Catalogne : Lettre au distingué juge Llarena

DISTINGUIDO SEÑOR,

Pour justifier son coup d’Etat du 2-Décembre, le « prince-président », de funeste mémoire, avait, dans une formule célèbre, remercié la France d’avoir compris qu’il n’était « sorti de la légalité que pour entrer dans le droit ». Il fallait oser. Encore cela dénotait-il une prise de conscience (bien hypocrite je vous le concède) que ce qui avait été commis était difficilement défendable, et une pathétique – sinon louable ! – tentative de se raccrocher aux branches.

Vous même, distinguido señor Llarena, n’avez point de tels scrupules. Il faut vous en féliciter.

Ne vous embarrassant guère du droit (qu’aurait à faire le droit dans un procès politique ?), vous ne sortez de la légalité que pour patauger dans l’arbitraire. Vous venez d’en faire l’aveu, presque ingénu, en justifiant le mauvais sort qu’il vous plaît de réserver à Jordi Sanchez, que le Parlement de Catalogne persiste, vaille que vaille, à proposer à la Présidence de la Generalitat… précisément par votre opposition à ce qu’il s’y présente !

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Catalogne : adresse au roi

Majesté. . .

Il fut un temps où la monarchie espagnole avait la cote. Comme pour faire oublier les lointaines accointances de la famille royale avec la dictature de Primo de Rivera, le “23 février” lava plus blanc que blanc et rendit à la monarchie la virginité dont elle avait besoin. Ce jour-là, l’intervention télévisée du roi Juan Carlos renvoya dans leurs foyers les militaires félons qui, sous la houlette un tantinet désuète du colonel Tejero, tentaient de rétablir les beaux principes du régime franquiste six ans après la mort du dictateur (qu’il repose en paix). Les Bourbons d’Espagne enlevèrent ce jour-là leur brevet de démocratie. Le monde, la larme à l’oeil, assista stupéfait au discours du roi démocrate, fondit en sanglots et applaudit à grands cris.

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