Quand les lycéen.ne.s prennent la parole

Ce que leur mobilisation nous dit de l’école et de la démocratie : depuis quelques jours, des lycéennes et des lycéens se mobilisent. Ils se retrouvent devant leurs établissements, discutent, débattent, organisent des assemblées, prennent la parole et, parfois, bloquent leur lycée. À travers leurs mobilisations, ils expriment des revendications concernant leurs conditions d’étude, les moyens accordés à l’Éducation nationale, l’égalité et leur avenir.
Alternatives et Autogestion et PEPS – Pour une Écologie Populaire et Sociale – leur apportent leur soutien.
Soutenir ces mobilisations, c’est aussi chercher à comprendre ce qu’elles expriment et ce qu’elles révèlent de l’école et, plus largement, de notre démocratie. On peut n’y voir qu’une nouvelle mobilisation de la jeunesse, avec ses slogans, ses tensions et ses débordements. Ce serait passer à côté de ce qu’elle nous dit. Ce serait surtout oublier
que derrière les manifestations et les blocages, il y a des jeunes qui vivent quotidiennement les difficultés de l’école et qui décident de ne plus les subir en silence.
Car, avant les banderoles, il y a la vie quotidienne :

  • un professeur absent qui n’est pas remplacé
  • une classe surchargée
  • un bâtiment qui se dégrade
  • des conditions d’étude difficiles
  • et la pression de l’orientation, de Parcoursup, de l’avenir qui se dessine sans toujours rassurer.
    Pour celles et ceux qui vivent cela chaque jour, ce ne sont pas des chiffres. C’est leur quotidien. Lorsque ces jeunes disent qu’ils en ont assez, commençons donc par les écouter. Pas seulement pour connaître leurs revendications, mais surtout pour comprendre ce qui se joue derrière elles.
    Il y a la question des moyens. Elle est essentielle. Il y a aussi le sentiment que des décisions qui concernent directement les élèves sont prises loin d’eux, sans qu’ils aient réellement la possibilité d’y prendre part. On parle beaucoup de la jeunesse, de sa réussite, de son avenir. On lui demande moins souvent ce qu’elle pense de sa
    situation présente et de l’école dans laquelle elle étudie. On répète souvent aux jeunes qu’ils sont les citoyens de demain. Mais pourquoi faudrait-il attendre demain pour leur reconnaître une capacité à participer à la vie collective ? Ils sont déjà des membres à part entière de la communauté scolaire. Ils en vivent les règles, les
    contraintes et les difficultés. Ils ont leurs expériences, leurs idées, leurs désaccords. Lorsqu’ils se réunissent pour en parler, quelque chose se met en mouvement qui dépasse la seule revendication scolaire : ils apprennent à faire ensemble.
    Là, l’Éducation nouvelle et l’Éducation populaire retrouvent tout leur sens. Éduquer, ce n’est pas seulement transmettre des connaissances. C’est aussi apprendre à chercher, à essayer, à se tromper, à recommencer. C’est découvrir ce que l’on peut apporter aux autres et ce que les autres peuvent nous apprendre.
    La coopération commence ainsi : une idée est proposée, elle est discutée. Quelqu’un n’est pas d’accord ? On cherche, on modifie. Une décision finit parfois par émerger. Cela paraît simple, voire simpliste. C’est pourtant une expérience essentielle : celle du passage du “je” au “nous”. Mon problème cesse d’être seulement le mien. Je découvre qu’il est partagé. Ma parole compte. Elle rencontre celle des autres. De cette rencontre peut naître une action que personne n’aurait pu mener seul. Voilà aussi ce qu’il faut regarder dans les mobilisations actuelles. Pas
    seulement ce qui se voit de l’extérieur, mais ce qui se construit à l’intérieur : la parole qui circule, les responsabilités qui se partagent, les décisions qui se discutent, la capacité à agir collectivement.
    C’est cette capacité des jeunes à s’organiser, à prendre la parole et à agir collectivement que nous voulons également soutenir.
    Tout cela reste fragile. Une assemblée peut se diviser. Une décision peut être contestée. Une mobilisation peut connaître des tensions et des affrontements. Des violences peuvent également survenir, parfois au sein même d’une mobilisation, parfois autour d’elle, et leur responsabilité ne peut pas être attribuée d’emblée à l’ensemble des lycéennes et des lycéens mobilisés.
    Nous ne considérons pas la violence comme une réponse en soi. Lorsqu’elle met des personnes en danger, s’en prend à des individus ou empêche d’autres de participer à la mobilisation, elle doit être regardée et, lorsque cela est nécessaire, condamnée. Mais cela ne signifie ni que toute violence survenue dans le contexte d’une mobilisation est le fait de celles et ceux qui manifestent, ni que la présence de violences suffirait à disqualifier une mobilisation et ses revendications.
    Il existe aussi des violences moins visibles : celles que produisent ou aggravent durablement certaines conditions de scolarisation. Un manque de moyens, des classes surchargées, des personnels absents et non remplacés, des locaux
    dégradés ou des inégalités importantes entre établissements et entre territoires pèsent concrètement sur la vie des élèves. Ces situations ne font pas toujours la une. Elles ne donnent pas lieu à des images spectaculaires. Elles sont pourtant bien réelles.
    Il faut aussi se demander ce que recouvrent les situations de tension ou d’affrontement, ce qui les précède et ce qu’elles peuvent exprimer. Une colère ne naît pas de rien. Elle peut être liée à des conditions de vie ou d’étude dégradées, au sentiment de ne pas être entendu, à l’accumulation de frustrations ou à l’absence de perspectives.
    Comprendre ces causes ne revient pas à justifier toutes les formes que peut prendre une mobilisation. Mais les ignorer au nom de la seule condamnation des violences reviendrait à passer à côté de ce que les jeunes cherchent précisément à faire entendre. C’est pourquoi nous refusons que la question des violences devienne un moyen de réduire toute la mobilisation à quelques images ou à quelques affrontements. Les violences doivent pouvoir être traitées lorsqu’elles surviennent, mais les revendications, elles aussi, doivent recevoir des réponses. Et la réponse à une mobilisation sociale et politique ne peut pas être uniquement la répression. Soutenir une mobilisation ne signifie donc pas approuver chacune de ses formes ou chacune des décisions prises au cours de celle-ci. Cela signifie prendre au sérieux celles et ceux qui se mobilisent, leurs revendications et leur droit à s’organiser collectivement. Soutenir les lycéennes et les lycéens mobilisés, c’est tenir ensemble ces exigences refuser les violences qui portent atteinte aux personnes, ne pas pratiquer l’amalgame, respecter le droit de se mobiliser et, surtout, prendre au sérieux les revendications qui sont au cœur de leur mobilisation.
  • C’est ici que la question de l’école rejoint celle de la démocratie. Les programmes scolaires parlent du fonctionnement des institutions, des droits et des devoirs, de la citoyenneté et des élections. Mais l’apprentissage de la démocratie ne peut pas se réduire à l’acquisition de connaissances sur les institutions. La démocratie est aussi une expérience concrète. Elle s’apprend en prenant la parole, en rencontrant le désaccord, en confrontant des points de vue, en recherchant une décision commune et en acceptant d’en assumer les conséquences. Autrement dit, elle s’apprend aussi en vivant et en agissant avec les autres.
  • C’est une question que portent depuis longtemps les démarches d’Éducation populaire et les pratiques autogestionnaires. Elle rejoint également les réflexions développées par Alternatives et Autogestion et par PEPS : comment permettre à celles et ceux qui sont directement concerné.e.s par une décision de retrouver une capacité réelle à intervenir dans cette décision ?
  • L’autogestion peut sembler un grand mot. Elle peut aussi tenir dans quelques questions très simples : « Qui décide ?
  • Qui peut proposer ? Qui peut discuter ? Qui peut agir sur la décision ? » Appliquées au lycée, ces questions
  • deviennent immédiatement concrètes. Il ne s’agit évidemment pas de prétendre que tout doit être décidé par tout le
  • monde. Une école a besoin de règles, de compétences et de responsabilités. Les enseignants ont un rôle
  • irremplaçable, comme les personnels éducatifs et administratifs. Mais entre décider de tout et ne décider de rien, il
  • existe un espace considérable. C’est cet espace qu’il faudrait davantage ouvrir.
  • L’école peut enseigner la démocratie tout en restant très verticale. Elle peut parler d’autonomie tout en laissant peu
  • de place à l’initiative. Elle peut demander aux jeunes de devenir responsables tout en leur expliquant qu’ils ne sont
  • pas encore en âge de participer réellement aux décisions qui concernent leur vie quotidienne. Cette contradiction
  • mérite d’être regardée en face.
  • Les revendications actuelles nous parlent des moyens de l’école, des conditions d’étude et de l’égalité. Elles posent aussi une question plus large : quelle place voulons-nous donner à celles et ceux qui sont directement concernés par les décisions qui les touchent ? C’est dans cette perspective que prend sens l’idée de “révolution lente” développée par PEPS : transformer progressivement les rapports sociaux à partir des pratiques collectives, des luttes et des expériences qui redonnent du pouvoir d’agir, plutôt que d’attendre uniquement un changement venu d’en haut.

Une mobilisation lycéenne n’est évidemment pas, à elle seule, une transformation sociale. Mais elle peut constituer un espace où s’expérimentent d’autres rapports aux autres, à la décision et au pouvoir. Elle peut permettre de découvrir que l’action collective n’est pas seulement un moyen d’obtenir satisfaction sur une revendication immédiate : elle peut aussi être une expérience de démocratie vécue. Regardons ces lycéennes et ces lycéens autrement. Ni comme une génération qu’il faudrait simplement calmer, ni comme une jeunesse qu’il faudrait idéaliser. Et surtout pas comme des citoyens auxquels on demanderait d’attendre leur tour.
Nous soutenons celles et ceux qui, aujourd’hui, se mobilisent pour leurs conditions d’étude, pour une école plus égalitaire, pour leur avenir et pour avoir davantage prise sur ce qui les concerne. Nous soutenons leur droit à se réunir, à débattre, à s’organiser et à porter collectivement leurs revendications. Ils sont là. Ils parlent. Ils cherchent. Ils expérimentent. À nous, adultes, de ne pas parler à leur place. À nous aussi de prendre au sérieux ce que leur mobilisation nous dit de notre société.
Derrière une revendication scolaire, il y a une question qui nous concerne tous : « Qui décide de ce qui nous
concerne ? » La réponse ne se trouve pas seulement dans les programmes. Elle se construit aussi dans la manière
dont nous vivons ensemble, dont nous débattons et dont nous partageons le pouvoir d’agir. N’est-ce cela, au fond,
que ces jeunes nous rappellent :

  • qu’une démocratie ne se contente pas de nous demander notre avis de temps en temps ;
  • qu’elle devrait nous apprendre à prendre part ;
  • et que le passage du « je » au « nous » ne se décrète pas : il se vit

  • Sur ces bases, nous serons auprès des lycéen.ne.s dans leurs actions et dans la rue

Octobre

Soutien aux salariés du Moulin du Dadou

Les salariés du Moulin du Dadou sont en grève reconductible depuis le 17 novembre, la Conf les soutient face au géant de l’agro industrie qui ne les respecte pas et se fait du beurre sur les paysans.Nous vous mettons en pièce jointe le communiqué de presse envoyé ce jour.
Si vous avez du temps vous pouvez passer les rencontrer à l’entrée de l’usine, aller discuter ou leur amener un peu de vos surplus de production.Ils font aussi circuler une pétition et une cagnotte de soutien pour compenser leur perte de salaires. (voir liens ci-dessous)

https://www.mesopinions.com/petition/social/a-fermeture-moulin-dadou/272475

https://www.leetchi.com/fr/c/soutien-aux-salaries-du-moulin-du-dadou-contre-la-fermeture-1759072


En vous remerciant pour eux. A leur tour un jour ils viendront aussi nous soutenir, restons solidaires.
Merci à tous
Sandrine MIOT

-- 
Confédération Paysanne du Tarn

COMMUNIQUE DE PRESSE

GREVE AU MOULIN DU DADOU : LA CONF SOUTIENT LE MOUVEMENT

Depuis le lundi 17 novembre, les 26 salariés du Moulin du Dadou se sont mis en grève suite à l’annonce par le grand groupe agro-alimentaire INVIVO de fermer le moulin définitivement.

Lors de la session de la Chambre d’agriculture du Tarn du 18 novembre, il y a eu consensus des élus de la chambre sur le fait que la fermeture de ce moulin, rentable et un des plus gros du Tarn, était incohérente. Une élue de la Confédération paysanne a demandé qu’un courrier d’interpellation d’INVIVO soit envoyé par le Président de la chambre pour dénoncer leurs incohérences. Depuis de nombreux partenaires se sont manifestés pour soutenir les salariés et exprimer leurs indignations.

La Confédération paysanne a répondu à l’appel de la CGT et a co-signé un tract commun exprimant leur soutien aux salariés. A ce jour, l’inspection du travail a suspendu le plan social d’entreprise (PSE) en demandant aussi à la direction d’INVIVO l’état des comptes du moulin (qui avait été refusé aux salariés).

La Confédération Paysanne dénonce le procédé destructeur utilisé par INVIVO qui a racheté le moulin avec l’intention de le couler quelques années plus tard en perdant des contrats de vente, en n’embauchant pas de commercial, en ne faisant pas les travaux d’entretien du bâti. Ce groupe a orchestré la chute de ce moulin pour récupérer les droits à moudre et les utiliser dans le nord de la France afin d’y concentrer ses outils de transformation. De surcroît INVIVO ne veut pas revendre le moulin, va récupérer les machines et à l’intention de laisser le site se délabrer.

Quelles sont ces méthodes mafieuses ne respectant pas les travailleurs, ne respectant pas un outil de travail ancestral et vital pour le territoire ?

Nous dénonçons également le système agro-industriel galopant qui s’oppose à l’agriculture paysanne en détruisant des circuits locaux et courts. Ces “sociétés coopératives agricoles” détournent les principes solidaires coopératifs et se comportent comme des multinationales : prix d’achat des produits agricoles de plus en plus bas, baisse des salaires et accaparement de la valeur ajoutée pour faire du profit. Ce système rend les agriculteurs esclaves de contrats de production, de l’utilisation de produits phytosanitaires et d’engrais chimiques, afin de tirer toujours plus vers le bas le prix d’achat des produits agricoles afin de satisfaire des objectifs de compétitivité internationale.

Nous soutenons des modèles paysans locaux, en circuit court ou semi court, dans un objectif de relocalisation de notre alimentation, résilients face au changement climatique, et le plus possible en agriculture biologiqueafin de préserver la santé des citoyens. Nous devons articuler la transition agroécologique sur notre territoire.

La Confédération paysanne soutient les salariés dans leur combat et leur détermination face aux méthodes inadmissibles de ce méga-groupe, à 12 milliards d’euros, qui se moque de ses employés en octroyant des compensations dérisoires voire inexistantes. Nous souhaitons le maintien des emplois, mais avec de nouvelles perspectives, en rupture avec le modèle précédent.

Confédération Paysanne du Tarn

Création de l’Assemblée populaire de Castres et du Tarn-Sud, pour faire Front Citoyen

POUR FAIRE FRONT : UNITÉ ! UNITÉ! UNITÉ !

Nous savons ce qui arrivera si nous n’unissons pas nos forces : ce sera l’extrême droite, la poursuite des politiques dont les intérêts capitalistes n’ont rien à redouter, bien au contraire, l’inaction face à la catastrophe écologique, les dépenses pour la
guerre plutôt que pour les besoins humains.
Mais notre union pour pouvoir faire front et changer la donne, nécessité vitale pour nous, se heurte au lamentable spectacle que nous offrent les principaux partis
de gauche.
Il est clair aujourd’hui qu’on ne peut pas compter sur eux pour faire preuve du sens des responsabilités qui se doit vis à vis du peuple et de ses intérêts.
Cette unité d’action à la base, il faut donc la réaliser nous-mêmes et ainsi leur imposer de nous respecter.
Alors, prenons l’initiative !
Dans le texte pour annoncer la création de notre Assemblée Populaire locale (à lire ci-dessous), nous écrivons :
“Avec la mobilisation en réponse à l’appel à tout bloquer à partir du 10 septembre, ce qui se passe à la base, c’est une irruption dans un jeu politique corrompu, de citoyens qui veulent que les choix politiques soient faits pour répondre à leurs besoins et donc pas sans elles et eux.”
Cette irruption citoyenne est également indispensable pour que l’union à la base
l’emporte sur le risque mortifère de notre division.
C’est la raison d’être de l’assemblée populaire de Castres et du Tarn-Sud, pour faire Front Citoyen.

Pour nous joindre et nous rejoindre, nous faire part d’un avis : ass.pop.castres.tarnsud@gmail.com

Pour nous suivre sur les réseaux sociaux :
Pour organiser cette irruption du peuple de gauche en faveur de son unité,
bienvenue à la prochaine réunion de notre Assemblée,


mercredi 8 octobre 18h30/20h30
à la Maison des Associations de Castres

sous l’égide de la revue Confluences

Création de l’Assemblée populaire de Castres et du Tarn-Sud pour faire Front Citoyen :

Le 26 août 2025, une trentaine de citoyen.ne.s de Castres et de sa région, après discussion de ce projet depuis le mois d’avril, ont décidé de créer l’”Assemblée populaire de Castres et du Tarn-Sud”
Il s’agit de participer à la construction et au développement d’un mouvement populaire ancré à la base, résolument inspiré par l’idéal d’émancipation qui permit d’abattre la Bastille.
Nous aurions pu écrire que c’est pour faire vraiment, Front Populaire. Mais il doit être clair que nous ne cherchons pas à soutenir quelque organisation politique que ce soit. Au contraire puisque nous estimons que c’est aux organisations qui se réclament de cet idéal de soutenir l’existence et le développement d’un vrai Front Populaire. C’est pourquoi nous préférons affirmer que c’est pour faire Front Citoyen.
Depuis quelques semaines, un appel citoyen à “tout bloquer” à partir du 10 septembre, rencontrant les colères accumulées depuis des décennies, suscite partout en France une mobilisation populaire à la base.
L’exigence de justice sociale et fiscale, celle également d’un renouveau démocratique, puissamment exprimée en 2018/2019 par le mouvement des « Gilets Jaunes » ressurgit.
Nous la partageons pleinement.
Pour toutes et tous les citoyen.ne.s qui se réunissent, l’annonce par l’ex Premier ministre de mesures soi-disant destinées à réduire le déficit des finances publiques mais toutes frappant le porte-monnaie et les acquis sociaux des travailleurs ainsi que les services publics, est la provocation de trop.
Ce qui se passe à la base c’est une irruption, dans un jeu politique corrompu, de citoyens qui veulent que les choix politiques soient faits pour répondre à leurs besoins et donc pas sans elles et eux. C’est exactement ce que nous pensons indispensable pour répondre aux urgences écologique, sociale et démocratique.
C’est pourquoi en ce moment social très particulier, nous avons décidé de donner toute priorité à l’implication personnelle possible de chacune et chacun de nous dans ce mouvement, pour sa réussite.

Castres, le 2 septembre 2025

“Au boulot !”, ciné-débat à Albi

Le Collectif pour Albi vous invite à participer à son prochain Ciné-Débat.
Jeudi 03/04/25  à 20h00

Thème : “le Travail”.
Rendez-vous donc au Cinéma de la Scène Nationale d’Albi à l’occasion de la projection du film “Au boulot”

Après la séance, ce sera l’occasion d’échanger sur la situation du “Travail” en France en présence d’invités, puis de recentrer sur le cas de l’albigeois avec notamment la présence d’une représentante syndicale locale.

Ici la bande annonce du film

Partager le temps de travail au lieu de licencier ! Jean François Le Dizes

Nous assistons en cet automne à une cascade de licenciements : 1 250 chez Michelin(1), 2 489 chez Auchan(2), au moins 900 chez Valeo(3)… C’est l’échec de la politique économique libérale pratiquée, notamment par Macron, qui basait la création d’emploi sur la croissance.

Certes, avec la nécessaire diminution de la production automobile pour des raisons environnementales, des entreprises comme Michelin et Valeo doivent réduire leur production. Qui dit production moindre dit moins de travail subordonné. Mais au lieu de licencier, ces entreprises pourraient réduire le temps de travail subordonné de chacun de leurs salariés sans réduire les salaires, car elles en ont largement les moyens. En effet, elles distribuent un « pognon de dingue » à leurs actionnaires. Le groupe Michelin leur a distribué 965 millions euros de dividendes en 2023(4) ; cette somme rapporté à ses 132 000 salariés(4)  donne 7 310 €/salarié. Valeo-France en a distribué 100 millions(5)  en 2024 ; cette somme rapporté à ses 13 500 salariés(3) donne 7 407 €/salarié. De même qu’Auchan a les moyens de réduire le temps de travail subordonné sans réduire les salaires puisque l’entreprise a distribué au minimum cent millions d’euros de dividendes en 2023(6) ; cette somme rapportée à ses 53 000 salariés(6) donne 1 886 € /salarié.

Ces chiffres montrent que le ruissellement des revenus vanté par Macron est une arnaque et que des sommes colossales d’argent facile sont distribuées à des gens qui n’ont même pas mis la main à la pâte pour la création de cette richesse. C’est la loi du capitalisme ! 

Quand est-ce qu’un gouvernement interdira les licenciements dans les entreprises qui distribuent des dividendes à leurs actionnaires ?  

En sachant que les actions sont très inégalitairement réparties au sein de la population, la réduction du temps de travail subordonné contribuerait donc aussi au partage des richesses.

Jean-François Le Dizès

Sources chiffrées

(1)       https://www.lemonde.fr/emploi/article/2024/11/08/michelin-des-centaines-de-manifestants-contre-la-fermeture-des-usines-de-cholet-et-de-vannes-le-ministre-de-l-industrie-invective_6383736_1698637.html

(2)       https://linsoumission.fr/2024/11/13/auchan-licenciements-clan-mulliez/

(3)       https://www.humanite.fr/social-et-economie/licenciements/valeo-entre-900-et-1-200-postes-supprimes-en-france

(4)       https://www.cgtmichelin.fr/wp-content/uploads/2024/02/Communique-Presse-CGT-2024-02-12-Resultats-Michelin-2023-1.pdf

(5)       https://fdgpierrebe.over-blog.com/2024/07/declaration-de-la-cgt-valeo-suite-a-l-annonce-de-la-fermeture-ou-cession-de-3-etablissements.html

(6) https://www.20minutes.fr/economie/4120408-20241112-auchan-difficulte-entreprise-verse-milliard-dividendes-actionnaires-2022-2023-non#:~:text=Auchan%20a%20annonc%C3%A9%20un%20plan,euros%20de%20dividendes%20en%202023

La Charte de Cantepau :

Le Centre médical de Cantepau a été fondé en 1994 dans le quartier du même nom, à  ALBI : un des plus pauvres et déshérités d’Occitanie et même de France. 
Les médecins qui l’ont créé se sont choisis, notamment parce qu’ils partageaient des valeurs et une vision du rôle qu’ils voulaient jouer en tant que médecins généralistes. Voici ces choix fondamentaux, qui animent toujours l’actuelle maison médicale pluridisciplinaire de Cantepau. 

Chers amis  

Dans les circonstances troublées actuelles, la diffusion de la « Charte de Cantepau » 

me semble un élément de combat pour plus de liberté, d’égalité et de fraternité, 

toutes valeurs qui me semblent fragilisées. 

Si vous pouviez faire connaître ce texte en répandant ce lien par mail, texto ou par les réseaux sociaux, ou de toute autre manière,

ce serait une contribution très appréciable ! 

Jean Doubovetzky (médecin)