découpe, des céréales, des consommables, et j’en oublie, qui ne peut être rattrapée par une augmentation galopante des tarifs.

25 ans de passion déterminée qui nous porte. Dans 3 ans nos crédits s’allègent et pour tenir on a vraiment besoin de vous.

Isabelle et Christophe, les 2 bergers.

Il était une fois,

Tous les jours debout pour le plaisir de vos bouches,

Tous les jours debout pour des moments heureux autour de la table,

Tous les jours debout pour entendre vos familles claquant des rires , la fourchette avide de bon l’air nimbé de joies faciles et légères où le fumet de nos viandes respirent nos prairies.

Le fondant, le délicat murmurent l’agneau parfum montagne saveur liberté… Mais surtout, heureux d’être là quelque part à vos côtés.

C’est cette image de vous qui fait avancer, qui accompagne les gestes sans cesse répétés jusqu’à la lune.

Le corps se rebelle mais  votre enthousiasme dope le quotidien.

La bonne bouffe flotte sur l’horizon des fatigues accumulés. Vos sourires deviennent la vague puissante de notre ardeur qui efface les rudesses du soleil, du vent et du froid.

Je vous souffle mon ciel, ma lune et mes étoiles, Isabelle… la bergère.

https://www.leetchi.com/fr/c/ma-ferme-sur-le-fil-1627874

A69 suite. . . pas encore fin !



NON à la confiscation illégale des déviations de Soual et Puylaurens

Le concessionnaire Atosca a annoncé en 2021 un péage de 13,54 euros pour un aller retour Castres Toulouse. A noter que le péage de l’A69 est indexé sur l’inflation et sera de fait bien plus élevé lors de la mise en service prévue fin 2025 réduisant son accès qu’ à une poignée de privilégiés.

Après un an et demi d’attente pour obtenir l’arrêt de ce projet funeste, l’audience du Tribunal Administratif de Toulouse s’est déroulée le 25 novembre 2024. La salle plus que pleine a vécu un véritable coup de théâtre quand la rapporteure publique du Tribunal Administratif de Toulouse a demandé l’annulation de la Raison Impérative d’Intérêt Public Majeur (RIIPM) de l’A69 en détaillant les causes de son illégalité : Absence d’un projet de développement du territoire justifiant l’ intérêt économique de l’A69, des reports de trafic élevés des déviations confisquées de Soual et Puylaurens pourtant motivées par une Déclaration d’Utilité Publique et qui impacteront derechef la santé et la sécurité des usagers et des riverains des communes traversées.

Consternation des représentants de l’État et des avocats d’Atosca qui contrastait (pour une fois) avec la joie des opposants à l’A69.

L’euphorie fut de courte durée.

Le 30 novembre, les préfets du Tarn et de Haute Garonne déposent au TA une note en délibéré demandant une réouverture de l’instruction sur l’A69 motivée par “un élément de fait nouveau” :

“Reconnaissant que les reports de trafic ont une incidence sur l’appréciation de la RIIPM fondée sur des enjeux sécuritaires, sociaux et économique, l’État propose une diminution de 33 % du péage sur les déviations de Soual et Puylaurens” (environ 40 centimes d’euros).

Le TA de Toulouse accepte l’ouverture de l’instruction et reporte sa décision après le 15 février prochain.

La contribution supplémentaire de la puissance publique pour réduire le péage interroge sur sa légalité au regard des procédures d’appel d’offre imposées par le code des marchés publics.

La proposition des préfets interroge d’autant plus que depuis 2014 ils avaient connaissance de l’estimation des reports de trafic une fois les déviations de Soual et Puylaurens privatisées. Une étude de la DREAL Occitanie avait calculé les reports de trafic sur les itinéraires de substitution.

La DUP accordée en 2016 pour la réalisation d’une autoroute s’appuyait sur une contribution de la puissance publique de 220 millions d’euros pour le montage financier de l’opération et pour le calcul par la DREAL d’un péage appliqué sur les 2 déviations aux véhicules et aux poids lourds.

La RIIPM accordée en 2023 pour la réalisation de l’A69 s’appuie sur une contribution de la puissance publique qui chute à 23 millions d’euros pour le montage financier de l’opération faisant basculer le manque à gagner sur….le PÉAGE.

L’étude de la DREAL Occitanie sur les reports de trafic aurait du obligatoirement être REACTUALISEE avec “cet élément nouveau” qu’est la chute de 80 % de la subvention d’équilibre de la puissance publique.

L’expertise du Commissariat Général à l’Investissement (CGI) qui évalue pour l’État la rentabilité d’une autoroute et son intérêt général aurait du obligatoirement être REACTUALISEE avec “cet élément nouveau” qu’est la chute de 80 % de la subvention d’équilibre de la puissance publique.

En 2016, pour la DUP d’une autoroute Castres Toulouse, le CGI obligatoirement consulté, exprimait des doutes sur la pertinence de ce projet : “le CGI considère que la nécessité d’une amélioration de la liaison Castres Toulouse est établi depuis longtemps. Mais la réponse à ce besoin par une autoroute à 2X2 voies reposant sur une concession avec un péage élevé expose fortement au risque d’un trafic moindre qu’espéré. A court et moyen terme, et pour le  même engagement financier de l’État et des collectivités locales (220 millions d’euros), un simple aménagement routier procurerait des gains de temps substantiels en maintenant une gratuité pour tous les usagers de la route”.….

La puissance publique réalise qu’aujourd’hui que leur maigre contribution financière à l’A69 sera reportée sur un péage plus élevé, donc plus inabordable pour un plus grand nombre d’utilisateurs des 2 déviations gratuites et moins d’utilisateurs de l’A69.

Alors que la loi l’impose, pourquoi les préfets n’ont pas demandé à la DREAL de réactualiser leur étude sur l’estimation des reports de trafic des 2 déviations et au CGI de réactualiser leur expertise sur la rentabilité de l’A69…. Parce que l’A69 n’est pas un projet d’intérêt général mais un projet d’intérêt privé.

Ceux qui renonceront au péage inabordable des 2 déviations utiliseront des itinéraires de substitution, plus dangereux, plus longs avec 12 ronds points, plus bruyants. Les riverains seront victimes de pollutions et nuisances notamment les femmes enceintes et les enfants avec des reports de trafic surtout de poids lourds qui éviteront un péage dispendieux pour un gain de 10 minutes préférant des trajets par Lavaur ou Revel.

L’A69 sera le fruit d’une discrimination entre des privilégiés qui pourront utiliser une autoroute rapide confortable et sécurisée et ceux qui ne pourront pas.

L’A69 sera le fruit d’une discrimination entre les entreprises d’Albi qui pourront utiliser une autoroute rapide sécurisé et GRATUITE et les entreprises de Castres qui seront pénalisées par un péage exorbitant.

Non seulement les habitants du Tarn sud sont privés de leurs 2 déviations gratuites qu’ils ont financées, participent au financement de l’A69 dispendieuse à laquelle beaucoup devront renoncer, en plus, ils vont contribuer au 27 millions d’euros alloués par le Département à des aménagements censés amortir les reports de trafic dont ils seront victimes…durablement.

Notre démocratie est menacée quand l’illégalité de l’A69 dénoncée par la rapporteure publique, juge indépendant, est balayée par l’inconstance d’une justice sous influence.

Les pressions sur la justice sont insoutenables comme le chantage d’une délocalisation du groupe pharmaceutique Fabre pour obtenir son autoroute Castres à Toulouse, une des plus chère de France.

“Monsieur Pierre FABRE aurait il accepté une telle injustice sur cette terre qu’il aimait tant ?”.

Poursuivons notre lutte pour dénoncer l’insulte de l’A69 à l’intérêt général. Continuons notre lutte pour gommer la balafre du tracé de l’A69 avec des projets portés par les populations locales et pour les générations futures.

Continuons notre lutte pour un aménagement durable d’une RN126 rapide confortable, sécurisée et gratuite pour LES USAGERS DU TARN ET D’AILLEURS.

Soyons raisonnable, demandons l’impossible !

Annick et Fred

(article publié dans le n° 172 de Confluences 81)


Le danger de l’expulsion des immigrés, par J F Le Dizes.

Des immigrés illégaux mais bien utiles

En plus de notre Premier ministre, François Bayrou, qui nous parle de submersion migratoire, le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, vient de faire passer, pour les immigrés sans papier, de 5 à 7 ans la période minimale pour obtenir une éventuelle régularisation. Déjà avant cette décision, il y avait très peu de régularisations : 34 724 en 2023(1). Or, selon le ministre de l’Intérieur de l’époque, Gérald Darmanin, il y avait en 2021 entre 600 000 et 700 000 personnes en situation irrégulière en France(2). Autant dire que le gouvernement fait tout pour maintenir les « sans papier » dans l’illégalité et dans la précarité et l’insécurité (147 154 interpellation en 2023(3) ; 21 601 expulsions du territoire en 2024(3)). Or, la très grande majorité de ceux-ci en âge de travailler occupent des emplois, notamment ceux délaissés par les Français, mais nécessaires à la bonne marche de la société. Par exemple, en Île-de-France, les étrangers occupent 60 % des emplois dans le bâtiment, 50 % de ceux de la restauration, 61 % de ceux de l’aide à domicile, 44 % de ceux d’assistantes maternelles(4). Nombre d’entre eux sont en situation irrégulière. Les partisans de « l’immigration choisie » incluent-ils dans « leur choix » tous ces travailleurs ou sont-ils favorables à l’expulsion de l’ensemble des « illégaux » ? Imaginons le désordre qui surviendrait dans notre société si l’ensemble des « sans papier » étaient expulsés ! En Italie, la Première ministre, Giorgia Meloni, compère de Marine Le Pen, a bien été obligée de se renier sur ce sujet : elle a attribué, en trois ans, 450 000 titres de séjour(5). En France, le président de la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment a donné l’alerte : « la rénovation énergétique demande la création de 200 000 à 300 000 emplois d’ici cinq à dix ans »(6). D’ailleurs, à différentes époques, l’essentiel, des logements et des infrastructures français ont été construits par des immigrés ; rappelez-vous des maçons italiens. Depuis, les Portugais, les Maghrébins, les Africains subsahariens ont pris le relais ; sans oublier la quantité de Belges et de Polonais qui sont venus travailler dans les mines françaises au siècle dernier.

Toujours en Île-de-France, même le président de l’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie demande la régularisation des salariés de son secteur(7).

L’immigration est-elle source de délinquance ?

Certains justifient leur opposition à l’immigration par la délinquance qu’elle engendrerait. Certes, les étrangers sont plus souvent condamnés par tribunaux que le reste de la population : ils représentent 23,6 % des détenus en prison alors qu’ils ne représentent que 7 % de la population(8). Mais la pauvreté, dont les étrangers souffrent le plus, a toujours constitué le lit de la délinquance. Le facteur de délinquance n’est-il pas la pauvreté plutôt que le fait d’être étranger ?

La discrimination raciale à l’emploi ne peut que renforcer la pauvreté des étrangers et donc les inciter à commettre des méfaits. En effet le taux de chômage des immigrés (11 %(9)) est supérieur à celui de l’ensemble de la population active (7 %(9)).

Ainsi, l’expulsion de tous les sans papiers, au-delà de la catastrophe qu’elle provoquerait chez les immigrés, engendrerait une série de perturbation dans le quotidien des Français : restaurants fermés, retards dans la construction de son logement, pénurie d’aide à domicile…

À quand la régularisation de tous les sans papier comme le fit le président Mitterrand en 1981 ?

Jean-François Le Dizès

Sources

(1) https://www.lacimade.org/stigmatisation-et-precarisation-la-circulaire-retailleau-nest-pas-une-solution/

(2) https://www.tf1info.fr/politique/sejour-metier-sous-tension-travailleurs-sans-papiers-france-que-disent-les-chiffres-2270169.html

(3) Dauphiné libéré du 5/2/2025

(4) https://www.lesechos.fr/politique-societe/societe/travailleurs-immigres-et-metiers-en-tension-la-grande-hypocrisie-2040761

(5) https://www.tsa-algerie.com/bardella-opte-pour-limmigration-choisie-la-france-est-elle-encore-attractive/#google_vignette

(6) https://www.20minutes.fr/economie/4136054-20250129-immigration-batiment-mal-fonctionner-main-uvre-etrangere

(7) https://rmc.bfmtv.com/actualites/economie/travailleurs-sans-papiers-pourquoi-l-hotellerie-restauration-s-inquiete-de-la-circulaire-de-retailleau_AV-202501250107.html

(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Population_carc%C3%A9rale_en_France

(9) https://www.immigration.interieur.gouv.fr/Info-ressources/Etudes-et-statistiques/Les-chiffres-de-l-immigration-en-France/Activite-emploi-et-chomage-des-immigres#:~:text=Parmi%20les%20actifs%2C%20le%20taux,%C3%A9lev%C3%A9%20que%20celui%20des%20natifs.

Partager le temps de travail au lieu de licencier ! Jean François Le Dizes

Nous assistons en cet automne à une cascade de licenciements : 1 250 chez Michelin(1), 2 489 chez Auchan(2), au moins 900 chez Valeo(3)… C’est l’échec de la politique économique libérale pratiquée, notamment par Macron, qui basait la création d’emploi sur la croissance.

Certes, avec la nécessaire diminution de la production automobile pour des raisons environnementales, des entreprises comme Michelin et Valeo doivent réduire leur production. Qui dit production moindre dit moins de travail subordonné. Mais au lieu de licencier, ces entreprises pourraient réduire le temps de travail subordonné de chacun de leurs salariés sans réduire les salaires, car elles en ont largement les moyens. En effet, elles distribuent un « pognon de dingue » à leurs actionnaires. Le groupe Michelin leur a distribué 965 millions euros de dividendes en 2023(4) ; cette somme rapporté à ses 132 000 salariés(4)  donne 7 310 €/salarié. Valeo-France en a distribué 100 millions(5)  en 2024 ; cette somme rapporté à ses 13 500 salariés(3) donne 7 407 €/salarié. De même qu’Auchan a les moyens de réduire le temps de travail subordonné sans réduire les salaires puisque l’entreprise a distribué au minimum cent millions d’euros de dividendes en 2023(6) ; cette somme rapportée à ses 53 000 salariés(6) donne 1 886 € /salarié.

Ces chiffres montrent que le ruissellement des revenus vanté par Macron est une arnaque et que des sommes colossales d’argent facile sont distribuées à des gens qui n’ont même pas mis la main à la pâte pour la création de cette richesse. C’est la loi du capitalisme ! 

Quand est-ce qu’un gouvernement interdira les licenciements dans les entreprises qui distribuent des dividendes à leurs actionnaires ?  

En sachant que les actions sont très inégalitairement réparties au sein de la population, la réduction du temps de travail subordonné contribuerait donc aussi au partage des richesses.

Jean-François Le Dizès

Sources chiffrées

(1)       https://www.lemonde.fr/emploi/article/2024/11/08/michelin-des-centaines-de-manifestants-contre-la-fermeture-des-usines-de-cholet-et-de-vannes-le-ministre-de-l-industrie-invective_6383736_1698637.html

(2)       https://linsoumission.fr/2024/11/13/auchan-licenciements-clan-mulliez/

(3)       https://www.humanite.fr/social-et-economie/licenciements/valeo-entre-900-et-1-200-postes-supprimes-en-france

(4)       https://www.cgtmichelin.fr/wp-content/uploads/2024/02/Communique-Presse-CGT-2024-02-12-Resultats-Michelin-2023-1.pdf

(5)       https://fdgpierrebe.over-blog.com/2024/07/declaration-de-la-cgt-valeo-suite-a-l-annonce-de-la-fermeture-ou-cession-de-3-etablissements.html

(6) https://www.20minutes.fr/economie/4120408-20241112-auchan-difficulte-entreprise-verse-milliard-dividendes-actionnaires-2022-2023-non#:~:text=Auchan%20a%20annonc%C3%A9%20un%20plan,euros%20de%20dividendes%20en%202023