Edito du n°69 de Confluences 81

En finir avec la monarchie républicaine

L’actualité, avec la révision de l’article 88-1 de la Constitution de la Vème République (pour permettre la ratification par le parlement du faux « mini traité européen ») montre qu’on peut modifier la Constitution…

Mais modifier la teneur d’un article ne change nullement le caractère monarchique de cette constitution. Caractère qui a tendance à s’aggraver de par la personnalité des chefs d’Etat successifs, mais aussi par le côté « incontournable » de l’élection présidentielle au suffrage universel auquel les Français semblent très attachés, au détriment des autres scrutins (il suffit de considérer les taux de participation).

La « Convention pour la VIème république », créée en 2001 sous l’impulsion d’Arnaud Montebourg, avait établi 27 propositions dont certaines méritent qu’on s’y attarde :

• abolition de la monarchie républicaine en donnant au Président de la république « exclusivement des pouvoirs d’arbitrage »
• faire des élections législatives le moment du choix du 1er Ministre qui «pilote» la politique sous le contrôle d’un Parlement renforcé (qui a aussi l’initiative des lois)
• droit d’initiative législative des citoyen-ne-s, avec demande de référendums (national ou d’initiative local)
• élection du sénat au suffrage universel (et à la proportionnelle intégrale) dans un cadre régional
• suppression des Conseils Généraux (à remplacer par les assemblées des regroupements de communes élues directement)
• droit de vote aux élections locales des contribuables étrangers
• vote du parlement requis pour les directives européennes…

Mais ces propositions sont tombées dans les oubliettes, le PS ayant d’autres préoccupations !

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Edito du n°68 de Confluences 81

Dessine-moi une gauche “décomplexée” !

C’est annoncé sur l’air des lampions : la droite est décomplexée ! Fort de son élection confortable, le président de la République a mis son gouvernement au travail, mais il garde l’œil du maître sur tout cela ! Et les projets de lois se succèdent, discutés par une Assemblée moins bleue que prévue, mais aux ordres. Notons le « service minimum », véritable machine de guerre contre le droit de grève : il y a eu du monde dans les rues en plein été pour s’y opposer et ce n’est pas fini ! Ajoutons-y le projet de loi « travail, emploi et pouvoir d’achat » dit « paquet fiscal », comprenant le Revenu de Solidarité Active, adopté par le Sénat fin juillet (« abstention positive » (?) du PS), avec un discours sur le travail de C. Lagarde, Ministre de l’Economie, à vous faire frissonner d’inquiétude ! Evoquons au passage la loi « anti-récidive » qui va envoyer en prison quelques mineurs supplémentaires : ça rassurera qui ? Pour ce qui est de la loi « autonomie des Universités », voir notre dossier central. N’oublions pas la multiplication des surfaces cultivées en plantes génétiquement modifiées : là aussi quelques réactions pour s’y opposer, trop rares dans notre département. Pour ponctuer le tout, les rafles et les reconduites aux frontières auxquelles s’affrontent, entre autres, les militant-e-s du Réseau Education Sans Frontières.

Surtout ne pas rire de la volonté de consulter (le « Grenelle de l’Environnement » à la rentrée ?), ni de la volonté d’ouverture (les ministres « de gauche », DSK et le FMI, Jack Lang et la réforme des institutions, …). Le réveil sera rude !

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Edito du n°66 de Confluences 81

Le bipartisme est en marche !

En fin de campagne du premier tour, le « vote utile » aura été au centre de nombreux débats dans les familles et sur les marchés où nous avons distribué nos tracts. Le PS nous a ressorti la grande peur du 21 avril 2002, abondamment relayée par les médias : télé, journaux, internet, etc.. Peur qui a profité à Sarkozy (il a bénéficié de voix lepénistes) mais surtout à Royal. Un grand nombre d’électeurs traditionnellement de gauche a voté pour elle en délaissant les candidats porteurs des vraies valeurs de gauche. Ce mauvais calcul de voter «utile» fait disparaître peu à peu des petites formations politiques et peut rendre difficile l’émergence d’un rassemblement de la « vraie » gauche. L’électorat français se situe de plus en plus à droite et nos luttes perdent l’espoir de déboucher par les urnes.

Néanmoins s’il est un vote inutile pour les gens de gauche au 1er tour, c’est bien celui qui consiste à voter PS ! En effet, s’il n’est pas utile d’exprimer d’autres points de vue au 1er tour, alors c’est le second tour qui devient inutile ! Economisons donc des frais de campagne et faisons le 2nd tour dès le 1er : une bipolarisation à l’américaine où, à terme, l’on aura à choisir, selon l’expression bien connue, entre « bonnet blanc et blanc bonnet » !

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Edito du n°67 de Confluences 81

Bilans

L’élection de Sarkozy c’est, évidemment, l’échec de la gauche dans son ensemble. Echec tout d’abord du PS et de ses satellites, à cause d’un programme trop proche de ceux du centre et de la droite, avec des propositions qui n’ont pas permis à celles et ceux qui attendaient un véritable changement de s’y reconnaître. En jouant sur la crainte du renouvellement du cas de figure de 2002, en appelant au vote « utile » dès le premier tour, il ne s’est plus trouvé la moindre marge de manœuvre au second tour, malgré le bon report des voix des électeurs de gauche. La droite dure s’est avérée plus convaincante que la gauche molle, avec une campagne à la Berlusconi et le concours actif des principaux médias !

A gauche du P.S., les forces antilibérales et altermondialistes se sont divisées. Elles le paient au prix fort. Après l’échec de la désignation d’un candidat unique des antilibéraux, suite aux intérêts boutiquiers de la LCR et du PCF, suite aussi à des comportements sectaires d’un autre âge, la candidature de BOVE n’a été ni la candidature de plus, ni la candidature de trop, mais elle n’a pas été ressentie comme la candidature de rassemblement. Sans doute chacun pourra relever « des erreurs » dans la façon de mener la campagne « Bové ». Erreurs compréhensibles étant donné le peu de temps (et quelques tiraillements ?) pour organiser et coordonner réellement les actions saillantes. Toutefois, qui peut affirmer que le score aurait été meilleur, avec moins d’impréparation et plus de rigueur?

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Edito du n°65 de Confluences 81

Ce que nous voulons !

Nous souhaitons tempérer quelque peu la note pessimiste incluse dans notre dernier édito. Nous ne reviendrons donc pas sur la dispersion des candidatures antilibérales et sur les responsabilités énormes qui en incombent au PCF et à la LCR.

Depuis, la candidature de José Bové a été réclamée par les délégué-e-s des collectifs représentés à la réunion nationale de Montreuil. Depuis, les Alternatifs du Tarn ont décidé à une énorme majorité de soutenir une candidature de J. Bové, candidature s’appuyant sur les textes issus des collectifs unitaires antilibéraux et présentée collectivement. Depuis, un appel électronique a été signé par près de 40 000 citoyen-ne-s de notre pays et 400 dans notre département. Depuis, le 1er février, José Bové a déclaré sa candidature. Depuis, un comité « unisavecbove » s’est créé dans le Tarn, ainsi que 4 comités locaux, un par circonscription électorale. Et depuis des militant-e-s parcourent le département d’est en ouest et du nord au sud, en quête des fameux parrainages obligatoires pour que la candidature de José Bové soit effective.

Parviendrons-nous à recueillir dans toute la France les 500 signatures fatidiques ? Les militants qui rendent visite aux élu-e-s se heurtent de façon indiscutable à un blocage (ah !… les subventions du Conseil Général à leur commune !). Les « grands partis » – que les médias nous présentent déjà au second tour en nous parlant peu du premier – ont trop intérêt à ce que la politique française se réduise à un bipartisme insipide où le choix pour un électeur « de gauche » consiste à voter pour le moins libéral des deux !

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Edito du n°64 de Confluences 81

L’antilibéralisme triomphera-t-il… en 2012 ?

Antilibéralisme : anti = contre.

Libéralisme : à l’origine, doctrine politique ou économique qui défend l’application de la liberté dans la société. Rapidement, cela devient un mode de gestion du capitalisme : le libre jeu de la concurrence (non intervention de l’Etat, cf. « la concurrence libre et non faussée » de feu le Traité Constitutionnel Européen), le marché, la liberté d’entreprendre s’imposent comme prioritaires. Et l’on passe, pour des millions de travailleurs et de chômeurs, à la liberté de la fermer (cf. les lois sécuritaires récentes et de plus en plus nombreuses en France) sous peine de se faire taper sur les doigts… ou plutôt sur la tête !

Anticapitalisme : pour notre part, ce terme nous semble plus clair.

Nous avons suffisamment listé les méfaits du libéralisme ici pour ne pas y revenir. La droite (ultra)libérale est rejetée. Quant à la « gauche » social-libérale (le PS et Ségolène Royal pour faire court), son succès aux dernières élections régionales et européennes, est un succès « faute de mieux », faute de candidat réellement anti-capitaliste sur qui porter ses suffrages. On constate une attente forte de bien des citoyens, d’en finir avec le libéralisme par les luttes sociales (combat contre le CPE par ex.) mais aussi par le vote (résultat du référendum sur le TCE). Après les secousses dans les banlieues fin 2005, l’inscription des jeunes des quartiers sur les listes électorales est un signe à interpréter positivement.

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Edito du n°63 de Confluences 81

Message sur l’état de l’union ?

L’état général du monde serait plutôt pire que stationnaire : on le sait, il ne va pas bien ! En Tchétchénie, à Gaza, en Irak et ailleurs, des morts tous les jours –ou presque- des enfants parmi eux, ce qui est avouons-le, plus qu’intolérable. Des journalistes sont assassiné-e-s, en Russie par exemple. Des apprentis sorciers, petits ou grands dictateurs, poussés dans leurs derniers retranchements par les puissances occidentales et singulièrement les Etats-Unis, mettent au point un armement nucléaire qui n’entre plus dans une stratégie de dissuasion.

Les peuples ont parfois l’occasion de faire entendre un message fort à leurs dirigeants, par exemple sur le Traité Constitutionnel Européen, mais leurs gouvernants font la sourde oreille, continuant comme si de rien n’était dans la voie qu’ils s’étaient tracée, espérant sans trop y croire à la grande capacité des masses à l’oubli ?!

En France, ces mêmes dirigeants accentuent la répression de celles et ceux qui ne veulent pas se couler dans le moule prévu :
-faucheurs volontaires traités comme des gangsters (condamnations pour refus de se soumettre à des analyses d’ADN),
-familles de sans-papiers renvoyées dans un pays dit « d’origine » où elles n’ont plus aucune attache et malgré les efforts du Réseau Education Sans Frontières (dans le Tarn, 2 régularisations, un dossier en appel à la préfecture, mais aussi d’autres jeunes scolarisés sous la menace d’expulsion manu militari)
-fichage des jeunes enfants, loi sur la sécurité de N. Sarkosy, etc…

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Edito du n°62 de Confluences 81

Dans la torpeur de l’été

Chaud et sec, depuis juin… Mais il y a eu « les bleus », leur finale perdue certes, mais finale quand même et le « coup de boule » vengeur de Zidane. Puis le Tour de France où quelques vedettes EPOïsées –ou soupçonnées de l’être- ont dû faire leurs valises avant le départ. Et des heures et des heures d’antennes tout au long des journaux télévisés de l’été, des pages et des pages dans les quotidiens et magazines pour nous en « informer » !

Et pendant que les médias organisaient la « liesse populaire », Israël bombardait Gaza-Oradour sur Glane et massacrait 37 innocents à Cana au Liban, Sarko jouait un remake de « Au revoir les enfants », en expulsant de jeunes étrangers sans papiers scolarisés en France. Le même Sarko qui faisait promulguer la loi CESEDA organisant l’immigration « choisie » c’est-à-dire « jetable ». Le même qui a fait convoquer par la police des militants anti OGM pour effectuer des prélèvements ADN. Fichage et Etat policier progressent !

Et pendant que des excité-e-s – peut-être y en avait-il quelques uns qui faisaient partie de la racaille «kärchérisable» de novembre 2005 ?- remontaient les Champs Elysées en hurlant « Allez, les Bleus ! », on parlait de repérer dès l’école maternelle les futurs délinquants.

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Edito du n°61 de Confluences 81

Un pas vers une autre Europe ?

En Europe, pour les divers scrutins, point n’est besoin d’observateurs étrangers pour en contrôler la régularité. Pour les exécutifs des états membres, il suffit de passer outre les résultats, les mouvements sociaux, les sondages d’opinion malgré une humeur anti-libérale vraisemblablement majoritaire.

En France, les gouvernements issus du 21 avril 2002 sont illégitimes : ils s’emploient à faire adopter des textes d’un extrémisme ultralibéral, alors qu’ils ne devraient qu’expédier les affaires courantes.

En contradiction avec les résultats des élections Régionales, les charges financières sont décentralisées, rendant le principe de l’égalité sur tout le territoire complètement caduc… Malgré le NON du 29 mai 2005, les privatisations se poursuivent, les attaques contre les hôpitaux publics se multiplient, la libéralisation du secteur de l’audiovisuel, pourtant hors A.G.C.S., est en cours de discussion…

Quelles sont les vraies raisons d’un tel entêtement de la part du quatuor Chirac-Villepin-Sarkosy-Borloo, face à la mobilisation déterminée contre la loi d’égalité des chances ? Pourquoi les médias ont-ils orienté notre lutte uniquement sur le C.P.E. ?

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