Dialogue n° 9 de Jacques et de son Maître

Dialogue n° 9 : rupture de faisceau !

Hélas, trois fois hélas, la multiplication des « épisodes cévenols » ces derniers temps et une météo très défavorables nous font craindre pour nos deux héros : Jacques et son maître sont, semble-t-il, perdus quelque part entre Ardèche, Lozère et Hérault. Notre inquiétude sur leur sort n’a d’égale que notre impatience à lire leurs prochains dialogues… Dans le n° 112 sans doute ?

Candida ROUET (novembre 2014)

Dialogue n° 8 de Jacques et de son Maître

110 page 11 CONSENSUSDialogue n° 8 : en vacances ?!

Jacques et son maître firent leurs provisions gourmandes à Die, puis à Montélimar. Là ils s’enlisèrent dans de longues files avançant au pas, mêlant de lourds convois de marchandises et autres chariots et charrettes aux diligences, chaises à porteurs, cabriolets, cavaliers et piétons dans un inextricable entassement de caisses, cageots de fruits, baluchons, malles et sacs divers… L’ensemble était même bloqué dans la direction de la Méditerranée. Leurs chevaux renâclaient à chaque arrêt et la chaleur aidant, Le Maître s’impatientait.

Le Maître : J’imaginerais bien un grand élargissement de ces chemins : plusieurs files parallèles dans les deux sens, avec, aux villes stratégiques, des guérites pour percevoir les taxes de passage. Quand se décidera-t-on à moderniser notre pays et à favoriser la rapidité dans les échanges économiques ?

Jacques : Ah, mon bon Maître, je sens que vous allez me parler de désenclavement économique !

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Dialogue n° 7 de Jacques et de son Maître

109 page 5 le maire de Saillans photo Le MondeDialogue n° 7 : tous maires !

Jacques et son maître traversèrent sans s’arrêter la grande ville de Lyon et longèrent la vallée du Rhône en direction du sud. Ils envisageaient de joindre l’Aveyron en passant par les gorges du Tarn, obliquant vers l’ouest après Montélimar. à Vienne, ils songèrent un instant se diriger vers Grenoble. Selon ce qui se disait, de grands changements venaient de s’y produire. D’un commun accord, ils remirent à plus tard la visite de cette ville, afin, disait Jacques « de laisser aux nouveaux venus le temps de faire leurs preuves ».

À Valence, ils quittèrent le fleuve majestueux en direction de Die où, selon le maître de Jacques, une fameuse clairette leur tendrait ses flûtes. Peu après Crest, sur les bords de la Drôme, ils tombèrent fortuitement sur Saillans. Surpris par la douceur de l’air et l’activité bourdonnante des habitants, ils y découvrirent une forme d’auto-gouvernement étonnante.

Remontant en selle quelques jours plus tard, le dialogue reprit.

Le Maître : Quels magnifiques couchers de soleil sur le Vercors ! J’en suis tout ébaubi.

Jacques : Certes, mon bon maître, mais est-ce là ce qui vous a frappé et intéressé ?

Le Maître : J’ai aussi remarqué que le maire était étrangement vêtu et se déplaçait sur une drôle de monture[1] !

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Dialogue n° 6 de Jacques et de son Maître

105 page 11 ALTERNATIBA afficheDialogue 6 : démocratie, autogestion et politique

Le soleil aidant, le dialogue reprit.

Le Maître : Jacques , tu as évoqué la perspective de la fin de l’Ancien Régime. Je verrais bien une monarchie constitutionnelle, avec un Parlement qui voterait les lois et un Roi qui serait garant de leur exécution.

Jacques : Pourquoi pas une République ?

Le Maître (avec humeur) : Inimaginable ! Comment les gueux pourraient-ils gouverner un pays comme le nôtre ?

Jacques : S’ils sont capables de gouverner Saint Martin, pourquoi pas à un autre niveau ?

Le Maître : Tu ne peux nier qu’à grande échelle, la politique est affaire de spécialistes, d’experts ?

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Dialogue n°5 de Jacques et son Maître

DES_MA1-300x300DIALOGUE 5 : une expérience communale du futur

Nous avons laissé nos deux héros en novembre dernier à l’entrée de la commune libre de Saint-Martin[1]. Depuis, Jacques et son Maître se sont installés dans une auberge autogérée où, à la surprise de ce dernier, l’ensemble du personnel jusqu’à la dernière soubrette est propriétaire de son outil de travail. Au fil des jours – et des mois ! – ils ont visité la ville, regardé les gens vivre, écouté leurs abondantes discussions, participé à leurs assemblées populaires, essayé de saisir en quoi l’autogestion communale pouvait modifier les comportements et tout simplement la vie des Saint-Martinois. Tout ayant une fin, nous retrouvons Jacques et son Maître, chevaux sellés, en chemin vers d’autres cieux. Naturellement, le dialogue se renoue.

Le Maître : Jacques, pourquoi ne pas m’avoir dit qu’un autre monde existait ailleurs que dans ta tête ?

Jacques : Parce que, mon bon Maître, vous ne m’auriez pas cru et que rien ne vaut de voir et de toucher l’expérience.

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Dialogue n° 4 de Jacques et de son Maître

104 page 5 utopieDialogue 4 : Saint Martin

 

Nos deux héros apercevant au loin les premières maisons de Saint Martin, les lèvres du Maître de Jacques s’entrouvrirent pour la première fois depuis leur départ matinal.

 

Le Maître : Jacques pourquoi diantre m’amener dans cette bourgade ?

Jacques : Parce que, mon bon maître, contrairement à bien des beaux parleurs qui « n’ayant pas la force d’agir, dissertent »[1], ici, ils agissent !

Le Maître : Jacques, cesse d’abuser des anachronismes, cela va finir par lasser nos lecteurs… Qu’allons-nous trouver de si extraordinaire ?

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Dialogue n° 3 de Jacques et de son Maître

105 page 5 Aupetitgendre couvertureDialogue 3 : alors, on boude ?

Hélas, dès les premières lieues, Jacques comprit que son Maître était plongé dans ses pensées et qu’il serait ardu et téméraire de l’amener à desserrer les dents. Trois ou quatre questions sur l’individualisme et la solidarité, sur le travail et son utilité, sur la gratuité des biens de consommation courante et la toute puissance du marché mondialisé, sur le rôle des banques dans notre vie de tous les jours restèrent sans le moindre écho…

Jacques demanda alors à son Maître s’il avait déjà posé ses bagages dans la commune libre de Saint-Martin. Celui-ci resta muet. « Peut-être pourrions-nous y passer ? Le détour ne serait pas bien grand… » ajouta-t-il. Feignant de prendre le silence de son Maître pour un acquiescement, Jacques tourna la bride de son canasson vers la gauche et nos deux voyageurs prirent en douceur la direction annoncée.

Candida Rouet (à suivre !)

 

Dialogue n° 2 de Jacques et de son Maître

Dialogue 2 : un petit déjeuner « relocalisé »

De jeunes rappeurs ayant animé la nuit de l’auberge jusqu’à fort tôt le matin, Jacques et son Maître s’installèrent au soleil de la terrasse pour déjeuner avant de reprendre la route. L’aubergiste leur apporta une tranche de lard fumé et deux œufs frits de production locale. Café, tartines et beurre à volonté. Jacques s’étirait de plaisir et son Maître retrouva le sourire.

Jacques : Rien de tel qu’un petit déjeuner paysan pour vous remettre d’une folle nuit !

Son Maître : à 10 € par personne, service compris. Nous sommes encore loin de la gratuité dont parlions hier !

Jacques : Certains refusent le terme « gratuité » et préfèrent l’expression « libre accès aux biens essentiels ».

Son Maître : Qu’est-ce que cela change ?

Jacques : Mon bon Maître, cela suppose que chaque citoyen a le devoir de contribuer par son travail à ce libre accès de tous aux biens essentiels…

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Dialogue n°1 de Jacques et son Maître : à la recherche d’une auberge

102 page 5 Jacques le FatalisteDialogues : le 1er « à la recherche d’une auberge »

Ayant appris, les nouvelles courant à la vitesse du cheval Findus au galop, qu’Hubert souhaitait ouvrir une nouvelle rubrique dans Confluences 81, Candida a téléphoné à son compère Denis (Diderot) pour obtenir son feu vert afin de pasticher quelques uns de ses dialogues. Elle a choisi comme personnages Jacques le Fataliste et son maître pour incarner l’un le cœur et l’autre la raison. Mais vous le savez bien, la vie n’est pas aussi simple ! Ci-dessous le 1er dialogue. (Confluences 81 n° 102 mai 2013)

La rédaction

Dialogue 1 : à la recherche d’une auberge

Tout en chevauchant côte à côte, Jacques et son Maître s’abandonnèrent à leur péché mignon, la discussion politique…

Jacques : Je rêve d’un monde où tout serait gratuit…

Son Maître : Mon bon Jacques, tu sais bien que c’est impossible !

Jacques : … un monde où chacun disposerait d’un toit, chauffé l’hiver, un monde où l’électricité pour m’éclairer, l’eau pour boire et me laver, l’éducation pour mes enfants, les médicaments pour nous soigner seraient gratuits. Un monde…

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La Foire aux Dieux

Pourquoi pas un Dieu du « H-Chiche ! » ? un Dieu « De-vin » nouveau ?

 

Ce texte est précédé d’une petite note explicative diatribe contre tout théiste exaltant le sang, le misérabilisme. Contre tout théisme dépourvu d’humour et de rire si « sain ».

Hommage au grand poète et humaniste Espagnol Federico Garcia Lorca.

 

Surtout pas un dieu de sang Nom de dieu !

Je me préfère sans dieu, nom de dieu !

Et encore moins un dieu de toussaint

Y’a bien assez de « crise-en-thème » et de crise en tout nom de dieu !…

 

Non ! Non ! Pas un dieu qui donne des crises de fois, de foie, de foi…

Pas plus qu’un dieu “sans-gland” …

De même que Federico Garcia Lorca : « Non je n’aime pas le sang » !

 

Alors, histoire de rigoler je me suis inventé un Dieu ;

Je lui ai même donné un nom, un nom de dieu évidemment…

Un Dieu qui « sang-fait-pas »…

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