Samedi 26 septembre, marchons partout en France pour le climat, la paix et les solidarités !

Appel à mobilisation nationale
Marchons pour qu’on suive enfin les scientifiques, et qu’un plan d’urgence, d’adaptation et d’atténuation soit engagé sans attendre un été de plus. https://26septembre.org/appel

Lettre ouverte au Président de la République

Monsieur le Président de la République,

Le 31 décembre 2022, vous demandiez dans vos vœux : « qui aurait pu prédire la crise climatique aux effets spectaculaires ? ». La Gironde avait brûlé quatre mois plus tôt. Elle vient de brûler encore, plus fort qu’à aucun moment depuis cinquante ans, et la fumée est montée jusqu’aux villages du Cher.

Qui aurait pu prédire que 5 764 personnes mourraient de la canicule en quinze jours, sans que rien ne s’arrête ?

Qui aurait pu prédire que celles et ceux qui mourraient d’abord seraient les habitantes et les habitants des quartiers populaires, les familles précaires dans des logements sans isolation, les personnes âgées ou en situation de handicap restées seules, celles et ceux qui travaillent dehors et celles et ceux qui dorment dans la rue ?

Qui aurait pu prédire que les paysannes et les paysans perdraient entre 15 % et un tiers de leurs récoltes selon les productions ?

Qui aurait pu prédire que des millions d’animaux d’élevage mourraient de chaud en quelques jours, les poules d’abord, entassées sous des toits de tôle, et qu’il faudrait rouvrir les fosses d’enfouissement de 2003 ?

Qui aurait pu prédire que d’innombrables mammifères, oiseaux et insectes brûleraient vifs dans les incendies, sans qu’aucun décompte ne soit seulement tenté ?

Qui aurait pu prédire que les coupes dans les services publics laisseraient les enfants dans des écoles surchauffées, les pompiers sans moyens et les hôpitaux à découvert au moment précis où nous en avions le plus besoin ?

Qui aurait pu prédire que TotalEnergies encaisserait 5,4 milliards de dollars en un seul trimestre, 102 % de plus qu’il y a un an, sur la flambée du baril provoquée par les guerres pour l’accès aux ressources énergétiques et minières ?

Personne ne pouvait l’ignorer, parce que tout était écrit.

  • Les compagnies pétrolières, elles, savaient dès 1971. Elles ont préféré payer pour qu’on en doute.
  • Le GIEC (Groupe d’expertes et d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) avait prédit, depuis 1990.
  • À de nombreuses reprises, par voie de presse, de pétitions et même de manifestations, des milliers de scientifiques du monde entier ont tenté d’alerter les dirigeant·es politiques. Ils et elles ont été ignoré·es.

Nous nous sommes mobilisé·es

Depuis que vous avez été élu, nous nous sommes mobilisé·es par centaines de milliers dans les grèves, marches et pétitions pour le climat.

Sur les ronds-points, quand la question du prix du carburant a rendu évident que la fin du mois et la fin du monde sont le même combat, et que la nécessaire bifurcation écologique ne peut se faire au détriment des travailleurs et des travailleuses pauvres de notre pays.

Aux côtés des exilé·es et déplacé·es, notamment à cause des dérèglements climatiques et des guerres économiques et militaires menées dans leur pays d'origine.

Contre les méga-bassines, pour que l'eau reste un commun et non le privilège de quelques exploitations. À deux millions de signatures contre le retour d'un insecticide interdit, parce que les sols, les rivières et celles et ceux qui les travaillent ne sont pas une variable d'ajustement.

Depuis que vous avez été élu, nous nous sommes mobilisé·es par centaines de milliers dans les grèves, marches et pétitions pour le climat.

Sur les ronds-points, quand la question du prix du carburant a rendu évident que la fin du mois et la fin du monde sont le même combat, et que la nécessaire bifurcation écologique ne peut se faire au détriment des travailleurs et des travailleuses pauvres de notre pays.

Aux côtés des exilé·es et déplacé·es, notamment à cause des dérèglements climatiques et des guerres économiques et militaires menées dans leur pays d’origine.

Contre les méga-bassines, pour que l’eau reste un commun et non le privilège de quelques exploitations. À deux millions de signatures contre le retour d’un insecticide interdit, parce que les sols, les rivières et celles et ceux qui les travaillent ne sont pas une variable d’ajustement.

Vous ne nous avez pas écouté·es. Vous avez dit que nous exagérions, puis que nous étions des radicaux, puis des écoterroristes. Pendant ce temps, vous avez ramené le Fonds vert de 2,5 milliards d’euros à 837 millions, quand il permet aux communes de se protéger. Vous avez ajouté 6,7 milliards au seul budget des armées en une année. Et toute notre sécurité civile tient sous le milliard, avec douze avions bombardiers d’eau.

Nous ne venons pas vous demander de nous plaindre. Nous venons vous demander des comptes.

Nous exigeons un plan d’urgence

Parce que l’été prochain sera plus chaud que celui-ci. Des lieux frais accessibles dans chaque bassin de vie, en commençant par les quartiers populaires et les communes rurales. Des écoles, des crèches, des hôpitaux et des EHPAD où l’on ne meure pas de chaud. La protection des travailleuses et des travailleurs de la chaleur inscrite dans la loi. Un toit pour chacune et chacun, parce qu’on ne s’adapte pas au climat quand on dort dehors. Des moyens humains et matériels réels pour les secours. Un fonds pour les paysannes et les paysans sinistrés, et le sauvetage de la faune inscrit dans les plans de catastrophe.

Nous exigeons un plan d’adaptation

Parce qu’aucune commune ne doit rester seule devant le feu et la soif. Le Fonds vert rétabli et l’ingénierie publique rendue aux territoires. La rénovation des logements engagée, des passoires thermiques et du parc social, pour que l’isolation cesse d’être un privilège. Des forêts renouvelées, des sols restaurés, des haies replantées, des rivières et des nappes traitées comme des communs et non comme des stocks à privatiser.

Nous exigeons un plan d’atténuation

Parce qu’on ne s’adapte pas indéfiniment à une catastrophe qu’on continue d’alimenter. La fin de toutes les subventions aux énergies fossiles. L’interdiction pour toute entreprise française d’ouvrir de nouveaux projets fossiles, ici comme ailleurs. Des transports publics accessibles partout avant toute taxe qui pèserait sur les plus modestes. Une sortie du fossile qui soit aussi une sortie des guerres qu’il finance.

Pour payer ces trois plans

Nous exigeons que contribuent celles et ceux qui ont fabriqué la catastrophe et qui en tirent profit.

  • Les superprofits des énergies fossiles, taxés dès la loi de finances 2027.
  • Les superprofits de l’armement, dont les carnets de commandes n’ont jamais été aussi pleins.
  • Un impôt climatique sur les patrimoines des plus riches, qui rapporterait entre quinze et vingt-cinq milliards d’euros par an.

Trois Françaises et Français sur quatre veulent déjà que les entreprises fossiles paient davantage. Nous ne demandons rien d’autre que ce que ce pays réclame.


Samedi 26 septembre 2026
Appel à mobilisation nationale pour le climat, la paix et les solidarités. Site édité par le Mouvement du 26 septembre, collectif de citoyens et citoyennes. 27 rue de Paradis, 95100 Argenteuil — France.

signer : https://26septembre.org/#signer
Marchons pour les vivantes et les vivants !

Commémoration Jean JAURES Castres : intervention NPA Tarn Sud :

Une semaine avant son assassinat, dans son discours à Lyon Vaise, Jean Jaurès pressent l’ampleur du désastre qui se prépare, mais garde l’espoir que “le crime ne sera pas commis”. Lui qui déclarait dans son discours à le jeunesse, à Albi en 1903, “J’ose dire, avec des millions d’hommes, que maintenant la grande paix humaine est possible, et si nous le voulons, elle est prochaine. Des forces neuves y travaillent : la démocratie, la science méthodique, l’universel prolétariat solidaire”.
Et pourtant, pour le paraphraser, depuis longtemps, nous n’avons été dans une situation plus menaçante et plus tragique. À Gaza, un génocide se poursuit sous nos yeux impuissants à contrer l’alliance qui soutient les criminels de guerre à la tête d’Israël. Depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par l’armée russe, une guerre de haute intensité se déroule au coeur de l’Europe grosse de toutes les menaces. Les bombardements de l’Iran par Trump, encouragé par Netanyahu, frappent un peuple qui a déjà payé un lourd tribut à la dictature des mollahs. Sans oublier les peuples soudanais ou birmans victimes de guerres civiles largement alimentées par les puissances impérialistes.

Aujourd’hui encore : “Voilà la guerre toujours atroce, même quand elle a la liberté pour objet, toujours sauvage même quand elle est sacrée “. Mais Jaurès ne se place pas au-dessus de la mêlée, il est un homme politique qui cherche les moyens de freiner la logique de guerre. Il ne dénonce pas seulement la réalité : il veut la transformer.

La lecture de l’Armée nouvelle publié en 1911 éclaire sa vision dont on peut tirer quelques enseignements. Jaurès est un partisan résolu de la paix, condition essentielle de l’émancipation des peuples, et du prolétariat. Ce désir de paix n’est ni naïf, ni utopique. Jaurès refuse l’alternative entre pacifisme impuissant et militarisme.
Profondément engagé dans l’internationale socialiste, sa conviction est que “l’organisation de la défense nationale et l’organisation de la paix internationale, sont solidaires”. Défendre l’indépendance des nations est une des conditions de la paix.

Son projet est double: organiser une défense populaire,démocratique, sous le contrôle des travailleurs, qui rende la guerre de conquête impossible et la guerre de défense légitime. Et développer une coopération internationale pour garantir la sécurité de tous les peuples. Il souhaite : “que le prolétariat protège tous les peuples, toutes les races, contre ceux qui veulent se tailler, aux dépens de leur indépendance, des privilèges, des monopoles, des concessions exclusives”. La solidarité internationale ne consiste pas à choisir les victimes que l’on soutient, mais à défendre le droit de tous les peuples à leur indépendance et à leur sécurité : les Palestiniens comme les Ukrainiens, les Soudanais, les Iraniens, les Birmans et tous ceux qui subissent l’agression, la guerre ou l’oppression
Ces réflexions posent une question très concrète à celles et ceux qui veulent transformer la société aujourd’hui. Si 2027 devait être l’aube d’un changement politique et social profond, nous devons nous à le défendre contre toutes les forces qui s’uniront
pour le combattre… et là Jaurès peut nous inspirer.

L’organisation d’une armée défensive, populaire, inclusive, efficace sous le contrôle et en osmose à la nouvelle société que nous construirons sera le meilleur rempart contre les entreprises de la réaction. Ce sera aussi un levier efficace pour renforcer un ordre international au service de la paix. Désarmement nucléaire unilatéral, aide active aux résistances populaires, arrêt des ventes d’armes aux dictatures, nationalisation du complexe militaro-industriel… la tâche sera rude, mais la pensée de Jaurès nous y encourage : Jaurès n’est pas seulement le penseur de la paix ; il est le penseur de la
paix qui s’organise pour se défendre. La paix n’est jamais le fruit de l’impuissance. Elle suppose des peuples capables de défendre leur liberté, et une solidarité internationale capable d’empêcher que les intérêts des puissants décident du destin des nations.

Plus d’un siècle après le discours de Vaise, cette exigence demeure la nôtre.

Roland

Confluences 81 s’associe à l’hommage rendu à Roland Foissac*, figure communiste du Tarn, décédé accidentellement le 1er juillet. Notre amitié à Nelly;à leurs enfants et petits enfants.


Mi-août, il ne sera pas à la “Hestejada de las Arts d’Uzeste”, rendez-vous auquel, depuis 1978, Nelly et lui furent si souvent fidèles. Dès cet automne, nous chercherons sa silhouette lors des manifestations, rencontres et rassemblements qui continuent de faire vivre le Tarn citoyen.
Roland Foissac nous a quittés le 1er juillet dernier, victime d’une chute accidentelle. Instituteur, militant de la pédagogie Freinet, élu local et responsable communiste durant de longues années, il laisse surtout le souvenir d’un homme pour qui l’engagement politique relevait d’une exigence morale autant qu’intellectuelle.
Ses convictions étaient profondes, nourries de Jaurès, de la Commune de Paris et de toute l’histoire du mouvement ouvrier. Très tôt, il avait pris ses distances avec le stalinisme, au nom d’une conception profondément démocratique, humaniste et émancipatrice du communisme. Ces derniers mois, inquiet des dérives bureaucratiques et autoritaires qu’il voyait resurgir dans une partie de la gauche, il avait rejoint Alternative communiste, où il retrouvait pleinement l’idéal politique auquel il était demeuré fidèle toute sa vie.
Ce qui frappait chez Roland, c’était moins l’affirmation de ses certitudes que son attention à celles des autres. Il écoutait avant de répondre, cherchait à comprendre avant de convaincre. Instituteur jusque dans sa manière de dialoguer, il ne cherchait jamais à avoir le dernier mot, mais à faire grandir la réflexion de son interlocuteur. Sa curiosité, sa vaste culture historique, politique, philosophique et littéraire, son goût du débat sans invective faisaient de chaque échange un moment d’enrichissement mutuel.
Communiste de conviction, il fut aussi, inlassablement, un artisan du rassemblement. Non d’une union de circonstance, mais d’une coopération exigeante entre les forces de transformation sociale. Ces derniers mois encore, il avait été l’une des chevilles ouvrières de la Démarche de coopération, présentée dans un récent numéro de Confluences 81. Cette initiative lui ressemblait : rassembler sans renier ses convictions, construire sans effacer les différences, faire vivre l’intelligence collective plutôt que les rapports de force.
Cette fidélité à ses convictions allait de pair avec une fidélité plus discrète, mais tout aussi essentielle : celle qui l’unissait à Nelly. Leur engagement fut indissociable. Ensemble, ils furent de tous les rendez-vous de la solidarité internationale : la Palestine, qui occupait une place particulière dans leur cœur, Cuba et, plus largement, tous les combats pour l’émancipation des peuples, contre les dominations, pour la paix et la dignité humaine.
Son absence sera désormais visible dans bien des rassemblements. Sa présence, elle, continuera longtemps d’habiter celles et ceux qui ont eu la chance de cheminer à ses côtés.
Il nous laisse un vide immense, mais aussi un héritage précieux : celui d’une fidélité sans sectarisme, d’une culture toujours en éveil et de la conviction, profondément jaurésienne, que l’on ne transforme durablement le monde qu’en faisant grandir ensemble l’intelligence, la justice, la paix et la fraternité.
À l’heure où tant de débats publics se réduisent à l’invective ou à l’entre-soi, Roland Foissac nous rappelle qu’il est possible de demeurer fidèle à des convictions fortes sans jamais renoncer à écouter, comprendre et rassembler. C’est peut-être, aujourd’hui, la plus actuelle de ses leçons.

Cet article est publié dans le n° 181 de notre journal papier, début août 2026

Elles et ils ont dit (Extraits) :
Union départementale CGT
“Nous avons appris avec tristesse, le décès accidentel de notre camarade Roland FOISSAC.
Nous saluons son engagement syndical au sein de la CGT et son combat politique constant pour la justice sociale et la dignité au travail. (…) Que son souvenir et ses luttes continuent d’inspirer celles et ceux qui poursuivent le chemin.”


Au nom des ami.e.s du Mouvement de la Paix dans le Tarn

“Un compagnon de toujours des militantes et militants de la Paix (…) nourri de la pensée et de l’action de Jaurès (…) Toutes nos pensées vont vers Nelly, son épouse, incessante initiatrice dans le champ progressiste et de la PAIX.”


Paul Collin
Responsable de la section du Tarn de la LDH
“Roland Foissac était un exemple de droiture, d’honnêteté intellectuelle, d’énergie calme. Ami du débat, d’une dialectique fine et argumentée, assise sur des connaissances historiques solides, il était pour moi une rare référence politique. Avec parfois des appréciations différentes, nous partagions les mêmes convictions d’humanité. Et son humour me manque déjà.”

Le conseil d’orientation de l’ Ajet
« C’est avec une énorme émotion que nous venons d’apprendre le décès brutal de Roland Foissac, ce mercredi (…) Une mort brutale, violente, injuste et qui nous touche profondément.
Nous adressons nos condoléances les plus sincères et affectueuses à Nelly et à ses enfants.
Roland a été un des fondateurs de l’AJET, il y a 30 ans. L ‘AJET lui doit beaucoup, son investissement était total. Il faisait sienne la pensée jaurésienne en ces temps troublés, le débat d’idées indispensable, la recherche de l’unité à gauche et la nécessité de changer le monde.
Roland va nous manquer. “

Alternative Communiste
“Il n’est pas mort celui qui a semé (…) Jusqu’à la dernière minute, Roland n’aura eu que le souci d’œuvrer en faveur du rassemblement populaire à gauche, appelant les organisations de gauche et de progrès du Tarn à coopérer entre elles pour cela, d’abord afin de pouvoir empêcher l’extrême droite d’accéder aux plus hautes responsabilités du pays, et au-delà pour que puissent advenir les transformations sociales, écologiques et démocratiques répondant aux besoins de toutes et tous.”

Karen Erodi
Députée LFI du Tarn
“Roland était de ceux que l’on aimait retrouver à chaque rassemblement pour la paix entre les peuples, à chaque mobilisation pour nos services publics, aux côtés des luttes ouvrières, pour la justice sociale et pour la protection de l’environnement, de Sivens à l’A69, et tellement d’autres que l’on ne peut pas en faire la liste !…Je remercie Roland pour ce qu’il était, un homme politique respecté et respectable, un républicain avant tout. Je le remercie pour ses conseils précieux, sa bienveillance et même si parfois nous n’étions pas d’accord, nous avions un profond respect l’un envers l’autre.!”

Géraldine Rouquette
Conseillère régionale PCF
“Il est très difficile de dire en quelques mots ce que Roland Foissac a représenté pour les militants et les élus du PCF ces cinquante dernières années (…)
Celui à qui je veux rendre hommage ici, c’est l’élu qui a construit et présidé l’Association des Élus Communistes et Républicains dans le Tarn. Grâce à son énergie et à sa ténacité à toute épreuve, il a réussi à organiser des élu.e.s au-delà des rangs de notre parti pour défendre dans les collectivités territoriales des choix progressistes et lutter contre les mesures antisociales, dangereuses ou injustes. (…) J’ai fait partie de ces élus, en coprésidant l’ADECR avec lui (…) nos choix politiques divergents nous ont éloignés ces dernières années mais je sais ce que je lui dois.
Je garderai en mémoire nos discussions sur la poésie tout autant que nos engueulades sur le parti et sur l’autoroute (…) Ce soir, je pense à Nelly, indissociable de Roland dans tous les combats, à leur famille et je leur adresse mes sincères condoléances et tout mon soutien.”

Patrick Le Hyaric
Ancien Directeur de l’Humanité
“Hier encore, nous devisions sur la comparaison des températures dans le Tarn et le Morbihan. (…) On labourait des idées pour empêcher que, dans dix mois, une vague brune ne se déverse sur la France de la Commune de Paris, la France de la Révolution, la France de Jaurès…
Rayonnant de chaleur humaine, de savoirs et d’expériences accumulées, Roland était cette voix douce et chantante appelant à déplisser les complexités du moment et à défricher les sentiers menant vers la justice, la liberté et la paix. (…) Il combattait les grands retards d’à-venir. Voilà qui le plaçait du côté de la jeunesse en mouvement (contre le) barrage de Sivens, (…) l’autoroute A69…Comme une page qui
s’arrache ce soir, je perds un ami. Une chaise restera vide au banquet des militants du bonheur…. “

Fabien Gay
Sénateur PCF de Seine-Saint-Denis, Directeur de l’Humanité

“Roland était de ces militants qui incarnent toute une histoire : fils de mineur, instituteur, secrétaire fédéral du PCF pendant de longues années, vice-président du Département, élu local infatigable, il était depuis plus de 50 ans, une figure du parti communiste et au delà, de la gauche de ce département du Tarn qu’il chérissait tant.
Toute sa vie, il a porté avec dignité, force et conviction les valeurs de solidarité, de justice sociale et d’émancipation qui sont le cœur de notre engagement communiste. Il contribua à la mise en place d’un chèque collégien ou encore des premières chartes sur la démocratie participative. En tant que vice président du département. Il avait voté contre la construction du barrage de Sivens.
(…) Jusqu’au bout, il aura œuvré pour l’unité de notre camp social et alerté contre le danger de l’extrême-droite. “

“BÂTISSEURS DE MÉMOIRE”, au Marestaing

Vernissage le lundi 27 juillet à partir de 18h30 de l’exposition : BÂTISSEURS DE MÉMOIRE du sculpteur sénégalais Balla Ndao en résidence depuis 6 semaines à la Scac Marestaing

L’exposition  sera visible jusqu’au 13 septembre, du mercredi au dimanche de 15h30 à 18h30.

Balla nous présente un ensemble de sculptures monumentales en métal né d’une recherche artistique développée durant sa résidence

Artiste sénégalais profondément lié aux pratiques de récupération, il inscrit son travail dans une démarche où le métal ou l’œuvre monumentale devient porteur d’histoires humaines, de transmissions et de traces culturelles

ALLIANCES TERRESTRES EST MAINTENANT EN ACCÈS LIBRE …

Si vous n’avez pas encore eu l’occasion de voir ce formidable film d’Isabelle Haelvoët (89 mn – 2024), il n’est pas trop tard.

Il est maintenant en accès libre 👉https://www.youtube.com/watch?v=9BrJM_YO080

Vous y découvrirez la lutte locale contre le projet de l’autoroute #A69 prévoyant de relier Castres à Toulouse. Par les récits de ses acteurs, on découvre ainsi la genèse du collectif La Voie Est Libre, leur alliance avec le Groupe National de Surveillance des Arbres, la Confédération Paysanne, les chercheurs de l’Atecopol, les activistes de Extinction Rebellion, et enfin l’essor donné par Les soulèvements de la terre

SOUTENEZ LE FILM “ALLIANCES TERRESTRES”

SOUTENEZ LA SENSIBILISATION AUX LUTTES LOCALES

Soutenez la réalisation du film autoproduit par Isabelle Haelvoet (La Graine de) axé sur la lutte contre le projet d’autoroute #A69 Castres-Toulouse !

Il lui faut encore réunir 17.672 € pour la réalisation et elle a besoin de notre soutien à tous… si chaque @followers contribue à hauteur de 5€, le film sera financé !!

https://www.helloasso.com/…/co-production-du-film…

Sinon, vous pouvez également acheter le film sur clé USB :

https://lagrainede.com/allian…/acheter-la-cle-usb-du-film

La bande-annonce : https://www.youtube.com/watch?v=REX-S2qOooU&t=15s

A partager sans modération 🙏

Communiqué des organisations de gauche et de progrès de Castres

La déprogrammation de la pièce “Passeport” d‘Alexis Michalik, qui devait être jouée
au théâtre municipal de Castres le 27 février 2027 a eu un retentissement national
et constitue un signal particulièrement préoccupant. Au-delà du sort réservé à un
spectacle, cette décision du nouveau maire RN remet en cause la liberté de
création, l’indépendance de la programmation culturelle et l’ouverture qui doit
caractériser toute politique culturelle publique.
Par ailleurs, l’épisode concernant la brutalité de la mairie envers les gens du
voyage suscite des inquiétudes.
Face à cela, les organisations signataires, syndicats, associations, collectifs, partis
et mouvements politiques, ont décidé :

  • de poursuivre les initiatives engagées pour obtenir que la pièce Passeport
    puisse être présentée à Castres ;
  • de surveiller la gestion municipale, informer les citoyen.ne.s, soutenir les
    associations et les individus fragilisés, et appeler à des mobilisations
    citoyennes.
    Face au RN, la lutte contre toutes les discriminations est une
    priorité. L’union et la vigilance s’imposent.

Signataires
Alliance pour une République Écologique et Sociale (L’APRES) l Alternative Communiste l Assemblé populaire pour Faire Front Citoyen l Association pour le Développement de l’Emploi Agricole et Rural du Tarn (ADEART),
l Association Jaurès Espace Tarn (AJET) l Association pour la Taxation des Transactions financières et pour l’Action Citoyenne (ATTAC81) l Autan(t) le Faire ! l Castres-Antifa l Castres en Commun l CFDT l CGT Educ’Action l La Confédération paysanne l Le Comité Paloma-81 du Mouvement de la Paix l Confluences81 l les groupes ELAfF (Ecolo-Libertaire Antifasciste & Féministe) & CAFAART (Collectif AntiFasciste, Anarchiste, Anti Raciste dans le Tarn) l Fédération Syndicale Unitaire l Génération.s , L’Association Comités Inter-Mouvements Auprès Des Évacués (La Cimade) l Les Écologistes l Le Groupe d’Action Castres Insoumise (LFI) l La Ligue des Droits de l’Homme (LDH) l Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP) l Nouveau Parti Anticapitaliste (Comité Sud NPA-A) l Parti communiste français (PCF) l Parti Socialiste (PS) l Place Publique l Le Planning Familial l Pour une Écologie Populaire et Sociale (Peps) l Réseau Éducation Sans Frontières (Resf Castres), l SFA Midi-Pyrénées (Cgt Spectacle) l Union locale des Syndicats Cgt l Union Syndicale Solidaires Tarn l

Alternatives et Autogestion s’associe également à ce communiqué

LES CHEMINS DE L’ÉMANCIPATION

Article “réactualisé” , extrait du Cahier de Propositions n° 10 d’Alternatives et Autogestion “Femme, Vie, Liberté, Partout ! “ https://alternatives-et-autogestion.org/wp-content/uploads/2025/03/Cahier-de-Proposition-n%C2%B0-9-compresse-1.pdf

L’affaire des viols de Mazan a agi comme un révélateur brutal : les violences sexuelles ne sont pas commises uniquement par des individus isolés, des « monstres » étrangers à notre société. Les auteurs de ces crimes vivent parmi nous, dans nos familles, nos quartiers, nos villages, nos lieux de travail. Ils peuvent avoir une vie sociale ordinaire, être connus, parfois appréciés de leur entourage.

Nous le savions, bien sûr. Mais nous avons trop souvent préféré ne pas regarder, ne pas entendre, ne pas interroger ce qui se passait autour de nous. Faire comme si nous n’étions pas concernés. Nous, les hommes en particulier. Faire comme si nous n’avions jamais eu de gestes déplacés, de paroles ambiguës, de comportements que nous aurions peut-être minimisés, ou comme si nous n’avions jamais été témoins de situations semblables sans intervenir.

Faire comme si un modèle ancien de masculinité, fondé sur la puissance, la possession et la domination, allait de soi. Comme si les femmes devaient encore trouver leur place dans un monde pensé sans elles. Comme si les revendications d’égalité portées par les femmes remettaient en cause un ordre naturel, alors qu’elles contestent simplement une histoire de privilèges et d’inégalités.

Mais pouvons-nous avancer sur la question des violences sexistes et sexuelles par une approche uniquement morale, voire moralisatrice ? Certainement pas. La condamnation des actes est indispensable, mais elle ne suffit pas. Il faut comprendre les mécanismes qui les rendent possibles et entreprendre un travail collectif de transformation.

Les racines sont profondes. Nos sociétés se sont longtemps organisées autour d’un ordre patriarcal, dont le « pater familias » romain constitue une illustration ancienne. Les institutions, les traditions, certaines interprétations religieuses, l’éducation et les représentations culturelles ont contribué, au fil des siècles, à maintenir des rapports inégalitaires. Celles et ceux qui ont tenté de s’en affranchir ont souvent été marginalisés, ridiculisés ou réprimés.

Des « sorcières » aux suffragettes, d’Olympe de Gouges aux militantes féministes contemporaines, l’histoire est pourtant aussi celle des résistances et des conquêtes. Le vent est en train de tourner. Des mouvements féministes des années 1960 aux femmes d’Iran, des luttes du Chiapas et du Rojava au mouvement #MeToo, des résistances des femmes afghanes aux combats du MLAC, des sardinières aux grévistes sans-papiers des hôtels Ibis, partout les femmes s’organisent.

Elles ont parcouru ensemble un long chemin, fait de luttes, de solidarités et de victoires. Elles adressent aux autres femmes ce message simple et puissant : « Viens, petite sœur. Ensemble, on a moins peur. » Elles montrent surtout que l’émancipation n’est jamais une utopie abstraite : elle devient possible lorsque des personnes décident de s’unir et d’agir.

Gisèle Pélicot est à la fois l’héritière et le symbole de cette longue histoire. Par son courage, sa détermination et son choix de rendre public ce qu’elle a subi, elle a déplacé la honte : elle n’appartient plus aux victimes, mais aux agresseurs et à ceux qui les protègent.

Son combat nous invite à poursuivre le chemin, femmes et hommes, ensemble et parfois séparément, vers une société débarrassée des dominations. Car l’émancipation des femmes ne constitue pas une revendication particulière : elle participe d’une émancipation plus large de l’humanité.

Elle suppose de transformer nos rapports sociaux, de construire des espaces fondés sur l’égalité réelle, la solidarité, l’autogestion et le partage du pouvoir. Elle appelle à dépasser les logiques de possession, de compétition et de domination qui traversent encore nos sociétés.

Le chantier est immense. Mais il est ouvert.

Sur la question agricole : de l’industrialisme à l’écologie.

Retrouvé dans nos archives ce texte de Philippe ZARIFIAN datant de 2016

J’ai, dans un texte précédent, indiqué l’importance de la révolte actuelle de la paysannerie. Mais sans entrer dans les questions de fond qui la sous-tendent. C’est quelques propositions à ce sujet que je voudrais faire, en particulier à partir de mon expérience de chercheur à l’INRA et de mes nombreux voyages.

13 février 2016

Philippe ZARIFIAN

1. La question agraire et agricole dans la tradition socialiste.

Dès le départ, c’est-à-dire dès la création du premier grand parti politique se référant explicitement au socialisme d’inspiration marxiste, le parti social-démocrate allemand, à la fin du 19ème siècle, la vision industrialiste de l’agriculture a été clairement privilégiée. On trouve cette conception pleinement développée et argumentée dans le livre de Karl Kautsky, publié en 1899, et intitulé “La question agraire. Etude sur les tendances de l’agriculture moderne”. Kautsky pose l’industrialisation de l’agriculture et la prolétarisation des paysans comme inévitable, base à partir de laquelle une option socialiste pourra être posée : «  Une chose est certaine. Dans un grand nombre de domaines, la production agricole a été transformée en production industrielle; dans beaucoup d’autres domaines, cette transformation est prochaine; nul domaine de l’activité agricole n’est entièrement assuré contre cette prise de possession ».

L’agriculture moderne est mal partie… Il a existé et existe toujours une erreur théorique. Peu importe de savoir si cette “erreur” était en réalité commandée par des intérêts de classe, et donc volontaire, ou pas. La théorie a elle-même ses propres exigences de vérité.

Considérer la terre, son rapport aux plantes et aux animaux comme à des matières premières, assimilables à celles qu’exploite l’industrie, et considérer le paysan comme l’équivalent d’un ouvrier représentent une même erreur. C’est tout simplement faux.

D’une part, le processus de production agricole est qualitativement différent du processus industriel : nous n’avons pas affaires à des ouvriers transformant de la matière, mais à une production assurée par la rencontre entre des plantes, potentiellement aptes à se transformer et se développer (à partir d’une graine par exemple) et une terre et un climat favorables à une telle croissance. L’être humain n’intervient pas directement dans le cœur du processus de production. Ce n’est pas, quel que soit son statut juridique, un ouvrier. Son rôle est de préparer, créer et maintenir les conditions favorables à cette production naturelle (par la nature). Et de l’achever (coupe, entreposage, expédition, etc.).

L’immense erreur de l’agriculture industrialiste a été et est toujours d’ignorer cette vérité de base et d’avoir développé des processus artificiels qui appauvrissent et finissent par détruire ces processus foncièrement naturels. Il en est de même, et de façon encore plus flagrante, pour l’élevage : ce n’est pas l’agriculteur qui produit du lait ou de la viande. C’est bel et bien l’animal, donc un être de nature.J’ai eu la chance, au Brésil, de pénétrer dans une forêt primaire: j’ai été frappé par la densité et l’intensité des processus qui s’y jouaient.

L’agriculteur peut agir sur le rendement de la vache, sur le caractère de la viande (par croisement d’espèces par exemple), etc., mais il n’est jamais au coeur de l’acte de production. En faisant des paysans des “exploitants agricoles” ou des “ouvriers agricoles” (selon leur statut juridique), on a totalement faussé le regard qu’il fallait porter sur leur travail, et, pris dans les mailles d’une agriculture industrialiste, les agriculteurs ont eux-mêmes détourné et dégradé leur propre regard, leurs manières de travailler, souvent à contrecœur.

Il a peut être fallu un siècle pour s’en apercevoir, mais le résultat est là : l’agriculture (capitaliste) industrialiste nous plonge tous dans un devenir catastrophique (le mot n’est pas exagéré). En effet, aux dégâts propres à l’agriculture capitaliste industrialiste s’ajoutent les effets de la crise écologique globale, et en particulier du dérèglement climatique.

Citons un certain nombre des conséquences négatives actuelles :

– des millions de personnes, d’ores et déjà aux prises avec la famine et la mort. Outre des causes proprement politiques et sociales (des guerres en particulier), l’ampleur prise par ces famines est liée à la rencontre, dans des lieux préalablement secs et peu fertiles (mais qui étaient déjà connus comme tels avant), entre les effets du dérèglement climatique mondial et l’accaparement des meilleures terres par une agriculture industrialiste d’exportation, aux mains d’une petite minorité. Ce problème est majeur : ce n’est pas demain qu’une partie de l’humanité meurt. C’est aujourd’hui !

– dans le même sens, l’essor d’une grande agriculture d’exportation spécialisée, épuisant les terres les plus riches, dans des pays où l’autosuffisance alimentaire n’est pas assurée, et de loin pas !!! Ce sont là des choix politiques particulièrement négatifs, dans les pays où sévissent, à large échelle, la sous-alimentation et la pauvreté.

– le développement des “sans terre”, phénomène nettement plus étendu qu’on ne le croit. Dans les pays du Sud, ces “sans terre” sont constitués de petits paysans, qui avaient commencé à cultiver la terre, mais chassés par les grands propriétaires, qui, non contents de posséder de grandes exploitations, constituent, de manière parfaitement légale (mais avec l’appui de milices privées), des vastes réserves, soit pour une extension future de leurs exploitations, soit pour spéculer sur d’éventuelles réserves en ressources minérales, énergétiques ou arboricoles. Au Brésil, le mouvement social des “sem terras” a su se constituer et se battre, mais sans trouver un réel soutien de la part du gouvernement. Ce phénomène est plus vaste qu’il n’y paraît, car dans nos pays, pays dit du Nord, une partie du phénomène de l’exode rural a été alimentée par d’anciens paysans, qui seraient restés sur leurs terres, si les conditions de survie économique et d’accès à la propriété de la terre, ne les avaient pas “jetés sur les routes”.

– La montée de l’endettement des agriculteurs. C’est un phénomène particulièrement frappant dans le cas français : l’acceptation, en partie forcée, d’une agriculture industrialiste a obligé une large partie d’agriculteurs familiaux, voire de ceux qui se sont regroupés en coopératives, à s’endetter pour l’achat des machines, l’achat des aliments pour animaux ou des engrais chimiques, l’éventuel agrandissement de la propriété, etc., tous phénomènes qui, confrontés aux aléas des prix des produits agricoles, a provoqué et provoque toujours en endettement important, donc une sorte de cercle vicieux dans lequel les agriculteurs se trouvent enfermés. Outre les phénomènes de nationalisme exacerbé que cela peut engendrer, outre le sentiment malsain de vivre comme des assistés de la PAC, c’est tout simplement l’une des causes qui provoque la fuite devant l’activité agricole et accentue la désertification des campagnes.

– L’épuisement des sols, du fait d’une agriculture intensive, de la course aux rendements, mais aussi, de manière encore plus profonde, de la logique industrialiste. Compenser cet épuisement par un recours croissant à des engrais chimiques provoque les conséquences que l’on sait. C’est l’aspect sur lequel l’agriculture biologique s’est concentrée et avec raison, mais ce n’est qu’un aspect parmi d’autres. – Une réduction permanente de la biodiversité. Elle n’affecte pas que les formes de vie les plus visibles. Elle touche la diversité des micro-organismes et des insectes, éléments essentiels pour le développement des plantes. Elle affecte la diversité des types de plantes et d’animaux. Et, en définitive, détruit des écosystèmes, des chaînes interdépendantes de vie, qui touche, en négatif, les possibilités actuelles et futures de développement des élevages et des cultures. Ainsi que l’esthétique des paysages et des lieux de vie.

– Dans des pays comme la France ou les Etats-Unis, des processus, qui s’auto-entretiennent, de surproduction et de surconsommation. L’une favorise l’autre, sans en être la seule cause bien entendu.

Cela se marque au niveau de la santé des “consommateurs” : obésité, mal bouffe (il n’y a pas que MacDo qui soit en cause !), abus d’aliments ou de boissons, dont le caractère nocif pour la santé peut se révéler, campagnes de publicité périodiques faites dans les grandes surfaces pour écouler en grande quantité tel ou tel type de produit, effets d’imitation de la part des “consommateurs”, associés souvent à une perte de culture culinaire et à une absence de culture en matière de diététique, etc.

– Perte de la qualité gustative des aliments. Ce n’est pas qu’un détail : standardisation des produits et production industrielle vont de pair avec une homogénéisation du goût et une perte de la qualité et la diversité gustatives des produits. C’est un élément du plaisir de vivre qui se détériore. Ne prenons qu’un exemple : qui se rappelle encore ou a accès à la consommation de yogourts savoureux ? Les yogourts offerts aujourd’hui par les grandes marques sont sans saveur et doivent, pour se vendre, être associés d’autres ingrédients, en particulier des goûts de fruit ou de vanille, produits en partie par des procédés chimiques…

– Guerres commerciales incessantes sur les marchés mondiaux, dont on trouve l’expression dans les cycles de négociations, sans cesse en échec, qui marquent l’Organisation Mondiale du Commerce. – Etc. Le domaine de l’élevage englobe d’autres facteurs. Nous n’allons pas les détailler. 

La conséquence globale selon nous, en est claire : il faut rompre avec cette approche et cette politique industrialistes -capitalistes relatives à l’agriculture. Et il y a, là, comme dans tous les phénomènes qui touchent à l’écologie, urgence.

2. Propositions pour une agriculture écologique.

L’existence, désormais reconnue officiellement, et contrôlées sous forme de normes, d’une agriculture biologique, marque sans aucun doute un progrès. Mais limité : avant tout centrée sur le caractère naturel des produits utilisés dans la culture ou l’élevage, cette agriculture n’est, de loin pas, une réponse à l’ensemble des problèmes que nous avons soulevés.

Dans les critiques que nous avons faites dans les parties précédentes de ce texte, quelques éléments d’alternative ont été posés. Nous voulons maintenant les développer de manière systématique.

1) Il faut d’entrée de jeu changer de paradigme, ou, si l’on préfère, de manière de penser l’agriculture. L’agriculture opère sur du vivant. Elle opère sur des processus qui relèvent de ce vivant, qui relèvent directement des potentialités que la nature recèle en elle-même. Avec l’agriculture, nous sommes placés immédiatement au cœur de la question écologique : celle des rapports cognitifs, sensibles et pratiques que les humains entretiennent avec les processus et propensions de la nature, et qui plus est, dans ce cas précis, dans le règne du vivant. Au sein de ce rapport, les humains qui, à un titre ou un autre, interviennent dans le domaine agricole doivent avoir une vision précise de leur rôle : ce ne sont pas eux qui sont situés au cœur de la production. Cette dernière est le produit de l’action dynamique de la nature sur elle-même.

Par contre, les humains ont un rôle fondamental à jouer pour orienter, préparer, créer les conditions les plus favorables possibles à cette action de la nature, pour en rapporter les effets positifs dans la vie sociale et individuelle proprement humaine. En bref : l’agriculture traite d’une alliance entre hommes et processus naturels, et c’est cette alliance qu’il convient de penser, avec une rupture radicale d’avec le paradigme industrialo-capitaliste (centré sur l’exploitation intensive de la nature réduite au statut d’une simple matière première ou d’une simple ressource).

2) Une agriculture écologique fait se rencontrer et interagir quatre grandes composantes :

a. Le savoir endogène et local de la paysannerie, transmis au sein de milieux familiaux et sociaux, de communautés. C’est volontairement que nous reprenons ici le terme de “paysannerie” : bien que, sous l’effet de l’industrialisme et de l’urbanisation, le mot “paysan” ait été dévalorisé, synonyme d’un être mal dégrossi, pré-moderne, il a en réalité une signification précise et riche. Un paysan, c’est l’habitant d’un “pays”, d’un terroir local, avec la singularité de sa terre, de son climat, de son milieu social, de sa culture, et, disons le, de ses traditions. Il est, de ce fait, souvent par héritage d’un nombre élevé de générations, le détenteur d’un savoir agricole irremplaçable, que nous qualifions d’endogène, car il est interne à un milieu social local. Et ce savoir est irremplaçable, car fruit de l’expérience, d’un très grand nombre d’épreuves pratiques et de réajustements, il est situé au plus prêt des processus naturels qu’ils rencontrent et prend en charge, sous sa responsabilité. C’est un savoir subtil, fin, ajusté, tout à fait à l’inverse de l’image dévalorisante que l’on a voulu donner des paysans. Entendons bien : peu nous importe que l’on parle de “paysans” ou d'”agriculteurs” : c’est aux personnes concernées de choisir le terme qui les désigne socialement. Mais nous le reprenons ici pour mieux signifier l’importance de cette première composante.

Insistons sur la dimension locale de ce savoir endogène. Cela ne veut pas dire qu’il soit uniquement local. Mais cela signifie qu’il se singularise, et donc acquiert sa complète pertinence, au plan local. Par exemple; si tous les viticulteurs partagent des savoirs communs, il n’empêche que tel cru, sur telle parcelle de terre, dépend d’interventions humaines, de manière de traiter la vigne, de soins, de gestes professionnels qui ont une dimension purement locale.

Il importe de souligner deux aspects immédiatement complémentaires : un savoir endogène n’est pas figé. Il évolue en permanence, au contact avec des changements (de la terre, du climat, etc;). Il est capable de réaliser ce qu’il a toujours fait : transformer des traditions en innovations, lorsque l’environnement le nécessite. Et il le fait d’autant plus facilement que, inséré dans un milieu social, collectif, il peut se confronter aux avis et expériences des autres. Ensuite : il ne s’agit en aucun cas, d’être passéiste ou anti-scientifique : les savoirs techniques et scientifiques – ceux par exemple, développés en France par l’INRA – ont pleinement leur place.

On n’en saura jamais assez sur les processus naturels et leurs mutations. Mais à une condition qu’il faut absolument respecter : ces savoirs exogènes ne doivent intervenir et agir que par l’intermédiaire des savoirs endogènes. Ils ne peuvent en aucun cas les remplacer. Ils doivent les enrichir, les élargir. En clair, il faut que soit montée une association, une coopération entre agriculteurs d’un côté, techniciens et scientifique de l’autre, dans laquelle il soit reconnu que les acteurs de premier plan restent les agriculteurs (ou mieux dit : la paysannerie).

b. La seconde grande composante est faite des écosystèmes qui abritent et font que les processus naturels peuvent avoir lieu, se reproduire et évoluer. Ceci est aussi bien vrai pour la culture que pour l’élevage. Par écosystème, nous entendons un ensemble d’interactions, fines et complexes, qui constituent l’unité dynamique entre un milieu (biotope) et les organismes vivants, animaux, végétaux et bactériens (biocénose) qui y vivent. C’est au sein de cette unité dynamique que le cœur de la production agricole a lieu.

Nous l’avons rapidement indiqué : les insectes et bactéries sont absolument indispensables à la culture des plantes. Dans la majorité des cas, on trouvera des interactions entre ces trois grands règnes du vivant que sont les animaux, les plantes et les bactéries. La terre, sa qualité, sa singularité, constitue ce milieu favorable (ou non) à cette production du vivant, qui nous servira d’aliments.

Les savoirs endogènes, enrichis et éclairés par les savoirs exogènes, s’associent à cette deuxième composante, de par les finesses des connaissances, des expériences, qui permettent, aux humains, d’intervenir de manière pertinente sur ces processus, sur cette production, en complet respect de sa singularité.

c. La troisième composante est proprement sociale : il s’agit de considérer que les “produits” d’une production agricole ne sont pas, à titre principal, des marchandises, mais des aliments et “mets” adaptés à notre propre complexion corporelle et psychologique, avec plusieurs dimensions : dimension de la santé, dimension du plaisir, dimension de l’échange social convivial, dimension symbolique. C’est là où les arts culinaires (tempérés peut être par certaines connaissances en diététique…!) peuvent être retrouvés, avec sobriété.

d. Enfin, la quatrième composante a trait au régime de propriété. Il nous semble qu’il ne faut, sur ce point, afficher aucun dogme, pour autant que ce régime de propriété favorise les combinaisons énoncées ci-dessus. Néanmoins, on peut dire que le salariat, soit direct (salarié agricole), soit indirect (quasi-fonctionnaire d’une ferme d’Etat ou quasi-esclave d’un grand domaine), est peu approprié à l’essor d’une agriculture écologique. C’est pourquoi propriété familiale et coopérative nous semblent être les meilleures, mais à condition de les intégrer dans une démocratie active, pour le moins locale, voire régionale, au sein de laquelle des discussions et échanges et une compréhension mutuelles pourraient être organisée entre agriculteurs d’un côté, habitants et bénéficiaires de ces mets et aliments de l’autre (avec un rôle d’associations éventuelles, pour la promotion et la connaissance de tel ou tel produit, de telle ou telle culture ou élevage, à définir et un appui des collectivités locales).

3) Reste bien entendu l’aspect économique.

Nous ne saurions prétendre, dans ce texte orienté sur l’écologie, traiter à fond de la dimension économique. Nous nous limiterons à deux aspects :

– quelle peut être la valeur, et donc indirectement le prix de vente, d’une production agricole écologique. On pourrait dire : il s’agit d’une valeur éthique. C’est vrai, mais c’est en même temps une pirouette. Nous poserons que la valeur ici engagée est une valeur de service , c’est-à-dire ce qu’apporte, en alimentation et en qualité de vie bonne, cette production, selon l’appréciation croisée qu’en font les producteurs (les agriculteurs) et les bénéficiaires.

Le prix de vente a une composante objective : il faut couvrir les frais que les agriculteurs engagent (avec ou non soutien d’une puissance publique), ainsi que le nécessaire pour qu’ils puissent assurer un niveau de vie décent. Mais il a aussi une composante intersubjective, qui, à sa manière, renvoie à la tradition du négoce : savoir débattre d’un prix, entre vendeurs et acheteurs, sur la base d’arguments.

Cette vieille tradition possède des qualités de souplesse, à notre avis, inégalées ! Et particulièrement bien adaptée à une production agricole dans laquelle gît une qualité du bien proposé impossible à objectiver totalement.

– Le second, qui demanderait un très long développement, relève de l’organisation des filières (de production, logistique, commercialisation…). Ici, il nous semble que la réglementation publique a un rôle irremplaçable à jouer pour équilibrer les rapports de force. Car, il faut le dire nettement, la puissance économique et financière des groupes qui contrôlent l’aval (industrie agro-alimentaire, grande distribution), voire l’amont (aliments pour animaux, etc;) est telle que les agriculteurs ne peuvent pas par eux-mêmes, même avec le soutien de populations locales jouer à jeu égal. C’est sur ce point précis qu’une réglementation et un contrôle publics sont absolument nécessaires.

Ciné-Concert au Marestaing, le 17 juillet

Vendredi 17 juillet 19h30 Ciné-Concert

MERCI DE RESERVER AU 06 58 41 99 19

Du cinéma muet, avec de la musique “en live”!

Henri Herteman nous propose un Ciné-Concert, soit l’association entre un film muet, de l’époque où le cinéma ne savait pas faire autre chose, et un musicien, lui et ses instruments, qui improvise et accompagne ce film en direct devant le public…

Le documentaire suit la vie d’un Inuk, Nanouk et de sa famille inuite alors qu’ils voyagent, recherchent de la nourriture et font du commerce dans la péninsule d’Ungava, dans la région de Port Harrison (aujourd’hui Inukjuak), au Québec.