Madeleine de Scudéry

XIR53726J’ai souvent pensé à me marier. Et puis j’ai réfléchi.” *

Dans son ouvrage « Les Structures élémentaires de la Parentalité » (paru en 1948), l’anthropologue Claude Lévi-Strauss estime que le mariage est l’organisation familiale la plus répandue à travers le monde. La grande majorité des sociétés humaines organisent donc la famille en liant des personnes entre elles par des liens civils ou religieux. Naïvement on pourrait penser que les individus qui contractent cette forme d’union sont considérés comme égaux. Hélas, cela n’est pas systématique.

Pour de nombreuses femmes, à travers le monde et à travers les âges, le mariage a été synonyme d’asservissement, d’aliénation, d’infantilisation.

Exceptions faites des unions issues de rapt ou d’achat des femmes, le mariage permettait d’unir des familles, des clans, des territoires, des royaumes… au-delà des épousailles des personnes mariées. Très souvent, l’avis des principaux intéressés était facultatif ! Mariage de raison et d’intérêts… L’amour n’avait pas sa place dans cette histoire !

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Trotula di Ruggero de Salerne

Confluences 81 publie depuis janvier 2014 (n° 106) une série de textes de Patrice Kappel qui enrichissent notre réflexion sur les femmes qui, dans l’histoire (ou la légende ?) ont amené un apport exceptionnel, même s’il est parfois très méconnu… Ci-dessous une première série de 7 articles.

Quand une femme fait une découverte importante, on l’attribue à un homme.

 

112 page 16 Trotula_di_Ruggero_de_Salerne_(10-1097)Trotula de Salerne et l’effet Matilda.

 

Contrairement à une idée répandue et savamment entretenue, la première femme toubib n’est pas Elizabeth Blackwell en 1849 aux USA (cela ne minimise en rien le courage qu’il a fallu à toutes celles qui ont bravé les interdits pour obtenir le droit d’exercer !). En étudiant les médecines traditionnelles, on constate que des femmes exerçaient la médecine sur tous les continents dès la « médecine primitive ». Et même, dans certaines régions du monde, les femmes sont les seules à exercer cet art, comme c’est le cas chez les Olo-Maanyam sur l’île de Bornéo.

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Anne de Kiev

111 page 16 Anne de Kiev (1032-1079) Reine des Francs (2)La vie des femmes en Occident du temps des premières Reines de France

Le Moyen Âge occidental est une période de l’Histoire où les droits des femmes et ceux des hommes sont clairement différents et codifiés comme tels. La définition des rôles que l’on voulait imposer aux filles et aux femmes y a fait l’objet de nombreux ouvrages, de nombreuses homélies. Essentiellement d’origines masculines ! Des religieux, des moralistes, des philosophes ont couché sur des kilomètres de parchemins, sur des milliers de tomes les obligations et interdits, les devoirs et tabous que devaient respecter les femmes au cours de leur vie. La plus importante somme d’écrits qui nous vient de cette période est issue des clercs et d’hommes d’Église. C’est donc leur vision des femmes qui se diffuse : une vision faite de peurs et de fantasmes, d’incertitudes et de doutes… et de certitudes bancales.    

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Christine de Pizan

110 page 16 B 8  Christine de Pisan (1364-1430)L’autonomie par l’indépendance économique.

 

Dans un système sociétal où l’autonomie et l’émancipation sont permises grâce à l’indépendance économique, les personnes écartées des emplois rémunérateurs sont, de fait, reléguées à l’impossibilité de subvenir d’elles-mêmes à leurs propres besoins.

Les femmes ont longtemps été tenues à l’écart des emplois rémunérateurs (mais nombre d’entre elles étaient affectées aux travaux domestiques, agricoles… non rémunérés) ce qui est une des raisons de leur mise sous tutelle par les hommes.

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Hildegarde de Bingen & Marguerite de Porete

109 page 16 Hildegarde de Bingen (1098-1179)La volonté d’accéder à l’instruction

La première revendication proto-féministe * que l’on trouve dès le Moyen Âge, en Europe de l’Ouest, est la volonté de nombreuses femmes d’accéder à l’instruction, aux savoirs, aux sciences. Aux éléments qui leur permettraient de s’émanciper des hommes et de sortir de la sujétion et de la misère.

Les femmes ont été très longtemps écartées des lieux d’apprentissages et d’instruction. Pour divers prétextes. Mais surtout pour continuer à leur imposer un ordre. Celui d’un système aux mains d’une caste d’hommes.

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Hypathie d’Alexandrie

108 page 16  Hypatia (1885 par Charles-William-Mitchell)Hypatie d’Alexandrie

Hypatie d’Alexandrie était une mathématicienne, astronome et philosophe grecque dont la naissance est établie en 370 (soit 10 ans avant que l’Empereur Théodose 1er proclame le christianisme comme religion officielle de l’Empire romain).

Son père, Théon d’Alexandrie, serait le dernier directeur du Musée d’Alexandrie. Il l’initie à l’arithmétique et à la géométrie. Elle étudie ensuite la philosophie à Athènes, où elle suit les enseignements d’Asclépigénie, une philosophe néo-platonicienne (et oui, des femmes enseignaient la philosophie en ce temps là, mais on s’est habilement ingénié à faire disparaître leurs traces de l’histoire officielle !)

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SAPPHO

107 page 16 Bust_Sappho_Musei_Capitolini_MC1164Sappho (environ 630 av JC-580 av JC)

Sappho aurait vécu à Mytilène, sur l’île de Lesbos

Poétesse grecque et joueuse de barbitos (lyre au son un peu plus grave), de harpe et de plectre, sa réputation fit d’elle « la Lesbienne* » ce qui signifiait en ce temps « la personne célèbre de Lesbos ».

Certains pensent que l’ensemble de ses œuvres a été brûlé en 1073. Quelques fragments de poèmes et des citations sont quand même arrivés jusqu’à nous. Ce que nous savons de Sappho provient surtout des écrits de ses contemporains !

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Areté de Cyrène

106 page 16 AA 1 Areté de Cyrène (400-330 av JC) 2Areté de Cyrène (400-330 av JC)

Elle vécut à une période de la Grèce antique où l’on imagine la naissance de la dramaturgie « moderne », notamment avec Aristophane, auteur, entre autre, de « L’Assemblée des Femmes » où il imagine les athéniennes s’organisant pour prendre des décisions et gérer Athènes. Elle eut pu connaître aussi le philosophe athénien Antisthène, le fondateur de l’école des « Cyniques ». Ce philosophe niait toutes différences de talent et de vertu entre hommes et femmes.

Arété de Cyrène, est née, selon les données admises, en 400 avant JC, en Afrique du Nord, dans une cité fondée par des colons grecs sur un territoire de l’actuelle Libye.

Elle suivit son père lorsqu’il partit vivre, étudier et enseigner à Athènes.

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