Dialogue n° 10 de Jacques et de son Maître

112 page 13 cerveau 3Dialogue n° 10 : Cravirola, Le Maquis

Le Maître se redressa, posa le dos de sa main sur la région des reins puis s’appuya sur sa binette avant de déclarer : « Nous n’aurions jamais dû écouter les conseils de Gilou le Grenoblois ! Pourquoi diable nous sommes-nous arrêtés ici ? ». Jacques sourit avant de répondre : « Dois-je vous rappeler, mon  bon Maître, que vous n’avez formulé aucune objection, quand, crottés et trempés jusqu’aux os, nous avons distingué à travers un rideau de pluie fort épais, les toits de Cravirola* ? » Le dialogue reprit :

Jacques : Dois-je aussi vous redire que les personnes hébergées ne sont nullement contraintes à donner un coup de main ? Et qu’il vous a semblé « amusant » de désherber un coin de potager ? Un « jeu » pour vous !

Le Maître : Maudit sois-tu, Jacques !

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Dialogue n° 7 de Jacques et de son Maître

109 page 5 le maire de Saillans photo Le MondeDialogue n° 7 : tous maires !

Jacques et son maître traversèrent sans s’arrêter la grande ville de Lyon et longèrent la vallée du Rhône en direction du sud. Ils envisageaient de joindre l’Aveyron en passant par les gorges du Tarn, obliquant vers l’ouest après Montélimar. à Vienne, ils songèrent un instant se diriger vers Grenoble. Selon ce qui se disait, de grands changements venaient de s’y produire. D’un commun accord, ils remirent à plus tard la visite de cette ville, afin, disait Jacques « de laisser aux nouveaux venus le temps de faire leurs preuves ».

À Valence, ils quittèrent le fleuve majestueux en direction de Die où, selon le maître de Jacques, une fameuse clairette leur tendrait ses flûtes. Peu après Crest, sur les bords de la Drôme, ils tombèrent fortuitement sur Saillans. Surpris par la douceur de l’air et l’activité bourdonnante des habitants, ils y découvrirent une forme d’auto-gouvernement étonnante.

Remontant en selle quelques jours plus tard, le dialogue reprit.

Le Maître : Quels magnifiques couchers de soleil sur le Vercors ! J’en suis tout ébaubi.

Jacques : Certes, mon bon maître, mais est-ce là ce qui vous a frappé et intéressé ?

Le Maître : J’ai aussi remarqué que le maire était étrangement vêtu et se déplaçait sur une drôle de monture[1] !

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Edito du n° 106 de Confluences 81

106 page 3 édito KaliéDans la lettre au Père Noel. . .

… celle, toute appliquée, que la rédaction de Confluences a envoyée,  il y avait tout plein de demandes, toutes plus raisonnables les unes que les autres. Demandes correspondant, bien entendu, au besoin (et à la promesse !) de changement annoncé.

Justice sociale, justice fiscale, justice démocratique… Nous avions décliné ce mot à toutes les sauces ou presque. Et nous avions ajouté, pour faire bonne mesure, une série de demandes précises pour illustrer. Par exemple une réduction massive du temps de travail et une autre organisation pour celui-ci, l’expérimentation d’un Revenu Universel Socialisé pour tou-te-s et la mise en place de monnaies locales complémentaires. Par exemple aussi, le gel de la TVA, sinon sa suppression pure et simple. Par exemple enfin le droit de vote immédiat pour tous les résidents étrangers.

Sur la question « fondamentale » du  travail, nous insistions sur l’interdiction de licenciements pour les entreprises faisant des bénéfices (et pour les autres aussi !). Avec des droits renforcés pour les Comités d’Entreprise et, pour les entreprises qui arrêtent, des mesures facilitant la reprise par leurs salarié-e-s (si possible en SCOP).

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Le projet de loi Hamon sur l’économie sociale et solidaire.

IMG_6362Il est traditionnel que la gauche gouvernementale s’intéresse à l’Economie Sociale et Solidaire. Le gouvernement Jospin avait ainsi introduit la Société Coopérative d’Intérêt Collectif dans la législation. Benoît Hamon, ministre délégué, se montre plus ambitieux avec un projet de loi-cadre sur l’ESS. Présenté au Conseil des ministres du 17 juillet 2013, ce projet vise à étendre le périmètre de l’ESS en y intégrant des sociétés de capitaux qui respecteraient certaines règles pour le moins floues.Imposant document de 96 pages, ce projet de loi se décompose en neuf titres. Le premier porte sur « la définition du champ de l’ESS ». Le second sur « des dispositions favorisant la transmission d’entreprises à leurs salariés ». Les quatre titres suivants portent sur chacune des différentes structures qui

Edito du n° 104 de Confluences 81

104 page 3 vgn-communication-medias

Belles vendanges en perspective !

La rentrée se fera-t-elle dans l’action ? Quelles actions ? Nous pensons qu’il est grand temps de globaliser toutes nos luttes. Passer des problèmes de chômage à ceux du travail, des problèmes de la santé à ceux de la protection sociale, des problèmes de logement à ceux de la précarité ou de l’environnement, de la solidarité… même de la justice… n’a réussi – à ce jour – à faire avancer convenablement aucune de ces revendications. Nous voulons “changer la vie” mais comment abattre le pouvoir financier ? Comment faire en sorte que l’économie soit au service des êtres humains et de leur environnement ? Battre le pavé en scandant des phrases fétiches ? élire bientôt de nouveaux maires qui, forts des pouvoirs que nous leur confions, vont reproduire les mêmes pratiques que leurs prédécesseurs ? Très insuffisant, reconnaissez-le !

“Un autre monde est possible”. Cela n’exprime certainement pas le même souhait pour chacun d’entre vous, pourtant des consensus peuvent se faire entre citoyens, associations, mouvements politiques.

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Un autre monde existe : Marinaleda

 Après un premier séjour de 3 semaines à Marinaleda, en janvier 2011, nos camarades Brigitte et Francis témoignent pour Confluences 81

 IL ÉTAIT UNE FOIS

UnknownMarinaleda : ville d’Andalousie de 2700 habitants en Espagne et Sarkoville sur Tarn ville de 2300 habitants en France.

Acte 1

A Marinaleda : 

Pas de gendarmes, pas de police municipale.

Un maire (Juan Manuel Sanchez Gordillo) élu, réélu depuis 32 ans avec entre 65 et 78% des voix exprimées et des conseillers qui ne prennent aucune rémunération.

Un maire qui ne fait rien sans l’accord et l’appui de la population, un engagement signé entre les deux parties les soude.

Une démocratie active et participative qui implique les citoyens deux à trois fois par mois.

Des prises de positions appliquées si 60% des citoyens les approuvent.

Des subventions qui servent l’intérêt général des citoyens.

Une vaste coopérative ouvrière (conserverie et exploitation agricole) où les salaires sont égaux entre hommes et femmes (1200€) pour 6 heures par jour et 6 jours par semaine (aménageable suivant les besoins et nécessités), les bénéfices servent à la communauté.

Pas de demandeur d’emploi.

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