Edito du n° 110 de Confluences 81

Le temps de l’hypocrisie

110 page 3 Kalié 1Elle mène le monde !

Au-delà du fait divers, l’assassinat de l’enseignante Albigeoise par une mère d’élève sans doute « dérangée », est bien symptomatique d’un état d’esprit anti-enseignants assez général, hypocritement entretenu par les discours populistes diffusés à présent « de manière décomplexée ». Hypocrisie aussi que les belles déclarations du Ministre de l’Education Nationale et que la légion d’honneur décernée à Fabienne (à titre posthume, faut-il le rappeler ?) tout comme ses enfants devenus pupilles de la nation (c’est bien le moins, non ?). Car l’émotion que cet acte suscite ne saurait masquer la réalité des questions fondamentales qui se posent à notre système éducatif, entre autres : quelle pédagogie appliquer pour quel objectif et avec quels moyens ? S’agirait-il seulement de façonner les jeunes esprits pour les rendre malléables ? Ou bien souhaite-t-on réellement développer leur esprit critique et leur capacité de révolte face à une société injuste qui les sélectionne et élimine les indésirables ?

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On dit au peuple grec qu’il a une dette mais personne ne sait d’où elle est issue ni ce que l’on paie

1-greek-protests21-300x211Entretien avec Sofia Sakorafa, députée de Syriza, la gauche radicale et unitaire grecque 

Sofia Sakorafa est députée de Syriza.
Elle est aussi la parlementaire qui a obtenu le plus de suffrages (parmi tous les élus tous partis confondus. Cet interview a été réalisé par Gemma Saura et publié le 17 mai dans le quotidien espagnol La Vanguardia, traduction de Cécile Lamarque. Un poster de Hugo Chávez décore le bureau de Sofia Sakorafa (Trikala, 1957) dans le quartier de Exarchia, aux façades couvertes de graffitis anarchistes. Ex-députée du Pasok, elle fait partie de la coalition de gauche radicale Syriza et est la parlementaire qui a obtenu le plus grand nombre de suffrages le 6 mai. Ancienne lanceuse de javelot médaillée olympique, elle fut la première membre du Pasok à se rebeller et fut expulsée suite à son vote contre le premier plan d’ajustement. « Je ne pouvais pas rester au sein d’un parti qui a viré à droite et a appliqué une politique néolibérale qui rompt avec sa tradition et son programme ». « Il faut faire la lumière sur la partie de la dette qui est illégale et illégitime. »

Syriza est une coalition de groupes divers, dont certains défendent la sortie de l’euro. Ne devraient-ils pas être unis sur un thème si crucial ? C’est très sain qu’il y ait des opinions différentes au sein d’un parti. L’antithèse, c’est le Parti communiste, qui maintient une ligne dogmatique que personne ne peut discuter. Au sein de Syriza, beaucoup d’opinions coexistent. Nous discutons et quand nous décidons d’une position, tous la respectent.

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Un autre monde existe : Marinaleda

 Après un premier séjour de 3 semaines à Marinaleda, en janvier 2011, nos camarades Brigitte et Francis témoignent pour Confluences 81

 IL ÉTAIT UNE FOIS

UnknownMarinaleda : ville d’Andalousie de 2700 habitants en Espagne et Sarkoville sur Tarn ville de 2300 habitants en France.

Acte 1

A Marinaleda : 

Pas de gendarmes, pas de police municipale.

Un maire (Juan Manuel Sanchez Gordillo) élu, réélu depuis 32 ans avec entre 65 et 78% des voix exprimées et des conseillers qui ne prennent aucune rémunération.

Un maire qui ne fait rien sans l’accord et l’appui de la population, un engagement signé entre les deux parties les soude.

Une démocratie active et participative qui implique les citoyens deux à trois fois par mois.

Des prises de positions appliquées si 60% des citoyens les approuvent.

Des subventions qui servent l’intérêt général des citoyens.

Une vaste coopérative ouvrière (conserverie et exploitation agricole) où les salaires sont égaux entre hommes et femmes (1200€) pour 6 heures par jour et 6 jours par semaine (aménageable suivant les besoins et nécessités), les bénéfices servent à la communauté.

Pas de demandeur d’emploi.

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