Ne laissons pas s’installer le monde sans contact

Publié sur Médiapart, Terrestres, Reporterre,  le 27 avril 2020

Co-signé par les collectifs aveyronnais d’information sur les objets connectés et champs électromagnétiques artificiels.

Lire ici :

https://ccaves.org/blog/wp-content/uploads/Appel-au-boycott-de-lappli-Stop-Covid.pdf

https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/270420/ne-laissons-pas-s-installer-le-monde-sans-contact

« Tant de gens parlent du « jour d’après », de tout ce qu’il faudra accomplir et obtenir après le coronavirus.

Mais au-delà des maladies et des deuils de chacun, dans quel état y arriverons-nous collectivement ?

Dans quel état psychologique ?

Dans quel Etat politique ?

Avec quelles habitudes relationnelles ?

Extraits :

Initié par le collectif Ecrantotal et un groupe de travail (sur le numérique) de l’organisation espagnole Ecologistas en accion, ce texte soulève le risque que les bonnes résolutions pour le jour d’après soient déjà neutralisées par l’accélération en cours de l’informatisation du monde. Il propose un boycott massif et explicite de l’application Stop-COVID19 qui sera mise en place au mois de mai. Cette application de traçage des smartphones est présentée ici comme le symbole de la fascination et de la dépendance générale envers la technologie. Fascination et dépendance qui assurent la perpétuation de l’ordre politique existant et de notre trajectoire vers la destruction écologique.

(…)

  1. Ces jours-ci, il semble que de nombreuses personnes laissent leur smartphone chez elles, quand elles quittent leur domicile. Nous appelons à la généralisation de ce genre de geste et au boycott des applications privées ou publiques de traçage électronique. Au-delà, nous invitons chacun et chacune à réfléchir sérieusement à la possibilité d’abandonner son téléphone intelligent, et de réduire massivement son usage des technologies de pointe. Revenons enfin à la réalité.
  2. Nous appelons les populations à se renseigner sur les conséquences économiques, écologiques et sanitaires du déploiement planifié du réseau dit « 5G », et à s’y opposer activement. Plus largement, nous invitons chacun et chacune à se renseigner sur les antennes de téléphonie mobile qui existent déjà près de chez soi, et à s’opposer aux installations de nouvelles antennes-relais.
  1. Nous appelons à une prise de conscience du problème de la numérisation en cours de tous les services publics. Un des enjeux de la période d’après-confinement (ou des périodes entre deux confinements ?) sera d’obtenir que des guichets physiques soient encore ou à nouveau disponibles pour les habitants des villes et des campagnes, dans les gares, à la Sécurité sociale, dans les préfectures et autres administrations. Des batailles mériteraient d’être engagées pour la défense du service postal (essentiel par exemple à la circulation d’idées sans numérique) et le maintien d’un service de téléphone fixe, bon marché et indépendant des abonnements à Internet. 11-Rappelons simplement que selon une étude publiée dans le journal scientifique The Lancet en 2017, la pollution de l’eau, de l’air et des sols tue 9 millions de personnes chaque année
    (https://www.lemonde.fr/pollution/article/2017/10/20/la-pollution-responsable-de-9-millions-de-morts-dans-le-mondepar- an_5203511_1652666.html).
  2. Une autre bataille essentielle pour l’avenir de la société est le rejet de l’école numérique. La
    période critique que nous vivons est mise à profit pour normaliser l’enseignement à distance par Internet, et seule une réaction d’envergure des enseignants et des parents pourra l’empêcher. Malgré toutes les critiques qu’on peut faire de divers points de vue à l’institution scolaire, la période actuelle devrait illustrer aux yeux d’un grand nombre qu’il y a du sens à apprendre à plusieurs et qu’il est précieux pour les enfants d’être au contact d’enseignants en chair et en os.
  3. L’économie n’est pas et n’a jamais été à l’arrêt ; les conflits sociaux ne doivent donc pas l’être non plus. Nous soutenons toutes celles et ceux qui se sentent mis en danger, du point de vue de la santé, à leur poste de travail habituel ou dans leurs déplacements. Mais nous attirons aussi l’attention sur les abus et les souffrances dans le cadre du télétravail, à domicile. Certains d’entre nous dénoncent l’informatisation du travail depuis des années ; il est clair que l’extension du télétravail contraint est un processus à endiguer par de nouvelles formes de luttes, de boycott, de retrait.
  4. Du point de vue économique, les mois à venir s’annoncent terribles. Un appauvrissement très important des populations est possible, au même titre que des effondrements bancaires et monétaires. Face à ces périls, il nous faut penser à comment manger et comment cultiver des terres ; comment s’inscrire dans des réseaux d’approvisionnement de proximité, et comment étendre ces possibilités au plus grand nombre ; comment soutenir les agriculteurs qui produisent de la nourriture saine près de chez nous et comment aider d’autres à s’installer. Ce que nous avons dit plus haut explique pourquoi nous pensons que le recours à la technologie de pointe pour faire tout cela n’est pas une solution humaine et pérenne.

7. Enfin, il va nous falloir défendre les moyens de nous rencontrer physiquement, inventer ou retrouver des lieux de discussion publique dans ce contexte difficile où vont se jouer des batailles décisives. Bien sûr, il faudra prévoir des modalités qui prennent en compte les risques de contagion.
Mais la vie connectée ne peut durablement se substituer à la vie vécue, et les succédanés de débats par Internet ne remplaceront jamais la présence en chair et en os, le dialogue de vive voix. Chacune et chacun doit réfléchir dès maintenant à la manière dont il est possible de défendre ce droit à la rencontre (réunions d’habitants, assemblées populaires, manifestations), sans lequel aucun droit politique n’est possible, et sans lequel aucun rapport de force, pour quelque lutte que ce soit, ne peut jamais se constituer.

https://reporterre.net/Appel-au-boycott-de-l-application-Stop-Covid-19

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Le jour d’après ?

La pandémie de corona virus a laissé les pouvoirs et structures institutionnelles totalement désemparées et désarmées devant son caractère imprévu (bien qu’attendu !) et l’ampleur gigantesque de ses conséquences dans tous les domaines. Il n’est pas question, à ce jour, de rechercher des responsabilités dans l’impréparation, la gestion erratique et parfois calamiteuse de cette crise. Cela viendra très vite, n’en doutons pas !

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La SCIC contre l’impéritie

Le jour d’après ?

Jean-Jacques (68) écrit, faisant référence à un article publié dans Politis :

Le travail n’est plus organisé en fonction du profit pour les actionnaires mais de l’utilité sociale.

L’impéritie. Ce terme peu usité désigne fort bien l’incompétence et l’irresponsabilité des arrogants personnages qui nous gouvernent, dévots aveugles des lois du marché mondial. Cela commence à se savoir : l’ahurissante pénurie de masques et de tests n’est pas le fait de la malchance mais de décisions conscientes. Ainsi, malgré les alertes lancées par les syndicats, Bercy et l’Élysée ont laissé la multinationale américaine Honeywell fermer, il y a dix-huit mois, l’usine de Plaintel, dans les Côtes-d’Armor, qui pouvait produire 20 millions de masques par mois. Au nom de la liberté d’entreprendre, Honeywell a pu détruire ses machines – dont certaines étaient quasiment neuves – et délocaliser sa production de masques en Tunisie et en Chine (1).

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Relancer la production ? Surtout pas !

Le jour d’après ?

A la demande de “bon sens” : « Relançons le plus rapidement possible la production », il faut répondre par un cri : « Surtout pas ! ». La dernière des choses à faire serait de reprendre à l’identique tout ce que nous faisions avant.

Commencer à imaginer concrètement les “gestes barrières” contre chaque élément d’un mode de production dont nous ne souhaitons pas la reprise.

Il ne s’agit pas de reprendre ou d’infléchir un système de production, mais de sortir de la production comme principe unique de rapport au monde.

Ce qui ne veut pas dire décroître ou vivre d’amour ou d’eau fraîche, mais apprendre à sélectionner chaque segment de ce fameux système prétendument irréversible, et d’éprouver de proche en proche ce qui est désirable et ce qui a cessé de l’être.

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Les chimpanzés du futur

le jour d’après ?

Pièces et main d’œuvre Grenoble écrit : Une société automatisée est une société de contrainte. Si l’arme des humains contre la tyrannie est leur capacité de commencer quelque chose de nouveau, c’est-à-dire de penser et non de déduire, alors les Chimpanzés du futur doivent retrouver et cultiver cette capacité.

Désobéissons aux algorithmes.

Brisons les chaînes numériques (et les smartphones).

le 11 avril 2020

A quoi sert l’O.M.S. ?

Le jour d’après ?

Jean-François (38) écrit : Alors qu’à la sortie de la Seconde Guerre mondiale a été crée l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), face à la guerre déclarée par un virus cette institution se montre aujourd’hui incapable de planifier la production et la distribution des besoins médicaux des 194 États qui en sont membres. Il faut savoir que ces derniers ne lui ont jamais donné les moyens : En effet, par exemple en 2018-2019, son budget n’était que de 4,4 milliards de dollars*, soit 57 cents de dollar par habitant ! Fait aggravant, les États ne fournissent que 51% des recettes de l’OMS.

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Il faudra changer l’échelle des valeurs

Le jour d’après ?

Nicole (68) écrit :

Oui la preuve est faite aujourd’hui que le travail invisibilisé et méprisé des femmes est le fondement essentiel de la vie et de la survie de la société et qu’il va falloir changer l’échelle de la valeur, comme il faudra changer l’organisation de l’activité humaine, l’organisation du travail et l’organisation de la société, c’est le moment et c’est indispensable pour stopper la spirale d’autodestruction de l’humanité.

La dissolution pixel après pixel

Le jour d’après ?

Armelle ( 81) écrit : Si intérêt pour Confluences, intéressant texte de Bruno Latour. Extraits :
“Imaginer les gestes-barrières contre le retour à la production d’avant-crise”
A la demande de “bon sens” : « Relançons le plus rapidement possible la #production », il faut répondre par un cri : « Surtout pas ! ». La dernière des choses à faire serait de reprendre à l’identique tout ce que nous faisions avant.
Etre interrupteurs de globalisation : commencer à imaginer la suspension du système de production. Commencer à imaginer concrètement les “gestes barrières” contre chaque élément d’un mode de production dont nous ne souhaitons pas la reprise.

Il ne s’agit pas de reprendre ou d’infléchir un système de production, mais de #sortir_de_la_production comme principe unique de rapport au monde. Il ne s’agit pas de révolution, mais de dissolution, pixel après pixel.

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Vers une société nouvelle ?

Le jour d’après ?

Candida Rouet (81) écrit : Tout le monde en parle de ce futur dé-confinement ! Simple sortie de crise ou mutation complète de nos modes de vie ?

Il ne s’agira pas seulement de continuer à se laver fréquemment les mains ! Le changement de nos habitudes sanitaires ne suffira pas à éloigner le Covid ou ses successeurs.

Il s’agit de réfléchir dès maintenant à un changement complet de notre société humaine.

Au niveau écologique, si l’on veut garder une planète vivable, il va falloir sortir de la société du numérique et basculer sur un mode de vie économe de nos ressources : entre autres choses, faire une croix sur nos mobiles et autres Smartphones ainsi que sur les objets du numérique, mais pas que … De façon générale, mettre en place une consommation responsable, bio, protectrice de la nature, de proximité.

Au niveau social, on ne pourra plus faire se côtoyer (de loin quand même !) les super riches et les hyper pauvres qui manquent des moyens les plus élémentaires de survie. Une répartition juste des ressources, en France comme au niveau mondial, ne pourra être évitée, sous peine de mort. Il faudra instituer et réaliser dans les faits le droit à des services vitaux, le droit à la santé, à l’éducation et à la culture, à la liberté de penser et de s’exprimer sans risquer le « gazage » et les dégâts de l’artillerie de répression sociale.

On ne pourra pas éviter une réflexion approfondie sur l’argent et le système bancaire. On ne pourra pas, non plus, faire l’économie d’une réflexion sur le système capitaliste, ni sur la nécessité et les moyens d’en sortir.

Au niveau démocratique, la question n’est pas de savoir s’il faut ou non reprendre les élections municipales au 1er tour ou simplement organiser le 2nd tour et quand. La démocratie représentative a fait son temps et la preuve de sa nocivité.

Il faudra définir qui décide. Non plus des éluEs renvoyéEs ou non dans leurs foyers à la fin de leur mandat, mais un autre mode de décision, autogestionnaire, donnant un véritable pouvoir collectif de décision au minimum aux personnes concernées par les nouvelles mesures à prendre…

P.S. : Ce petit mot, juste pour lancer la discussion ?