A69 : communiqué de presse de Me Lèguevaques

A69 – l’Etat se tire-t-il une balle dans le pied en communiquant sur la hausse des contributions imposée à la puissance publique pour réduire de 33 % le prix des péages tout en assurant une absence de risque à l’exploitant de l’autoroute « Pierre Fabre » ?
Par ce communiqué la Préfecture de la régions Occitanie annonce que « les tarifs pour les véhicules légers seront réduits de 33%, sur la section située entre les futurs diffuseurs de Villeneuve-les-Lavaur et de Soual-Est », afin de rendre « plus attractif encore les trajets sur l’autoroute ».
Une note de bas de page vient par ailleurs préciser les modalités de cette prise en charge, directement supportée par l’État et les collectivités publiques. Ce financement est réparti comme suit :
– 30,8% par l’État ;
– 20% par le Conseil régional Occitanie ;
– 13,8 % par le Conseil départemental du Tarn ;
– 6,7% par la communauté d’agglomération de Castres-Mazamet ;
– 2,2% par la communauté de communes de Sor et Agout.
Ces nouveaux concours vont être intégrés à la convention de concession par voie d’avenant et vont ce faisant s’ajouter aux 98,1 millions d’euros d’investissements publics déjà apportés, bouleversant ainsi « l’équilibre » économique initial de de la concession. Quand bien même elle serait réduite à « au moins 13% » à l’issue des dix premières années d’exploitation.
En effet, alors que dans sa version originale, la concession présentait d’ores et déjà un déséquilibre certain en faveur du concessionnaire, ce nouvel avenant ne va que renforcer cette asymétrie. En effet, la réduction du prix des péages ne sera effective que pour l’usager final. f.e concessionnaire quant à lui, sera assuré de percevoir le prix initialement prévu et cela dans des volumes plus élevés que lors des modélisations, l’objectif de cet accord étant de garantir l’attractivité de l’autoroute.
Cette garantie pour le concessionnaire constitue donc un effacement total du risque supporté par ce dernier.
Dans le cadre de la procédure pendante devant le CONSEIL D’ÉTAT sur les conditions anormales du contrat de concession, les associations AGIR POUR L’ENVIRONNEMENT, ATTAC TARN, et LES VALLONS, avaient déjà signalé cette entorse flagrante au droit français et européen.
En réponse, l’État oser affirmer que le transfert du risque dans le présent projet était effectif car « les hypothèses de coûts et de trafic du concessionnaire sont optimistes. Ainsi ce dernier prend le risque que les coûts opérationnels soient plus élevés que
prévus et/ou que le trafic, et donc les recettes soient plus faibles que prévus, en particulier ai ce qui concerne le trafic à la mise en service et la croissance annuelle du trafic de véhicules légers » (sic !)

Au surplus, si les concours publics augmentent de façon considérable, les autres éléments substantiels de la convention, et notamment la durée du contrat, restent quant à eux inchangés, contribuant là encore à assurer au concessionnaire un amortissement rapide de ses investissements et par-là même une rentabilité exponentielle de la concession.
Partant, ce nouveau concours public constitue une aide d’État, la Cour de justice de l’Union européenne a retenu une conception extensive de cette notion. En effet, selon celle-ci afin d’« d’apprécier s’ il y a aide, il conviait /…/ de déterminer si l’entreprise bénéficiaire reçoit un avantage économique, quelle n’aurait pas obtenu dans des conditions de marché. ».
En l’espèce, l’intervention des pouvoirs publics a pour objet d’encourager la fréquentation de l’autoroute lors de son ouverture aux usagers. A cet égard, la Cour a ainsi pu reconnaître que toute aide destinée à encourager une production constituait une aide d’État.
Par conséquent, les demandeurs sollicitent du CONSEIL D’ÉTAT la reconnaissance que le risque supporté par le concessionnaire n’est désormais que fictif et que la durée du contrat est de nature à permettre à celui-ci de dégager rapidement des profits colossaux.
Ce qui constitue une illégalité manifeste devant conduire à annuler le contrat de concession.

Paris-Toulouse, le 17 février 2025

Christophe Lèguevaques Avocat au barreau de Paris, Docteur en droit.

Il y a des gens qui n’apprennent jamais rien !

Sivens 2014 : au printemps, la tension monte autour du projet de barrage, vieux de 30 ans, alors que le CNPN a donné un avis défavorable. Les collectifs citoyens se mobilisent, les compétences s’affûtent. Eté 2014, le financement européen du projet ne sera pas accordé, car la règlementation n’est pas respectée. Abandon ? Mais non ! 1er septembre 2014, les engins entrent en action pour couper les arbres. On a oublié l’autorisation de défrichement ? Pas grave, on la fait après coup… La mobilisation enfle, les zadistes occupent le site, les violences policières se déchainent, les médias
accourent. Dans la nuit du 25 au 26 octobre Rémi Fraisse est assassiné par les forces de l’ordre. Il faudra 10 ans de bataille juridique pour que l’Etat Français soit enfin condamné par la Cour européenne des Droits de l’homme pour violation du droit à la vie.
Le chantier est arrêté. En 2016, l’autorisation de défrichement, la dérogation à la destruction d’espèces protégées, la déclaration d’intérêt général sont cassées par le Tribunal Administratif. L’Etat est condamné pour faute en 2020.
Malgré la mise en place du projet de territoire, 10 ans après, il n’y a toujours rien de réalisé.
Conclusion : a-t-on fait une erreur en poussant un projet obsolète, mal monté, décrié par les instances nationales, rejeté par les citoyens ? Non ! l’erreur des décideurs a été d’abandonner le projet !


A69 2022 : la tension monte depuis des années autour de ce projet vieux de 30 ans. Les instances nationales (Commissariat Général à l’Investissement, Haute Autorité Environnementale, CNPN) ont donné des avis défavorables sur ce projet mal ficelé, aux gains et évaluations de trafic surestimées, et qui ne remplit pas les conditions d’une Raison Impérative d’Intérêt Public Majeur (RIIPM).
1er mars 2023 : après une enquête publique environnementale qui recueille 90% d’avis négatifs, l’autorisation environnementale est signée, les travaux démarrent. Les premiers écureuils entrent en action. Les collectifs d’opposants réunissent le 22 avril 8000 manifestants pacifiques. Le camping des platanes à Vendine prospère, avant d’être saccagé par les pelles mécaniques. Les référés des
opposants sont systématiquement rejetés par les tribunaux.
1er septembre 2023 à 0h, les platanes de Vendine tombent, puis les arbres de la Bourrelié, du Bernazobre… La communauté scientifique entre dans la danse, dénonçant les aberrations du projet.
40 jours de grève de la faim ont failli faire craquer Clément Beaune, alors ministre des transports.
Arrêter le projet ? Surtout, ne pas reproduire les erreurs de Notre Dame des Landes et de Sivens ! On continue, on accélère, la justice pliera devant le fait accompli !
A la Crémade le 22 octobre, les gendarmes chargent et interrompent la conférence des scientifiques.
Février mars 2024 : La Crémarbre, malgré son statut de zone environnementale protégée, sera le laboratoire de l’attrition pour les fauteurs de l’ordre, en dépit de l’intervention et des conclusions de Michel Forst, rapporteur spécial des Nations Unies pour les défenseurs de l’environnement. Et on continue à la Cal’Arbre, aux Vergers chez Alexandra. La CNAMO se déchaine et la répression explose.
On accélère encore, on avance les travaux à marche forcée. Pourtant, le chantier accumule les retards et les irrégularités se multiplient.
Du côté des opposants, les réseaux se tissent, les compétences s’aiguisent, la lutte prend des formes de plus en plus innovantes, la médiatisation s’internationalise…
21 novembre 2024 : le rapporteur public demande l’annulation totale ? Pas grave, on accélère encore !
27 février : le tribunal administratif annule l’autorisation et suspend les travaux !
Conclusion : a-t-on fait une erreur en poussant un projet obsolète, mal monté, etc.? Non  On dénonce une situation ubuesque, on demande un sursis à exécution et on fait appel !
Décidément, il y a des gens qui n’apprennent jamais rien !

Jean Luc Hervé

Solidarité “Ma ferme sur un fil !” Isabelle et Christophe

(lien vers cagnotte en bas de page ! )

Porte-parole de la Confédération Paysanne du Tarn pendant de nombreuses années, Christophe et son épouse Isabelle ont besoin de votre soutien. La malchance s’acharne sur eux. Une cagnotte a été lancée pour leur venir en aide.

Des années que nous nous battons contre une série de malchances… Cette année une de plus, la fièvre catarrhale a décimé une énorme partie de notre troupeau.

Une de plus, l’aorte près du cœur de Christophe doit être opérée.

UNE DE TROP ! Nous ne pouvons plus faire face. HELP !

Je pleure aujourd’hui…, balayée d’un souffle…J’ai le vertige de tout perdre. Pourtant il n’y a aucune faute que celle d’un corps qui ne peut plus.

Je me remets trop doucement depuis 5 ans d’une maladie rare, il y a quelques jours notre vie se disloque, Christophe mon mari doit subir une opération à cœur ouvert en urgence.

La ferme a perdu son capitaine pour quelques mois… L’embauche d’un salarié semaine et week-end est obligatoire avec un financement aléatoire. Les brebis ne peuvent pas rester orphelines…

Nous devons trouver de l’aide, nous avons besoin d’un peu de vous.

Nous avons toujours l’envie mais plus l’argent, les crédits nous ont rattrapés. Je hurle de ne plus y arriver.

Alors je m’accroche à l’espoir de vous… On m’a soufflé qu’une cagnotte en ligne pourrait nous aider, qu’il fallait juste ranger sa fierté.

Je vous confie ma ferme pour la sauver , nous permettre de trouver le temps de nous soigner, pour continuer, remonter le troupeau décimé par la fièvre catarrhale, acheter de jeunes vaches, payer nos crédits à cours terme.
Compenser aussi la perte du revenu de mes activités, le Food truck, les plats cuisinés, les jus de pommes qui couvraient 30% de notre chiffre , le tout plombé par l’augmentation du gasoil, de l’atelier de découpe, des céréales, des consommables, et j’en oublie, qui ne peut être rattrapée par une augmentation galopante des tarifs.

25 ans de passion déterminée qui nous porte. Dans 3 ans nos crédits s’allègent et pour tenir on a vraiment besoin de vous.

Isabelle et Christophe, les 2 bergers.

Il était une fois,

Tous les jours debout pour le plaisir de vos bouches,

Tous les jours debout pour des moments heureux autour de la table,

Tous les jours debout pour entendre vos familles claquant des rires , la fourchette avide de bon l’air nimbé de joies faciles et légères où le fumet de nos viandes respirent nos prairies.

Le fondant, le délicat murmurent l’agneau parfum montagne saveur liberté… Mais surtout, heureux d’être là quelque part à vos côtés.

C’est cette image de vous qui fait avancer, qui accompagne les gestes sans cesse répétés jusqu’à la lune.

Le corps se rebelle mais  votre enthousiasme dope le quotidien.

La bonne bouffe flotte sur l’horizon des fatigues accumulés. Vos sourires deviennent la vague puissante de notre ardeur qui efface les rudesses du soleil, du vent et du froid.

Je vous souffle mon ciel, ma lune et mes étoiles, Isabelle… la bergère.

https://www.leetchi.com/fr/c/ma-ferme-sur-le-fil-1627874

Communiqué du Tribunal Administratif de Toulouse du 27 février 2025

COMMUNIQUÉ DE PRESSE
27 février 2025


A69 : le projet autoroutier est annulé faute de nécessité impérieuse à le réaliser


Saisi notamment par des associations environnementales, le tribunal administratif de Toulouse annule les projets d’autoroute A69 et d’élargissement de l’autoroute A680, qui avaient été autorisés par les préfets de la Haute-Garonne et du Tarn en mars 2023. En effet, au vu des bénéfices très limités qu’auront ces projets pour le territoire et ses habitants, il n’est pas possible de déroger aux règles de protection de l’environnement et des espèces protégées.
Les 1er et 2 mars 2023, les préfets de la Haute-Garonne et du Tarn ont attribué des autorisations environnementales pour la réalisation de l’autoroute A69 et l’élargissement de l’autoroute A680, comprenant des dérogations à l’interdiction de porter atteinte aux espèces protégées et à leurs habitats. Le tribunal administratif de Toulouse annule aujourd’hui ces deux autorisations.


Dans sa décision, le tribunal rappelle que la dérogation que les préfets ont accordée aux deux projets n’est possible que si trois conditions sont réunies : si le maintien des espèces protégées n’est pas menacé, s’il n’existe pas de solution alternative et si le projet répond à une raison impérative d’intérêt public majeur. Toutefois le tribunal administratif estime que les deux projets ne répondent pas à une telle raison car leurs bénéfices économiques, sociaux et de sécurité
publique sont trop limités.
En effet, si les projets pourraient faire gagner une vingtaine de minutes aux usagers par rapport au trajet actuel, le tribunal, après avoir examiné les arguments avancés par les préfets de la Haute-Garonne et du Tarn, estime qu’ils sont insuffisants.
Tout d’abord, sur la nécessité de “désenclaver” le bassin Castres-Mazamet, le tribunal observe, sur la base des données INSEE, que le territoire ne présente ni un décrochage démographique, en comparaison des autres bassins situés aux alentours de Toulouse, ni un décrochage économique, dès lors que l’agglomération dispose, notamment, de tous les services des gammes de proximité et intermédiaire, d’un centre hospitalier, de formations universitaires, d’un aéroport reliant la ville
à Paris et d’une gare offrant un service de liaisons quotidiennes avec la métropole toulousaine.

En outre, en matière de sécurité et de désengorgement du trafic routier, le tribunal relève, d’une part, que la particulière accidentalité de la RN 126 dans son état actuel n’a pas été démontrée et que, d’autre part, les avantages de l’autoroute sont très relatifs, puisque l’itinéraire de substitution prévu pour les automobilistes ne souhaitant pas s’acquitter du prix du péage ne présentera plus des conditions optimales de sécurité, ni un confort similaire à celui de l’actuel itinéraire.

Enfin, de manière plus générale, la juridiction administrative estime que le coût élevé du péage du projet A69 est de nature à en minorer significativement l’intérêt pour les usagers et les entreprises. Si l’administration indique qu’il existe une perspective de baisse tarifaire de l’ordre de 33%, le tribunal souligne que ce projet de baisse, qui ne porte que sur une partie du trajet, n’est, à ce jour, pas finalisé.

Pour ces différentes raisons, le tribunal annule les autorisations données à ces deux projets car elles sont illégales : l’A69 et l’élargissement de l’A680 n’ayant que des bénéfices de portée limitée, il n’y a pas de nécessité impérieuse à les réaliser, et les arguments présentés en faveur de ces projets ne justifient pas qu’il soit dérogé à l’objectif de conservation des habitats naturels, de la faune et de la flore sauvages.


Contact presse : communication.ta-toulouse@juradm.fr

L’OFB n’est pas la cause de nos malheurs !

L’Office Français de la Biodiversité est un organisme public chargé de la préservation, de la protection et de la restauration de la biodiversité dans les milieux aquatiques, terrestres et marins.

Son rôle est de préserver le vivant, la nature, des diverses pollutions et de la surexploitation des ressources naturelles, en appliquant les articles de loi du code de l’environnement. Sa mission rejoint la nôtre : nourrir sainement la population et garder un milieu rural viable et protégé.

L’OFB protège la nature, il est notre allié, notre partenaire. Il apporte un équilibre nécessaire à la défense et à la sauvegarde de la vie sur Terre et contribue à notre autonomie alimentaire, notre santé et celle dédiée aux générations futures. Les agents de l’OFB veillent également sur la qualité de l’eau et sa ressource.

Ces derniers jours, des actions violentes ont été perpétrées contre l’OFB avec l’étrange mutisme du gouvernement qui se doit de protéger ses agents ! La Confédération Paysanne condamne ces actes inacceptables.

La colère paysanne est légitime, nous l’éprouvons toutes et tous.

Mais il ne faudrait pas se tromper de combat, ni d’adversaire : les agents de l’OFB doivent être nos partenaires, et nous les soutenons tout en les sollicitant pour des simplifications administratives. Nous demandons à ce qu’il y ait un discernement entre les productions industrielles et paysannes (les normes motivées pour les usines à viandes, lait, ou légumes ne sont pas applicables en l’état aux fermes paysannes).

Par ailleurs, reculer sur les normes environnementales n’apportera rien en terme de revenu, c’est un mensonge des syndicats majoritaires qui visent l’agriculture d’exportation, et une aubaine pour le gouvernement, qui ne veut pas plancher sur des prix rémunérateurs agricoles.

Nous devons et voulons travailler ensemble, trouver des solutions dans la réciprocité, renforcer les partenariats et être en résilience face aux vrais défis que sont le changement climatique et la préservation de la biodiversité.

Nous revendiquons notre soutien aux agents de l’OFB ainsi qu’à ceux de l’INRAE et aux organismes de protection de l’environnement, et proposons notre partenariat avec les services de l’État, dans un but de protection de la population, de santé publique et de préservation de notre métier.

Nous devons œuvrer pour un avenir souhaitable.

La Confédération Paysanne du Tarn

Publié dans le n° 172 de Confluences 81

Lecture à Puylaurens . . .

A la veille de la Journée Internationale des Droits des Femmes, Vendredi 07 Mars 2025, venez écouter des textes lus par Valérie et Evelyne.

Inscription gratuite mais nécessaire car les places sont limitées au 05.63.71.23.55

Culture de l’Être