Le scénario que nous vivons actuellement, cela fait plus de 50 ans qu’il s’écrit. D’abord lent dans les années 80 puis de plus en plus rapide et maintenant insoutenable. Nié au début par une majorité de professionnels et de pouvoirs publics au prétexte de soi- disant “cycles climatiques”, il est devenu peu à peu irréfutable. Les preuves scientifiques qu’on n’a pas voulu voir se sont accumulées, les alertes nous priant de changer de cap, la chaleur, les pluies torrentielles, l’érosion des sols, la perte de la biodiversité, la pollution, le fait que certaines parties du globe vont devenir inhabitables … Nous devons cesser dès aujourd’hui notre comportement de prédateurs sur la planète et adopter celui de protecteurs de ressources irremplaçables. Nous gagnerons plus à augmenter la porosité des sols et à stocker l’eau en profondeur qu’à déplacer des m3 de terre pour pouvoir arroser des cultures d’été qui ne sont plus adaptées ; il est probablement déjà trop tard !
Nous sommes présents aujourd’hui pour une réunion d’urgence face à ce bouleversement climatique déjà en cours, que nous avons généré collectivement. Les dégâts ne sont pas que dans les sols, les cultures desséchées, les animaux manquant d’eau et de fourrage ou crevant de chaud. Les dégâts sont aussi psychologiques pour tous ceux que les incessantes politiques agricoles menées depuis l’après-guerre ont induit en erreur. Les scientifiques avaient raison et nous avons regardé ailleurs, pour des intérêts économiques douteux, pour le pouvoir ou par idéologie. Ces scientifiques ont même dit qu’il ne fallait pas aller vers un point de non-retour car le climat pourrait s’emballer et devenir incontrôlable. On y est ! Nous avons refusé d’organiser une sobriété partagée, Nous allons subir une sobriété douloureuse imposée par la nature, voire contrainte par la loi. Et l’argent ne palliera pas l’absence d’eau ou de fourrage. Alors, la politique des rustines, c’est fini ! Nous devons balayer la table et écrire un nouveau scénario, scientifiquement valide, enviable, respectueux des générations futures et consensuel. La Conf est, quant à elle, prête à chercher des solutions et à construire ensemble.
Le Comité départemental de la Confédération Paysanne 81
Véronique Vigna, chanteuse et auteure, et Christoph Becker, musicien, invitent petits et grands à découvrir leur palette de contes traditionnels revisités ou d’histoires inventées issues de leurs nombreux voyages
N’oubliez pas de réserver Jeudi 20 aout à 18H30 à l’ombre du figuier
Appel à mobilisation nationale Marchons pour qu’on suive enfin les scientifiques, et qu’un plan d’urgence, d’adaptation et d’atténuation soit engagé sans attendre un été de plus. https://26septembre.org/appel
Lettre ouverte au Président de la République
Monsieur le Président de la République,
Le 31 décembre 2022, vous demandiez dans vos vœux : « qui aurait pu prédire la crise climatique aux effets spectaculaires ? ». La Gironde avait brûlé quatre mois plus tôt. Elle vient de brûler encore, plus fort qu’à aucun moment depuis cinquante ans, et la fumée est montée jusqu’aux villages du Cher.
Qui aurait pu prédire que 5 764 personnes mourraient de la canicule en quinze jours, sans que rien ne s’arrête ?
Qui aurait pu prédire que celles et ceux qui mourraient d’abord seraient les habitantes et les habitants des quartiers populaires, les familles précaires dans des logements sans isolation, les personnes âgées ou en situation de handicap restées seules, celles et ceux qui travaillent dehors et celles et ceux qui dorment dans la rue ?
Qui aurait pu prédire que les paysannes et les paysans perdraient entre 15 % et un tiers de leurs récoltes selon les productions ?
Qui aurait pu prédire que des millions d’animaux d’élevage mourraient de chaud en quelques jours, les poules d’abord, entassées sous des toits de tôle, et qu’il faudrait rouvrir les fosses d’enfouissement de 2003 ?
Qui aurait pu prédire que d’innombrables mammifères, oiseaux et insectes brûleraient vifs dans les incendies, sans qu’aucun décompte ne soit seulement tenté ?
Qui aurait pu prédire que les coupes dans les services publics laisseraient les enfants dans des écoles surchauffées, les pompiers sans moyens et les hôpitaux à découvert au moment précis où nous en avions le plus besoin ?
Qui aurait pu prédire que TotalEnergies encaisserait 5,4 milliards de dollars en un seul trimestre, 102 % de plus qu’il y a un an, sur la flambée du baril provoquée par les guerres pour l’accès aux ressources énergétiques et minières ?
Personne ne pouvait l’ignorer, parce que tout était écrit.
Les compagnies pétrolières, elles, savaient dès 1971. Elles ont préféré payer pour qu’on en doute.
Le GIEC (Groupe d’expertes et d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) avait prédit, depuis 1990.
À de nombreuses reprises, par voie de presse, de pétitions et même de manifestations, des milliers de scientifiques du monde entier ont tenté d’alerter les dirigeant·es politiques. Ils et elles ont été ignoré·es.
Nous nous sommes mobilisé·es
Depuis que vous avez été élu, nous nous sommes mobilisé·es par centaines de milliers dans les grèves, marches et pétitions pour le climat.
Sur les ronds-points, quand la question du prix du carburant a rendu évident que la fin du mois et la fin du monde sont le même combat, et que la nécessaire bifurcation écologique ne peut se faire au détriment des travailleurs et des travailleuses pauvres de notre pays.
Aux côtés des exilé·es et déplacé·es, notamment à cause des dérèglements climatiques et des guerres économiques et militaires menées dans leur pays d’origine.
Contre les méga-bassines, pour que l’eau reste un commun et non le privilège de quelques exploitations. À deux millions de signatures contre le retour d’un insecticide interdit, parce que les sols, les rivières et celles et ceux qui les travaillent ne sont pas une variable d’ajustement.
Vous ne nous avez pas écouté·es. Vous avez dit que nous exagérions, puis que nous étions des radicaux, puis des écoterroristes. Pendant ce temps, vous avez ramené le Fonds vert de 2,5 milliards d’euros à 837 millions, quand il permet aux communes de se protéger. Vous avez ajouté 6,7 milliards au seul budget des armées en une année. Et toute notre sécurité civile tient sous le milliard, avec douze avions bombardiers d’eau.
Nous ne venons pas vous demander de nous plaindre. Nous venons vous demander des comptes.
Nous exigeons un plan d’urgence
Parce que l’été prochain sera plus chaud que celui-ci. Des lieux frais accessibles dans chaque bassin de vie, en commençant par les quartiers populaires et les communes rurales. Des écoles, des crèches, des hôpitaux et des EHPAD où l’on ne meure pas de chaud. La protection des travailleuses et des travailleurs de la chaleur inscrite dans la loi. Un toit pour chacune et chacun, parce qu’on ne s’adapte pas au climat quand on dort dehors. Des moyens humains et matériels réels pour les secours. Un fonds pour les paysannes et les paysans sinistrés, et le sauvetage de la faune inscrit dans les plans de catastrophe.
Nous exigeons un plan d’adaptation
Parce qu’aucune commune ne doit rester seule devant le feu et la soif. Le Fonds vert rétabli et l’ingénierie publique rendue aux territoires. La rénovation des logements engagée, des passoires thermiques et du parc social, pour que l’isolation cesse d’être un privilège. Des forêts renouvelées, des sols restaurés, des haies replantées, des rivières et des nappes traitées comme des communs et non comme des stocks à privatiser.
Nous exigeons un plan d’atténuation
Parce qu’on ne s’adapte pas indéfiniment à une catastrophe qu’on continue d’alimenter. La fin de toutes les subventions aux énergies fossiles. L’interdiction pour toute entreprise française d’ouvrir de nouveaux projets fossiles, ici comme ailleurs. Des transports publics accessibles partout avant toute taxe qui pèserait sur les plus modestes. Une sortie du fossile qui soit aussi une sortie des guerres qu’il finance.
Pour payer ces trois plans
Nous exigeons que contribuent celles et ceux qui ont fabriqué la catastrophe et qui en tirent profit.
Les superprofits des énergies fossiles, taxés dès la loi de finances 2027.
Les superprofits de l’armement, dont les carnets de commandes n’ont jamais été aussi pleins.
Un impôt climatique sur les patrimoines des plus riches, qui rapporterait entre quinze et vingt-cinq milliards d’euros par an.
Trois Françaises et Français sur quatre veulent déjà que les entreprises fossiles paient davantage. Nous ne demandons rien d’autre que ce que ce pays réclame.
Samedi 26 septembre 2026 Appel à mobilisation nationale pour le climat, la paix et les solidarités. Site édité par le Mouvement du 26 septembre, collectif de citoyens et citoyennes. 27 rue de Paradis, 95100 Argenteuil — France.