Moi non plus je ne suis pas Charlie

Un sentiment de malaise à chaque fois qu’une majorité se lève, et que Panurge se réveille… Un sentiment de malaise parce qu’il serait moralement inadmissible de ne pas être Charlie (au delà du ridicule de cette assertion qui voudrait que je sois quelqu’un d’autre que moi-même).

Charlie serait devenu le symbole d’une certaine liberté d’expression qu’on ne saurait attaquer. On ne peut pas leur reprocher de se mouiller c’est vrai, et j’avoue que la provocation me fait rire. Je garde quand même un certain malaise venant du temps où Philippe Val, cet arriviste, était aux manettes. Siné en a payé les pots cassés, et voir P. Val au bord des larmes face caméra, me pousse à me poser la question de sa sincérité.

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Charlie et les sales types (texte d’Eveline Grieder)

113 page 15 double peine pour CharlieDepuis mercredi, c’est une avalanche de sentiments mélangés à des bribes de pensées, de tentatives de réflexion, qui envahissent beaucoup d’esprits, dont le mien.

Je suis, comme beaucoup, KO, abasourdie, hébétée, stupéfaite, infiniment triste, et pourtant, depuis le même jour, et surtout depuis hier, un rayon d’espoir se faufile au milieu de la confusion, à la vue de l’incroyable réaction populaire, mais aussi intellectuelle, venant de notre société debout sous le choc, mais aussi du monde entier.

Ce qui fait chaud au cœur, c’est l’extraordinaire revendication, au travers du slogan-symbole Je suis Charlie, de ce droit fondamental à la liberté d’expression que notre Révolution Française a hissé au rang de trésor le plus précieux de l’homme, et que toute notre tradition d’insolence, d’irrévérence gauloise, de farouche indépendance vis-à-vis des puissants, a constitué comme patrimoine de notre esprit républicain, afin que le rire surplombe la colère ou la peur.

Que ce droit à la totale audace créatrice soit relayée par les citoyens d’innombrables pays est profondément réjouissant, car, dans une période difficile, la joie assumée nous fait nous sentir bien vivants, et cela signifie aussi que le rayonnement français à propos de valeurs universelles a toujours de la force.

Un journaliste espagnol a écrit, juste après la tuerie à Charlie Hebdo : « le monde est devenu si sérieux qu’il devient dangereux de rire »…

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Ces gens qui « ne sont pas CHARLIE »… et dont je fais partie.

Dimanche 11 janvier 2015, 09h30, matin brumeux et pluvieux, de cette fine pluie qui semble pénétrer jusqu’à la chair et les os et cheviller le froid hivernal, au coeur. Cette bruine insidieuse, partout et régulière, 10919017_1584211315143519_4015708539644755395_nsans fin… qui vous cerne d’inconfort, comme le mal être qui a, depuis mercredi dernier, écorné les pages du GRAND LIVRE SACRÉ de ce dont il convient, unanimement, d’appeler et de rappeler le nom,« la liberté d’expression ».

 

Et en effet, partout où mes yeux se posent dans cet espace public détrempé, je tombe sur des vitrines flanquées du mot de solidarité (pas encore logo mais ça ne saurait tarder?!) « JE SUIS CHARLIE ».

 

Nous sommes à Castres, ville à la ligne politique municipale, mais pas seulement, fortement imbibée de « valeurs de droite », « une droite républicaine » bien sûr… donc anti-communautariste, pour les autres bien sûr, l’entre soi droitier étant, pour le reste des« gens d’ici » une règle d’or, bien que non avouée…

 

Imprimés blanc sur fond noir avec la typographie de CHARLIE HEBDO ou dessinés directement sur un bout de papier blanc, avec un simple crayon. Parfois avec des couleurs et du gribouillage « qui dépasse des lignes », dans lesquels on sent la patte d’un enfant dont on peut se demander ce qu’il a bien pu comprendre du pourquoi de ce dessin, et dont on peut légitimement douter qu’il en soit à l’initiative seul.

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