Edito du n°75 de Confluences 81

Le monde va-t-il à la catastrophe ?

Le capitalisme, hier tourné vers la production et les échanges de biens industriels, s’adonne aujourd’hui à la spéculation financière. La crise des “subprimes”, née aux États-Unis, se transforme en crise financière mondiale. Ne supportant aucune règle qui encadre ses activités et ses profits, le capital financier, au bord de la faillite, fait appel à l’intervention de l’Etat qu’hier il récusait, pour préserver la liberté d’exploiter la majorité des salariés.

Pour se sauver de la débâcle, les gouvernements capitalistes détournent des milliers de milliards d’euros, ponctionnés sur les deniers publics, pour sauver les banques spéculatrices et les rapaces de la finance. Ensuite nôtre gouvernement nous dira que les caisses sont vides pour la santé, l’éducation, les services publics en général et pour augmenter nos salaires et nos retraites !

Conséquences de cette crise financière : multiplication du nombre de chômeurs, pression à la baisse sur les salaires et la protection sociale, augmentation de la pauvreté, ralentissement de la construction de logements sociaux et multiplication des sans-logis. Ce capitalisme engendre aussi une crise alimentaire sans équivalent à l’époque contemporaine. Quand le marché du pétrole est moins rentable, quand la spéculation immobilière dérape, le capital financier organise la spéculation sur le marché des matières premières et des céréales. Il chasse les paysans de leurs terres au profit des multinationales des agro carburants et provoque la famine en éliminant les cultures vivrières des populations du Sud pour y placer des gros propriétaires. Ce capitalisme veut imposer le modèle de l’agriculture intensive, en refusant d’investir sérieusement dans les énergies renouvelables (aggravant ainsi le réchauffement climatique) et en utilisant des pesticides qui garantissent de gros profits aux multinationales de l’industrie chimique.

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Edito du n°74 de Confluences 81

Ils détricotent ? Construisons !

Heureux habitants de la France de 1789 et des droits de l’Homme, de la Commune, de 1936, de 1968, des acquis sociaux et des Libertés… Nous vivons une époque formidable : celle de la ″rupture sarkozienne″ et des contre-réformes les plus graves que l’on puisse imaginer ! Excepté le ″grand patronat″, toutes les catégories sociales sont touchées. Tous les secteurs d’activité également.

Perte de pouvoir d’achat, répression syndicale (en juin, la CGT 81 recensait 21 de ses élus et délégués menacés de licenciement ou d’entraves à leur action), attaques contre la Fonction Publique (non renouvellement de postes) et le Service Public dans son ensemble (Ecole et Université ; Poste et EDF, si tant est que ces derniers en font encore partie…), mesures contre l’immigration, destruction du système social bâti à travers les luttes depuis un siècle et demi : retraites, Sécurité Sociale, casse du code du Travail et des 35 h, mise en place de l’″Offre Valable d’Emploi″…

Retour programmé vers l’esclavage ? Plus probablement, retour au travail journalier, au salaire ″au mérite ″, à la situation qui avait cours jusqu’au milieu du 19ème siècle.

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Edito du n°73 de Confluences 81

Une riposte, globale et dure, s’impose !

Déni de démocratie sur la question de l’Europe : la parlement a, le temps d’un vote, défait ce que le peuple français avait décidé par voie référendaire le 29 mai 2005. Refus d’entendre la majorité de nos concitoyens avec l’adoption d’une loi qui organise l’impossible coexistence des OGM avec les cultures traditionnelles et biologiques. Suppressions massives de postes dans la culture et l’éducation nationale, les impôts et autres services publics. Liquidation des hôpitaux publics de proximité.

Multiplication des lois répressives et de mesures dites « de sécurité ». Sécurité des biens : de qui ? Sécurité des personnes : lesquelles ? Faits divers exploités médiatiquement pour amener un matraquage croissant des populations les plus pauvres, les plus fragilisées par la précarité et le chômage.

Les conditions de travail que nos ancêtres ont connues au siècle dernier, voire au XIXème siècle reviennent au galop, accompagnées d’un retour en force de l’ordre moral… A titre de complément idéologique du bâton, le lavage de cerveau organisé avec constance par les grands médias aux ordres des puissants et des riches. Propagation insidieuse de l’idéologie d’une droite des plus rétrogrades, remettant en cause les acquis des luttes sociales, féministes, etc…

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Edito du n°72 de Confluences 81

Elections, pièges à cons ?

C’est plein pot sur la commémoration de Mai 68 ! Dans les journaux, à la radio, à la télé, dans les librairies, on ressort les « vieux » soixante-huitards. Sans doute pour aller dans le sens du souhait du Président de la République qui veut en finir avec mai 68 ! Sans doute parce que cela n’a pas ce petit côté de « modernité » cher à nos capitalistes libéraux qui, eux, veulent en finir avec la ringardise des acquis sociaux !

Pourtant, il y aurait sans doute bien des choses à prendre dans ce mouvement de la jeunesse et de la classe ouvrière : la contestation d’une société de consommation par exemple (voir pages 7 et suivantes)… Il suffit aussi de lire quelques slogans dont nous avons émaillé le bas des pages de ce journal.

« Elections, pièges à cons ! » par exemple. Les Alternatifs ne sont pas, par principe, opposés à participer à une élection. Ils avaient une élue d’opposition à la municipalité sortante de Pascal Bugis. Désormais ils n’auront aucun représentant dans celle qui vient d’être élue, alors qu’ils ont œuvré pendant des années pour que s’élabore en commun, avec la participation de la population, un projet pour Castres.

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Edito du n°71 de Confluences 81

Confluences 81

Pour plagier une émission télévisée bien connue des insomniaques, voici ce dont nous ne parlerons pas dans ce numéro de Confluences 81 : le vote des socialistes à la réunion du Parlement à Versailles le 4 février (pour permettre ou non un référendum sur le traité européen), le soutien de notre gouvernement aux dictateurs africains face aux rebelles de tous poils, etc… Nos journaux nationaux vous en tiennent informés avec la plus grande impartialité (en tous cas, c’est ce qu’ils disent !). Nous ne parlerons pas non plus de « la gifle » d’un professeur à un élève dont il n’a pu supporter les insultes, ni de la bague que notre président va offrir à sa nouvelle moitié, grâce à son augmentation de salaire au 1er janvier. Regardez quand même votre feuille de salaire ou de retraite au cas où vous auriez l’agréable surprise qui vous permettrait l’achat d’un cadeau à une personne chère !

En revanche, nous allons vous parler de notre journal Confluences 81. L’assemblée générale de l’association a eu lieu le 31 janvier dernier (voir page 14). Le Comité de rédaction propose de mettre en œuvre de nouvelles rubriques pour renforcer le caractère ouvert et collectif du journal.

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Edito du n°70 de Confluences 81

Altermondialisme

On s’interroge parfois sur la validité du terme « altermondialisme » : certains voudraient revenir à « anti-mondialisme », concept plus anticapitaliste semble-t-il. D’autres proposent « altermondisme » concept laissant entendre que d’autres mondes sont possibles (le pluriel est important), ce qui ne serait pas le cas « d’altermondialisme »… Il nous semble, même si les mots ont un sens précis, que ce type de débat est quelque peu « excentré » !

Rappelons que dès 2001 à Porto Alegre, les Alternatifs (et Confluences 81, voir entre autres le n° 28, février 2001) ont salué ce mouvement naissant dont les principaux objectifs étaient de résister à la mondialisation capitaliste, de proposer partout des alternatives et enfin de globaliser les luttes.

Rappelons brièvement que dès le début des années 90, avec l’effondrement des régimes staliniens en Europe de l’est, les « bien pensants », aux ordres du capitalisme mondialisé, annonçaient « la fin de l’histoire ».

Rappelons qu’à la même époque (1994), les peuples du Chiapas se dressaient, dans le continent nord américain, contre leur écrasement par la mise en place de l’Accord de Libre Echange entre le Mexique, les U.S.A. et le Canada.

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Edito du n°69 de Confluences 81

En finir avec la monarchie républicaine

L’actualité, avec la révision de l’article 88-1 de la Constitution de la Vème République (pour permettre la ratification par le parlement du faux « mini traité européen ») montre qu’on peut modifier la Constitution…

Mais modifier la teneur d’un article ne change nullement le caractère monarchique de cette constitution. Caractère qui a tendance à s’aggraver de par la personnalité des chefs d’Etat successifs, mais aussi par le côté « incontournable » de l’élection présidentielle au suffrage universel auquel les Français semblent très attachés, au détriment des autres scrutins (il suffit de considérer les taux de participation).

La « Convention pour la VIème république », créée en 2001 sous l’impulsion d’Arnaud Montebourg, avait établi 27 propositions dont certaines méritent qu’on s’y attarde :

• abolition de la monarchie républicaine en donnant au Président de la république « exclusivement des pouvoirs d’arbitrage »
• faire des élections législatives le moment du choix du 1er Ministre qui «pilote» la politique sous le contrôle d’un Parlement renforcé (qui a aussi l’initiative des lois)
• droit d’initiative législative des citoyen-ne-s, avec demande de référendums (national ou d’initiative local)
• élection du sénat au suffrage universel (et à la proportionnelle intégrale) dans un cadre régional
• suppression des Conseils Généraux (à remplacer par les assemblées des regroupements de communes élues directement)
• droit de vote aux élections locales des contribuables étrangers
• vote du parlement requis pour les directives européennes…

Mais ces propositions sont tombées dans les oubliettes, le PS ayant d’autres préoccupations !

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Edito du n°68 de Confluences 81

Dessine-moi une gauche “décomplexée” !

C’est annoncé sur l’air des lampions : la droite est décomplexée ! Fort de son élection confortable, le président de la République a mis son gouvernement au travail, mais il garde l’œil du maître sur tout cela ! Et les projets de lois se succèdent, discutés par une Assemblée moins bleue que prévue, mais aux ordres. Notons le « service minimum », véritable machine de guerre contre le droit de grève : il y a eu du monde dans les rues en plein été pour s’y opposer et ce n’est pas fini ! Ajoutons-y le projet de loi « travail, emploi et pouvoir d’achat » dit « paquet fiscal », comprenant le Revenu de Solidarité Active, adopté par le Sénat fin juillet (« abstention positive » (?) du PS), avec un discours sur le travail de C. Lagarde, Ministre de l’Economie, à vous faire frissonner d’inquiétude ! Evoquons au passage la loi « anti-récidive » qui va envoyer en prison quelques mineurs supplémentaires : ça rassurera qui ? Pour ce qui est de la loi « autonomie des Universités », voir notre dossier central. N’oublions pas la multiplication des surfaces cultivées en plantes génétiquement modifiées : là aussi quelques réactions pour s’y opposer, trop rares dans notre département. Pour ponctuer le tout, les rafles et les reconduites aux frontières auxquelles s’affrontent, entre autres, les militant-e-s du Réseau Education Sans Frontières.

Surtout ne pas rire de la volonté de consulter (le « Grenelle de l’Environnement » à la rentrée ?), ni de la volonté d’ouverture (les ministres « de gauche », DSK et le FMI, Jack Lang et la réforme des institutions, …). Le réveil sera rude !

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Edito du n°66 de Confluences 81

Le bipartisme est en marche !

En fin de campagne du premier tour, le « vote utile » aura été au centre de nombreux débats dans les familles et sur les marchés où nous avons distribué nos tracts. Le PS nous a ressorti la grande peur du 21 avril 2002, abondamment relayée par les médias : télé, journaux, internet, etc.. Peur qui a profité à Sarkozy (il a bénéficié de voix lepénistes) mais surtout à Royal. Un grand nombre d’électeurs traditionnellement de gauche a voté pour elle en délaissant les candidats porteurs des vraies valeurs de gauche. Ce mauvais calcul de voter «utile» fait disparaître peu à peu des petites formations politiques et peut rendre difficile l’émergence d’un rassemblement de la « vraie » gauche. L’électorat français se situe de plus en plus à droite et nos luttes perdent l’espoir de déboucher par les urnes.

Néanmoins s’il est un vote inutile pour les gens de gauche au 1er tour, c’est bien celui qui consiste à voter PS ! En effet, s’il n’est pas utile d’exprimer d’autres points de vue au 1er tour, alors c’est le second tour qui devient inutile ! Economisons donc des frais de campagne et faisons le 2nd tour dès le 1er : une bipolarisation à l’américaine où, à terme, l’on aura à choisir, selon l’expression bien connue, entre « bonnet blanc et blanc bonnet » !

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Edito du n°67 de Confluences 81

Bilans

L’élection de Sarkozy c’est, évidemment, l’échec de la gauche dans son ensemble. Echec tout d’abord du PS et de ses satellites, à cause d’un programme trop proche de ceux du centre et de la droite, avec des propositions qui n’ont pas permis à celles et ceux qui attendaient un véritable changement de s’y reconnaître. En jouant sur la crainte du renouvellement du cas de figure de 2002, en appelant au vote « utile » dès le premier tour, il ne s’est plus trouvé la moindre marge de manœuvre au second tour, malgré le bon report des voix des électeurs de gauche. La droite dure s’est avérée plus convaincante que la gauche molle, avec une campagne à la Berlusconi et le concours actif des principaux médias !

A gauche du P.S., les forces antilibérales et altermondialistes se sont divisées. Elles le paient au prix fort. Après l’échec de la désignation d’un candidat unique des antilibéraux, suite aux intérêts boutiquiers de la LCR et du PCF, suite aussi à des comportements sectaires d’un autre âge, la candidature de BOVE n’a été ni la candidature de plus, ni la candidature de trop, mais elle n’a pas été ressentie comme la candidature de rassemblement. Sans doute chacun pourra relever « des erreurs » dans la façon de mener la campagne « Bové ». Erreurs compréhensibles étant donné le peu de temps (et quelques tiraillements ?) pour organiser et coordonner réellement les actions saillantes. Toutefois, qui peut affirmer que le score aurait été meilleur, avec moins d’impréparation et plus de rigueur?

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